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15 juillet 2015  Actualités

Non au dépeçage de la Grèce

par Renato Pinto

Il y a une semaine, nous nous réjouissions du résultat du référendum Grec aux propositions de la Troika.

Il y a une semaine, nous nous réjouissions du résultat du référendum Grec aux propositions de la Troika (FMI, BCE, Commission européenne), pleins d’espoir pour l’avènement d’une alternative à l’austérité. Aujourd’hui, c’est le désenchantement, voire un sentiment de révolte qui nous prend suite à l’accord conclu entre la Grèce et ses bailleurs ce lundi 13 juillet 2015.

Ce n’est pas un plan d’aide. Ni de sauvetage, ni de soutien, ni de relance… L’accord concernant la Grèce, conclu lors du sommet de la zone euro ce lundi 13 juillet, n’est rien d’autre qu’un plan d’austérité, un de plus. Un plan qui laisse perplexe et choque plus d’un observateur. Ainsi, l’économiste Paul de Grauwe qualifie de « désespérant » l’entêtement de certains dirigeants à prôner les mêmes recettes, inefficaces sur le plan économique et désastreuses au niveau social. Ou encore le prix Nobel d’économie Paul Krugman, qui dénonce « une trahison grotesque de tout ce que le projet européen était censé défendre ». Même la presse européenne, si prompte à fustiger les errements du gouvernement grec au cours des dernières semaines, s’est offusquée (non sans une certaine hypocrisie) de mesures si draconiennes.
Cette nouvelle cure, imposée au sortir de négociations que l’on devine âpres, humilie le peuple grec – amplement conscient de sa situation et majoritairement opposé à cette rigueur insensée –, avec le risque, à moyen terme, de le jeter dans les bras d’Aube Dorée, le parti d’extrême droite.
Les puissants décideurs, auteurs de cet accord – les Merkel, Hollande, Michel, Renzi et compagnie – n’ont-ils donc pas conscience du poids de leurs décisions ? Quel est leur but, puisque l’efficacité économique d’un tel programme est plus que douteuse ? Provoquer l’implosion de Syriza ? Punir la classe politique grecque, déjà fortement discréditée ? Meurtrir davantage la Grèce, déjà en proie à ce que d’aucuns ont nommé une véritable crise humanitaire ?
Quant à M. Tsipras, a-t-il baissé les bras, simplement harassé par ces rounds de négociations interminables et désespérants ? Devra-t-il s’appuyer sur les votes venus de l’opposition au parlement grec pour faire passer la pilule de cette médication imbuvable ?
Les conditions imposées à la Grèce sont injustes, incompréhensibles. L’austérité va aggraver le problème, on le sait. Les privatisations ne vont rien arranger, on le sait aussi. Ce qui se passe aujourd’hui avec la Grèce s’assimile à un dépeçage d’autant plus révoltant qu’il semble conscient et délibéré. Les puissants décideurs qui tiennent le scalpel ne pourront pas dire qu’ils ignoraient les conséquences de leurs actes, le jour où l’histoire les jugera, car voilà cinq ans que des milliers de voix – en provenance du monde économique comme de la société civile – s’élèvent pour réclamer d’autres mesures, plus sensées, plus justes, plus solidaires.
Non, décidément, ayons au moins la décence de ne pas appeler cette gifle à la démocratie un « plan d’aide ».

Cela n’enlève rien à la force de ce qui s’est exprimé lors du référendum du 5 juillet. Malgré des années de matraquage économique, malgré les mises en garde arrogantes des dirigeants européens de tous bords (de Jean-Claude Juncker à Martin Shultz, en passant par Angela Merkel et François Hollande – encore eux !), une population peut encore faire entendre sa voix. Souvenons-nous-en lorsque le gouvernement Michel repartira à l’assaut de nos droits sociaux. Souvenons-nous-en lorsque nous aurons à nous mobiliser, une fois encore, par rapport au projet de Traité transatlantique. Nous avons notre mot à dire, en tant que citoyens croyants dans une alternative à l’austérité et à la dictature des banques.

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