Groupe d’enfants et d’adultes rassemblés devant une bannière de l’organisation partenaire Tokimane, dans un village avec habitations en chaume.

Un nouveau partenariat au cœur d’une province oubliée

# Diocèse Solidarité Sainte Marie Tshumbe # jt232

Pas un centimètre de route goudronnée. Bienvenue au Sankuru, l’une des régions les plus isolées de la République démocratique du Congo. C’est pourtant ici qu’Entraide et Fraternité a choisi de construire un nouveau partenariat.

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Agir là où l’État est peu présent

Située au centre de la RD Congo, la province du Sankuru reste l’une des plus enclavées du pays. Terre natale de Patrice Lumumba, Premier ministre du Congo indépendant, cette région qualifiée de « province oubliée » souffre d’un manque criant d’infrastructures et d’une présence étatique quasi inexistante.

Pour la première fois, Entraide et Fraternité y soutient Solidarité Sainte Marie Tshumbe, une petite organisation du diocèse de Tshumbe qui travaille avec les familles rurales du Sankuru afin de renforcer durablement leur sécurité alimentaire.

Le Sankuru : l’isolement comme réalité

  • Des pistes non goudronnées, difficiles d’accès en voiture
  • Des rivières inexploitables pour le commerce
  • L’avion inaccessible : des billets hors de portée pour la population

« Faisons-nous confiance, travaillons ensemble en solidarité »

Entraide et Fraternité soutient 15 groupements paysans, majoritairement composés de femmes, dans les territoires de Lubefu et de Katako-Kombe où Solidarité Sainte Marie Tshumbe est ancrée depuis de nombreuses années. Ils font partie du réseau Toshan’Etema, une expression locale qui signifie « Faisons-nous confiance, travaillons ensemble en solidarité ».

Conserver et transformer : le maillon manquant

Dans le Sankuru, la terre est généreuse : riz, maïs, manioc, arachides, bananes poussent en abondance. Mais le vrai défi commence après la récolte : comment éviter les pertes pour ne pas souffrir de la faim durant la période de soudure ?

C’est précisément là que le projet fait la différence. Entraide et Fraternité accompagne les groupements dans le stockage et la valorisation de leurs produits agricoles.

Les objectifs clés du projet

292 paysannes et paysans accèdent à une alimentation suffisante et diversifiée grâce à l’agroécologie

15 groupements maîtrisent les techniques de conservation des récoltes

6 groupements transforment leurs récoltes pour créer des produits à plus forte valeur ajoutée (huile, pain, savon, lait…)

15 groupements connaissent et défendent leurs droits

Concrètement, ce soutien permet d’équiper les groupements, notamment avec une presse à huile d’arachide, et d’offrir des formations pratiques : fabrication de pain à base de farine de manioc ou encore confection de savon à base d’huile de palme.

Faire entendre la voix des paysannes et paysans

Au Sankuru, la méconnaissance de leurs droits rend les familles rurales vulnérables aux injustices, comme l’accaparement de leurs terres.

Pour y remédier, Entraide et Fraternité s’engage aux côtés des 15 groupements : émissions de radio pour sensibiliser les communautés, formations sur leurs droits et accompagnement juridique.

Accueil chaleureux d’un groupement du réseau Toshan’Etema

Groupe de femmes réunies dans un village, tenant des feuilles de palmier devant des maisons au toit de chaume.

Quand les femmes ne marchent plus seules

À la fin des années 1990, face aux violences et viols que subissaient les femmes qui se rendaient seules aux champs, Solidarité Sainte Marie Tshumbe les a encouragées à se regrouper. En marchant et en cultivant la terre ensemble, les femmes ont rapidement retrouvé sécurité et sérénité. De cette solidarité est né le réseau Toshan’Etema.

Aujourd’hui, ces groupements sont devenus le véritable moteur du développement local, menant des actions concrètes pour la sécurité alimentaire et l’égalité femmes-hommes.