Une économie de prédation au cœur de la guerre

La guerre qui sévit à l’est de la République démocratique du Congo ne se limite pas aux affrontements armés ; elle est ancrée dans des circuits économiques qui ont un impact direct sur la vie quotidienne des communautés rurales vivant de l’agriculture. Elle affecte en particulier les agricultrices, premières victimes des conséquences de la guerre mais aussi actrices de résilience.

Entre mainmise sur les ressources, déplacements forcés, désorganisation des marchés et insécurité alimentaire, les communautés agricoles vivant dans les zones de conflit subissent un coût social très élevé. Dans ce contexte, l’économie de guerre recompose les échanges et pousse les agriculteurs et agricultrices à mettre en place des stratégies locales de survie et d’adaptation.1Voir les articles publiés par le Comité international de la Croix-Rouge (21 novembre 2024) RD Congo : Les communautés touchées par les conflits au Nord-Kivu subissent une détresse économique ; par Panzi Foundation Comprendre les minéraux de conflit en RDC ; et par le World Food Programme (2025, December 24) WFP surges food assistance amid renewed violence in eastern DRC

Depuis près de trente ans, l’est de la RDC est le théâtre de conflits armés récurrents où s’affrontent une multitude groupes armés congolais et étrangers. Parmi ces groupes armés on retrouve notamment le M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports onusiens et parlementaires. Ce conflit prolongé a déjà provoqué des millions de morts et de déplacés, plongeant les provinces du Nord et du Sud-Kivu dans une instabilité chronique.2Voir l’ouvrage de Pierre Jacquemot : Les conflits dans l’est de la République démocratique du Congo, 2025 et le policy brief rédigé par Nik Stoop et Marijke Verpoorten intitulé La rébellion du M23 et trois décennies de conflit prolongé : Que se passe-t-il en RD Congo et comment mettre fin à la violence ? publié en mars 2025.

Comprendre l’économie de prédation

Le contexte de guerre s’est accompagné du développement d’une économie de prédation. L’économie de prédation se définit comme une forme d’économie de guerre dans laquelle la violence permet l’accaparement des ressources, le contrôle des territoires, des routes commerciales permettant à certains acteurs de financer leur pouvoir. Cette économie de prédation s’observe en RDC, mais aussi dans d’autres pays aux contextes fragiles qui dépendent de l’agriculture – comme Haïti – où elle fragilise durablement les économies locales et les populations rurales.

Ce contexte affecte les conditions de survie des communautés rurales. Un document préparé pour la journaliste Naïs El Yousfi par des partenaires d’Entraide et Fraternité affirme à ce sujet qu’”il est manifeste que les conflits armés au Sud-Kivu sont intrinsèquement liés à la quête de contrôle des vastes ressources minières de la région ». Ils ajoutent que « tous les belligérants s’affrontent pour dominer les gisements d’or, de cassitérite, de coltan et de wolframite »3Plus précisément, le document – non publié – a été préparé par Merveille Furaha, chargée des programmes à l’APEF (Association pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Féminin), partenaire locale d’EF, et par Clément Bisimwa, coordinateur pays d’Entraide et Fraternité pour Naïs El Yousfi,  pigiste pour la revue Défis Sud de l’ONG Humundi..

Dans l’est de la RDC, cette dynamique se matérialise par le contrôle des zones minières4Selon l’ONU, les  zones minières du Nord- et du Sud-Kivu ont été particulièrement visées dans le cadre de l’offensive menée par le M23. Plusieurs rapports publiés par l’ONU et Human Rights Watch mettent en évidence le soutien du gouvernement rwandais dans ces opérations. (ONU, 2024 ; HWR, 2023), le trafic illégal des minerais, les extorsions de fonds5Ces extorsions de fonds désignent les sommes d’argent, biens ou paiements que des groupes armés, des intermédiaires ou parfois des agents corrompus imposent à la population par la contrainte, la menace ou la violence. imposées aux civils et des taxations informelles qui nourrissent les acteurs armés ou leurs intermédiaires.

Une guerre qui recompose les économies rurales

Cette situation démontre que la prédation des ressources ne doit pas se comprendre comme un effet secondaire de la guerre mais plutôt comme l’un de ses moteurs structurants. Elle désorganise profondément les communautés agricoles dont la subsistance dépend de la terre, des marchés de proximité et des circuits agricoles.

En d’autres termes, si la guerre anéantit une partie de l’économie formelle, elle ne produit pas pour autant un vide économique. En effet, elle produit des circuits d’échange, d’approvisionnement, de pouvoir, alternatifs mais plus opaques, plus inéquitables et plus violents6Voir l’article publié par le Comité International de la Croix-Rouge (21 novembre 2024) : RD Congo : Les communautés touchées par les conflits au Nord-Kivu subissent une détresse économique et l’article de Panzi Foundation Comprendre les minéraux de conflit en RDC

Cette dynamique s’observe principalement dans les zones dont l’administration publique et les services financiers se sont retirés. Plus spécifiquement, la fermeture des banques dans des territoires occupés comme celui du Sud-Kivu a paralysé l’économie locale, obligeant souvent les communautés rurales et les ménages agricoles à se tourner vers les circuits de survie informels.

C’est pourquoi on parle ici non seulement d’effondrement mais aussi de recomposition : quand certaines communautés rurales perdent tout, d’autres, en revanche, trouveraient dans cet effondrement des alternatives pour subsister.

Il faut cependant aborder cette hypothèse avec prudence : ces effets ne correspondent pas à une tendance générale ou à un effet positif de la guerre au sens strict du terme, mais plutôt à une piste d’analyse qui nous pousse à observer finement comment les communautés agricoles peuvent s’adapter à de tels contextes.

Cette économie de prédation affecte l’ensemble de la société, mais elle ne touche pas tous les groupes de la même manière. Dans l’est de la RDC, elle produit d’abord une détresse économique générale très marquée, avant de frapper plus spécifiquement les communautés rurales et, en leur sein, les femmes engagées dans les activités agricoles.

Comme le constate le CICR, “la persistance des conflits armés dans la province du Nord-Kivu […] affecte la capacité des communautés à répondre à leurs besoins essentiels » et « les conflits armés (rebellions M23/AFC et présences des groupes armés) sont parmi les principales causes de l’insécurité alimentaire et de la faim à l’est de la RDC »7Voir l’article publié par le Comité International de la Croix-Rouge (21 novembre 2024) : RD Congo : Les communautés touchées par les conflits au Nord-Kivu subissent une détresse économique

Des communautés rurales profondément fragilisées

  • Un accès plus difficile aux terres agricoles et aux zones de production. Dans les zones marquées par le conflit, la possibilité de cultiver régulièrement, de protéger les récoltes ou de travailler sur une longue période est lourdement affectée. Comme le souligne le CICR,  les combats restreignent l’accès aux champs ».8 Ib.

Selon le document de réponses de Naïs El Yousfi déjà cité, « les récoltes de la saison B n’ont pas pu être finalisées ».

Cette situation est d’autant plus aggravée par les déplacements forcés : en effet, selon le Haut-commissariat aux réfugiés, la RDC comptait 6,7 millions de déplacé·es internes fin 2023, contraignant de nombreux agriculteurs et agricultrices à fuir en délaissant leur terre9Voir le document du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. (2024) Tendances mondiales des déplacements forcés en 2023. HCR.

Toujours selon Merveille Furaha et Clément Bisimwa : « depuis 2023, les principales zones de production agricole du Nord-Kivu (Masisi, Nyiragongo et Rutshuru) se sont vidées de leurs habitants ».  Ils soulignent également que « sur plus de quatre saisons agricoles, les activités champêtres ont été paralysées par les mouvements de population »

  • Une désorganisation des marchés locaux. Dans un contexte où les déplacements sont risqués et les routes commerciales perturbées, les producteurs peinent à acheminer et vendre leurs produits et à s’approvisionner normalement. À cet égard, le CICR observe que « de nombreuses barrières illégales entravent la circulation des personnes et des marchandises ».

Clément Bisimwa et Merveille Furaha précisent que « la ville de Goma, privée de ses centres d’approvisionnement naturels, s’est retrouvée dans une situation de précarité alimentaire critique ».

  • Une dépendance grandissante aux circuits précaires. Les communautés agricoles peuvent être contraintes de traiter avec des intermédiaires, des marchés informels ou des réseaux de survie qui captent une partie de la valeur générée localement.

Comme le résume le document déjà cité, les communautés rurales locales se retrouvent « doublement spoliées : privées de la jouissance de leur sol et sous-sol, elles subissent de plein fouet une violence alimentée par les ressources mêmes de leur terre ».

Des adaptations locales fragiles mais réelles

Certaines communautés parviennent à réorganiser leurs pratiques de production ou de vente, ce qui leur permet de subsister.

À cet égard, Romain Octin, chargé de partenariats Burundi, RD Congo et Rwanda chez Entraide et Fraternité, explique : “ Les difficultés d’accès aux intrants agricoles – semences, fertilisants, pesticides et produits de conservation – renforcent le besoin de développer des initiatives locales de production de semences biologiques et d’intrants agroécologiques, comme stratégie d’adaptation et de résilience”.

Naïs El Yousfi note justement que « la population de l’est de la RDC demeure résiliente malgré la situation de guerre » et que, « malgré l’insécurité dans certaines zones, les agriculteurs poursuivent leurs activités dans la plaine de la Ruzizi et dans les territoires plus calmes comme Kabare et Walungu ».

Ces ajustements restent néanmoins fragiles et ne permettent pas de compenser les pertes occasionnées par la guerre.

Les agricultrices en première ligne

  • Une accentuation de la vulnérabilité. Les agricultrices, en plus de subir les effets généraux de la guerre évoqués précédemment, sont aussi touchées par la désorganisation des activités vivrières et des économies locales dont elles dépendent pour garantir leur subsistance et celle de leur famille. À cet égard, le document préparé à l’attention de Naïs El Yousfi rappelle que « plus de 80% des femmes en milieu rural sont les principales forces productrices de l’agriculture ».
  • Une exposition accrue aux violences. Les dynamiques de conflit et d’exploitation des ressources s’accompagnent souvent de violences sexuelles, devenues une véritable arme de guerre. Toujours selon le même document : «Les violences sexuelles et les viols commis contre les femmes constituent un obstacle majeur à la survie économique».
  • Une charge de survie plus lourde à porter. Dans ce contexte de crise prolongée, les agricultrices sont confrontées chaque jour à la rareté des ressources, à l’insécurité des déplacements et à la réduction des débouchés économiques locaux.
  • Des capacités d’adaptation bien réelles mais contraintes. Les femmes sont à l’avant-poste des stratégies locales de résilience, notamment à travers le petit commerce, l’agriculture à petite échelle ou les groupes d’épargne communautaire.10Voir l’article publié par le World Food Programme (21 avril 2026) From vulnerability to agency: Gendered dynamics of food security, conflict, and resilience in Eastern DRC. Cependant, ces stratégies s’inscrivent dans un environnement inégalitaire et instable.

Pourquoi cela dure-t-il ?

Ce climat de prédation se perpétue d’abord parce qu’il sert des intérêts matériels puissants. En contrôlant les ressources, les routes et les points de passages clés, les groupes armés et les différents intermédiaires financent leurs activités illicites tout en conservant – voire en renforçant — leur influence.

L’économie de prédation dure également parce qu’elle a fini par se substituer à l’État sur des territoires qu’il protège peu, où les marchés formels sont déjà fragilisés et où l’aide humanitaire est insuffisante pour répondre aux besoins des individus. Les circuits précaires et violents deviennent pour certaines personnes les seuls circuits accessibles pour commercer, se déplacer, se ravitailler ou se faire un peu d’argent. Cela ne signifie pas que les communautés rurales adhérent automatiquement à l’économie de prédation mais qu’elles composent avec elle en l’absence d’alternative viable.

Cette situation perdure aussi parce que la réponse internationale manque de cohérence.

D’un côté, certaines organisations comme la FAO demandent davantage de soutien à l’agriculture et à la sécurité alimentaire dans les zones rurales.

De l’autre, l’Union européenne envoie des signaux contradictoires : elle a signé en 2024 un accord sur les matières premières avec le Rwanda, avant de prendre ensuite une position plus dure en sanctionnant des responsables liés au M23 et à l’exploitation illégale des ressources.

Le rôle trouble du Rwanda dans le commerce des minerais au Congo

L’économie de prédation qui ravage l’est de la RDC est intimement liée aux réseaux de contrebande transfrontaliers, au sein desquels le Rwanda occupe une place centrale. L’exploitation et le commerce illicites de ces ressources ne se contentent pas de financer la guerre ; ils génèrent de profondes injustices économiques et sociales pour les populations congolaises, privées des richesses de leur propre sous-sol.   Le blanchiment des « minerais du sang » Les statistiques d’exportation rwandaises masquent une réalité de terrain bien différente. Selon un rapport de l’ONG Global Witness publié en 2022, la quasi-totalité des exportations de certains minerais par Kigali est d’origine frauduleuse. Le document révèle que pendant des années, près de90 % des minerais dits « 3T » (coltan/tantale, étain et tungstène) vendus sur le marché mondial par le Rwanda étaient en réalité le fruit de la contrebande au départ de la RDC.11Voir le Rapport de Global Witness. (Avril 2022). The ITSCI Laundromat: How a due diligence scheme appears to launder conflict minerals. Disponible sur : https://www.globalwitness.org/fr/campaigns/natural-resource-governance/itsci-laundromat-fr/

Dans ce paysage contradictoire, le projet de Couloir vert Kivu-Kinshasa mérite d’être pris en compte.

Ce projet peut être lu comme une tentative de réponse politique à l’économie de prédation. Portée par le gouvernement congolais sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, puis officialisée en janvier 2025, cette initiative entend articuler conservation, agriculture durable et développement territorial. Placé sous l’autorité de l’ICCN (Institut congolais pour la conservation de la nature) et mis en œuvre avec la Fondation Virunga, le projet bénéficie d’un soutien affirmé de l’Union européenne, qui a annoncé un appui financier dans le cadre de Team Europe et du Global Gateway12Sur le Global Gateway, voir Global Gateway, une coopération au service du Sud… ou de l’Europe ?, Lora Verheecke, analyse Entraide et Fraternité. Bien que ce projet soit présenté comme un outil de stabilisation, son efficacité dépendra de sa gouvernance concrète et de la cohérence des politiques qui l’accompagnent.13Voir les articles de Bankable Africa (23 janvier 2025). Couloir vert Kivu-Kinshasa : promesse d’un milliard € de l’UE et soutien de John Kerry et l’article d’Elodie Toto (24 avril 2025) La Fondation Virunga prend les rênes du Couloir Vert Kivu-Kinshasa malgré des zones d’ombres dans sa gestion

Quelles solutions ?

Face à ces enjeux, des mesures concrètes doivent être prises, tant par le gouvernement belge — au niveau national et dans le cadre de son action au sein de l’Union européenne — que par l’UE elle-même.

  • Sécuriser l’accès aux terres agricoles et protéger les moyens de production. Cette sécurisation doit constituer une priorité pour le gouvernement congolais, qui a la responsabilité de garantir la sécurité des populations rurales et de restaurer l’accès aux champs dans les zones touchées par le conflit.

    Dans les territoires du Kivu marqués par l’insécurité, la protection des récoltes et la
    préservation des semences sont indispensables pour maintenir la production vivrière et réduire la dépendance aux circuits de survie. Cependant, cette sécurisation reste impossible tant que la présence duRwanda sur le territoire congolais continue d’alimenter l’instabilité, ce qui renvoie aussi à la responsabilité de l’Union européenne au regard de son accord avec Kigali.

L’accord UE-Rwanda sur les matières premières

En février 2024, l’Union européenne et le Rwanda ont signé un protocole d’accord visant à renforcer leur coopération sur les chaînes de valeur des matières premières dites critiques.   Présenté par Bruxelles comme un “partenariat économique et stratégique”, cet accord a toutefois suscité de vives critiques en raison du rôle attribué au Rwanda dans l’instabilité persistante à l’est de la RDC et des soupçons récurrents de pillage ou de recyclage de minerais congolais exportés via le territoire rwandais.   Dans ce contexte, le maintien de cet accord apparaît en tension avec les objectifs affichés par l’UE en matière de paix, de cohérence diplomatique et d’approvisionnement responsable.14Selon l’article de Carole Assignon (21 février 2024) Le Rwanda et l’UE renforcent leur coopération minière

  • Renforcer la résilience des agriculteurs et agricultrices. Pour renforcer la résilience des communautés agricoles et réduire leur vulnérabilité, il est nécessaire de soutenir l’agriculture vivrière, l’accès aux services agricoles, la diversification des moyens d’existence, la relance des débouchés locaux ainsi que la réduction de la dépendance à l’égard des intermédiaires prédateurs. C’est ce que s’efforce de faire Entraide et Fraternité en soutenant des organisations locales qui forment et accompagnent les paysan∙nes dans la mise en œuvre de l’agroécologie et dans leur lutte pour la souveraineté alimentaire.
  • Placer les agricultrices au centre des politiques de résilience. Par leur rôle essentiel dans la production vivrière, la transformation, la survie des ménages agricoles, les femmes méritent d’être écoutées et leur surexposition à la violence et aux inégalités économiques devrait être une préoccupation prioritaire dans le cadre de la coopération entre l’UE (et la Belgique en particulier) et la RDC.
  • Dénoncer l’inaction des autorités congolaises et le sous-investissement public chronique dans l’agriculture est indispensable. Alors que l’agriculture constitue le principal moyen de subsistance d’environ70% de la population et que la population agricole est estimée à plus de 51,5 millions de personnes, ce secteur n’a représenté que 1,87% du budget exécuté en 2023. Dans l’est du pays, cette carence de l’État se combine à l’emprise des groupes armés sur les ressources et les circuits commerciaux ; selon Impact, le M23 tirerait à lui seul environ 800 000 dollars par mois de l’extraction et du commerce des minerais de Rubaya. Dans ces conditions, les communautés agricoles restent prises au piège d’une économie de survie violente, tandis que l’absence d’investissement public massif dans l’agriculture — et plus encore dans l’agroécologie — compromet toute perspective de stabilisation durable.15Voir l’article publié dans Impact (18 février 2025). Les acteurs doivent suspendre leur approvisionnement en minéraux liés aux groupes armés en République démocratique du Congo et l’article de Desesko (14 novembre 2024) RDC : La Cour des comptes souligne les risques du sous-financement du secteur agricole pour la sécurité alimentaire

En conclusion…

Laisser l’économie de prédation être le moteur des communautés agricoles congolaises, c’est cautionner que la faim, la dépossession des terres et la violence deviennent les nouvelles modalités de gouvernance dans les zones rurales. À l’inverse, en soutenant la souveraineté alimentaire, on redonne aux communautés le pouvoir de produire, d’échanger et de vivre dignement sur leurs terres.

Le gouvernement belge doit agir, tant à travers sa coopération au développement qu’au sein des instances européennes, pour soutenir concrètement les droits fonciers, l’agroécologie et la protection des agriculteurs et agricultrices en RDC.

La Belgique doit faire pression sur la Commission européenne pour l’amener à assurer la cohérence de son action dans la région, notamment au regard de ses relations avec le Rwanda, afin que ses partenariats ne contribuent pas, directement ou indirectement, à entretenir l’instabilité dans l’est de la RDC. 

Bibliographie