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Semaine 2

Dieu n’a d’autres mains que les nôtres

Dans beaucoup de pays latino-américains, les femmes manifestent en frappant sur des casseroles.

Casseroles, poêles, marmites ou gamelles, tous les récipients métalliques sont les bienvenus lors de ces manifestations populaires où les participants n’ont qu’un seul but : faire le plus de bruit possible pour exprimer leur colère. Colère d’être laissés-pour-compte, colère de se voir privés du pain quotidien, de se retrouver avec des casseroles vides, alors que les multinationales de l’agro-alimentaire ou du pétrole s’enrichissent… La colère qui met en mouvement et refuse la fatalité.

Partout où règne l’injustice, des femmes et des hommes osent se mettre en marche. Comme Abraham qui quitte tout pour obéir à son Dieu, comme les disciples qui, après l’expérience bouleversante de la transfiguration, reprennent la route du quotidien, les femmes, les paysans sans terre se mettent en marche pour réclamer leurs droits : un revenu suffisant pour nourrir leur famille, une terre à cultiver. Parfois, la marche dure des années, comme pour ces familles qui occupent des terres au Brésil.

Ecoutons Leticia, une jeune femme de 33 ans. Elle est mariée mais n’a pas encore d’enfant. « Nous n’avons jamais eu de terre à nous. Nous luttons depuis huit ans pour en obtenir une. J’ai habité trois ans et huit mois au bord d’une route, sans eau courante, sans électricité. Mon espérance, c’est qu’on puisse atteindre l’objectif de cette lutte : que chacun reçoive sa terre pour qu’on puisse commencer à vivre, commencer à travailler. Ce qui me met en mouvement, c’est la lutte, la résistance. »

Et nous, quel est le ressort qui nous met en mouvement ? Quel est notre moteur durant ce Carême ? « Prends ta part de souffrance avec moi pour la Bonne Nouvelle », demande Paul à Thimothée. « Prends ta part de fatigue, et d’engagement, et de responsabilité, nous dit en écho Mgr Rixen, Evêque de Goiàs au Brésil. Dieu n’a d’autres mains que les nôtres pour qu’adviennent le bon droit et la justice.

Peut-être avons-nous un peu de mal à y croire… Et puis, faudra-t-il marcher longtemps encore, se fatiguer encore puisque le mal, puisque l’injustice et la pauvreté paraissent indéracinables ? » Incroyable conviction, folle utopie ? Ou simplement inébranlable force tranquille de l’Evangile ?

« Les disciples de Jésus devaient bien avoir le cœur et les forces qui flanchaient parfois. Est-ce pour les encourager qu’il leur offrit, l’espace d’un instant, de voir le ciel et la terre, la justice et la miséricorde, la loi et les prophètes enfin réunis ? L’amour seul peut découvrir, émerveillé, l’éclat divin derrière le visage le plus défiguré du plus abîmé des humains. L’amour seul, le courageux amour, transfigure. Les visages et aussi la terre. »

Avec Leticia, avec toutes les femmes et tous les hommes qui recherchent la justice de par le monde, mettons-nous en marche, sortons de notre confort et de nos habitudes pour entendre leur appel et construire avec eux le Royaume, dès aujourd’hui.

Prions avec les jeunes partis au Brésil aux Journées mondiales de la jeunesse.
Marcher pour annoncer, marcher pour dénoncer… Jésus, toi qui as parcouru les routes pour proclamer la bonne Nouvelle, sois aux côtés de ces hommes et de ces femmes qui se mobilisent et parcourent les chemins avec courage en Amérique latine et ailleurs, en quête de dignité.

Retrouverez cette image ainsi que le commentaire radio sur le site de RCF-Bruxelles.





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