Abonnez-vous à notre infolettre

Recevez chaque mois des nouvelles de nos projets, nos évènements ou encore nos analyses en vous abonnant à notre infolettre

logo Entraide et Fraternité
16 décembre 2021  Actualités

Agir pour le climat, c’est aussi lutter contre la faim

En adoptant les Objectifs de développement durable en 2014, les Nations Unies se sont engagées à réduire à zéro le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde d’ici 2030.

Or, force est de constater que, d’année en année, les chiffres ne font qu’augmenter. Nous sommes loin d’être « sur la bonne voie » pour éliminer la faim d’ici 2030, bien au contraire. Pourtant, des solutions existent. Parmi elles, l’agroécologie paysanne et solidaire fait ses preuves.

Agroécologie versus agrobusiness

Chaque année, c’est le même constat : les politiques censées lutter contre la faim sont un échec. Si, dans un premier temps, il semble opportun d’améliorer les programmes spécifiques liés à la sécurité alimentaire, il faut également s’attaquer de toute urgence au système alimentaire actuel. En effet, la pandémie nous l’a prouvé, le système alimentaire industriel ne parvient pas à nourrir tout le monde. Et pour cause : il n’est pas fait pour cela. Ce système alimentaire n’a pas été conçu pour nourrir 9 milliards de personnes, mais pour permettre avant tout aux multinationales de faire du profit au quotidien. Pire, ce système qui prône l’agriculture industrielle et intensive est l’une des causes majeures du dérèglement climatique. Depuis trop longtemps, les conséquences sociales et écologiques de ce modèle n’ont pas été prises en compte. Heureusement, depuis quelques années, nous assistons à une prise de conscience de la nécessité de changer ce système en profondeur au profit de systèmes alimentaires durables, fondés sur l’agroécologie.

Entraide et Fraternité, avec ses partenaires, mène depuis 2017 un programme ambitieux prônant l’agroé- cologie. La transition vers ce type de système a l’avantage d’être une réponse à la crise alimentaire et de contribuer simultanément à lutter contre la perte de la biodiversité, refroidir le climat et prévenir de nouvelles crises sanitaires. L’agroécologie est un modèle qui soutient le développement d’une agriculture familiale garantissant des revenus suffisants et le respect des droits des paysans et paysannes, et qui valorise une production locale, respectueuse de l’environnement (transformation minimisée des produits) prenant en compte des savoir-faire paysans.

Choisir l’agroécologie comme modèle majoritaire résoudrait donc en grande partie le problème de notre dépendance alimentaire, en plus d’être bénéfique pour les paysages, pour l’emploi, pour notre santé, pour le climat, pour la nature… et contre les pandémies et leur cortège de dégâts économiques, sociaux, humains. Lever les obstacles au développement de l’agroécologie, chez nous, mais aussi dans les pays du Sud, doit être une priorité pour nos gouvernants. C’est l’objectif du plaidoyer mené par Entraide et Fraternité auprès de nos décideurs et décideuses avec d’autres organisations et le soutien de plus en plus important des citoyens et citoyennes.

Créer les conditions d’une véritable souveraineté alimentaire

En effet, dans un monde de plus en plus interdépendant et faisant face à des profondes crises économiques, sanitaires et environnementales, le développement de l’agroécologie seul ne suffira pas à faire fléchir les statistiques de la sous-alimentation. Éradiquer la faim est impossible tant que les pays du Sud n’auront pas la capacité de jouir d’une véritable souveraineté alimentaire et de se doter d’un système de protection sociale. Acquérir cette capacité implique de redistribuer les richesses, questionner le poids de la dette qui pèse sur ces États, revoir la possibilité qu’ont les multinationales installées chez eux de rapatrier leurs bénéfices ou encore de repenser entièrement les règles du commerce mondial.

Cette énumération, loin d’être exhaustive, est un appel à nos décideurs et décideuses pour améliorer la cohé- rence entre leurs politiques.

À Madagascar, une première famine directement imputable au réchauffement climatique

Le Sud de Madagascar est en proie à la pire sécheresse depuis quatre décennies avec plus d’1 million de personnes en situation d’insécurité alimentaire et 400.000 personnes menacées par la famine ! Cette situation dramatique n’est causée ni par une guerre ni par un conflit, mais bien par le changement climatique. Il s’agit même, selon les Nations Unies, de la première crise de la faim causée par le réchauffement climatique, un comble pour une région du monde qui n’y a en rien contribué, mais qui en paie maintenant les lourdes conséquences.

Avec l’Inde et le Bangladesh, Madagascar figure, en effet, parmi les trois pays les plus vulnérables aux changements climatiques : cyclones, inondations, sécheresses et invasions de criquets sont devenus récurrents, ravageant les récoltes, mettant de plus en plus souvent à mal les faibles revenus des ménages et ponctionnant toujours plus les budgets publics.





Lire aussi

16 mai 2022    Documents de plaidoyer

L’étude BIO

BIO : des financements incohérents avec les Objectifs de développement durable

Juste Terre ! n°189

Au moment où l’Ukraine s’enfonce dans l’horreur
30 mars 2022

Le Monopoly des terres agricoles

Plus d’une cinquantaine de personnes se sont rassemblées le mercredi 23 mars aux ateliers des FUCAM à Mons.

Retrouvez-nous sur : facebook twitter instagram youtube flickr