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Voyage relais au Brésil   3 août 2013

Anne-Marie Grodent-Dethier

Sanctuaire des Martyrs de Riberao Cascalheira

Au retour de Sao Felix, nous passons par Riberao Cascalheira où est érigé le « Sanctuaire des Martyrs ».

Nous sommes accompagnés par une religieuse, Soeur Erica qui nous explique l’histoire de ce sanctuaire, construit après l’assassinat du Père Joâo Bosco.

Récit : Le Père Joâo Bosco accompagné de Dom Pedro Casaldaliga se rendit à la caserne locale de la police pour réclamer la libération de deux paysannes amérindiennes qui avaient été emprisonnées et torturées, car soupçonnées de collaborer avec les opposants au Gouvernement Geisel.

Dom Pedro menaçant de porter plainte, un policier, tira une balle dans sa direction mais le Père Joâo Bosco lui faisant bouclier de son corps, reçut la balle dans la poitrine.

Il meurt le lendemain 11 octobre 1976. Lorsqu’ils apprirent ce qui s’est passé, les paysans entrèrent en rebellion, détruisant la caserne et libérèrent les deux paysannes.

Par la suite, ce lieu est devenu le Santuaire des Martyrs de l’Araguiaia et la chemise tachée de sang de Père Joâo Bosco y est conservée comme avertissement et témoignage de non-violence.

Voici une réflexion de Dom Pedro sur le Martyre :

« En Amérique latine, nous qui travaillons en faveur de la justice sociale et à la défense des opprimés, sommes très accoutumés au martyre. Il y a beaucoup de paysans et d’Indiens qui sont morts martyrs, beaucoup d’agents de pastorale qui ont été torturés, pas seulement des prêtres. Voilà pourquoi nous avons fait élever à Riberao Cascalheira, à 300 km de Sao Felix, sur le territoire de la prélature, Le Sanctuaire des Martyrs du cheminement qui s’appelle « La Vie donnée pour la Vie » On y voit des photographies et des peintures des principaux martyrs, peu importe leur religion. Le martyre n’est pas une fin lamentable. Ces personnes ont été capables de donner leur mort parce qu’elles ont été capables de donner leur vie. Nous devons nous faire les gardiens de la mémoire et assumer les causes des martyrs. »

Ici, dans ce lieu de la mémoire, a lieu tous les quatre ans, le pélérinage des « Martyrs du long chemin. »

On y honore la mémoire de toutes ces personnalités qui ont perdu leur vie dans la lutte pour différentes causes sociales, qui « ont donné leur vie pour le Royaume »

Il existe un agenda rappelant chaque jour le nom de « martyrs du cheminement » de la lutte pour les pauvres.

Des figures telles que l’Evêque Romero, Chico Mendes, Zumbi dos Palmares, Vladimir Herzog, un journaliste juif et plus récemment, Soeur Dorothy Stang , composent la grande fresque réalisée par les chrétiens engagés en faveur d’un changement de société. « Pâo vivo da nossa caminhada »signifie : « Le pain, la vie de notre chemin. »

par Anne-Marie Grodent-Dethier





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