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	<title>Ukraine &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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	<title>Ukraine &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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		<title>Un système agro-alimentaire à réinventer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 May 2022 11:58:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Comment une guerre en Europe affecte-t-elle les populations africaines, haïtiennes ou latino-américaines ? Quelles leçons tirer de ce signal d’alarme ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Covid, Ukraine… du Nord au Sud</strong></p>



<span id="more-13498"></span>



<p><br><strong>2020 : la pandémie paralyse l’économie mondiale. 2022 : l’invasion de l’Ukraine par la Russie provoque un séisme énergétique et alimentaire qui touche peu ou prou toute la planète. Comment une guerre en Europe affecte-t-elle les populations africaines, haïtiennes ou latino-américaines ? Quelles leçons pouvons-nous &#8211; devons-nous &#8211; tirer de ce nouveau signal d’alarme qui met en lumière les failles et les dangers de la mondialisation néolibérale ? Urgence ou long terme, faut-il vraiment choisir ? Cette analyse met notamment en avant le témoignage d’organisations de la société civile des pays appauvris.</strong></p>



<p>Après le Covid, la guerre en Ukraine met une nouvelle fois en question notre système alimentaire mondial. Fondé sur la libre circulation des capitaux et des marchandises, le système actuel nous rend excessivement dépendants des aléas climatiques, sanitaires ou géostratégiques. Nous, pays enrichis, mais aussi les pays appauvris, plus vulnérables à ces divers chocs en raison de la pauvreté qui y règne déjà et de leur position de faiblesse sur l’échiquier international.</p>



<p><strong>La Russie et l’Ukraine représentent 30 % des exportations de blé dans le monde</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Autant dire que le conflit actuel affecte peu ou prou l’alimentation d’une bonne partie de la population de la planète…</p>



<p>Les sanctions commerciales prises contre la Russie s’ajoutent à l’incertitude quant à la production en Ukraine : les agriculteurs ont-ils pu semer ? Et s’ils y sont arrivés, pourront-ils récolter en été ? L’Ukraine est aussi grande exportatrice d’huile de tournesol et d’engrais azotés pour l’agriculture. <strong>L’insécurité fait gonfler les prix sur le marché des matières premières et la spéculation fait le reste</strong> : les prix explosent. «Le 7 mars 2022, la tonne de blé a atteint le record historique de 422,50€ la tonne sur Euronext<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. C’est deux fois et demie le cours de 2020. En parallèle, l’explosion des prix du gaz entraîne l’augmentation du prix des engrais azotés. Leurs prix ont triplé depuis janvier 2022, ce qui entraîne une hausse des prix des denrées alimentaires. Aux problèmes de transport et de baisse de la production à venir s’ajoute donc celui de l’explosion du prix des intrants agricoles.»<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup></p>



<p>Céréales, carburant, engrais azotés : ces trois produits affectés en même temps – et en chaîne – constituent un cocktail dangereux alors que de nombreux pays sont dépendants des importations pour assurer la sécurité alimentaire de leur population. Chez nous, l’explosion des prix de l’énergie touche durement les ménages les plus précaires et risque de faire basculer dans la pauvreté une frange de la population qui se débrouille habituellement «tout juste» avec son budget mensuel. Dans les pays appauvris aussi, l’augmentation des prix se fait sentir et fait craindre le pire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une guerre lointaine, vraiment ?</h2>



<p>Certains pays africains sont très largement dépendants de la Russie pour leur approvisionnement en blé (voir tableau ci-dessous).</p>



<figure class="wp-block-table"><table><tbody><tr><td>Somalie</td><td>92%</td></tr><tr><td>Égypte</td><td>72%</td></tr><tr><td>RD Congo</td><td>85%</td></tr><tr><td>Rwanda</td><td>58%</td></tr><tr><td>Madagascar</td><td>75%</td></tr></tbody></table><figcaption class="wp-element-caption"><em>Pourcentage de blé ukrainien et russe dans les importations de blé de quelques pays africains</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup></figcaption></figure>



<p></p>



<p>Bien sûr, ces pays consomment également d’autres céréales, mais rappelons que cette dépendance trouve en partie son origine dans les politiques agricoles imposées par le FMI et la Banque mondiale dès les indépendances (années 60) : depuis cette époque, les pays appauvris ont été forcés de se spécialiser dans des cultures d’exportation (huile de palme, coton, cacao, café&#8230;) pour engranger des devises et rembourser la dette contractée auprès de ces institutions. Dette qui leur a été imposée pour «rattraper leur retard et s’intégrer à l’économie mondiale». Du fait de cette industrialisation et de cette spécialisation (qui a enrichi et enrichit encore surtout une élite locale et les entreprises occidentales), certaines cultures de denrées traditionnelles (millet, sorgho, manioc, patate douce&#8230;) ont été délaissées et les populations ont été incitées à modifier leur régime alimentaire et préférer le blé, largement importé.</p>



<p>Même si la RDC, le Rwanda ou encore Haïti, le Guatemala ou le Nicaragua, où Entraide et Fraternité soutient des partenaires, sont loin de l’Ukraine, ces pays n’échappent donc pas à l’envolée des prix des céréales et de l’énergie, ce qui affecte leur niveau de vie, déjà très bas pour une majorité de la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au Sud aussi, les prix explosent</h2>



<p>En RD Congo<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>, <em>«la guerre en Ukraine aggrave la situation qui était déjà calamiteuse par rapport à l’insécurité alimentaire aiguë dans laquelle est plongé plus d’un quart de la population»</em>, souligne Ephraïm Ziribanchi Kivayaga, Directeur du Centre de Promotion Rurale à Idjwi, faisant référence à une étude publiée au mois de novembre 2021 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM)<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. <em>«<strong>On observe sur le marché une hausse vertigineuse des produits de première nécessité</strong> et principalement des denrées alimentaires comme la farine de froment, l’huile végétale, le riz, le sucre, la semoule,</em> constate-t-il<em>&#8230; Les prix de ces produits ont presque doublé au courant du mois de mars passé, de même que les prix des carburants. On observe par endroits la pénurie du carburant occasionnant des files d’attente à la pompe.»</em></p>



<p>Sur cette île au milieu du Lac Kivu, le commerce se fait forcément par bateau : <em>«plus de 55% de la population exerce des activités de petit commerce entre les villes de Goma et Bukavu tandis qu’il se développe un commerce transfrontalier très florissant entre le Territoire d’Idjwi et le Rwanda d’où l’on importe les produits manufacturés de première nécessité ainsi que les produits alimentaires (riz, semoule, huile…), d’élevage (petit et gros bétail et la volaille) et des produits de pêche. Le petit commerce se fait par des petites pirogues motorisées ou à la rame. Ainsi, avec la hausse des prix des carburants, les prix des billets de voyage ont augmenté d’environ 25%, empêchant certains petits commerçants d’effectuer des mouvements»,</em> donc de vendre leurs marchandises.</p>



<p><em>«La guerre entre la Russie et l’Ukraine ayant accentué et accéléré la crise pétrolière, l’impact est lourd par rapport à la sécurité alimentaire,</em> estime également Sylvain-Dominique Akilimali, Coordonnateur de l’association Change, en RD Congo. <em>Surtout, la République démocratique du Congo est largement dépendante de l’extérieur pour l’approvisionnement en denrées alimentaires. En effet, les pays auprès desquels les populations congolaises importent des produits alimentaires préfèrent garder leurs stocks suite à la crise qui sévit dans le monde et l’instabilité sur le marché mondial liée aux enjeux économiques qui émaillent la guerre russo-ukrainienne. (…) Les prix de tous les produits alimentaires sont à la hausse. Par exemple, un sac de riz de 25 Kg est passé de 16,5 $US à 25,5 $US, un bidon d’huile végétale de 20 l est passé de 23 $US à 47,5 $US, 1 Kg de sucre est passé de 0,75 $US à 1,63 $US…»</em></p>



<p>Au Rwanda voisin, François Munyentwari, directeur d’ACORD Rwanda, explique : <em>«Lors d’une récente réunion<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>(…), le Gouverneur de la Banque nationale a déclaré qu’il est certain que cette guerre aura un effet direct sur notre agriculture et notre sécurité alimentaire qui jusque-là restent dépendantes de produits pétroliers, des engrais et du blé importés de la Russie. Nos agriculteurs sont directement affectés par la pénurie et l’augmentation du prix des intrants, et par conséquent le consommateur des produits à base de farine va payer plus ou se résigner à consommer moins. Lors d’une conférence de presse<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>, le premier Ministre rwandais a précisé qu’avant les sanctions, le Rwanda dépendait fortement de la Russie pour les importations de blé et d&rsquo;engrais, au moins 64 % du blé que le pays utilise provenant de Russie, qui est maintenant aux prises avec des sanctions à l&rsquo;exportation et à l&rsquo;importation en guise de punition pour son raid militaire sur l&rsquo;Ukraine voisine. Il a dit que le Rwanda a essentiellement importé deux produits de Russie : du blé et des engrais.»</em></p>



<p>De l’autre côté de l’Atlantique, au Nicaragua, selon Martha González, la coordinatrice des partenaires d’EF sur place, on note <em>«une augmentation des prix du carburant, ce qui affecte le coût du panier de base et réduit le pouvoir d&rsquo;achat. Il n&rsquo;y a toujours pas de pénurie alimentaire, mais les prix ont augmenté. Il y a une augmentation des prix des médicaments. Il y a une augmentation de la migration.»</em> Même constat au Guatemala, de la part de le coordinatrice EF, Angelica López : <em>«L’augmentation du coût de l’énergie entraîne une hausse des coûts de transport et cela se répercute sur le prix des aliments et des intrants nécessaires à leur production.»</em> En Haïti aussi, Virginie Pochon du GAFE confirme : <em>«Nous constatons effectivement une augmentation des prix et nous nous attendons à un impact sur les prix des carburants.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les lobbies de l’agro-industrie prônent une marche arrière écologique</h2>



<p>Face à cette crise alimentaire qui s’annonce et rappelle, par son ampleur attendue, celle de 2007-2008 qui avait donné lieu, dans de nombreux pays, à des «émeutes de la faim», différentes réponses apparaissent :</p>



<p><strong>Les lobbies de l’agrobusiness</strong>, y compris les producteurs d’intrants chimiques et la FNSEA, la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles en France, ainsi que le COPA-GOGECA<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>, n’ont pas attendu longtemps pour demander à la Commission européenne de faire marche arrière sur les objectifs européens de réduction de l’utilisation des pesticides et de lutte contre le changement climatique dans le secteur de l’agriculture. Ce faisant, ils entendent donc renforcer encore le système agro-industriel qui contribue au réchauffement climatique mais aussi la dépendance excessive par rapport aux importations (aliments et intrants chimiques) et aux marchés financiers qui spéculent sur l’alimentation.</p>



<p><em>«Par rapport au risque de pénurie alimentaire actuelle, les envies environnementales, les demandes sociales parfois très poussées sur l&rsquo;environnement, même s’il ne faut pas les écarter, il faut les appréhender autrement»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. Et pour parler clairement, la FDSEA<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> du Finistère avance ses pions sur les intrants. <em>«Par exemple sur les engrais et les produits phytosanitaires, il est nécessaire de les utiliser pour pouvoir produire».</em> et compenser la perte du grenier à blé de l&rsquo;Europe. <em>«Demain ils seront encore plus nécessaires».</em> Notons au passage le cynisme de l’usage du terme «envies environnementales», comme s’il s’agissait d’un caprice d’ONG et d’écologistes, alors que le GIEC laisse à l’humanité trois petites années pour faire sa révolution écologique…</p>



<p>Les demandes des syndicats agricoles tels que la FNSEA en France ou le COPA-COGECA au niveau européen, laissent entendre que, pour faire face à la crise ukrainienne, il faut augmenter la production de céréales. Or, <em>«la planète ne manque pas de nourriture»</em>, rappelle François Grenade, chargé de plaidoyer chez Îles de Paix<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. <em>Le problème lié à la sécurité alimentaire aujourd’hui – qui renforce une crise d’accessibilité – est utilisé pour pousser l’agenda productiviste»</em>. Et François Grenade de citer Christiane Lambert, présidente du puissant syndicat agricole français FNSEA et européen Copa-Cogeca : <em>«Ne laissons pas la place au lobby vert, au lobby de la faim dans le monde»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>.</p>



<p>Notons également que la fédération syndicale agricole française use volontiers du terme «souveraineté alimentaire» pour affirmer que l’Union européenne doit produire plus pour moins dépendre des importations hors-UE, mais sans aucun égard pour les dimensions sociale et écologique de cette souveraineté. Or, la Via Campesina, mouvement paysan international à l’origine de cette notion, entend la souveraineté alimentaire comme le droit, en premier lieu, des POPULATIONS, puis des États ou unions à définir leur politique agricole et alimentaire. Les acteurs de l’agriculture paysanne font partie de cette population et ils doivent être entendus au même titre que les autres acteurs de l’agriculture. La FNSEA confond «souveraineté alimentaire» et «autonomie alimentaire», cette dernière n’incluant aucun critère social ou écologique.</p>



<p>Pour les lobbies de l’agro-industrie, alors que la crise climatique, le Covid et la guerre en Ukraine ne cessent de mettre en lumière l’impasse que représente leur modèle agricole<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>, il faudrait encore renforcer ce dernier, donc augmenter notre dépendance aux énergies fossiles et la destruction de nos écosystèmes. Et leur travail d’influence porte ses fruits : le président du groupe des eurodéputés du PPE<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> a lui-même pris la plume pour demander à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de <em>«reporter les initiatives législatives concernant la régénération de la nature, les produits de protection des plantes et le devoir de vigilance, entre autres (…)»</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2022/05/img-553.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="944" height="227" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2022/05/img-553.jpg" alt="img-553.jpg" class="wp-image-13499" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2022/05/img-553.jpg 944w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2022/05/img-553-300x72.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2022/05/img-553-768x185.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2022/05/img-553-600x144.jpg 600w" sizes="(max-width: 944px) 100vw, 944px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Extrait de la lettre du président du groupe PPE à Ursula von der Leyen. Source&nbsp;: &lt;<a href="https://twitter.com/JuliaWegerer/status/1506177398764675075" target="_blank" rel="noreferrer noopener nofollow">https://twitter.com/JuliaWegerer/st&#8230;</a>&gt;</figcaption></figure>



<div class="wp-block-group fond-bleu is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex">
<h3 class="wp-block-heading">De la ferme à la fourchette</h3>



<p>La stratégie «de la ferme à la fourchette» est au cœur du «Green Deal» européen et vise à accélérer notre transition vers un système alimentaire durable qui devrait :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>avoir un impact environnemental neutre ou positif</li>



<li>contribuer à atténuer le changement climatique et à s&rsquo;adapter à ses effets</li>



<li>inverser la tendance à la perte de biodiversité</li>



<li>assurer la sécurité alimentaire, la nutrition et la santé publique, en veillant à ce que chacun ait accès à une alimentation suffisante, sûre, nutritive et durable</li>



<li>préserver le caractère abordable des denrées alimentaires tout en générant un rendement économique plus équitable, en favorisant la compétitivité du secteur de l&rsquo;approvisionnement de l&rsquo;UE et en promouvant le commerce équitable.</li>
</ul>
</div>



<p>Sont directement visés ici trois chantiers importants : le Green Deal européen et sa stratégie Farm to Fork («De la ferme à la fourchette», voir encadré), la future directive sur l’utilisation durable des pesticides (directive SUD) et les efforts pour obtenir une directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises quant au respect des droits humains et de la nature sur toute leur chaîne de production.</p>



<p>Des déclarations comme celles de la FNSEA ou du COPA-COGECA sont largement relayées par la presse papier et électronique – mais aussi, nous le voyons, par des élus. Au risque, si l’on ne s’informe pas plus avant, de sembler du bon sens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Impasse et pistes d’avenir</h2>



<p><strong>La pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine montrent pourtant clairement l’impasse dans laquelle se trouve le système agro-alimentaire mondial</strong> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Trop dépendant des importations et exportations</strong>, il fragilise la sécurité alimentaire des populations et comporte un risque important de pénurie en cas de paralysie totale (Covid-19) ou partielle (Ukraine) du commerce mondial.</li>



<li><strong>Trop dépendant des énergies fossiles</strong> (pour le transport comme pour la production d’engrais de synthèse et de pesticides), il est sujet à l’explosion des prix en cas de crise comme celle que nous connaissons en 2022.</li>



<li>En ce qui concerne les pays appauvris et endettés, les politiques agricoles imposées par les bailleurs de fonds internationaux, qui consistent à privilégier les cultures industrielles d’exportation, <strong>entravent la souveraineté et l’autonomie alimentaires</strong>.</li>
</ul>



<p>De plus, <strong>trop peu respectueux du vivant</strong>, le système agricole dominant exploite les humains, épuise les terres, pollue les nappes phréatiques et massacre la biodiversité.</p>



<p class="blockquote">«La guerre en Ukraine vient mettre à nu la triste vérité de dépendance de nos économies au système de commerce global, qui force nos populations à produire pour le marché et se retrouvent injustement victimes des fluctuations des prix des intrants importés.»<br>Francois Munyentwari, directeur d’ACORD Rwanda, partenaire d’Entraide et Fraternité</p>



<p>Ces transformations, ces «envies environnementales» et ces «demandes sociales parfois très poussées» que d’aucuns veulent mettre en pause, ce sont justement celles sur lesquelles il convient d’accélérer pour mettre en place une politique alimentaire qui rende les populations – des pays enrichis comme des pays appauvris &#8211; plus autonomes et donc moins dépendantes de la conjoncture internationale et des énergies fossiles. Sans oublier l’urgente et indispensable réponse au défi écologique.</p>



<p>Une première piste, qui est déjà en cours de concrétisation en Afrique, est de <strong>recourir à des produits locaux pour remplacer le blé manquant.</strong> Une dynamique déjà en cours, parfois sans attendre la guerre en Ukraine.</p>



<p><em>«Le Rwanda a commencé à chercher d&rsquo;autres sources d&rsquo;importation de blé à la suite de lourdes sanctions commerciales contre son principal fournisseur, la Russie. L’Argentine est un des pays qui ont été approchés dans cette perspective. (…) Parmi les alternatives, il est envisagé de mélanger la farine de produits à base de blé avec des produits d&rsquo;origine locale tels que les tubercules pour faire du pain, qui normalement dépend entièrement du blé. (…) En effet, la patate douce et le manioc ont été identifiés par certaines boulangeries comme des matières premières alternatives pour la fabrication du pain, (…) des moyens efficaces de diversifier les produits de boulangerie, de prévenir les pertes après récolte et de fournir aux agriculteurs locaux un marché pour leurs produits.</em></p>



<p><em>Des entreprises locales telles que CARL Group, basée à Kigali, une entreprise agroalimentaire créée par quatre jeunes diplômés en 2014 et l’Enterprise Urwibutso, une entreprise agro-industrielle basée dans le district de Rulindo, avaient commencé à exploiter le potentiel de la patate douce pour fabriquer des biscuits et du pain, entre autres produits, qui complète la farine de blé en boulangerie.»</em> (Francois Munyentwari, directeur d’ACORD Rwanda, partenaire d’Entraide et Fraternité)</p>



<p><strong>L’agroécologie,</strong> qui ne dépend pas des énergies fossiles et produit une alimentation locale tout en régénérant les sols, est bien entendu une réponse des plus pertinentes aux défis actuels. La crise ukrainienne, après celle du Covid-19, est-elle une occasion de lui donner un coup d’accélérateur ? Cela semble évident et cela se fait depuis longtemps dans les organisations paysannes, avec des conséquences positives sur les communautés qui adoptent ces pratiques culturales sobres en intrants extérieurs. Mais <strong>les moyens manquent pour étendre, voire généraliser la transition agroécologique</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> : <em>«Les organisations comme ACORD Rwanda n’ont pas assez de ressources pour accompagner les paysans dans la mise en place de systèmes gérés par les paysans (semences locales, fumure organique, biopesticides, business agroécologique, etc),</em> estime François Munyentwari. <em>Nous faisons des projets à petite échelle avec des champions au niveau communautaire en plus du travail de formation et de plaidoyer. <strong>Nous devons poursuivre ce débat et le porter au niveau national</strong>, ensemble avec les organisations en appui aux initiatives de base, plaider pour des politiques et des programmes favorables à l’investissement dans la promotion de systèmes de production et de consommation résilientes et durables. Il est plus que temps de focaliser les investissements publics sur la capacité des populations à assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire.»</em></p>



<p>Même constat en RDC : <em>«D’après les anciennes et récentes expériences, il est rare que les mesures de gestion de conjonctures économiques prises par le Gouvernement congolais aboutissent,</em> constate Sylvain-Dominique Akilimali, directeur de l’association Change<em>. Les cas les plus récents (en 2020 et 2021) sont ceux concernant la baisse du prix des poissons importés et celui du pain de froment. Là, le Gouvernement a carrément échoué. Entre-temps, le Gouvernement n’a mis en place aucune politique en matière agricole pour relever la production alimentaire, développer la souveraineté alimentaire et réduire l’insécurité alimentaire. En R.D. Congo, le budget alloué à l’agriculture représente un pourcentage très faible»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<p>Cette inertie du Gouvernement congolais est dénoncée avec virulence par Patient Bagenda, directeur du CAB<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> : <em>«Le Gouvernement ne reconnaît pas le droit à l&rsquo;alimentation de son peuple ; autrement, c&rsquo;est dans l&rsquo;agriculture (avec les millions d&rsquo;hectares de terres fertiles, l&rsquo;immensité et la disponibilité de l&rsquo;eau partout, la variété des microclimats, la disponibilité de la main-d’œuvre&#8230;) que ce Gouvernement aurait déjà investi les milliards des dollars détournés chaque année, engloutis dans les voyages et les fêtes des dirigeants, volés pour l&rsquo;enrichissement personnel des élites politiques et de leurs familles. Et donc, il n&rsquo;y a, à ma connaissance, aucune mesure déjà annoncée pour atténuer les hausses des prix et les effets sur l&rsquo;alimentation.»</em></p>



<p>Et, plutôt que de se tourner vers l’Argentine pour importer encore du blé, <em>«<strong>Pourquoi ne pas envisager dans l’avenir que le continent africain pourra s’autosuffire en céréales</strong> et qu’il sera possible d’importer de la région et du continent ?»</em>, s’interroge encore le directeur d’ACORD Rwanda.</p>



<p>Si les organisations rwandaises ou congolaises de la société civile s’unissent pour réclamer de leurs gouvernements respectifs un financement de l’agriculture &#8211; et de l’agroécologie en particulier &#8211; à la hauteur des enjeux alimentaires et écologiques, nous pouvons, pour notre part, <strong>demander à l’État belge que l’argent de la coopération au développement finance prioritairement des projets d’agriculture paysanne, locale et écologique, plutôt que l’agriculture industrielle.</strong> Actuellement, seuls 16% des fonds de la coopération au développement destinées à l’agriculture soutiennent des projets agroécologiques<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p><strong>En annulant des dettes depuis longtemps insoutenables et le plus souvent odieuses ou illégitimes</strong>, les pays enrichis ainsi que les institutions financières internationales doivent donner aux pays appauvris les moyens de faire face à cette crise alimentaire et d’investir dans une agriculture écologique et locale. De tels investissements leur permettraient d’être à même d’assurer une plus grande autonomie alimentaire et donc une meilleure résistance à des crises qui ne manqueront pas de se succéder dans les années à venir.</p>



<p>Enfoncer l’accélérateur sur la route qui nous mène vers un mur, ou donner un salutaire coup de volant : tel est – à nouveau – l’alternative qui se présente à nos dirigeants à l’occasion de la guerre en Ukraine. Laisser les acteurs du capitalisme débridé – lobbies des énergies fossiles, de l’agro-industrie, de la finance… et leurs alliés politiques &#8211; utiliser la «stratégie du choc» décrite par Naomi Klein dans son livre éponyme<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup> pour imposer à chaque crise de nouvelles avancées néolibérales et écocidaires&#8230; ? Ou écouter et prendre en compte la voix du vivant portée par les paysans et paysannes d’ici et d’ailleurs, par les scientifiques, par les organisations de la société civile, expertes dans les secteurs de l’agroécologie, de la justice climatique, des droits humains, de notre milieu de vie… ? Ces voix qui nous disent que <strong>l’urgence, c’est de penser à long terme et de ne pas reporter sans cesse des décisions nécessaires</strong> qui, à mesure que le temps passe, seront plus difficiles à prendre et à vivre…</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.lalibre.be/economie/placements/2022/03/31/deux-grandes-crises-mais-rien-na-change-ces-investisseurs-qui-engrangent-des-benefices-record-en-speculant-sur-les-matieres-premieres-XKAALSBAG5HPBJWJJCXJO4IFJM/">https://www.lalibre.be/economie/placements/2022/03/31/deux-grandes-crises-mais-rien-na-change-ces-investisseurs-qui-engrangent-des-benefices-record-en-speculant-sur-les-matieres-premieres-XKAALSBAG5HPBJWJJCXJO4IFJM/</a> </div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Euronext est la principale place boursière de la zone euro. </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.cncd.be/guerre-ukraine-menace-crise-alimentaire-mondiale-reponse-europe">https://www.cncd.be/guerre-ukraine-menace-crise-alimentaire-mondiale-reponse-europe</a> </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Source : Note d’information : «L’importance de l’Ukraine et de la Fédération de Russie pour les marchés agricoles mondiaux et les risques associés au conflit actuel», FAO, 2022, p.10. <a href="https://www.fao.org/fileadmin/user_upload/faoweb/2022/Info-Note-Ukraine-Russian-Federation.pdf">fao.org</a> </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les témoignages cités dans cette analyse ont été recueillis en mars et avril 2022. </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.ipcinfo.org/fileadmin/user_upload/ipcinfo/docs/IPC_DRC_Acute_FoodInsec_Malnutrition_2021Sept2022Aug_Report_French.pdf">https://www.ipcinfo.org/fileadmin/user_upload/ipcinfo/docs/IPC_DRC_Acute_FoodInsec_Malnutrition_2021Sept2022Aug_Report_French.pdf</a> </div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://igihe.com/ubukungu/ubucuruzi/article/u-rwanda-rushobora-gutangira-gutumiza-ingano-muri-argentine">https://igihe.com/ubukungu/ubucuruzi/article/u-rwanda-rushobora-gutangira-gutumiza-ingano-muri-argentine</a> </div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.newtimes.co.rw/news/rwanda-looks-elsewhere-wheat-imports-amid-russia-ukraine-crisis#:&nbsp;:text=Rwanda%20has%20essentially%20been%20importing,Ministry%20of%20Trade%20and%20Industry">https://www.newtimes.co.rw/news/rwanda-looks-elsewhere-wheat-imports-amid-russia-ukraine-crisis#:&nbsp;:text=Rwanda%20has%20essentially%20been%20importing,Ministry%20of%20Trade%20and%20Industry</a> </div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; COPA : Comité des organisations professionnelles agricoles de l&rsquo;Union européenne. COGECA : Confédération générale des coopératives agricoles, ex-Comité général de la coopération agricole de l&rsquo;Union européenne. </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/ukraine-la-fnsea-estime-etre-mieux-entendue-des-candidats-a-la-presidentielle-sur-la-question-des-1646207970">https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/ukraine-la-fnsea-estime-etre-mieux-entendue-des-candidats-a-la-presidentielle-sur-la-question-des-1646207970</a> </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les FDSEA sont les sections départementales de la FNSEA. </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Exposé lors d’une session d’information à destination des employés d’Entraide et Fraternité, le 21 avril 2022, avec la participation de Patient Bagenda du CAB (RDC) <sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup> et de Yannick Quéau, directeur du GRIP. </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/01/la-souverainete-alimentaire-a-l-epreuve-de-la-guerre-en-ukraine_6120050_3244.html">https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/04/01/la-souverainete-alimentaire-a-l-epreuve-de-la-guerre-en-ukraine_6120050_3244.html</a> </div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; François Grenade (cf. note 12) : «En Europe, le rendement des céréales plafonne et ce n’est pas lié aux mises en jachère : sont en cause le changement climatique, la disparition des pollinisateurs et la dégradation des sols». </div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parti populaire européen </div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://twitter.com/JuliaWegerer/status/1506177398764675075">https://twitter.com/JuliaWegerer/status/1506177398764675075</a> </div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Généralisation qui ne pourrait cependant être totale : une partie des produits agricoles, comme les céréales, devront continuer à être produits à grande échelle, pour nourrir les villes – ce qui n’empêche pas de rendre ces cultures plus écologiques. Voir Laurent Delcourt, dans «Un système alimentaire à transformer», Points de vue du Sud, Alternatives Sud 4e trimestre 2021, CETRI, p.20. </div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; «Bien que Kinshasa ait signé l’ACORD de Maputo prévoyant que 10% des budgets africains seront consacrés à l’agriculture, au Congo ce secteur ne s’est vu attribuer que 7,6% du budget en 2017, 1,59% en 2018 et 3,5% en 2019.» Source : <a href="https://afrique.lalibre.be/57123/rdcongo-la-mauvaise-gouvernance-des-finances-publiques-demeure-et-empire/">https://afrique.lalibre.be/57123/rdcongo-la-mauvaise-gouvernance-des-finances-publiques-demeure-et-empire/</a> </div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comité pour l’autopromotion à la base, Bukavu, RDC, partenaire d’Entraide et Fraternité. </div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.cncd.be/Belgique-priorite-cooperation-developpement-agroecologie">https://www.cncd.be/Belgique-priorite-cooperation-developpement-agroecologie</a> </div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.babelio.com/livres/Klein-La-strategie-du-choc--La-montee-dun-capitalisme-/67502">https://www.babelio.com/livres/Klein-La-strategie-du-choc&#8211;La-montee-dun-capitalisme-/67502</a> </div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Pourquoi la Belgique creuse-t-elle la dette du Sud ?</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse-2022-05/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 May 2022 13:55:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[FMI - Fonds monétaire international]]></category>
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					<description><![CDATA[La guerre en Ukraine frappe de plein fouet les pays appauvris du Sud.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>La guerre en Ukraine frappe de plein fouet les pays appauvris du Sud.</strong></p>



<span id="more-13480"></span>



<p><br><strong>La guerre en Ukraine frappe de plein fouet les pays appauvris du Sud qui subissent l’augmentation du prix des produits de base, dans un contexte où ils sont étranglés par le paiement des dettes. À la veille des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, deux institutions au sein au sein desquelles la Belgique a un poids important<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>, Entraide et Fraternité et d’autres ONG belges<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup> ont interpellé le Premier ministre et le Ministre fédéral des finances pour savoir si de nouvelles mesures ambitieuses et immédiates sur la dette allaient être prises afin de soulager les populations. Dans cette analyse, nous réagissons à la réponse donnée par le gouvernement en fournissant des clés de compréhension critiques des décisions qui viennent d’être prises par le FMI et la Banque mondiale. L’analyse se conclut par les mesures urgentes que le gouvernement belge devrait prendre pour aider les pays appauvris du Sud.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">La Banque mondiale refuse de participer aux allègements de dettes</h2>



<p>Selon les dernières estimations la Banque mondiale, 75 à 95 millions de personnes supplémentaires basculeront dans l’extrême pauvreté en 2022 en raison notamment de la flambée des prix des aliments et de l’énergie liée à la guerre en Ukraine<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Selon la dernière édition du rapport <a href="https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/37223/CMO-April-2022.pdf" rel="nofollow noopener" target="_blank">Commodity Markets Outlook</a>* publiée en avril dernier par la Banque mondiale, consacrée à l’impact de cette guerre sur le marché des produits de base, «<em>il s&rsquo;agit du plus grand choc sur les produits de base que nous ayons connu depuis les années 1970</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>» avec des prix qui vont se maintenir à des niveaux historiquement élevés au moins jusqu’à la fin de l’année 2024<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Si la Banque mondiale déplore le «<em>coût humain et économique considérable</em>» que cette hausse des prix engendre pour les populations des pays appauvris du Sud, elle refuse pourtant de faire le moindre geste pour alléger les remboursements de ses créances alors que, dans le même temps, elle appelle les États et le secteur privé à le faire. C’est donc «faites ce que je dis, pas ce que fais !».</p>



<p>Cette situation ubuesque est d’autant moins tenable que <strong>la dette publique (celle qui est contractée par les États) atteint cette année des sommets</strong>, avec comme conséquence des coupes budgétaires dans des secteurs aussi vitaux que la santé, l’éducation ou encore l’agriculture, afin de rembourser en priorité la dette. Ces coupes pourraient même ne pas être suffisantes puisque des pays risquent dans les prochains mois d’être dans l’incapacité de la rembourser, à l’instar du Sri Lanka, qui s’est déjà déclaré en cessation de paiement le 13 avril dernier<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. En effet, la situation est alarmante : 60% des pays à faible revenu sont actuellement en situation de surendettement ou à haut risque de surendettement<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les agences de notation avant les droits humains</h2>



<p>Le refus de la Banque mondiale de prendre part aux allègements de dettes est pour l’heure soutenu par l’État belge, alors que son propre accord de gouvernement de 2019 stipule qu’il «<em>s’engagera de manière constructive dans les discussions sur les annulations de dettes bilatérales et multilatérales</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>. Les dettes bilatérales et multilatérales désignent respectivement les dettes à l’égard de la Belgique et celles qui qui sont dues aux banques multilatérales de développement (dont la Banque mondiale).</p>



<p>Interrogé sur l’annulation des dettes multilatérales via une question parlementaire suscitée par Entraide et Fraternité<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>, le Ministre des finances Vincent Van Peteghem répond ceci : «<em>je voudrais attirer votre attention sur la compensation que les institutions multilatérales exigeraient pour leur participation à une éventuelle opération d’allègement de la dette. Dans le cas contraire, le modèle de financement de ces institutions et la notation favorable (AAA) dont bénéficient les Banques Multilatérales de Développement seraient menacés</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>».</p>



<p>Autrement dit, <strong>le Ministre justifie l’inaction de la Banque mondiale par la réaction des marchés financiers</strong> qui suivrait la dégradation de sa note par les agences de notation si la Banque mondiale décidait de tirer un trait sur une partie des remboursements. Cette justification «technico-financière» ne tient pas<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> et un allègement des dettes par les banques multilatérales pourrait, en outre, être compensé notamment par les bénéfices engrangés par les banques multilatérales de développement, comme nous l’avons expliqué dans une précédente analyse<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Mais surtout, ce raisonnement fait fi de la mission principale de la Banque mondiale qui est de combattre la pauvreté<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>, de son obligation juridique de respecter les droits humains<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> mais aussi de l’accord de gouvernement de la Belgique. Ses engagements politiques et juridiques compteraient-ils donc moins que la notation financière de la Banque mondiale ? La réponse semble être oui et on retrouve cette logique purement financière, déconnectée des réalités humaines, du côté du FMI qui fait payer, même en situation de crise, des commissions additionnelles aux pays surendettés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stop aux commissions additionnelles imposées par le FMI !</h2>



<p>Alors que <strong>le FMI</strong> est censé lui aussi aider les pays en difficulté, il <strong>prélève des commissions additionnelles sur les prêts qu’il octroie aux pays surendettés à son égard, même en pleine pandémie</strong>. Le FMI a, en effet, collecté plus de 2 milliards de dollars de commissions additionnelles rien qu’en 2021<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. Notons que ces commissions injustes ne concernent pas que les pays appauvris du Sud puisque l&rsquo;Ukraine devra, par exemple, payer 483 millions de dollars de commissions additionnelles entre 2021 et 2027<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p>Face à cette situation, Entraide et Fraternité a co-signé en avril dernier un appel international demandant l’élimination immédiate de ces commissions<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> et interpellé le Ministre des finances pour qu’il plaide en ce sens au sein du FMI. Sa réponse est la suivante : les commissions additionnelles (appelées par le Ministres «surtaxes») «<em>font partie de la gestion des risques du FMI et jouent donc un rôle important dans la gestion du risque de crédit et la constitution des soldes de précaution qui protègent le Fonds contre les pertes potentielles résultant des risques de crédit, de revenus et autres risques financiers. Le Conseil d’administration du FMI a débattu de cette question en décembre lors de la revue à mi-parcours des soldes de précaution. Il n’y avait aucun soutien pour accorder un allègement temporaire, mais il y avait une ouverture à un examen global de la politique de surtaxes dans le contexte du modèle de revenu du Fonds et des perspectives financières globales. Ce dernier a été soutenu par notre circonscription. Un ajustement de la politique des surtaxes doit être approuvé par une majorité de 70% au Conseil d’administration du FMI</em>».</p>



<p>Traduction : <strong>aucune mesure ne sera prise pour éliminer à court terme ces commissions ni même les suspendre.</strong> Ici encore, l’argument financier (préserver la solidité financière du FMI) prime sur les droits humains que le FMI doit respecter mais aussi sur sa propre mission consistant à fournir un financement temporaire aux pays «<em>sans recourir à des mesures destructrices de la prospérité nationale ou internationale</em>» (article 1 des statuts du FMI)<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<p>Enfin, ces commissions ne sont pas seulement injustes pour les populations des pays concernés : elles vont aussi à l’encontre de l’objectif annoncé par le FMI, puisqu’elles viennent encore aggraver l’endettement, créant justement un risque sérieux de défaut de paiement. C’est pourtant ce que le FMI veut théoriquement éviter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le FMI et la Banque mondiale créent de nouvelles dettes</h2>



<p>Au lieu de renoncer à une partie de leurs créances, le FMI et la Banque mondiale ont fait, au contraire, le choix de creuser l’endettement des pays appauvris de deux manières. Tout d’abord, le président de la Banque mondiale a annoncé le 14 avril dernier une aide d’environ 170 milliards de dollars dont le versement sera étalé sur les quinze prochains mois<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>. Or, <strong>une large majorité de cette aide devrait consister en réalité en de nouveaux prêts</strong>, comme ce fut déjà le cas en réponse à la crise du Covid. Les dons n’avaient alors représenté que 10% du total du financement accordé en 2020-2021<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p>Ensuite, le FMI a annoncé la création prochaine du <strong>Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>, dont l’objectif est d’octroyer des financements à long terme pour les pays appauvris du Sud afin qu’ils puissent relever des défis structurels à moyen terme dans le domaine du changement climatique, de la préparation aux pandémies ou encore de la transition numérique<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>. Son budget sera <strong>alimenté par les DTS</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup><strong> que les pays peuvent mettre volontairement à disposition de ce fonds.</strong> En 2021, le FMI avait, rappelons-le, pris la décision d’allouer 650 milliards de dollars de DTS pour aider les États à faire face à la crise du COVID. Tous les pays, y compris les pays riches dont la Belgique, avaient alors reçu gratuitement des milliards de DTS de la part du FMI<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>. À présent, ces derniers sont invités à confier la gestion de ces DTS à ce nouveau fonds mis sur pied par le FMI <strong>afin que ce dernier prête les DTS aux pays appauvris du Sud.</strong></p>



<p>Quid de la participation de la Belgique ? «<em>La Belgique est disposée à envisager une contribution substantielle à ce fonds. Nous attendons une demande officielle de contribution du FMI après les réunions de printemps du FMI en avril et prendrons une décision à ce moment-là, au sein du gouvernement et en concertation avec la Banque nationale de Belgique</em>», nous a répondu le Ministre des finances. Pourtant, ce fonds pose au moins deux problèmes majeurs.</p>



<p><em>Primo</em>, l’accès à ce fonds n’est réservé qu’aux pays qui ont conclu un autre programme appuyé par le FMI<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup>. Or, diverses études récentes ont montré que cette institution continue à conditionner ses financements à des programmes incluant des mesures d’austérité budgétaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>. Autant de mesures socialement destructrices dont les femmes paient le plus lourd tribut<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>.</p>



<p><em>Secundo</em>, il s’agira encore essentiellement de prêts et non de dons, à l’instar des financements climat auxquels les pays riches se sont engagés à contribuer pour les pays appauvris du Sud<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup>. Le Ministre des finances le confirme. Après avoir expliqué que les DTS sont gérés dans notre pays par la Banque nationale de Belgique, il déclare que : «<em>un don pur n’est pas possible car cela ne peut être concilié avec les règles que la Banque nationale de Belgique doit respecter en matière de financement monétaire et de respect du statut de réserve du DTS</em>». Cette réponse appelle deux commentaires. Le premier est que cette règle invoquée par le Ministre crée une situation d’injustice car <strong>la Belgique prête aux pays appauvris du Sud des DTS qu’elle a reçus gratuitement, contribuant ainsi à l’augmentation de la dette de ces derniers.</strong> La seconde réflexion concerne le respect des règles qui est à géométrie variable en fonction de l’intérêt du créancier. Rappelons, par exemple, que les prêts dits de «sauvetage» de la Grèce octroyés en 2010 et 2012 par l’Union européenne et le FMI étaient entachés de plusieurs graves irrégularités et violaient de manière manifeste plusieurs règles de droit européen et international dont celles protégeant les droits humains<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que devrait faire la Belgique ?</h2>



<p>L’État belge devrait concentrer, dès à présent, ses efforts sur des allègements de dettes plutôt que de les augmenter, comme le stipule son accord de gouvernement. Pour y parvenir, la Belgique devrait mettre tout le poids politique dont elle dispose au sein des instances européennes et internationales pour plaider en faveur d’allègements qui ne soient pas conditionnées à la mise en œuvre de politiques d’austérité et de privatisation. Ce qui implique de <strong>sortir du cadre du FMI pour mener ces annulations de dettes et de ne pas contribuer au fonds mis en place par le FMI</strong> pour transférer ses DTS aux pays appauvris du Sud.</p>



<p>En parallèle à cette action diplomatique, la Belgique dispose de plusieurs leviers d’action qu’elle peut actionner au niveau national pour alléger dès cette année une partie de ses créances bilatérales et mener un audit afin d’en identifier la part illégitime et odieuse. À l’instar de sa loi sur les fonds vautours, pionnière au niveau mondial<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>, la Belgique pourrait également <strong>mettre à contribution les banques et les fonds d’investissements ayant leur siège en Belgique</strong> en explorant les pistes législatives possibles pour les y obliger. Après deux ans passés à leur demander gentiment de faire un geste sur la dette des pays appauvris (qu’ils ont refusé), il est temps de les y contraindre, d’autant que le secteur privé est le premier créancier des pays appauvris du Sud<sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup>.</p>



<p>La mise en œuvre de ces mesures de justice sociale suppose nécessairement d’avoir la volonté politique et d’être créatif en imaginant des solutions guidées par droit international et les droits humains et non par les marchés financiers et les règles procédurales inadaptées sources d’injustice.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La Belgique dispose, au nom d’un groupe de pays, d’un siège d’administrateur au FMI et d’un siège d’administrateur suppléant à la Banque mondiale. De plus, elle se trouve dans les groupes de pays qui pèsent le plus, en termes de droits de vote au sein de ces deux organisations. Elle est aussi actionnaire de toutes les banques régionales de développement et membre fondatrice du Club de Paris.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ces organisations sont : 11.11.11, CADTM et le CNCD-11.11.11.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://blogs.worldbank.org/opendata/pandemic-prices-and-poverty">https://blogs.worldbank.org/opendata/pandemic-prices-and-poverty</a> </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2022/04/26/food-and-energy-price-shocks-from-ukraine-war">https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2022/04/26/food-and-energy-price-shocks-from-ukraine-war</a> </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/37223/CMO-April-2022.pdf">https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/37223/CMO-April-2022.pdf</a> </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/le-sri-lanka-en-defaut-de-paiement-1400138">https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/le-sri-lanka-en-defaut-de-paiement-1400138</a> </div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://blogs.imf.org/2022/04/07/restructuring-debt-of-poorer-nations-requires-more-efficient-coordination/">https://blogs.imf.org/2022/04/07/restructuring-debt-of-poorer-nations-requires-more-efficient-coordination/</a> </div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Page 97 de l’accord de gouvernement du 30 septembre 2020.<a href="https://www.belgium.be/sites/default/files/Accord_de_gouvernement_2020.pdf">https://www.belgium.be/sites/default/files/Accord_de_gouvernement_2020.pdf</a> </div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=qrva&amp;language=fr&amp;cfm=qrvaXml.cfm?legislat=55&amp;dossierID=55-Bxxx-1185-0970-2021202214818.xml">https://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=qrva&amp;language=fr&amp;cfm=qrvaXml.cfm?legislat=55&amp;dossierID=55-Bxxx-1185-0970-2021202214818.xml</a> </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Réponse de Monsieur Vincent Van Peteghem, Vice-premier ministre et ministre des Finances, chargé de la Coordination de la lutte contre la Fraude, à la question n° 970 de Monsieur Malik Ben Achour concernant «le nombre de pays en développement confrontés à des commissions additionnelles imposés par le FMI». Cette réponse datée du 19 avril 2022 nous a été communiquée par mail. Elle n’a pas encore été mise en ligne sur le site de la Chambre des représentants.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce raisonnement de la Banque manque tout d’abord de cohérence. Alors que la Banque mondiale refuse de prendre part à toute initiative d’allégement en invoquant sa notation, son président ne cesse d’encourager les États à annuler une partie de leurs créances sur les pays à faible revenu. Il s’agit ici d’un « deux poids deux mesures » flagrant car ces États sont eux-mêmes notés par les marchés financiers. De plus, les prêts octroyés notamment par la Banque mondiale depuis le début de la crise n’ont fait qu’alourdir des dettes qui étaient déjà insoutenables avant même l’arrivée de la pandémie, renforçant ainsi le risque de défaut de paiement de la part de certains pays à l’égard de créanciers, dont la Banque mondiale. <em>In fine</em>, c’est ce scénario qui pourrait éventuellement fragiliser la notation financière de la Banque. Même en adoptant cette logique des marchés financiers, l&rsquo;allégement de la dette est en fait nécessaire pour la viabilité de la dette à long terme, car il mettra<br>les pays dans une meilleure position pour faire face à leurs futurs paiements.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://dev.2023.entraide.be/pourquoi-la-belgique-doit-plaider-pour-l-annulation-des-creances-de-la-banque">https://dev.2023.entraide.be/pourquoi-la-belgique-doit-plaider-pour-l-annulation-des-creances-de-la-banque</a> </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.banquemondiale.org/fr/what-we-do">https://www.banquemondiale.org/fr/what-we-do</a> </div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La Banque mondiale comme toute autre organisation internationale doit impérativement respecter la Déclaration universelle des droits de l’homme, les principes généraux du droit international et les Pactes de 1966 sur les droits humains.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.eurodad.org/a_guide_to_imf_surcharges">A guide to IMF surcharges &#8211; Eurodad</a> </div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibid.</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lire la version française de cet appel sur :<a href="https://debtgwa.net/statements/eliminate-imf-surcharges-immediately">https://debtgwa.net/statements/eliminate-imf-surcharges-immediately</a> </div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.imf.org/external/french/pubs/ft/aa/aa.pdf">https://www.imf.org/external/french/pubs/ft/aa/aa.pdf</a> </div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2022/04/22/helping-countries-cope-with-multiple-crises">https://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2022/04/22/helping-countries-cope-with-multiple-crises</a> </div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.apmdd.org/programs/uid/statement-imf-wb-spring-meetings-2022">APMDD&rsquo;s Statement on the 2022 IMF-WB Spring Meetings &#8211; Asian Peoples&rsquo; Movement on Debt and Development (APMDD)</a> </div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/01/20/blog012022-a-new-trust-to-help-countries-build-resilience-and-sustainability">https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/01/20/blog012022-a-new-trust-to-help-countries-build-resilience-and-sustainability</a> </div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibid.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les DTS ou Droits de tirage spéciaux sont des actifs de réserve internationaux visant à fournir des <a href="https://www.cadtm.org/fr-Liquidites">liquidités</a> aux États.</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La distribution des DTS étant proportionnelle aux quotes-parts des pays au FMI, les <a href="https://www.ft.com/content/f96b6b31-33ff-4948-a889-180f6bf2acfa">29 pays les plus pauvres</a> ne recevraient, par exemple, que 21 milliards de dollars alors que les 55 pays les plus riches, dont fait partie la Belgique, bénéficieront de 375 milliards de dollars. <a href="https://www.cadtm.org/Annulation-des-dettes-du-Sud-la-Belgique-a-un-role-moteur-a-jouer">https://www.cadtm.org/Annulation-des-dettes-du-Sud-la-Belgique-a-un-role-moteur-a-jouer</a> </div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/01/20/blog012022-a-new-trust-to-help-countries-build-resilience-and-sustainability">https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/01/20/blog012022-a-new-trust-to-help-countries-build-resilience-and-sustainability</a> </div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une étude d’OXFAM a, par exemple, montré que 85% des prêts destinés à la réponse à la pandémie de Covid-19 accordés par le FMI depuis septembre 2020 encourageaient les pays à adopter des mesures d’austérité au lendemain de la crise sanitaire et, dans certains cas, l’exigeaient. <a href="https://policy-practice.oxfam.org/resources/adding-fuel-to-fire-how-imf-demands-for-austerity-will-drive-up-inequality-worl-621210/">Adding Fuel to Fire: How IMF demands for austerity will drive up inequality worldwide &#8211; Oxfam Policy &amp; Practice</a> En septembre 2022, le CETRI et Entraide et Fraternité sortirons un numéro spécial d’<em>Alternative Sud</em> sur les conditionnalités macro-économiques des bailleurs de fonds dont la Banque mondiale et le FMI.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://gadnetwork.org/gadn-resources/2018/8/9/realising-womens-rights-the-role-of-public-debt-in-africa">https://gadnetwork.org/gadn-resources/2018/8/9/realising-womens-rights-the-role-of-public-debt-in-africa</a> </div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;880% des financements climat sur la période 2017-2018 sont constitués de prêts. <a href="https://www.oxfamfrance.org/wp-content/uploads/2020/10/2020-Les-vrais-chiffres-des-financements-climats.pdf">https://www.oxfamfrance.org/wp-content/uploads/2020/10/2020-Les-vrais-chiffres-des-financements-climats.pdf</a> </div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://cadtm.org/La-verite-sur-la-dette-grecque,12029">https://cadtm.org/La-verite-sur-la-dette-grecque,12029</a> </div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.cadtm.org/Analyse-de-la-loi-belge-du-12-juillet-2015-contre-les-fonds-vautours-et-de-sa">https://www.cadtm.org/Analyse-de-la-loi-belge-du-12-juillet-2015-contre-les-fonds-vautours-et-de-sa</a> </div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://jubileedebt.org.uk/press-release/growing-debt-crisis-to-worsen-with-interest-rate-rises">https://jubileedebt.org.uk/press-release/growing-debt-crisis-to-worsen-with-interest-rate-rises</a> </div>]]></content:encoded>
					
		
		
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