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16 octobre 2015  Actualités

Journée Mondiale de l’Alimentation 2015

Recommandations

La faim dans le monde persiste et signe !
On s’habitue ou on change ?

Au terme de la période des Objectifs du Millénaire pour le Développement, cette journée mondiale de l’alimentation est l’occasion de rappeler que dans le monde, une personne sur neuf, d’après le rapport 2015 de la FAO, souffre encore de malnutrition chronique. Pourtant, non seulement il existe suffisamment de nourriture produite pour nourrir la population de la planète, mais 30% de cette nourriture est jetée sans être consommée.

JPEG Solidaire avec ses partenaires au Nord et au Sud, Entraide et Fraternité revendique le droit à l’alimentation pour tous et toutes et réaffirme son soutien à l’agriculture paysanne, diversifiée et à petite échelle, en mesure de faire face aux défis alimentaires, économiques, sociaux et environnementaux contemporains.
A la veille de la COP21 sur la lutte mondiale contre les changements climatiques, il est aussi utile de rappeler que 25 % des gaz à effet de serre (GES) sont émis par l’agriculture intensive industrielle. Bon nombre d’études internationales montrent que l’agriculture paysanne agroécologique est en mesure de lutter contre les effets du réchauffement climatique alors qu’elle en est la première victime (sécheresse et inondations plus violentes, décalage des saisons, fréquence accrue des phénomènes naturels intenses tels que les cyclones et les tornades,…)
Même si un consensus semble se dessiner sur l’importance de cette agriculture paysanne durable comme le montrent notamment les rapports annuels successifs de la FAO sur la situation mondiale de l’agriculture et, en Belgique, la note stratégique agriculture et sécurité alimentaire, les obstacles restent nombreux au développement de ce secteur tant au Sud qu’au Nord.
Considérant ceci,
- Nous dénonçons l’incohérence des politiques qui d’une part prétendent soutenir l’agriculture paysanne et d’autre part, mènent des stratégies économiques et commerciales freinant son développement, voire l’anéantissent. Nous dénonçons aussi les solutions proposées au niveau international qui, malgré leurs promesses de développement, condamnent l’agriculture paysanne et contribuent à générer la pauvreté.
- Nous affirmons que des alternatives durables et justes existent et demandons qu’elles soient soutenues.
Aussi, nous exprimons nos recommandations en ces termes :

1. Stop à l’agro business qui fait la loi !

Le CETA (traité de libre-échange liant l’UE au Canada) est sur le point d’être signé et le TTIP (traité transatlantique entre l’UE et les USA) est toujours en cours de négociation. Ces traités, par la mise en place d’un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etat (ISDS dans son abréviation en anglais) font primer le droit (au profit) des multinationales de l’agrobusiness sur le droit des Etats à légiférer au nom de l’intérêt général, de la sécurité et de la souveraineté alimentaires .
Partout où c’est possible, dénoncez ces traités. Refusez de les signer ou de les ratifier !

2. Non aux solutions « vertes » proposées par l’agrobusiness !

JPEG En prévision de la COP 21 à Paris, des multinationales de l’agrobusiness veulent s’imposer comme détenant LA solution pour lutter contre les changements climatiques dans le domaine de l’agriculture. En effet, « l’alliance globale pour une agriculture intelligente face au climat » (GACSA dans son abréviation en anglais) a été officiellement lancée lors de la Conférence sur le climat en septembre 2014. Depuis lors, elle est dénoncée, par un nombre croissant d’organisations de la société civile, comme une tentative de « greenwashing » de la part des multinationales de l’agrobusiness.
Parmi les principales critiques exprimées par la société civile, figure le fait que la définition de l’ « agriculture intelligente face au climat » est floue et laisse place à l’inclusion de pratiques dommageables. Par exemple, les entreprises de l’agro-business, qui prônent les engrais chimiques, la production industrielle de viande et l’agriculture industrielle à grande échelle – largement reconnus comme nuisant à l’agriculture paysanne, à la résilience des systèmes agricoles et contribuant au réchauffement climatique – prétendent fournir des « réponses intelligentes face au climat ». En outre, la structure de gouvernance de la GACSA manque de clarté, ce qui pose de graves problèmes de responsabilité.
Alors que les dirigeants mondiaux devront signer un nouvel accord cette année lors de la COP 21 visant à trouver une solution face au chaos engendré par les dérèglements climatiques,
Dénoncez la tentative de « greenwashing » de la part des multinationales de l’agrobusiness et rejetez leur fausse solution incarnée par la GACSA !

3. Oui aux systèmes alimentaires durables comme l’agroécologie !

Alors que le modèle agricole intensif industriel a des effets injustes et néfastes sur les populations et l’environnement dans le monde (création de poches structurelles de pauvreté, dégradation des sols, pollutions des nappe phréatiques, GES, perte de rendements, destruction du tissu social en milieu rural, problèmes de santés accrus, insécurité alimentaire persistante, etc.), il est temps d’accorder plus de poids et de crédit à des alternatives crédibles ainsi qu’aux acteurs qui les pratiquent et à ceux qui les soutiennent.
Ainsi, au Sud comme au Nord, l’agroécologie fait ses preuves, et elle est pratiquée de manière durable et juste au sein de l’agriculture paysanne. Comme le soulignait Olivier De Schutter alors qu’il était Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, « l’agroécologie peut avoir des effets bénéfiques sur divers aspects de la sécurité alimentaire, notamment (i) la disponibilité (en accroissant les rendements) ; (ii) l’accessibilité (en augmentant la fertilité au niveau de l’exploitation et en diminuant la dépendance des agriculteurs à l’égard des intrants externes) ; et (iii) l’adéquation (en contribuant à l’avènement d’agroécosystèmes plus diversifiés, et donc à une alimentation plus diversifiée et à une meilleure nutrition), pour ne citer que ces trois aspects » . Avec l’objectif de réduire au maximum la dépendance de l’agriculteur/trice aux intrants externes et à l’énergie fossile, l’agroécologie est potentiellement en mesure de contribuer à lutter contre la faim, à apporter un revenu décent au secteur de l’agriculture paysanne et à lutter contre le réchauffement climatique.
Favorisez la transition vers un modèle agro-alimentaire juste et respectueux de l’environnement au Nord comme au Sud et soutenez les initiatives agroalimentaires alternatives comme l’agroécologie !

4. Vigilance quant aux rapports de genre !

JPEG Tant au nord qu’au Sud, les femmes contribuent activement au maintien du secteur de l’agriculture paysanne et familiale notamment par la production de denrées vivrières, le petit élevage, la transformation et la commercialisation des produits. Ce sont elles qui fournissent les soins et l’alimentation de la famille tout en ayant moins accès aux ressources que les hommes (accès au foncier, postes de décision, statut légal, etc.)
Soutenez les initiatives culturelles, sociales et économiques ainsi que le plaidoyer des groupements et mouvements de femmes –dont les associations d’agricultrices- qui luttent, au Nord et au Sud, contre les discriminations basées sur le sexe !

Carmelina Carracillo
Maxime Caudron

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