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14 janvier 2016  Actualités

Le Burundi en proie à de vieux démons

Interview Redempta Mukantagara

Nos partenaires poursuivent le travail auprès des communautés paysannes dans un contexte difficile.

Plusieurs centaines de personnes ont déjà perdu la vie au Burundi depuis la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, qu’il a obtenu lors de l’élection qui a suivi en juillet 2015..Dans ce contexte chahuté, nos partenaires poursuivent le travail auprès des communautés paysannes.

Entraide et Fraternité, présente dans ce pays depuis plusieurs années, est particulièrement préoccupée par la dégradation de la situation. Notre chargée de projets pour l’Afrique des Grands Lacs, Redempta Mukantagara, fait le point pour Juste Terre !

JPEG Juste Terre ! : Comment évolue la situation actuelle au Burundi ?

La situation au Burundi reste préoccupante. Depuis le mois d’avril, une crise politique et sécuritaire ensanglante le pays et a des répercussions sur la situation économique et alimentaire. Tous les espoirs reposent actuellement sur le dialogue, même si le gouvernement et l’opposition ont des visions divergentes sur le processus. Pendant ce temps, la population subit les conséquences du conflit et des répressions incessantes, particulièrement autour de la capitale, Bujumbura.

Juste Terre ! : Comment se portent nos partenaires ?
Les partenaires d’Entraide et Fraternité ont fait preuve d’un courage exceptionnel en prenant l’option de rester aux côtés de la population dans ces moments difficiles. Notre association a, bien sûr, fait le choix de continuer à les soutenir, notamment dans le programme concernant l’appui à l’agriculture familiale qui est réalisé avec l’appui du gouvernement belge.

JPEG Juste Terre ! : Quelles sont les difficultés auxquelles fait face la population ?

Actuellement, la population fait face à la rareté des produits de première nécessité, y compris certaines denrées alimentaires. En effet, Bujumbura est le centre d’approvisionnement et d’écoulement de la plupart des produits commercialisés dans le pays. L’insécurité grandissante qui touche la capitale et ses environs affecte les échanges commerciaux, provoque la rareté des intrants et des produits de consommation dont les prix ne cessent de flamber. Les ménages ruraux doivent de plus en plus compter sur leur propre production pour se nourrir. D’où l’importance de l’appui et de l’accompagnement par les partenaires afin d’assurer, faciliter et renforcer leur accès à des moyens durables d’existence.

Juste Terre ! : Quelle forme ce soutien à la population prend-t-il ?

Par exemple, dans le cadre du programme de promotion de l’agriculture familiale appuyé par Entraide et Fraternité, en novembre dernier, l’Organisation d’Appui à l’Autopromotion (OAP) a mis à disposition des associations de petits producteurs 6 génisses, 90 chèvres et 2 boucs. Les bénéficiaires de ce programme ont remercié vivement l’OAP et Entraide et Fraternité pour ce don qui leur permettra de faire face aux pénuries alimentaires, mais les aidera aussi à augmenter leur production agricole grâce aux engrais.

Entraide et Fraternité bénéficie également du soutien de la Communauté germanophone pour continuer à appuyer le travail de l’Association Villageoise pour le Développement Communautaire (AVIDEC) qui accompagne 16 associations de producteurs dans le centre du pays, dans la province de Mwaro, où la situation est moins critique.

JPEG Juste Terre ! : Peut-on parler d’un risque de génocide au Burundi, aujourd’hui ?

Ce qu’on observe actuellement, c’est, d’un côté, la répression contre les opposants au troisième mandat présidentiel et contre les opposants politiques tout court ainsi que, de l’autre côté, des attaques contre des positions militaires et policières venant de groupes rebelles non identifiés. Cela ressemble à une « guerre sans visage ».
A côté de cela, on constate une indéniable militarisation du pays : des armes apparaissent un peu partout. Dans ce contexte, oui, on peut dire qu’il y a un risque de génocide si un des acteurs décidait d’utiliser massivement ces armes et de gagner la guerre à tout prix. Mais la situation n’est pas de cet ordre-là actuellement. Par contre, le risque d’une guerre civile est, quant à lui, bien réel. Je pense toutefois que la comparaison avec le Rwanda pousse parfois à des conclusions rapides. Il faut garder la tête froide.

Juste Terre ! : Qu’en est-il de la coopération belge ?

Le gouvernement belge a suspendu une série de programmes de coopération avec le gouvernement burundais, mais les financements approuvés pour les programmes des secteurs prioritaires (agriculture, enseignement, santé) et pour les actions des acteurs de la coopération indirecte, comme notre association, ont été maintenus.





Tags : Burundi

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