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Semaine 4

Au Brésil, un match peut en cacher un autre

C’est un enfant ou un adolescent. Il est à genoux au milieu des jambes des passants qui le voient à peine.

Devant lui, pas de sébile, pas de gobelet où jeter une piécette qui allégerait la conscience autant que les poches. Il a les yeux fermés ; peut-être à cause de la honte de devoir mendier, peut-être par épuisement, par désespoir.

A côté de lui, un ballon de football. Un ballon qui évoque le jeu auquel il n’a pas droit, puisqu’il faut quémander de quoi survivre, pour lui-même et peut-être pour sa famille. Un ballon qui nous rappelle que, dans les mois qui viennent, nous serons abreuvés d’images venant du Brésil. Des images de stades flambant neufs, de sportifs triomphants, de supporters passionnés. L’image d’un Brésil qui s’est hissé au rang de « nation développée », de puissance économique mondiale. Et cette image n’est pas fausse. Mais il serait bon que notre regard ne soit pas aveuglé par ces images qui ne reflètent qu’une partie de la réalité.

Comment savoir ? Commence à voir ! Allons voir derrière le beau décor : nous découvrirons des inégalités criantes. De gros propriétaires terriens et des paysans sans terre et sans droits. Des multinationales florissantes et des favelas misérables. Des millions d’hectares de soja volés à la forêt amazonienne et des millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim.

Mais allons voir encore au-delà de ces injustices et découvrons des hommes et des femmes qui ne croient pas à la fatalité. Des mouvements paysans, des associations qui luttent sans relâche pour faire avancer la justice. Parmi eux, la Commission pastorale de la Terre, animée notamment par l’infatigable Monseigneur Rixen, présent en Belgique durant ce Carême. Chaque jour, sans relâche, ils rejouent le match du partage équitable contre le profit, de l’agriculture paysanne respectueuse de l’environnement contre l’agro-industrie destructrice.

Quand le ballon rond envahira nos écrans, cet été, peut-être, entre deux écrans publicitaires, le souvenir de cet enfant à genoux à côté de son ballon nous reviendra-t-il. Et peut-être penserons-nous à cet autre match qui se joue au Brésil et dans lequel Entraide et Fraternité nous invite à prendre parti : entre l’équipe des multinationales – les Voraces – et celle des petits paysans - les Coriaces -, quel sera notre choix ? Celui du plus fort ou celui du plus juste ? Celui des passants indifférents ou celui du Christ qui s’approche de l’aveugle de naissance ?

Durant ce Carême, ouvrons les yeux pour voir au-delà des apparences médiatiques : ne tournons pas le dos aux injustices que nous cachent les écrans de télévision et de publicité. Sachons voir aussi les forces de vie à l’œuvre dans notre monde, loin des caméras, mais proche de nous, si nous le voulons bien.

Retrouvez cette image ainsi que le commentaire radio sur le site de RCF-Bruxelles.





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