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Lettres, déclarations   30 août 2019

Communiqué de Presse

L’Amazonie brûle : qui sont les pyromanes ?

« Brûler l’Amazonie est un crime contre l’humanité ! », voilà le cri lancé par nos partenaires brésiliens.

« Il est essentiel que toutes les sociétés brésiliennes, latino-américaines et mondiales sachent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé. En fait, il résulte d’une série d’actions menées par le secteur agroalimentaire et minier, largement soutenues et encouragées par le gouvernement Bolsonaro », rappelle la Via Campesina.

Nous ajoutons notre voix à celle de nos partenaires brésiliens en rappelant également la responsabilité des gouvernements des pays les plus riches qui soutiennent l’agrobusiness, à travers les accords de libre-échange, tel que l’accord entre l’Union Européenne et le Mercosur actuellement proposé à la ratification des pays-membres. Dans le même temps, ces pompiers-pyromanes rassemblés au sein du G7 proposent gracieusement leur soutien pour lutter contre les incendies.

Si M. Macron s’est imposé, à travers ce G7, comme le sauveur de l’Amazonie, sa politique en Guyane est loin d’être exemplaire : développement de l’extraction de l’or, construction d’un barrage et allègement des législations contre les agrocarburants sont autant d’activités qui ont un impact sur la déforestation de l’Amazonie. Ajoutons à cela que la France, comme les autres pays riches, a une responsabilité importante dans la politique de Bolsonaro via l’import massif de soja et d’huile de palme.

Rappelons que l’Amazonie joue un rôle essentiel dans la préservation du précaire équilibre climatique de notre planète. Ainsi sa protection est une responsabilité commune. Cela ne sera possible qu’à travers la défense des territoires autochtones et traditionnels, la mise en œuvre de l’agroécologie, la valorisation de l’agriculture familiale et des politiques publiques volontaristes.

Il est urgent que nos dirigeants se positionnent afin que l’humain et son environnement soient au centre des intérêts communs. Nous demandons :

  • Le rejet de l’accord de libre-échange UE-Mercosur qui est incompatible avec la protection de l’environnement et des droits humains
  • Que tout nouveau traité commercial soit conditionné au respect des normes sociales, environnementales et sanitaires assorti d’un mécanisme de plainte et de sanction ; à sa compatibilité avec les objectifs climatiques de Paris ; au respect des droits humains ; ainsi qu’à une exception agricole.
  • L’implication active de l’Union Européenne et de la Belgique dans les négociations du traité contraignant de l’ONU sur les transnationales et les droits humains.

Entraide et Fraternité soutient la lutte des populations amérindiennes pour la sauvegarde de leur territoire via ses partenaires brésiliens : la Commission Pastorale de la Terre (CPT) et son ardent représentant José Batista, le Mouvement des Sans Terre (MST), La Via Campesina et la Fédération des Travailleurs et travailleuses de l’Agriculture Familiale (FETRAF).

Contact presse : Benoit Coumont – benoit.coumont@entraide.be – 02 227 67 05





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