Agir là où l’État est peu présent
Située au centre de la RD Congo, la province du Sankuru reste l’une des plus enclavées du pays. Terre natale de Patrice Lumumba, Premier ministre du Congo indépendant, cette région qualifiée de « province oubliée » souffre d’un manque criant d’infrastructures et d’une présence étatique quasi inexistante.
Pour la première fois, Entraide et Fraternité y soutient Solidarité Sainte Marie Tshumbe, une petite organisation du diocèse de Tshumbe qui travaille avec les familles rurales du Sankuru afin de renforcer durablement leur sécurité alimentaire.
Le Sankuru : l’isolement comme réalité
- Des pistes non goudronnées, difficiles d’accès en voiture
- Des rivières inexploitables pour le commerce
- L’avion inaccessible : des billets hors de portée pour la population
« Faisons-nous confiance, travaillons ensemble en solidarité »
Entraide et Fraternité soutient 15 groupements paysans, majoritairement composés de femmes, dans les territoires de Lubefu et de Katako-Kombe où Solidarité Sainte Marie Tshumbe est ancrée depuis de nombreuses années. Ils font partie du réseau Toshan’Etema, une expression locale qui signifie « Faisons-nous confiance, travaillons ensemble en solidarité ».
Conserver et transformer : le maillon manquant
Dans le Sankuru, la terre est généreuse : riz, maïs, manioc, arachides, bananes poussent en abondance. Mais le vrai défi commence après la récolte : comment éviter les pertes pour ne pas souffrir de la faim durant la période de soudure ?
C’est précisément là que le projet fait la différence. Entraide et Fraternité accompagne les groupements dans le stockage et la valorisation de leurs produits agricoles.
Concrètement, ce soutien permet d’équiper les groupements, notamment avec une presse à huile d’arachide, et d’offrir des formations pratiques : fabrication de pain à base de farine de manioc ou encore confection de savon à base d’huile de palme.
Faire entendre la voix des paysannes et paysans
Au Sankuru, la méconnaissance de leurs droits rend les familles rurales vulnérables aux injustices, comme l’accaparement de leurs terres.
Pour y remédier, Entraide et Fraternité s’engage aux côtés des 15 groupements : émissions de radio pour sensibiliser les communautés, formations sur leurs droits et accompagnement juridique.
Accueil chaleureux d’un groupement du réseau Toshan’Etema

Quand les femmes ne marchent plus seules
À la fin des années 1990, face aux violences et viols que subissaient les femmes qui se rendaient seules aux champs, Solidarité Sainte Marie Tshumbe les a encouragées à se regrouper. En marchant et en cultivant la terre ensemble, les femmes ont rapidement retrouvé sécurité et sérénité. De cette solidarité est né le réseau Toshan’Etema.
Aujourd’hui, ces groupements sont devenus le véritable moteur du développement local, menant des actions concrètes pour la sécurité alimentaire et l’égalité femmes-hommes.





