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Echos du week-end Green Valley

2017

Voici quelques articles, interviews et comptes rendus sur le week-end de formation rédigés par les jeunes.

C’était ce vendredi 27 janvier, lors d’une belle soirée enneigée que les Alter’actifs nous proposaient de les rejoindre au gîte Green Valley à Teuven. Les quelques 40 participants venant des quatre coins de la Wallonie se sont donc tous rassemblés un peu avant le soupé pour faire connaissance autour d’une bonne bière solidaire. Une fois tous réunis, la 11ème édition de ce week-end pouvait enfin commencer. Et quel week-end ! Echanges, participation, créativité, diversité, convivialité ont été (entre autre) les mots clés de ce week-end qui a ravis les novices comme les plus aguéris en matière de désobéissance civile et de buen vivir, thèmes centraux qui allaient nous occuper pendant les trois jours. Après que tout le monde se soit installé, les activités ne pouvaient que bien se dérouler…. Elles ont toujours été intéressantes, parfois ludiques et amusantes. Laissons la parole à certains d’entre eux pour qu’ils puissent raconter la manière dont ils ont vécu ce week-end de formation.


Vendredi soir

Brise glace et engagement militant

Green Valley 2017 : 3, 2, 1, PARTEY !
Ça y est, nous y sommes ! Des quatre coins de la Belgique, nous voici rassemblés à Teuven !
Notre joyeuse bande confortablement installée dans le superbe gite Green Valley, il est temps de faire plus ample connaissance.
C’est autour de trois questions que les Alter’Actifs ont décidé de nous faire briser la glace.
L’absurdité du monde, le sentiment de révolte et le changement ; des thématiques fortes sur lesquelles nous avons pu échanger nos points de vue, partager nos visions et nous découvrir.
Engagement militant : éventail des possibles et pouvoir des mots !
Céline Martin et Thomas ont trouvé une manière originale de nous présenter les Alter’actifs et leurs activités. À travers une petite mise en scène humoristique alliant côté ludique et pédagogique, nous avons pu découvrir leur roue du changement. Celle-ci nous présente les trois axes de leur engagement : l’affrontement, la sensibilisation et les alternatives.
Ensuite, nos trois compagnons nous ont fait vivre une activité édifiante sur la langue de bois. En groupe, nous avons d’abord cherché à trouver des mots langue de bois ensuite, nous avons réalisé un bingo sur base d’un discours de notre « cher » premier ministre. Façon assez radicale de se rendre compte de toutes les paroles vides de sens que nous entendons au quotidien. Les pléonasmes, les euphémismes, les oxymores ; autant de moyens de nous endormir avec de beaux mots qui font malins mais qui après analyse ne veulent pas dire grand chose.

Après avoir regardé plusieurs vidéos éclairantes et avoir discuté de la langue de bois, nous sommes revenus à la roue et à ses trois axes pour nous poser une question essentielle : qui affrontons-nous ? Quel est notre ennemi commun ?
Le capitalisme pardi !

Lisa Angenot

Samedi matin

Rencontre avec un agriculteur « alterbiorésistant » Luc Hollands

Samedi matin, nous avons rencontré Luc Hollands, notre hôte, qui a repris la ferme familiale depuis 13 ans. Expliquer les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs chez nous était son objectif. En discutant avec lui de son travail et ses actions multiples, nous avons abordé les trois aspects sur lesquels nous pouvons agir : les alternatives, la sensibilisation et l’affrontement.
D’abord, Luc propose des alternatives concrètes : il est passé au bio en 2009. Il est convaincu et convaincant. Pour lui, une alimentation locale et de qualité est rendue possible avec le bio. Finis les OGM et les aliments provenant de loin pour l’alimentation des bovins ! Luc croit au bio, mais il estime que les agriculteurs doivent militer pour être mieux rétribués, notamment vis-à-vis des grandes surfaces qui surfent sur la vague du bio et prennent une marge importante. L’éleveur prône le circuit court : trois fromagers de la région profitent de son lait de qualité. Luc parle aussi de l’importance de se reconnecter à la production de notre terroir. Il fait aussi partie de la coopérative Fairebel qui unit des fermiers belges et luxembourgeois dans la lutte pour une rétribution juste et des produits de qualité.
Cela nous mène au deuxième point : la sensibilisation. Luc informe de façon directe les consommateurs à propos des difficultés qu’il rencontre dans le système économique actuel et des actions qu’il met en place face à celles-ci. Il s’est rendu compte qu’il était important que les personnes puissent entrer dans l’univers de la ferme pour comprendre les enjeux de l’élevage responsable de façon directe et concrète sur le terrain. Luc sait transmettre sa passion pour l’élevage respectueux. Nous avons ainsi rencontré Charlotte, sa petite préférée, qui est tout de même capable de produire 6000 litres de lait par an ! La ferme de Luc est chaque année le lieu d’accueil de dizaines de classes vertes dans le cadre du programme de « ferme pédagogique ».
Enfin, la dernière composante mais non la moindre : l’affrontement. Sur ce point, Luc semble infatigable. Il est le moteur de différentes actions et n’hésite pas à désobéir pour créer un rapport de force. Il nous explique son engagement au sein de l’Alliance D19/20, une plateforme militante dirigée contre les traités de libre-échange comme le TTIP et le CETA. Plusieurs actions ont été menées dans les quartiers européens de Bruxelles. La plus récente a été le déversement d’une tonne de lait en poudre devant le Conseil Européen. Ces actions visent de façon directe les responsables de ces mesures politiques afin de réclamer la mise en place de moyens pour protéger les producteurs de lait.

Flore Mehauden (ancienne du Kout’Pouce)

A la rencontre des paysans Maya du Guatémala Bien vivre ou (s’)épuiser ?

« Nous ne sommes pas des mythes du passé, des ruines dans la jungle, ou dans les zoos, nous sommes des gens et nous voulons être respectés, et non victimes d’intolérance, de racisme… ».
C’est sur les paroles de Rigoberta Menchu, activiste maya et prix Nobel de la paix en 1992 que Renato, animateur d’Entraide et Fraternité dans le Hainaut nous introduit son voyage de deux semaines au cœur de la population guatémaltèque.
A l’aide d’un diaporama, il nous conte sa rencontre avec ce pays en retraçant dans un premier temps l’histoire tumultueuse de ce pays d’Amérique centrale.
Passant par la colonisation (même belge pour un très court instant), puis par son indépendance en plusieurs phases, en nous expliquant la réforme agraire, le coup d’état, les conflits armés de 1960 à 1996 qui ont conduit au massacre des Mayas ou encore le « printemps guatémaltèque », il nous fait découvrir un pays plein de bonnes volontés bien que en grande difficulté…
Et des difficultés il y en a eu car la population est, depuis la période coloniale, séparée en « groupes » tels que les Ladinos (métis) les Criollos (créoles descendants des conquérants) et les indigènes (Mayas). Cette séparation, bien qu’aujourd’hui officiellement abolie, crée encore des tensions entre les indigènes mayas (représentants 40 à 50% de la population) et les autres groupes.
C’est un pays avec un contexte actuel qui comprend de nombreuses problématiques telles que la pauvreté, l’exode rural important, l’omniprésence de multinationales comme Coca Cola et bien d’autres encore… Ce qui crée de nombreuses catastrophes environnementales notamment via la création d’entreprises minières d’or ou encore via la déforestation ayant de multiples causes et conséquences. Tout cela entraîne une difficulté à cultiver le peu de terres restantes par la population, le gros des cultures ayant été monopolisées par les entreprises.
Malgré tout cela, il insiste sur le fait que même si tout n’est pas parfait, les gens se bougent. Il l’illustre par la grande utilisation de l’agroécologie pour la plante de maïs (aliment de base mais aussi élément culturel car Maya signifie ceux qui cultivent/viennent le/du maïs), la création d’écoles pour informer la population ou encore la construction de serres.
Il met également en avant l’importance de l’éducation populaire pour mobiliser la population sur des thématiques telles que la contestation sur la loi de l’eau ou encore la loi Monsanto finalement abolie.
Il fait le lien avec notre façon de vivre ici et remet en cause notre vision du développement (production, extraction, consommation) et nous renvoie à nos difficultés agraires ou d’accès à l’eau qui sont finalement plus ou moins les mêmes que là-bas.
Le rapport des guatémaltèques à la cosmovision et au buen vivir est très important. Ce sont des thèmes très proches car le premier fait référence à la lecture du monde, la spiritualité tandis que le second met l’accent sur l’idéal de vivre, le bien-être partagé entre tous et avec tout ce qui nous entoure.
Equilibre, partage, harmonie, réciprocité, complémentarité sont alors des mots essentiels pour ces populations.
Il finit par nous parler de la politique du pays en montrant la corruption, la forte présence de l’armée et le manque d’équilibre politique (sur 155 députés, 5 sont de gauche). Nombres de Mayas sont un peuple engagé qui revendiquent leurs droits via de nombreuses manifestations où l’on peut apercevoir des slogans du type Estoy vivo y tengo derecho a vivir (je suis vivant et j’ai le droit de vivre).
Même si l’impact de toutes ces actions reste mitigé, les locaux font leur part et la font bien ! …
« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit :
« Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » .
Le colibri lui répondit alors : « Je le sais, mais je fais ma part. »
La légende raconte que chaque animal se sentant alors concerné, « fit sa part », chacun à sa manière et que la forêt fut sauvée. »

Youri Breulet

Drôle de jeu : « dans la peau de… »

Le samedi après-midi, une activité « jeu de rôles » nous est proposée par Youri, stagiaire d’Entraide et Fraternité à Liège. On nous plante le décor : un terrain de 1000 ha est en vente au Salvador. La terre est fertile mais le territoire est occupé par des communautés qui cultivent déjà cette terre, héritée de leurs ancêtres. Evidemment, plusieurs groupes d’intérêts divergents se disputent le butin. Mais tous n’auront pas le même pouvoir…
Nous sommes divisés en plusieurs petits groupes, chargés de se mettre dans la peau de :

  • Monsanto, multinationale connue et reconnue pour son implication intempestive dans l’agriculture à travers le monde, invitant prestement à intégrer dans nos soins pour la terre leurs produits phytosanitaires dangereux et coûteux, en promettant monts et merveilles.
  • Entreprise de l’agroindustrie : le prix du terrain ne sera pas un problème. Leur vision d’une répartition équitable du terrain ? Il leur revient en entier mais ont tout de même la bonté d’engager les paysans sur place, leur promettant ainsi un salaire (sans bien sûr en préciser le montant ou les conditions de travail). Inutile de mentionner les relations cordiales qu’ils entretiennent avec Monsanto.
  • Rosabel : activiste qui lutte pour l’appropriation collective du terrain, sous forme de coopérative de production et de transformation. Une piste qu’elle envisage pour vendre leur production à bon prix serait le canal d’exportation vers l’Europe sous le label « commerce équitable ».
  • Pedro : paysan modeste qui cultive ses terres de façon ancestrale et qui a la ferme intention de continuer à en prendre soin en pratiquant des techniques de culture traditionnelle, dans le respect de la nature.
  • Augusta : consommatrice belge aux faibles revenus et avec des enfants à nourrir. Sa principale préoccupation en ce qui concerne l’alimentation : le moindre coût. Bien qu’elle se sente proche du personnage de Pedro, elle n’a que peu de marge de manœuvre pour lui venir en aide.
    Les négociations se sont révélées particulièrement compliquées ; le but étant de vivre « de l’intérieur » les dynamiques injustes qui font pourtant la loi dans le fonctionnement de la chaîne alimentaire industrielle. Finalement, le nombre de voix a confirmé ce que tous pensaient. Monsanto et l’entreprise agroindustrielle ont a elles deux le monopole sur les terres. Frustrant !
Hélène Capocci

Chant

Quoi de mieux pour décompresser après trois heures d’activités intenses en réflexion que de chanter ? C’est ce que Julie nous propose en commençant par un échauffement vocal amusant et remuant. Bouger, taper des pieds et des mains, secouer la tête et tout son corps nous reboost un peu et fait rire la plus part d’entre nous, mais tous se prêtent au jeu. S’en suit l’apprentissage d’un nouveau chant revisité par Julien « gare aux lobbies » puis « Do you hear the people sing » des misérables pour finir par un chant en espagnol. Couplet par couplet, nos voix se mélangent pour finalement donner vie à des chants harmonieux qui pourront être réutiliser lors de manifestations et autres événement remuants.


Dimanche

11 questions sur le sexisme en milieu militant

Avant d’entamer les trois ateliers, nous nous retrouvons tous dehors en ligne face à 11 questions sur les différences de genres. A chaque réponse affirmative, un pas en avant, à chaque réponse négative, un pas en arrière. Au bout des 11 questions, la file a explosé et tout le monde se retrouve à différents endroits. Une tendance est de constater que les filles sont plus à l’avant que les graçons ; les questions portant souvent sur le sexisme…

Atelier sexisme

Dimanche matin, Sarah et Alex de l’association CRIBLE, nous ont proposé une animation sur le sexisme en milieu militant. CRIBLE est une jeune association créée il y a un peu plus de trois ans, active auprès des jeunes pour déconstruire les stéréotypes de genre, l’égalité homme/femme par exemple.
Si l’on parle souvent de sexisme au quotidien, qu’en est-il dans le milieu alternatif/militant ? C’est ce que nous allons essayer de mettre à jour.
Mais avant de commencer, quelques conseils bien utiles pour se respecter mutuellement tels que respecter le ressenti des personnes qui s’expriment, ne pas s’interrompre ou encore le droit de ne pas répondre à certaines questions.
Nous commençons donc par identifier les situations dans lesquelles on nous rappelle que nous sommes un garçon ou une fille dans les milieux alternatifs ?
Cette activité est silencieuse et permet à chacun de noter sur un post-it son ressenti.
Le débat est lancé ! On commence d’abord par discuter sur ce que l’on a écrit mais le débat sétend vite et plusieurs questions fusent. Comment distinguer sexisme et caractère ? Quel est le message culturel véhiculé ? Quel est l’impact du sexisme sur la société ? … Chacun a l’ocassion de s’exprimer.
Ensuite, par petits groupes, nous tentons d’établir une liste des privilèges (avantages immérités et invisibles) et des préjudices par rapport aux genres. S’en suit à nouveau une discussion ou l’on peut remarquer que tous les groupes ont ressorti plus ou moins les mêmes idées telles que les privilèges des hommes sur la manière de s’habiller et sur la sexualité par rapport aux femmes ou encore la possibilité pour les femmes de pleurer et d’exprimer leurs émotions en public plus facilement que les hommes. On a pu également remarquer qu’un privilège pour un genre était souvent un préjudice pour l’autre et inversément.
En fin d’activité, des statistiques nous sont dévoilées sur le débat que nous avons eu. On peut alors se rendre compte du temps de paroles, du nombre de fois où nous nous sommes interrompus ou encore de la durée de nos interventions.

Atelier vie communautaire

Nous avons débuté l’activité “ Vivre Ensemble “ par une mise en situation qui consistait à tous se mélanger pour ensuite s’immobiliser après un coup de sifflet et s’adresser à la personne la plus proche de soi. On devait alors lui dire ce que tu attends quand tu penses à une vie en communauté et vice-versa.
En général, les mots qui revenaient le plus souvent étaient : partage, projet commun, respect de l’espace personnel, mais aussi quelques réserves voir un peu d’appréhension à l’idée de vivre avec des inconnus.
Ensuite, l’animateur a projeté quelques diapositives d’images tirées du film “ l’An 01 accompagnées des extraits du livre Les sentiers de l’utopie” d’Isabelle Fremeaux et John Jordan
Puis par groupes de quatre, on a dû monter un projet d’une “ vie communautaire “ idéale et la plupart des projets avaient pour points communs :

  • Une vie en cycle, c’est-à-dire, une vie active où l’on intègre les personnes du troisième type mais aussi les enfants dans la vie active selon la volonté et degré de capacité à pouvoir exécuter les tâches diverses au sein de la communauté.
  • Avoir des valeurs communes à partager mais aussi à défendre au sein de la communauté.
  • Un projet précis commun au sein de la communauté pour se développer
  • Avoir une ouverture sur le monde extérieur

  • Avoir la possibilité de travailler à mi-temps en dehors de la communauté

  • Le lieu de l’habitation (soit rural soit en périphérie des villes) 

  • Créer une bâtisse dont l’architecture est fort axée sur des espaces communs et spacieuse mais avec des espaces privés pour les couples et les familles qui le souhaitent.

    Malgré tous ces points communs, il y avait un manque de réalisme économique et aussi quelques réserves sur l’engagement réel.
    L’animateur a fini l’activité en parlant de sa propre expérience qu’il a vécue dans une communauté en Catalogne tout en insistant sur les points importants pour lui tels que l’importance qu’on accorde à l’espace commun mais aussi au mental.
    Dans une vie communautaire, il faut :

    - Rechercher la cohérence >< consommation “ complice “ (ex : Avoir des liens concrets avec la terre/ nature)
    - Expérimentation/ Apprentissage/ Echanges (stimulation continue)
    - Rencontrer/ Inspirer/ Donner envie (Sensibilisation) 

    - Rallier la résistance (Affrontement) et la créativité (Alternative)
Innocent Harelimana

Atelier monnaie locale

1) Comment fonctionne la monnaie ?
C’est ce que l’on peut échanger contre toute chose.
C’est une unité de mesure, un langage commun.
C’est une réserve de valeur qui permet de transférer le prix d’achat dans le temps.
La monnaie locale permet de remplir les deux premières fonctions.

Idées fausses : Ce n’est pas un instrument d’échange neutre.
Une seule monnaie suffit => Il y en a de toute façon déjà plein (chèques repas, éco-chèques).
Avoir une seule monnaie peut être risqué car risque d’effondrement en cas de spéculation et risque de subir une crise qui ne spécule pas.
La crise touche :
Une seule monnaie => une monoculture => un parasite => on perd tout.
Tandis que si l’on diversifie les cultures, on maintient l’écosystème. Il faut donc restaurer la diversité c’est-à-dire plus d’outils économiques pour plus de monnaie.
La monnaie doit être complémentaire et pas alternative car elle ne peut fonctionner que si l’euro est là. Il faut donc opérer un transit qui intègre de la diversité.

La monnaie locale n’est pas neutre. Comment la crée-t-on ? Qui la gère ?
Cela dépend de la nature des échanges. On introduit des comptes économiques et ce sont des banques privées qui créent l’euro. A partir de sécu prête et injecte dans l’économie.
On doit payer les dettes mais pas plus que ce qu’on en crée. La dette est le moteur économique du système, sans dette pas d’activité économique.
Représente 5 à 8% de l’argent économique réel et c’est 97% de la spéculation.

2) Monnaie citoyenne
C’est une nouvelle monnaie pour mettre des règles pour tendre vers la société que l’on veut.
Elle crée du bien, c’est une économie réelle, évite la spéculation, permet la résilience, une plus grande autonomie du tissu économique local,…
Elle vise un circuit court, c’est pourquoi on l’appelle souvent monnaie citoyenne.
A Liège, le Val’heureux compte 4 ou 5 comptoirs de changes. Les commerçants membres signent une charte et paient 25 euros par an pour pouvoir en disposer.
Elle permet le soutien de l’économie locale et renforce les circuits courts.
Son objectif :
- Est de recréer du lien sur base sociale en favorisant les échanges.
- C’est une monnaie ouverte à tous les magasins pour changer la société petit à petit.
- Elle permet de changer de modèle : ex => Si on paye du coca dans un café avec du val’heureux, le café va devoir écouler ses val’heureux donc il va devoir trouver un fournisseur qui accepte la monnaie et vend des boissons locales. La carte du café va donc à terme changer.
Son partenaire est Rayon 9 qui fait des livraisons à vélo.
Quand on utilise l’euro, l’argent part de l’économie locale (représente 65 à 75% de la richesse qui s’en va). Donc une petite part seulement est réinjectée dans l’économie locale.
Le Val’heureux veut injecter dans le local, à plus de 100 partenaires à Liège, se fait aider juridiquement par Financité mais ne peut pas payer des employés.
C’est un outil d’éducation permanente, on doit prendre conscience des enjeux de notre système économique et financier actuel. Cela crée une dynamique de réseau (Liège en transition). Cela apporte une vision globale, systémique et organique.

Le plus important est le processus c’est-à-dire comment recréer ensemble du collectif, du bien, des moyens de faire de l’économie autrement. Cela crée de nouvelles idées ( le Val’heureux électronique pour payer par carte).
On parle plus souvent de circuit court plutôt que circuit local ( cela peut être dangereux)
Oui pour les initiatives locales mais cela doit être intelligent.

3) Qu’est-ce que le local ? A quelle échelle ?
Le plus important, ce sont les règles du jeu, le processus et vouloir changer les règles.
Il faut déconnecter l’économie réelle de la virtuelle/globale pour changer de modèle et recréer du bien et avoir une meilleure redistribution des richesses. Les huit personnes les plus riches ont autant que 50% de la population mondiale les plus pauvres.
Le trickle down ne fonctionne pas = effet de ruissellement des richesses des plus riches vers les plus pauvres. L’argent part vers le haut et pour qu’il ruisselle il faut consommer énormément et donc polluer énormément. De plus, selon Bernard Friot, une fois l’argent arrivé en haut, il n’est pas du tout réinvesti et plus de la moitié reste dans les poches des actionnaires.
La seule façon d’avoir de l’euro est via un salaire mais ça ne fonctionne pas toujours. Il faut aussi passer par des moyens d’échanges tels que le service en échange de Val’heureux.

Marie Dufaux

Interview

Alexia

1) Comment as-tu entendu parler de ce week-end ?
Le mail reçu par Benoit Naveau, mon professeur de géopolitique à Sainte-Marie.
2) Pourquoi as-tu décidé de participer à ce week-end ?
Margot m’a motivée et ça avait l’air intéressant.
3) Qu’as-tu préféré ?
L’ambiance et la cohérence entre les différents ateliers .
4) Un bémol ?
Aucun.
5) Si tu devais décrire le week-end en un seul mot, ce serait lequel ?
Enrichissant.

Inno
1) Que t’a apporté ce week-end ?
L’envie de m’engager, de nouveaux concepts (langue de bois, la roue => pas d’accord avec l’affrontement).
2) Qu’attendais-tu de ce week-end ?
Apprendre de nouvelles choses, échanger les idées,…
3) Est-ce que ce week-end t’a motivé à changer ton style de vie ?
Oui, mais j’ai encore plus envie de changer celui de mon entourage.
4) Un bémol ?
Je me suis senti parfois « obligé » de prendre la parole ; il y avait une sorte de pression à devoir s’exprimer.
5) Si tu devais décrire le week-end en un seul mot, ce serait lequel ?
Découverte.

Max
1) Recommanderais-tu le week-end à d’autres personnes ? Si oui, pourquoi ?
Oui, car il y a une grande convivialité et beaucoup d’échanges intéressants.
2) As-tu trouvé un point commun avec tous les participants ?
La révolte et l’envie de changer les choses.
3) Un conseil pour l’année prochaine ?
Faire une pause plus longue entre les activités de plus d’une heure trente.
4) Un bémol ?
La gestion du temps.
5) Si tu devais décrire le week-end en un seul mot, ce serait lequel ?
Ressourçant.

Charlotte
1) As-tu ressenti un bon feeling avec les gens ?
Oui, je suis nouvelle mais les gens sont ouverts, s’intéressent à toi et te posent des questions.
2) Une chose que tu as apprise ?
Comment faire de la désobéissance civile, quelles sont les sanctions administratives, comment agir dans certaines situations,…
3) Comment as-tu entendu parler de ce week-end ?
Grâce à un mail reçu d’Entraide et Fraternité.
4) Un bémol ?
Aucun.
5) Si tu devais décrire le week-end en un seul mot, ce serait lequel ?
Remuant.





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