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Manifestation nationale

Entraide et Fraternité, comme d’autres ONG de coopération au développement et en front commun avec les organisations syndicales, manifeste ce jeudi 6 novembre dans les rues de Bruxelles contre l’accord gouvernemental porté par la nouvelle majorité fédérale.

6 novembre 2014 • 11h00 –16h00

Si le secteur de la coopération internationale n’échappera pas aux coupes budgétaires qui forment le fil rouge du projet de ce nouveau gouvernement, Entraide et Fraternité s’insurge d’abord contre les restrictions budgétaires brutales qui se feront dans tous les secteurs de la société.

Nous voulons dénoncer avec force cette idéologie de l’austérité qui s’en prend frontalement aux jeunes, aux pensionnés, aux allocataires sociaux, aux travailleurs, c’est-à-dire aux plus faibles, ceux-là mêmes qui ne portent aucune responsabilité dans le déclenchement de la crise financière de 2008 qui a déstabilisé nos finances publiques. Nous nous insurgeons contre cette vision purement comptable et marchande de la société, qui ne laisse aucune place à la solidarité et nous nous mobilisons pour un autre modèle économique.

Nous exigeons un changement de paradigme dans lequel l’économie serait au service des gens et non l’inverse.

Nous voulons construire une réelle justice socio-économique en combattant les inégalités, en mettant en place une fiscalité qui touche également les revenus du capital, en investissant massivement en faveur de services publics de qualité et au service de tous.

Nous dénonçons le soutien du nouveau gouvernement au TTIP « Transatlantic Trade and Investment Partnership » l’accord de partenariat économique avec les USA, dont les négociations au niveau européen se poursuivent sans aucun débat démocratique ni transparence. Or, ce traité qui engage toute la société risque d’impacter négativement la population sur le plan social et environnemental en donnant des pouvoirs quasi illimités aux multinationales.

Enfin nous dénonçons les restriction budgétaires qui touchent la coopération au développement. Ces dernières sont justifiées dans l’accord gouvernemental par des critères « marchands » de qualité et d’efficacité, décrits comme devant être mesurables dans le sens d’une performance efficiente (rapport prix/qualité). Il est évident qu’une approche de rentabilité de la coopération sera privilégiée aux dépens de programmes dont l’efficacité ne pourra être chiffrée, voire traduite en termes de croissance économique. Au contraire, les investissements privés seront privilégiés, notamment au travers de la société parastatale BIO (Société belge d’Investissement pour les Pays en Développement).

Bref, « l’appropriation, l’efficacité, l’autonomie et la réalisation de résultats effectifs et mesurables constitueront les principes centraux de cette réforme » et on voit mal comment concilier l’appropriation et l’autonomie avec des impératifs d’efficacité.

De plus, il est très inquiétant de voir que la déclaration gouvernementale semble envisager la coopération surtout comme un moyen d’éviter l’immigration et de promouvoir les intérêts des entreprises belges.

Enfin, notre nouveau premier ministre, Charles Michel, s’était engagé en 2008, quand il était ministre de la Coopération, à porter à 15%, en 2015, la part de l’aide au développement consacrée au secteur agricole et à la souveraineté alimentaire. Il est dommage de constater qu’il n’y a aucune référence à cet engagement dans l’accord gouvernemental. L’agriculture familiale y est mentionnée une fois seulement, mais dans un contexte de valeur ajoutée pour nos entreprises, nos experts et nos universités : « Les secteurs dans lesquels nous souhaitons nous concentrer dans nos pays partenaires dépendent en grande partie de la valeur ajoutée que nous pouvons offrir… à nos entreprises, nos experts et nos universités… L’agriculture familiale, les soins de santé de base et l’assainissement des eaux sont essentiels à cet égard ».

Or, il n’est plus à démontrer que la promotion des investissements orientés sur le profit dans ce secteur fragilise les exploitants familiaux en accélérant des phénomènes tels que l’accaparement des terres et des ressources naturelles, qui engendrent généralement des violations des droits de l’homme.

Envisager les investissements privés comme solution prioritaire pour promouvoir l’agriculture familiale et la sécurité alimentaire des populations du Sud n’est plus convaincant et nous déplorons que le gouvernement appuie cette approche.

Ensemble, avec d’autres ONG qui travaillent pour la promotion de la souveraineté alimentaire, nous entendons, dans les mois à venir, rappeler au Premier Ministre et au gouvernement le respect des engagements en matière de soutien à l’agriculture familiale.

Angelo Simonazzi
Secrétaire général d’Entraide et Fraternité





Infos

Grande manifestation

6 novembre 2014 • 11h00 –16h00

Bruxelles

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