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18 avril 2019  Actualités

Plaidoyer

Un levier d’action efficace

Un cas « belge » : Socfin

Les victimes belges et italiennes du géant anversois de l’amiante Eternit ont obtenu gain de cause devant la justice mais les victimes indiennes tentent encore de construire un dossier pour attaquer la filiale locale. Socfin, une autre société à intérêts belges, est également visée même si elle est moins connue du grand public. Elle incarne parfaitement les violations de droits humains, sociaux et environnementaux que le futur traité de l’ONU pourrait combattre.

Sierra Leone, Liberia, Cambodge, Nigéria, Cameroun, RD Congo, Sao-Tomé-et-Principe, Ghana, Côte d’Ivoire, Indonésie : la liste des pays où est présente la société luxembourgeoise du Belge Henri Fabri (et du groupe français Bolloré) est impressionnante. Partout où la Socfin est installée, c’est au détriment des communautés locales. Dépossédées de leurs terres alors qu’elles constituent leur seul moyen de subsistance ; victimes de la violence des milices privées de l’entreprise ; victimes à long terme du fait que les exploitations et plantatios ne présentent aucune durabilité écologique (a fortiori quand il s’agit d’huile de palme, dont la production 100% durable est un mythe) et, au contraire, épuisent les sols de manière intensive. À titre d’exemple, selon l’ONG Fian Belgium, en pointe sur le volet du dossier concernant la Sierra Leone, « les 3500 emplois précaires créés dans ce pays par Socfin ne permettront jamais de compenser la perte des terres et des ressources naturelles pour les 32.000 personnes directement affectées dans cette zone. »

Fian Belgium a publié une analyse du cas Socfin en Sierra Leone, où elle est installée depuis 2011. Dans la chefferie de Malen, au sud du pays, Socfin contrôle 6500 hectares de terres. Les communautés y ont perdu l’accès et le contrôle de leurs terres. Sont remis en cause leur droit à un environnement, à l’accès à l’eau et à une alimentation adéquate. À cela s’ajoutent de graves violations et abus de droits civils et politiques, amenant un conflit social au cours duquel deux habitants de la région ont été tués suite à des raids policiers et militaires menés avec le soutien logistique de Socfin.

En octobre dernier, 15 ONG (dont Entraide et Fraternité) ont mené une opération coup de poing devant le siège bruxellois d’ING. Pourquoi ? Parce que la banque, qui menait alors une campagne promotionnant les investissements verts, avait accordé un prêt de 15 millions d’euros à Socfin et l’avait soutenue dans l’émission d’un emprunt obligataire de 80 millions d’euros. Dans un premier temps, l’action spectaculaire semblait avoir porté ses fruits : en janvier 2019, ING déclare officiellement aux ONGs la suspension de ses crédits au groupe luxembourgeois tant que celui-ci ne bénéficiait pas d’une certification d’huile de palme durable. Mais, dès le mois de mars, SOCFIN annonce qu’ING poursuit sa collaboration. Les intérêts financiers ont-ils pesé davantage que les principes éthiques ? L’affaire suit son cours mais le travail de plaidoyer semble loin d’être fini.





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