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	<title>Le droit d’accès aux ressources &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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	<description>Pour que la Terre tourne plus JUSTE !</description>
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	<title>Le droit d’accès aux ressources &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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		<title>L’agriculture&#160;: de la subsistance à la résistance</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2026-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 12:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Année internationale des agricultrices]]></category>
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					<description><![CDATA[« Nous resterons ici tant qu’il y aura du thym et des olives. » Cette strophe fameuse du grand poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) fait écho depuis des décennies à la lutte et à la résilience du peuple palestinien.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%">
<ul class="wp-block-list">
<li><strong>En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, les Palestinien·nes subissent de la part d’Israël un accaparement de terres à grande échelle. Le caractère illégal de l’occupation israélienne au regard du droit international n’empêche pas Israël d’accélérer la colonisation dans ces zones afin d’empêcher la création d’un État palestinien.</strong></li>



<li><strong>Ce laxisme s’accompagne d’une violence grandissante des extrémistes juifs qui ont installé des colonies sauvages et agressent voire tuent régulièrement les Palestiniens et les Palestiniennes qui vivent sur place et travaillent la terre, au nom d’un suprémacisme juif qui vise à annexer la Cisjordanie.</strong></li>



<li><strong>Chaque année, la saison de la récolte des olives, aliment de base pour la population locale et emblème de la culture palestinienne, est l’occasion d’un déchaînement de violence de la part de ces colons. En 2025, les exactions sont tellement graves que les Nations unies et l’Union européenne les ont dénoncées.</strong></li>



<li><strong>Dans ce contexte, l’agriculture n’est pas uniquement un moyen de subsistance&nbsp;: elle est une forme de résistance pacifique qui consiste à montrer l’attachement des Palestinien·nes à leur terre séculaire et à empêcher autant que possible les Israéliens de se l’accaparer.</strong></li>



<li><strong>Dans tout le territoire occupé, Entraide et Fraternité soutient RWDS, une association de femmes rurales qui contribue largement à la résilience et à l’autonomisation des populations locales.</strong></li>



<li><strong>L’interdiction de commercialisation des produits des colonies est promise par le gouvernement belge mais sa mise en pratique se fait attendre&nbsp;: elle est indispensable pour que la Belgique respecte, comme elle le dit, le droit international.</strong></li>
</ul>
</div>
</div>



<p><em>«&nbsp;Nous resterons ici tant qu’il y aura du thym et des olives.&nbsp;»</em> Cette strophe fameuse du grand poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) fait écho depuis des décennies à la lutte et à la résilience du peuple palestinien. Chassée de la plupart de ses terres par les Israéliens lors de la Nakba («&nbsp;catastrophe&nbsp;») en 1948, occupée de plus en plus violemment par Israël depuis 1967, victime depuis 1948 d’un nettoyage ethnique et de 2022 à 2025 d’un génocide reconnu par une enquête indépendante des Nations unies, <strong>la population palestinienne est rivée à cette terre, sa terre ancestrale.</strong> Il y a longtemps que l’occupation née de la guerre des Six-Jours n’est plus vue par Israël comme une situation limitée dans le temps mais est envisagée comme l’imposition à la communauté internationale d’un fait accompli et irréversible.</p>



<p>Sous l’effet de la pression démographique (née notamment de l’accueil des Juifs de l’ex-Union soviétique) et sous celle, plus puissante encore, d’un extrémisme juif religieux d’extrême droite allié à celui, chrétien, des évangélistes américains, l’extension des colonies israéliennes dans la partie est de Jérusalem (dont la vieille ville) et dans toute la Cisjordanie (il n’y en a plus dans la bande de Gaza) vise à imposer une réalité irréversible aboutissant à rendre inopérante la création d’un État de Palestine. Dans ce contexte, les colons constituent un élément central de la problématique&nbsp;: jadis, leur installation sauvage (hors des colonies construites par Israël) en territoire palestinien était considérée comme illégale par le pouvoir israélien. <strong>Désormais, l’armée et le renseignement laissent ces colons libres d’agresser les Palestinien·nes, sans la moindre retombée</strong>. C’est particulièrement vrai au cours de la période de la cueillette des olives&nbsp;: jamais la violence des colons israéliens n’a été aussi grave qu’en cet automne 2025<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Devant les condamnations internationales, même le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a fait mine d’annoncer une réponse ferme à une <em>«&nbsp;poignée d’extrémistes.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup><em>&nbsp;» </em>De quoi calmer un peu la communauté internationale, alors que le leader israélien n’a jamais rien fait face à ces colons et a, au contraire, fait preuve à leur égard d’une mansuétude sans égale dans l’histoire du pays.</p>



<p>Déjà, l’année précédente, la situation était gravissime. Sa description reste valable en 2025&nbsp;: <em>«&nbsp;Agressions physiques, vols des récoltes et de matériel, arbres coupés ou brûlés&nbsp;: les assauts sont multiples. Dans une large majorité des cas, l’armée, la police ou les agents de sécurité israéliens étaient présents, affirme Yesh Din, et ils ne sont pas intervenus. Or, les agriculteurs palestiniens dont les terres sont situées à proximité d’implantations illégales sont censés coordonner leurs déplacements avec l’armée pour se protéger des extrémistes juifs, et obtenir des permis. Cette année, rien de tel. À Burqa, aucun permis n’a été délivré. Accablés, les Palestiniensne semblent eux-mêmes pas les avoir sollicités. Beaucoup renoncent aussi à porter plainte contre les spoliations ou les violences dont ils sont l’objet. Les poursuites sont inexistantes.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Récolte des olives&nbsp;: le cri d’alarme des Nations unies</h2>



<p>L’agression menée par les colons israéliens envers des Palestinien·nes sans défense est tellement préoccupante en cette période des olives qu’elle a forcé les Nations unies à tirer la sonnette d’alarme par la voix d’Ajith Sunghay, son directeur des droits humains pour la Palestine&nbsp;:</p>



<p><em>«</em><em>&nbsp;<strong>Ici, l&rsquo;olivier n&rsquo;est jamais seulement un arbre. Il représente un moyen de subsistance et une lignée, la résilience et l&rsquo;économie, ainsi qu&rsquo;un lien historique qui relie les Palestiniens à leur terre</strong>. Et tout comme les olives symbolisent le lien des Palestiniens à leur terre, les attaques de plus en plus fréquentes pendant la saison de la récolte des olives font partie des nombreuses agressions israéliennes visant à rompre ce lien, à annexer la terre, à déposséder les Palestiniens et à faciliter l&rsquo;expansion des colonies israéliennes illégales.</em></p>



<p><em>Les trois dernières années ont été incroyablement difficiles. La violence des colons israéliens et les restrictions d&rsquo;accès ont empêché de nombreux agriculteurs de récolter sur leurs terres. La violence des colons a explosé en ampleur et en fréquence, avec l&rsquo;acquiescement, le soutien et, dans de nombreux cas, la participation des forces de sécurité israéliennes – et toujours en toute impunité.</em></p>



<p><em>Deux semaines après le début de la récolte 2025, nous avons déjà assisté à de graves attaques menées par des colons armés contre des hommes, des femmes, des enfants palestiniens et des militants étrangers solidaires. Au cours du premier semestre 2025, 757 attaques de colons ont fait des victimes ou causé des dommages matériels. Ce chiffre est supérieur de 13 % au nombre d&rsquo;attaques recensées au cours de la même période en 2024.</em></p>



<p><em>La destruction directe des terres s&rsquo;intensifie également. Les colons ont brûlé des bosquets, scié des oliviers à la tronçonneuse et détruit des maisons et des infrastructures agricoles. De nouveaux checkpoints israéliens et des barrières en fer ont séparé les agriculteurs de leurs fermes, les empêchant parfois d&rsquo;y accéder jusqu&rsquo;à ce que leurs récoltes soient perdues. Les conséquences ont été dévastatrices. <strong>En 2023, 96 000 dunums</strong></em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> <strong><em>de terres oléicoles n&rsquo;ont pas été récoltés, ce qui a entraîné plus de 10 millions de dollars de pertes pour les agriculteurs palestiniens</em></strong><em>. Cette tendance s&rsquo;est poursuivie pendant la saison 2024. En l&rsquo;absence de protection et de responsabilité, les risques se multiplient.</em></p>



<p><em>Au total, plus de 1000 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes ou les colons depuis le 7 octobre 2023 en Cisjordanie. Des milliers de Palestiniens ont été déplacés de force en raison des attaques des colons israéliens, des restrictions de mouvement et des démolitions de maisons.</em></p>



<p><strong><em>Entre 80 000 et 100 000 familles palestiniennes dépendent de la récolte des olives pour leur subsistance</em></strong><em>. Il n&rsquo;est pas exagéré de dire que la saison des récoltes est le pilier économique des communautés rurales palestiniennes.</em></p>



<p><em>Si la saison des olives a toujours été marquée par des tensions, des violences et des restrictions, l&rsquo;escalade actuelle est vraiment alarmante. Elle s&rsquo;inscrit dans un contexte d&rsquo;accélération de l&rsquo;accaparement des terres par Israël. <strong>Les responsables du gouvernement israélien déclarent ouvertement l&rsquo;intention de l&rsquo;État d&rsquo;annexer l&rsquo;ensemble de la Cisjordanie et de transférer de force les Palestiniens.</strong></em></p>



<p><em>Nous devons nous rappeler, quelle que soit la durée de l&rsquo;occupation, que celle-ci ne doit pas être normalisée. Israël a l&rsquo;obligation légale de mettre fin à l&rsquo;occupation et d&rsquo;annuler l&rsquo;annexion de la Cisjordanie. <strong>Le déni par Israël du droit des Palestiniens à la vie, à des moyens de subsistance, à la sécurité, à la dignité et à l&rsquo;autodétermination est illégal et inacceptable</strong>. (…)</em></p>



<p><em>La voie juridique à suivre est sans ambiguïté. La Cour internationale de justice a conclu que l&rsquo;occupation doit prendre fin et qu&rsquo;Israël doit se retirer de tous les territoires palestiniens occupés, tant en Cisjordanie qu&rsquo;à Gaza. Cela implique le démantèlement immédiat de toutes les colonies et l&rsquo;évacuation de tous les colons.</em></p>



<p><em>En attendant, Israël est une puissance occupante qui a de nombreuses obligations en vertu du droit international : l&rsquo;obligation de protéger les Palestiniens et de veiller à ce qu&rsquo;ils puissent exercer pleinement leurs droits politiques, économiques et civils.</em></p>



<p><strong><em>Et la communauté internationale, en particulier les États qui ont du pouvoir et de l&rsquo;influence, doit exercer une pression maximale pour protéger les civils, mettre fin et inverser les politiques d&rsquo;annexion</em></strong><em> qui se développent rapidement, et garantir la responsabilité pour des décennies de violations des droits des Palestiniens en vertu du droit international.</em></p>



<p><strong><em>Et oui, cela commence par les olives</em></strong><em>. Nous appelons les États à mener des actions de plaidoyer auprès des autorités israéliennes afin de garantir un accès total et des garanties de sécurité. Ils doivent également insister sur la responsabilité des violations commises au cours des saisons précédentes et de toute nouvelle violation au cours de la saison à venir. Il est temps d&rsquo;agir et de mener une action internationale concertée pour préserver la saison et garantir la sécurité des agriculteurs et des travailleurs de la protection.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup><em>»</em> Raisons pour lesquelles, sans doute, les Israéliens voient en lui un symbole à abattre pour décourager et chasser les Palestiniens. Et pour lesquelles <strong>les Palestiniens voient en lui un symbole de résistance silencieuse.</strong></p>



<p>Dans ce contexte, et <em>a fortiori</em> lorsque l’occupant utilise la faim comme arme de guerre, ce sont, de manière générale, la souveraineté alimentaire, l’agriculture familiale et éventuellement écologique qui sonnent comme autant de moyens de résistance. <em>« En Palestine, l’agroécologie — comme toute pratique agricole — est profondément marquée par l’occupation, l’expropriation et la violence militaire. <strong>L’occupation illégale empêche l’accès à la terre, à l’eau, aux semences, aux marchés, et même le simple fait de se rendre sur son champ</strong>. Une agroécologie authentique ne peut exister sans un droit à l’autodétermination, sans justice, sans la liberté de cultiver à l’abri de la destruction. Si on ignore ces dimensions politiques, on réduit l’agroécologie à un ensemble de techniques vidées de leur sens — et on la rend incomplète, voire complice »</em>, résume Oxfam<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<p>Et la Via Campesina de détailler : <em>« En Cisjordanie, Israël exerce un contrôle étroit sur l’agriculture, l’accès à la terre, les modes de production, les cultures et le commerce. Près de 65 % du territoire est placé sous contrôle israélien. Ainsi, au-delà de la domination militaire, les communautés palestiniennes doivent faire face à des restrictions sévères concernant les limites foncières, la liberté de circulation et, bien souvent, à un manque de ressources pour investir dans la production agricole. Ce contexte se reflète dans les chiffres : actuellement, seules 26 % des personnes palestiniennes ont l’agriculture comme principale source de revenus, et 22 % de la population vit encore dans des zones rurales.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup><em> »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Non au terrorisme juif et à son impunité&nbsp;», scandent des Juifs</h2>



<p>Le moment est important : les exactions des colons israéliens sont devenues tellement graves que <strong>des personnalités israéliennes n’hésitent plus à parler de <em>« terrorisme juif et de son impunité</em></strong><em> »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup><em>. </em>Elles pointent également le laxisme dont font preuve l’armée et le renseignement israéliens face à la pression de l’extrême droite ultra religieuse sur un gouvernement qui lui a fait passer la couleuvre de la fin de la guerre à Gaza, forcée par le président Trump. Beaucoup s’inquiètent de l’image du pays à l’extérieur en raison de cette impunité. Traditionnellement, les Israéliens recourent en permanence aux vocables « terrorisme » et « terroristes » pour parler de l’opposition palestinienne à leur occupation, même quand il s’agit de mouvements pacifiques et citoyens, de manifestations de jeunes gens ou d’activités d’ONG humanitaires. Il est toutefois piquant de constater qu’avant l’indépendance de 1948, ce sont bien des mouvements terroristes juifs qui ont attaqué régulièrement les forces mandataires britanniques ; ce sont encore des terroristes juifs qui ont massacré de nombreux Palestiniens comme en 1994 au Tombeau des Patriarches à Hébron et qui ont fait échouer le processus de paix d’Oslo en assassinant Yitzhak Rabin il y a 30 ans (4 novembre 1995).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les femmes en première ligne</h2>



<p>Tout cela figurait déjà dans le film <em>No other land</em>, de Basel Adra, Yuval Abraham et Rachel Szor. Cofinancé par Entraide et Fraternité, ce film bouleversant a été consacré par l’Oscar du meilleur documentaire et a fait l’objet de nombreuses projections dans toute la Wallonie et à Bruxelles. Tourné avant le 7 octobre 2023, il&nbsp;montrait bien ce que les habitant·es de la Cisjordanie vivaient depuis longtemps au quotidien : violence aveugle des colons équipés d’armes de guerre, destruction des plantations, des systèmes d’irrigation et des générateurs électriques, comblement des puits, chasse aux populations locales, avis d’expulsion arbitraires exécutés par l’armée … En voyant ces scènes, on comprend mieux pourquoi jamais le simple fait de planter un arbre n’a à ce point représenté un acte politique.<br><br></p>



<p>L&rsquo;agriculture comme forme de résistance : c&rsquo;est ainsi que la décrit Rulla Sarras, directrice du financement et du développement chez RWDS (Rural Women Development Society)<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>, une association soutenue par Entraide et Fraternité.</p>



<p>RWDS, l&rsquo;une des plus grandes organisations de femmes en Palestine, a été créée en 1987 pendant la première Intifada. Elle opère à travers 58 clubs de femmes répartis en Cisjordanie et à Gaza et compte environ 3000 membres issues du milieu rural. Ces femmes sont parmi les plus touchées par l&rsquo;insécurité agricole, et pas seulement pendant la saison de la récolte des olives. <strong>Bien que les femmes rurales représentent environ 60% de la main-d&rsquo;œuvre agricole en Palestine, leur travail est en grande partie informel et elles contrôlent moins de 8% des terres agricoles</strong>. Lorsque les terres sont confisquées par les autorités israéliennes, que ce soit par des actions militaires ou l&rsquo;expansion des colonies, les femmes et leurs familles se retrouvent souvent privées de l&rsquo;accès aux ressources dont elles dépendent. Il en va de même lorsque les membres masculins de la famille, maris, fils ou pères, sont emprisonnés ou tués, laissant les femmes à la tête du foyer. RWDS soutient ces femmes en leur apportant un soutien psychosocial et mental, en mettant en place des initiatives de protection communautaire et en les aidant à commercialiser leurs produits afin de générer des revenus durables pour surmonter ces pertes.</p>



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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="560" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Rulla-Sarras.jpg" alt="Portrait d'une femme" class="wp-image-26581" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Rulla-Sarras.jpg 560w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Rulla-Sarras-300x300.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Rulla-Sarras-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /><figcaption class="wp-element-caption">Rulla Sarras, Rural Women Development Society.</figcaption></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><em>« L&rsquo;une des réalités les plus préoccupantes »</em>, explique Rulla Sarras, « <em>est que les produits agricoles provenant des colonies israéliennes, produits illégalement sur des terres palestiniennes et fortement subventionnés, entrent sur les marchés palestiniens à des prix inférieurs. Cela crée une concurrence déloyale pour les agriculteurs et les agricultrices  palestinien·nes, qui sont déjà confronté·es à des difficultés économiques. De nombreuses familles locales n&rsquo;ont d&rsquo;autre choix que d&rsquo;acheter ces produits, car ils sont plus abordables. Dans certains cas, il a même été signalé que des colons utilisaient des eaux usées non traitées pour irriguer des cultures destinées à être vendues dans les zones palestiniennes.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup><em>»</em></p>
</div>
</div>



<p>Elle souligne le rôle central que joue la terre dans la lutte palestinienne : <em>« Pourquoi l&rsquo;agriculture est-elle une forme de résistance ? Parce que la terre est au cœur du conflit et qu&rsquo;il est essentiel de maintenir une présence forte et visible sur le terrain pour la protéger. En vertu des politiques israéliennes, si des terres agricoles sont laissées en jachère, elles peuvent être reclassées et déclarées ‘terres d&rsquo;État’, ce qui les rend vulnérables à la confiscation. C’est particulièrement vrai dans la zone C</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup><em>, où Israël conserve le contrôle total de l&rsquo;aménagement et de l&rsquo;utilisation des terres. En maintenant la terre cultivée et productive, les agriculteurs et agricultrices palestinien·nes affirment leur présence et leur lien avec celle-ci, et réduisent le risque de la perdre. De nombreuses familles continuent à cultiver non seulement pour subvenir à leurs besoins, mais aussi pour faire valoir leur droit légitime à la terre. Par exemple, mon père se rend chaque jour sur ses terres pour en prendre soin et maintenir notre existence. <strong>La présence continue sur les terres agricoles est une façon d&rsquo;affirmer : nous sommes ici et cette terre est la nôtre. Si la terre est laissée à l&rsquo;abandon, elle devient plus vulnérable à la confiscation</strong>. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;agriculture est bien plus qu&rsquo;un moyen de subsistance : c&rsquo;est une forme essentielle de résilience et de résistance. Et <strong>pour de nombreuses femmes rurales, qui dirigent désormais leur foyer en raison de l&#8217;emprisonnement ou de la perte de parents masculins, la terre reste leur plus grande source de dignité, de stabilité et de revenus.</strong> »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le gouvernement belge traîne des pieds pour appliquer son accord</h2>



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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Le 2 septembre 2025, en raison de la pression exercée par la société civile belge, notamment au moyen de deux manifestations réunissant à chaque fois 140 000 personnes dans les rues de Bruxelles, le gouvernement belge aboutissait à un accord <em>a minima</em> pour sanctionner le gouvernement israélien<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. <em>A minima</em> certes, mais le chemin à parcourir a été tellement long vu l’obstruction systématique du MR et de la N-VA qu’il vaut mieux voir le verre à moitié plein. Si le président du MR s’est focalisé sur les aspects les plus médiatiques des discussions (comme la reconnaissance de l’État palestinien), cela a permis d’avancer sur des demandes nettement moins symboliques de la société civile belge et de ses partenaires palestiniens.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="840" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/mobilisation-citoyenne.jpg" alt="Une grande foule remplit une large avenue urbaine lors d’une manifestation. De nombreuses personnes brandissent des pancartes et des drapeaux, dont plusieurs drapeaux aux couleurs noire, blanche, verte et rouge." class="wp-image-26584" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/mobilisation-citoyenne.jpg 840w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/mobilisation-citoyenne-300x200.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/mobilisation-citoyenne-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption class="wp-element-caption">La mobilisation citoyenne a forcé le gouvernement belge à prendre des mesures contre le gouvernement israélien.</figcaption></figure>
</div>
</div>



<p></p>



<p>Pour eux, <strong>la priorité était d’arrêter le génocide à Gaza</strong> (70 000 Palestiniens tués par Israël) et de montrer par des sanctions économiques à son encontre que l’État juif ne peut impunément contrevenir au droit international. <strong>Cela passe par la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël&nbsp;: la Belgique soutient l’idée au niveau européen mais ne fait rien au niveau national.</strong></p>



<p>En revanche, le gouvernement a bel et bien décidé d’interdire l’importation de produits (notamment en vente chez Carrefour) issus des colonies israéliennes<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup> et l’interdiction d’exportation et de transit d’armes destinées à Israël. Elle a également décidé de sanctionner encore plus les colons violents (interdiction de séjour en Belgique) et, mesure réellement exceptionnelle, de priver de toute aide consulaire les citoyens belges qui, au mépris du droit international, vivent dans les colonies.</p>



<p>À l’heure d’écrire ces lignes (février 2026), , il apparaît clairement que <strong>les ministres MR et N-VA qui détiennent les portefeuilles liés à certaines de ces matières traînent des pieds pour transformer ces intentions en réalités</strong>. Pour eux, l’accord de gouvernement n’est clairement qu’un leurre destiné à calmer l’opinion.</p>



<p>À l’occasion des 5 mois de cet accord, les coupoles d’ONG belges dont Entraide et Fraternité est membre, le CNCD-11.11.11 et 11.11.11 côté flamand, ont interrogé les différents ministres sur l’avancée réelle de ces mesures<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>. Clairement, celles qui dépendent du ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés) ou des autres membres de son parti ainsi que du CD&amp;V, ont progressé, à l’exception de la reconnaissance de la Palestine. C’est le cas notamment du retrait des services consulaires aux Belges installés en territoire occupé ou de l’interdiction du transit d’armes vers Israël.</p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="717" height="464" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/capture-site-Ministere-espagnol-de-la-consommation.jpg" alt="Capture d’écran du site web du Ministerio de Derechos Sociales, Consumo y Agenda 2030 d’Espagne. La page affiche un article de la section “Comunicación / Notas de prensa”, titré : “Consumo exige a siete multinacionales que retiren su oferta de alojamiento vacacional en territorios ocupados por Israel”. La date indiquée est le 30 de diciembre de 2025. Sous le titre, un encadré présente un texte expliquant que le ministère a détecté des annonces de logements touristiques situés dans des implantations en territoire palestinien occupé. Une photographie insérée dans l’article montre un bâtiment en briques rouges entouré d’arbres. La mise en page utilise un en‑tête jaune, un menu horizontal et le logo officiel du ministère dans le coin supérieur gauche. " class="wp-image-26586" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/capture-site-Ministere-espagnol-de-la-consommation.jpg 717w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/capture-site-Ministere-espagnol-de-la-consommation-300x194.jpg 300w" sizes="(max-width: 717px) 100vw, 717px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le Ministère espagnol de la consommation oblige sept multinationales à retirer leur offre de logement de vacances dans les territoires occupés par Israël. https://www.dsca.gob.es/es/comunicacion/notas-prensa/consumo-exige-siete-multinacionales-retiren-su-oferta-alojamiento</figcaption></figure>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Pour le sujet le plus sensible – aux yeux des sociétés civiles belge et palestinienne – et qui concerne le plus directement le cœur de cette analyse, <strong>les ministres Clarinval (MR, Économie) et Jambon (N-VA, Finances) font de l’obstruction,invoquant la complexité technique</strong> d&rsquo; <em>« élaborer un arrêté royal prévoyant une interdiction nationale d&rsquo;importation des biens produits, exploités ou transformés dans les territoires occupés par Israël par la puissance occupante ; et de prévoir les contrôles nécessaires pour garantir le respect de l&rsquo;interdiction d&rsquo;importation » </em>tel que décrit par l’accord de septembre. Pourtant, comme le rappellent les ONG belges, <em>« Il est frappant de constater que <strong>l&rsquo;Espagne a adopté l&rsquo;interdiction seulement 15 jours après l&rsquo;avoir annoncée et qu&rsquo;elle est entrée en vigueur dès le lendemain.</strong> Afin de garantir la mise en œuvre effective de cette interdiction nationale, le gouvernement espagnol a également publié, le 23 décembre 2025, une liste des lieux et codes postaux des colonies israéliennes auxquels s&rsquo;applique l&rsquo;interdiction. Le 29 décembre 2025, le gouvernement espagnol a également annoncé qu&rsquo;il avait ordonné à sept plateformes touristiques de supprimer les 138 annonces proposant des hébergements dans les territoires palestiniens occupés par Israël. »</em></p>
</div>
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<p>Sur la question de la reconnaissance de la Palestine, la partie du gouvernement qui y est favorable fait mine de penser que celle-ci est effective à quelques détails près, tandis que la droite fait comme si elle n’était même pas à l’ordre du jour. Si, désormais, la condition de la restitution par le Hamas de tous les otages israéliens est remplie, l’Arizona s’emberlificote sur la question de la mise à l’écart du Hamas en liant cette question à ce que donnera la création de l’absurde «&nbsp;Board of Peace&nbsp;» de Donald Trump, à laquelle s’oppose pourtant notre pays puisqu’il s’agit d’une façon à peine voilée de vouloir remplacer le multilatéralisme incarné par les Nations unies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>Le maintien de l’activité agricole est un enjeu majeur dans le monde entier, en premier lieu à des fins de souveraineté alimentaire. La Palestine ne fait pas exception mais ce combat pour la terre prend un tour autre du fait qu’une puissance occupante tente de chasser les Palestinien·nes de leur terre.</p>



<p><strong>La responsabilité morale que portent les pays occidentaux comme le nôtre est écrasante&nbsp;dans la réalisation du projet colonial israélien</strong> : même si elle affirme se réfugier derrière le droit international comme boussole, <strong>la Belgique</strong>, si elle n’adopte par les comportements pro-israéliens des États-Unis ou de l’Allemagne, <strong>manque de courage en la matière</strong>. Durant deux ans, on a beaucoup entendu qu’il fallait agir pour la protection de Gaza afin qu’il n’y reste pas qu’un cimetière&nbsp;; <strong>il y a plus que jamais urgence à agir aussi pour protéger le territoire palestinien de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est</strong> afin qu’il n’en reste pas définitivement que des poches ressemblant à des ghettos d’un autre âge ou à des réserves nord-américaines.</p>



<p>En effet, dans un climat mondial subitement revenu à l’état de désintérêt total pour la question, sans doute à cause des sidérations successives provoquées par l’administration Trump (Venezuela, Iran, Groenland) comme de l’imposition du narratif pro-israélien, <strong>la situation à Gaza, à Jérusalem-Est et en Cisjordanie a atteint un point de non-retour sans l’indifférence générale</strong>.</p>



<p>Le gouvernement israélien a pris tout récemment des mesures qui équivalent à une annexion de la bande occidentale du Jourdain. De Standaard résumait récemment la situation&nbsp;: &nbsp;<em>«&nbsp;’Nous enterrons l’idée d’un État palestinien.’ S’il fallait reconnaître une qualité au ministre israélien des Finances, Bezalel&nbsp;Smotrich, ce serait celle de formuler la finalité de la politique israélienne avec une grande précision. Cela ressort également des mesures qu’il a annoncées cette semaine et qui bénéficient du soutien du cabinet de sécurité du Premier&nbsp;ministre Benjamin&nbsp;Netanyahu.</em></p>



<p><strong><em>Les colons illégaux peuvent désormais acheter plus facilement des terres en Cisjordanie</em></strong><em>. L’État&nbsp;israélien se voit accorder davantage de compétences pour démolir des bâtiments dans des zones placées sous administration palestinienne. Le journal&nbsp;</em>Haaretz<em>&nbsp;révèle par ailleurs que l’armée israélienne est impliquée dans le vol systématique de terres agricoles palestiniennes. <strong>Des militaires israéliens empêchent ainsi des agriculteurs palestiniens d’accéder à leurs parcelles, les privant de la possibilité de les labourer</strong>. Non seulement ces exploitants n’auront pas de récolte dans quelques mois, mais ces terres seront en outre considérées par Israël comme’ abandonnées’, ce qui entraîne la perte du droit de propriété pour l’agriculteur.</em></p>



<p><em>Cette logique d’accaparement militarisé conduit de plus en plus à une réalité dans laquelle la Cisjordanie devient un lieu où il est impossible pour les Palestiniens de survivre. <strong>Les terres agricoles sont confisquées, les sources d’eau ne sont plus accessibles et les colons illégaux acquièrent toujours plus de terrains</strong>. Ces derniers s’organisent en milices armées qui de surcroît bénéficient du soutien de militaires israéliens. La terreur qui en résulte anéantit toute perspective de développement pour les citoyens palestiniens et, par conséquent, les chances de viabilité d’un État palestinien. La dure réalité en Cisjordanie contraste fortement avec l’indignation pour le moins minimaliste des pays européens »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</p>



<p>Comme l’a souligné Amnesty International<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>, <strong>le « cessez-le-feu » obtenu par Trump est un écran de fumée qui cache la poursuite du génocide à Gaza</strong> ; et il faudra finir par se poser la question de savoir à quel moment on devra parler de la même façon du nettoyage ethnique entrepris par Israël en Cisjordanie. Chaque mesure prise par nos pays est cruciale pour faire vivre ce peuple qui restera sur sa terre <em>« tant qu’il y aura du thym et des olives ».</em></p>



<p>Mais il est plus que temps : comme l’a récemment rappelé la rapporteuse spéciale des Nations unies pour la Palestine, Francesca Albanese, « <em>le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l’ont armé, lui fournissant des excuses politiques, un appui politique, un soutien financier et économique, c’est un défi. Le fait que la plupart des médias dans le monde occidental amplifient le discours pro-apartheid, le narratif génocidaire, c’est un défi. Et en même temps c’est aussi une opportunité. Car si le droit international a été poignardé en plein cœur, il est également vrai que jamais auparavant la communauté internationale n’a connu les défis auxquels nous sommes tous confrontés, nous qui ne contrôlons pas d’importants capitaux financiers, ni d’algorithme, ni d’armes. Nous voyons maintenant que l’humanité a un ennemi commun, et que le respect des libertés fondamentales est la dernière voie pacifique, le dernier outil pacifique dont nous disposons pour recouvrer notre liberté. »<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup></em></p>



<p><a href="#_ednref1" id="_edn1"></a>&nbsp;</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Cisjordanie&nbsp;: la violence des colons israéliens a atteint un niveau record&nbsp;», Le Monde, 18 novembre 2025&nbsp;:&nbsp; https://www.lemonde.fr/international/video/2025/11/18/cisjordanie-la-violence-des-colons-israeliens-a-atteint-un-niveau-record_6653904_3210.html</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Agences de presse&nbsp;: https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/netanyahu-promet-d-agir-contre-les-colons-violents-en-cisjordanie-occupee-29062295.html</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Isabelle Mandraud, «&nbsp;En Cisjordanie, l’amère cueillette des olives sous la menace des colons&nbsp;», Le Monde, 29 octobre 2024&nbsp;: &nbsp;https://www.lemonde.fr/international/article/2024/10/29/en-cisjordanie-l-amere-cueillette-des-olives-sous-la-menace-des-colons_6364311_3210.html?search-type=classic&amp;ise_click_rank=3</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;1 dunum = 1000 m2, soit 1 are.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; »<br /><br />



<h2 class="wp-block-heading">Un symbole fort de l’identité palestinienne</h2>



On l’a compris, <em>« l&rsquo;olivier est profondément enraciné dans le paysage palestinien : symbole de l&rsquo;identité, de la culture et de la tradition palestiniennes. <strong>L&rsquo;olivier peut vivre jusqu&rsquo;à mille ans et symbolise ainsi le long lien entre le peuple palestinien et sa terre</strong>. L&rsquo;or vert a également une valeur économique inestimable : la majorité des Palestiniens sont des agriculteurs en fonction de la production d&rsquo;olives.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>« L’olivier palestinien comme résistance silencieuse », Broederlijk Delen, 18 mai 2018 :  https://broederlijkdelen.be/fr/nieuws/de-palestijnse-olijfboom-als-stil-verzet</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Palestine : la souveraineté alimentaire comme résistance sous occupation », Oxfam Belgique, 17 avril 2025 : https://oxfambelgique.be/palestine-la-souverainete-alimentaire-comme-resistance-sous-occupation</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« La souveraineté alimentaire comme résistance en Palestine », Via Campesina, 10 juillet 2025 : https://viacampesina.org/fr/la-souverainete-alimentaire-comme-resistance-en-palestine/</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Fanny Léonord Crouzet, « Israël face à l’essor d’un terrorisme juif très médiatisé », La Libre, 16 novembre 2025 : https://www.lalibre.be/international/moyen-orient/2025/11/16/israel-face-a-lessor-dun-terrorisme-juif-tres-mediatise-MQHSJFUFBVFDJEZHGI2YVB4WWE/</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Site du RWDS : <a href="http://rwds.ps/index.cfm?setLang=1">rwds.ps</a></div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 22 septembre 2025.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les accords d’Oslo (1993) prévoyaient une subdivision transitoire de la Cisjordanie en trois zones : la Zone A (18% du territoire), sous contrôle exclusif de l’Autorité palestinienne ; la Zone B (22%) avec un contrôle conjoint (civil palestinien ; sécuritaire israélien) ; et la Zone C (60%), sous contrôle total israélien. Le processus n’est jamais entré en vigueur mais Israël a bel et bien instauré les 3 zones et a même étendu progressivement la Zone C à plus de 70% du territoire en construisant massivement dans les colonies. Sont sous son contrôle : toute la zone frontalière et une immense bande de terre le long du Jourdain, permettant notamment d’en dévier les eaux vers Israël. Entre les villages ou villes palestiniens sont en général construites des colonies et des routes israéliennes que ne peuvent emprunter les Palestiniens : pour aller d’un village à un autre, ils peuvent devoir faire un détour de plusieurs heures. En réalité, l’objectif est de circonscrire la population palestinienne dans les zones urbaines, comme autant de ghettos plus aisés à contrôler. Parmi ses violations les plus récentes du droit international, Israël a commencé à entreprendre des déplacements forcés des populations abritées dans des camps de réfugiés en Palestine (il y en a évidemment aussi au Liban et en Jordanie) : l’objectif à peine voilé – une nouvelle fois la politique du « fait accompli » &#8211; est de « rayer de la carte » le concept même de réfugiés. En effet, au regard du droit international, les réfugiés, chassés lors de la Nakba en 1948, conservent leur droit inaliénable au retour.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Moyen-Orient la souveraineté palestinienne – accord au sein du conseil ministériel restreint », site du ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, 2 septembre 2025 :  https://prevot.belgium.be/fr/actualites/moyen-orient-la-souverainete-palestinienne-accord-au-sein-du-conseil-ministeriel</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur ce sujet du commerce avec les colonies illégales, lire le rapport 2025 cosigné par 85 ONG dont Entraide et Fraternité : « Commerce avec les colonies illégales. Comment les États et entreprises étrangères permettent à Israël de mettre en œuvre sa politique de colonisation illégale », Stop Trade With Settlements, septembre 2025. Lien raccourci : https://miniurl.be/r-6o8j</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Scorecard Palestine : « Mise en œuvre des engagements du gouvernement fédéral en faveur de la Palestine », CNCD-11.11.11, 2 février 2026 :   https://www.cncd.be/IMG/pdf/scorecard_palestine_fr_.pdf</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.standaard.be/bundle/ds/en-francais/5422?item=2&amp;platform=web#no_universal_links">standaard.be</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/le-genocide-gaza-se-poursuit">amnesty.be</a></div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em><a href="https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/passe-d-armes-entre-francesca-albanese-porte-voix-des-palestiniens-a-l-onu-et-des-elus-francais-on-vous-raconte_260279.html">huffingtonpost.fr</a><em></div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Un espace d’espoir pour les jeunes palestiniens d’Israël</title>
		<link>https://entraide.be/un-espace-despoir-pour-les-jeunes-palestiniens-disrael/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 12:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos partenaires]]></category>
		<category><![CDATA[jt226]]></category>
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					<description><![CDATA[Au cœur du Néguev (Naqab en arabe), une région du sud d’Israël où vivent 300.000 Bédouins palestiniens (soit près d’un tiers des Palestiniens du pays), le soutien d’Entraide et Fraternité à l’association locale Baladna a permis l’ouverture en mai 2025 d’un centre pour jeunes, le Centre Al-Naqab.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Au cœur du Néguev (Naqab en arabe), une région du sud d’Israël où vivent 300.000 Bédouins palestiniens (soit près d’un tiers des Palestiniens du pays), le soutien d’Entraide et Fraternité à l’association locale Baladna a permis l’ouverture en mai 2025 d’un centre pour jeunes, le Centre Al-Naqab.</p>



<p class="titre-trois">Confrontés à la dépossession de leurs terres, à la fragmentation de leur communauté et à une marginalisation persistante, les jeunes palestiniens du Naqab disposent enfin d’un espace d’espoir et de résilience.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Unir et émanciper les jeunes</h2>



<p>Le Centre Al-Naqab, installé dans une maison entièrement rénovée par les jeunes dans la vieille ville de Be’er Sheva, est ouvert quatre jours par semaine et propose une large palette d’activités : ateliers artistiques, projections de documentaires, discussions politiques, soutien scolaire et professionnel.</p>



<p>Plus qu’un simple lieu, le Centre offre aux jeunes un espace sûr pour dialoguer, valoriser leur identité palestinienne et renforcer leur sentiment d’appartenance. Il contribue ainsi à contrer l’isolement physique et social imposé par les autorités israéliennes.</p>



<p>Chaque année, 40 jeunes leaders seront formés pour développer la connaissance de leurs droits, leur leadership et leur engagement civique. L’objectif est qu’ils répondent aux besoins de leur communauté et promeuvent l’égalité entre citoyens juifs et palestiniens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un espace pour et par les jeunes</h2>



<p>La particularité du Centre Al-Naqab est d’être dirigé par les jeunes eux-mêmes. Majoritairement composé de jeunes femmes, le groupe de volontaires conçoit, organise et anime l’ensemble des activités, faisant du centre un véritable projet collectif. Cette dynamique renforce leur solidarité et leur capacité à impulser des changements au sein de leur communauté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un impact au-delà des murs</h2>



<p>L’action du Centre Al-Naqab ne se limite pas à ses murs. Dans les villes voisines comme Rahat, Al-Lakiya ou Al-Zarnouq, les jeunes organisent des ateliers éducatifs &#8211; sur l’histoire palestinienne, les droits humains… &#8211; ainsi que des visites auprès d’habitants qui maintiennent leur lien à la terre et à leur identité malgré les pressions israéliennes. Plus de 300 jeunes ont déjà participé à ces activités, qui étendent l’impact du Centre à l’ensemble du Naqab.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Vivre dans le Naqab : une vie sous pression</h2>



<p>Dans le Naqab, les politiques israéliennes visent à contrôler le territoire et à fragmenter les communautés palestiniennes. La moitié des Bédouins a été regroupée dans des villes planifiées, après la confiscation de leurs terres traditionnelles pour des zones militaires ou des colonies juives. L’autre moitié vit dans des villages non reconnus, sans accès à l’eau, à l’électricité ou à l’éducation, et sous la menace constante de déplacements forcés.</p>



<p>Ces politiques créent une pauvreté structurelle et isolent les communautés. Elles cherchent à diluer leur identité palestinienne et à affaiblir leur rôle dans la lutte collective</p>
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		<title>Résister face à l’occupation</title>
		<link>https://entraide.be/resister-face-a-loccupation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 10:46:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos partenaires]]></category>
		<category><![CDATA[jt226]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis 2020, Entraide et Fraternité soutient des projets portés par des associations locales en Israël et en Palestine.
L’objectif ? Contribuer à l’avènement d’une paix juste et durable, mettre fin à l’occupation et apporter sécurité, dignité et prospérité aux populations de la région.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Depuis 2020, Entraide et Fraternité soutient des projets portés par des associations locales en Israël et en Palestine.</p>



<p class="titre-trois"><strong>L’objectif ? Contribuer à l’avènement d’une paix juste et durable, </strong>mettre fin à l’occupation et apporter sécurité, dignité et prospérité aux populations de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La terre comme moyen de résistance</h2>



<p>La région ne sera jamais en sécurité ni en paix tant que le droit du peuple palestinien à l’autodétermination ne sera pas respecté et tant qu’il ne sera pas mis fin à l’occupation israélienne du territoire palestinien, au génocide dans la bande de Gaza et à l’oppression et à la discrimination systématiques dont est victime le peuple palestinien.</p>



<p>Dans ce contexte, l’agriculture et l’accès à la terre constituent des enjeux majeurs. 90% de la superficie de la Cisjordanie est utilisée pour l’agriculture, avec des terres fertiles qui assurent la sécurité alimentaire des Palestiniens et Palestiniennes. Mais l’enjeu dépasse la question alimentaire : cultiver la terre, c’est surtout rester sur la terre.</p>



<p>L’accès à la terre devient ainsi un véritable moyen de résistance face à la dépossession du territoire par Israël. Un moyen d’affirmer la souveraineté des Palestiniens et Palestiniennes sur leurs ressources et de freiner l’expansion des colonies. C’est pourquoi Entraide et Fraternité a décidé de concentrer son action sur ce combat.</p>



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<p>Entraide et Fraternité soutient des organisations actives principalement en Palestine. Mais nous appuyons également des associations en Israël, qu’il s’agisse de défendre les droits des Palestiniens et Palestiniennes vivant en Israël ou de sensibiliser la société israélienne à la nécessité d’une paix durable. Car pour Entraide et Fraternité, la paix ne pourra se construire qu’avec l’engagement des deux peuples.</p>
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<p></p>
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		<title>Résister et s’émanciper : le thym au service des femmes de Yabrud</title>
		<link>https://entraide.be/resister-et-semanciper-le-thym-au-service-des-femmes-de-yabrud/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 10:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos partenaires]]></category>
		<category><![CDATA[jt226]]></category>
		<category><![CDATA[RWDS]]></category>
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					<description><![CDATA[Rural Women’s Development Society, l’une des principales organisations de femmes en Palestine, accompagne les femmes de Yabrud, près de Ramallah, dans la culture du thym, une plante locale prisée et rentable. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Rural Women’s Development Society (RWDS), l’une des principales organisations de femmes en Palestine, soutenue par Entraide et Fraternité, accompagne les femmes de Yabrud, près de Ramallah, dans la culture du thym, une plante locale prisée et rentable. Dans un contexte où elles sont largement exclues du marché du travail et où les colons israéliens attaquent régulièrement leurs terres, le thym devient un puissant levier de résistance et d’émancipation économique.</p>



<p></p>



<p><strong>Cultiver pour reprendre </strong><strong>possession des terres</strong><strong></strong></p>



<p>Le soutien de la RWDS a permis de remettre en culture 10 dounums<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> de terres agricoles.</p>



<p>Réseaux d’irrigation, réservoirs d’eau, aménagements… tout a été repensé pour que 20 agricultrices cultivent chacune un demi-dounum de thym.</p>



<p>Pour lancer la production, 100.000 plants de thym et 2.000 bacs de compost ont été distribués. Chaque femme a ensuite suivi une formation en agroécologie afin d’assurer une production durable. Des plants supplémentaires ont été donnés à huit autres femmes pour leurs jardins familiaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un espace pour transformer et s’émanciper</h2>



<p>La RWDS a également accompagné la rénovation et l’équipement d’un local (broyeur, séchoir, etc.) permettant de stocker et transformer le thym dans le respect des normes d’hygiène.</p>



<p>Mais ce lieu va bien au-delà d’un simple atelier. Il est devenu un véritable club de femmes : formations à leurs droits économiques et sociaux, partages d’expériences, soutien mutuel.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Yabrud : vivre sous les auaques</h2>



<p>En 2025, le gouvernorat de Ramallah &#8211; où se situe Yabrud &#8211; est devenu l’un des épicentres des attaques de colons. Les agricultrices du village sont régulièrement prises pour cible : intimidations, agressions physiques, destruction des systèmes d’irrigation et expulsions forcées lorsqu’elles travaillent leurs terres.</p>



<p>À ces attaques s’ajoute la confiscation par les autorités israéliennes de plus de 109.000 dounums en deux ans. Une combinaison de violences privant les Palestiniens et Palestiniennes de leurs terres, alors que la majorité vit de l’agriculture.</p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Une première récolte difficile</h2>



<p>Malgré le soutien de la RWDS, la première récolte de thym a été inférieure aux attentes : les attaques des colons israéliens ont endommagé les plantations et ont empêché des femmes d’accéder à leur champ.</p>



<p>Ces difficultés n’ont cependant pas entamé la détermination des femmes. Une situation qui démontre encore qu’à Yabrud, cultiver le thym dépasse le cadre agricole : chaque plant est un acte de résistance.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Les attaques de colons rendent l’entretien de nos cultures très difficile. Mais ils peuvent nous attaquer tant qu’ils veulent, je continuerai à planter mon thym.</p>
<cite>Mme Zahwa Farahat</cite></blockquote>



<p></p>



<p>Malgré tout, plus de la moitié des femmes ont réussi à vendre une partie de leur production. Un revenu vital pour subvenir à leurs besoins.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Grâce au thym, je vais pouvoir élever mes enfants. C’est un soulagement car je suis seule, mon mari a été assassiné par les colons.</p>
<cite>Mme Abdal-Jaleel</cite></blockquote>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le dounam est une ancienne mesure agraire équivalant à 1000 m², soit 1⁄10 ha, couramment utilisée au Moyen-Orient.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Haïti : défendre la terre pour nourrir l’avenir</title>
		<link>https://entraide.be/publication/haiti-defendre-la-terre-pour-nourrir-lavenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Isabelle.franck]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 16:54:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne de Carême]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?post_type=publication&#038;p=26042</guid>

					<description><![CDATA[Étude sur les enjeux fonciers et les défis pour l’agroécologie dans la région Nord d’Haïti]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">La crise multidimensionnelle que traverse actuellement Haïti soulève nombre de questions, notamment en termes de modèle de développement et de souveraineté(s) politique et alimentaire. En raison d’une série de facteurs – son histoire, son potentiel agricole, la présence de nombreuses organisations paysannes, sa proximité avec la République dominicaine, la dynamique migratoire et sa qualification de zone de développement prioritaire –, la région Nord/Nord-Est représente un espace stratégique. Ce territoire est marqué par une insécurité foncière généralisée, une conflictualité intense et une dynamique d’accaparement de terres, mise en œuvre par de grands propriétaires fonciers, au profit de (méga)projets extractivistes : zones franches (industrielles et agricoles), mines, ports, etc.</p>



<p>L’État haïtien, soutenu par les acteurs internationaux, a mis en place un modèle de développement anti-paysan. La complicité des acteurs institutionnels publics – juges, notaires, élus, etc. –, d’hommes d’affaires, des spoliateurs et leur instrumentalisation de bandes criminelles rendent le recours à la justice inopérant, renforcent l’impunité et catalysent les spoliations de terres.</p>



<p>L&rsquo;agroécologie est adaptée au milieu rural haïtien et offre un grand potentiel pour la paysannerie, en lien avec la souveraineté alimentaire. Cependant, l’insécurité foncière hypothèque à la fois l’agroécologie et la souveraineté alimentaire, tout en constituant une entrave structurelle qui par ailleurs affecte négativement l’environnement et les conditions de vie de la paysannerie, fragilisant ses droits. L’accès à la terre constitue dès lors la première et principale revendication des paysans et paysannes. Les femmes sont particulièrement touchées par les discriminations dans l’accès à la terre. Elles possèdent moins de terres que les hommes et sont souvent exclues des décisions foncières, ce qui limite leur autonomisation. La réalisation d’une réforme agraire faciliterait un accès équitable et généralisé à la terre et aux ressources naturelles.</p>



<p>L’absence de reconnaissance des droits – dont le droit à la terre – des paysans et paysannes et de leur statut de sujet politique, d’un côté, et la complicité de l’État haïtien avec les acteurs de la spoliation des terres ainsi que sa politique extractiviste et anti-paysanne, de l’autre, alimentent la dynamique d’accaparement des terres et la violation des droits de la paysannerie. Seul un renversement de ce rapport, où les paysans et paysannes d’Haïti participent à la définition et de la réalisation des politiques publiques agricoles et alimentaires, en donnant la priorité à l’agroécologie et à la souveraineté alimentaire, et en changeant la nature et l’orientation de l’État haïtien, peut assurer le respect, la protection et les droits des paysans et paysannes. L’accès à la terre est la première phase de ce changement.</p>



<p></p>



<p>L’étude a été réalisée conjointement par <strong>Entraide et Fraternité</strong> et <strong>Broederlijk Delen</strong>, organisations de la société civile belge engagées dans la solidarité internationale, en collaboration avec leurs partenaires haïtiens <strong>la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA)</strong> et <strong>Tèt Kole Ti Peyizan Ayisyen</strong>, organisation de petits paysans haïtiens.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les défenseurs et défenseuses des droits humains menacés</title>
		<link>https://entraide.be/les-defenseurs-et-defenseuses-des-droits-humains-menaces/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 May 2025 12:57:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[jt221]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?p=25037</guid>

					<description><![CDATA[Ces 10 dernières années, plus de 3.000 défenseurs et défenseuses des droits humains ont été assassinés dans le monde]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Ces 10 dernières années, plus de 3.000 défenseurs et défenseuses des droits humains ont été assassinés dans le monde. Près de trois quarts d’entre eux et elles défendaient le droit à la terre et l’environnement, souvent en opposition à des projets soutenus par l’État. Celles et ceux qui ne sont pas assassinés sont victimes de multiples actes d’intimidation : détention arbitraire, menaces de mort, surveillance, etc.</strong></p>



<p>Face à cette situation, Entraide et Fraternité a lancé en 2020 un Fonds criminalisation. Son objectif ? Fournir une aide aux partenaires et aux communautés locales qui sont victimes<br>d’attaques alors qu’ils militent pour le respect de leurs droits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soutenir les paysans et paysannes de San Pablo</h2>



<p>Le Fonds criminalisation soutient actuellement la communauté paysanne de San Pablo face aux pressions de riches anciens propriétaires fonciers : harcèlement, menaces et multiples recours juridiques afin d’empêcher les paysans et paysannes de cultiver la terre qui leur a pourtant été attribuée dans le cadre de la réforme agraire. Les pressions se sont renforcées il y a quelques semaines suite à une journée d’occupation pacifique des terres par les paysans et paysannes.</p>



<p><em>« Nous souffrons. Ce sont les anciens propriétaires fonciers qui récoltent et tirent profit de nos terres. Nous avons l’impression que nos droits ne signifient rien. »</em> <strong>Robinson, paysan</strong>.</p>



<p>« <em>Malgré l’obtention des titres fonciers, nous n’avons jamais pu nous installer sur les terres qui nous ont été promises. La police, sous l’influence des familles riches, nous bloque l’accès à notre propre terre</em>. » <strong>Ronnie Carcosia, paysan</strong>.</p>



<p>Cette situation plonge les paysans et paysannes de San Pablo &#8211; dont la terre constitue leur seul moyen de subsistance &#8211; dans la faim et la pauvreté.</p>



<p>« <em>On nous dit d’attendre la décision définitive de la justice parce que les anciens propriétaires ont encore déposé un recours. Sommes-nous censés attendre 15 ans ? D’ici là, nous serons peut-être déjà morts et nos enfants n’auront plus rien. Nous avons faim</em>. » <strong>Alice, tristement décédée il y a quelques semaines</strong>.</p>



<p></p>



<p class="fond-bleu"><strong>Accéder à sa terre, un crime ?<br></strong><br><br>Les Philippines constituent le pays où la répartition des terres est la plus inégale d’Asie du Sud-Est. La réforme agraire lancée par les autorités afin de lutter contre la pauvreté rurale a pourtant permis à des millions de paysans et paysannes sans terre d’obtenir un titre de propriété. Mais nombre d’entre eux et elles n’ont jamais pu s’installer sur la terre qui leur a été attribuée !</p>



<p><em>« La réforme agraire était censée être synonyme de justice. Au lieu de cela, elle n’est que frustration. »</em> <strong>Ronnie Carcosia</strong></p>



<div class="wp-block-group fond-bleu"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="has-text-align-left"><strong>Soutien du Fonds aux paysans et paysannes de San Pablo</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Soutien juridique : frais de justice pour faire face aux recours déposés par les anciens propriétaires fonciers</li>



<li>Soutien psychosocial afin de faire face au harcèlement et aux menaces</li>



<li>Mobilisation communautaire afin de faire pression sur les autorités locales</li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le personnel de LAHRA directement menacé</h2>



<p>Le Fonds criminalisation a également permis de protéger le personnel de LAHRA (Alliance des défenseurs des droits de l’homme de Lanao), partenaire local d’Entraide et Fraternité.</p>



<p>Le personnel a été victime de nombreuses pressions de la part des forces de l’ordre locales : surveillance, intrusions illégales dans les bureaux, détention arbitraire, menaces de mort, etc. Leur tort ? Avoir critiqué le gouvernement philippin pour leur campagne qui consistait à étiqueter de « communistes » ou de « terroristes » toutes les personnes qui défendaient les droits humains</p>



<p>Grâce à l’appui du Fonds criminalisation , LAHRA a pu :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>installer des caméras de surveillance au sein et aux abords des bureaux (les caméras ont eu un effet dissuasif. Elles ont permis de réduire la surveillance et de mettre un terme aux intrusions).</li>



<li>fournir un soutien psychosocial. Des ateliers ont permis au personnel de mieux faire face au stress et aux pressions.</li>



<li>former le personnel à la sécurité numérique : mise en place d’une messagerie sécurisée, stockage des documents sur des supports sécurisés, etc.</li>
</ul>



<p><em>« Le Fonds a été essentiel. Sans lui, le personnel n’aurait pas résisté à cette période de pressions. »</em> &#8211;<strong>Adona Orquillas, vice présidente de LAHRA</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="840" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/06/Phillipines2.jpg" alt="Phillipines2" class="wp-image-25039" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/06/Phillipines2.jpg 840w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/06/Phillipines2-300x200.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/06/Phillipines2-768x512.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/06/Phillipines2-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure>



<p class="fond-bleu"><strong>Programme 2022-2026 :  des résultats probants<br></strong><br>Entraide et Fraternité mène depuis trois ans et demi un programme quinquennal (2022-2026) qui a pour objectif d’assurer la sécurité et la souveraineté alimentaires de quelque 1.785 familles paysannes et de pêcheurs grâce au développement d’une agriculture et d’une pêche locale, rentable et durable. Entraide et Fraternité soutient cinq organisations locales sur l’île de Mindanao afin d’atteindre cet objectif : CONZARRD, LAFCCOD, KILOSKA, AGRO-ECO et SUMPAY.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les principaux objectifs</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>1.209 familles paysannes et de pêcheurs augmentent leurs revenus annuels d’au moins 10 %</li>



<li>45 organisations paysannes et de pêcheurs réduisent leur vulnérabilité face aux catastrophes climatiques</li>



<li>76 organisations paysannes et de pêcheurs sont soutenues de manière durable par les autorités</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Les résultats jusqu’ici</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>1.050 familles paysannes et de pêcheurs ont déjà augmenté leurs revenus annuels d’au moins 10%</li>



<li>55 organisations paysannes et de pêcheurs ont déjà mis en place les mesures nécessaires de prévention et d’adaptation aux catastrophes climatiques</li>



<li>71 organisations paysannes et de pêcheurs ont obtenu des aides financières de la part des autorités</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Nouvelles techniques génomiques » :  des OGM dans nos assiettes ?</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2025-9/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 10:38:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[GENOME]]></category>
		<category><![CDATA[NGT]]></category>
		<category><![CDATA[OGM]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?post_type=publication&#038;p=24742</guid>

					<description><![CDATA[L’Union européenne s’apprête à modifier sa législation sur les OGM en ouvrant la voie aux NTG, présentées comme une solution aux défis actuels.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column red-message is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Résumé</h2>



<p>L’Union européenne s’apprête à modifier sa législation sur les OGM en ouvrant la voie aux «&nbsp;nouvelles techniques génomiques » (NTG), des méthodes de modification génétique plus précises, mais aussi très controversées. Présentées comme une solution aux défis agricoles et climatiques actuels, ces NTG soulèvent des enjeux majeurs en termes de traçabilité, d’étiquetage et liberté des consommateurs et consommatrices, de protection de la biodiversité, de propriété intellectuelle et d’accès aux semences&#8230;&nbsp;</p>



<p>Les promesses liées à ce nouveau type d’OGM sont à mettre dans la balance avec les risques de dérives, déjà observées avec les OGM de première génération. Face à cela, Entraide &amp; Fraternité continue de se positionner en faveur d’une agriculture durable fondée sur les semences paysannes et l’agroécologie.</p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<h2 class="wp-block-heading">Un peu d’histoire</h2>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:50%">
<figure class="wp-block-image size-full is-resized is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="480" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/semences.jpg" alt="semences" class="wp-image-24744" style="width:548px;height:auto" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/semences.jpg 640w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/semences-300x225.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/semences-600x450.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image&nbsp;:&nbsp;<a href="https://pixabay.com/fr/users/hans-2/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=1117851" rel="nofollow noopener" target="_blank">Hans</a>&nbsp;sur&nbsp;<a href="https://pixabay.com/fr/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=1117851" rel="nofollow noopener" target="_blank">Pixabay</a></figcaption><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : Image : Hans sur Pixabay</div></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:50%">
<p>Depuis le néolithique, les humains ont domestiqué leur environnement&nbsp;: ils ont choisi des plantes, ont récupéré des graines, les ont semées, ont sélectionné celles qui étaient les plus productives, les plus savoureuses ou résistantes, en ont récupéré les semences pour la saison suivante, etc. Les variétés cultivées se sont ainsi petit à petit distinguées de leur variété  Sauvage . Ce sont ces semences qu’on appelle <strong>les semences paysannes</strong>, celles qui sont prélevées sur les récoltes chaque année, échangées entre agriculteurs et agricultrices et ressemées l’année suivante, et ce sur plusieurs générations. </p>
</div>
</div>



<p>Elles <strong>favorisent la biodiversité, l’adaptation et la résilience face aux modifications de l’environnement</strong>. Les changements des gènes de ces plantes sont lents, ils s’étendent sur plusieurs générations. Depuis des siècles également, des modifications ont lieu par croisements, entre deux végétaux proches, qui portent alors des caractéristiques des deux plantes parents.</p>



<p>Beaucoup plus récemment, grâce à l’avancée des connaissances sur l’ADN, de nombreuses autres modifications réalisées par l’humain, beaucoup plus complexes, ont pu avoir lieu. Ainsi depuis le milieu du siècle dernier, les scientifiques sont capables de découper des séquences d’ADN, de les modifier, d’y incorporer de nouveaux gènes… Ces découvertes ont permis d’importantes avancées, dans le domaine médical notamment.</p>



<p><strong>On parle d’OGM quand le matériel génétique d’un organisme a été modifié artificiellement, par intervention humaine.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi modifier des végétaux&nbsp;?</h2>



<p>Les modifications effectuées sur l’ADN des végétaux peuvent avoir différents objectifs. Quelques exemples liés à l’alimentation <sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Augmenter la productivité</strong> des cultures. Une variété de riz a par exemple été développée pour produire davantage de grains&nbsp;;</li>



<li><strong>Rendre les plantes résistantes</strong> <strong>à certains insectes</strong>, en insérant un insecticide dans les gènes de la plante&nbsp;;</li>



<li><strong>Rendre les plantes résistantes à des herbicides</strong>, permettant ainsi de répandre massivement des pesticides sur les cultures en s’assurant que seules les plantes souhaitées y survivent ;</li>



<li><strong>Transformer les propriétés nutritionnelles de certains aliments</strong>&nbsp;: réduire par exemple la quantité d’une molécule considérée comme cancérigène dans la pomme de terre, ou augmenter la teneur en vitamine A dans le riz ;</li>



<li><strong>Rendre les plantes résistantes aux dérèglements climatiques</strong>, en créant des semences qui résistent aux sécheresses ou à la hausse des températures&nbsp;;</li>



<li><strong>Réduire le gaspillage alimentaire</strong> en créant des aliments qui durent plus longtemps&nbsp;: des pommes qui ne brunissent plus, des bananes qui murissent à retardement…</li>
</ul>



<p>Sans entrer dans le débat éthique de la modification du vivant, certaines de ces modifications peuvent sembler intéressantes, bénéfiques. Cependant, dans la pratique, les firmes développant les OGM se sont jusqu’à présent surtout concentrées sur le développement de plantes résistantes aux pesticides et aux insecticides. Ce qui n’est pas surprenant lorsque l’on sait que <strong>les grandes sociétés productrices de semences OGM (Bayer-Monsanto ou Syngenta notamment) sont les mêmes que celles qui produisent les pesticides</strong>, leur permettant ainsi de doper leurs ventes puisque l’un ne va alors pas sans l’autre. Ainsi, au Canada, 100% des OGM utilisés tolèrent des herbicides <sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Que sont les «&nbsp;nouvelles techniques génomiques&nbsp;»&nbsp;?</h2>



<p>Ces dernières années, de nouvelles techniques de modifications du génome ont vu le jour. Elles permettent de modifier l’ADN de façon plus ciblée, plus précise et plus rapide. Si les résultats de ces modifications sont bels et biens des OGM, les firmes qui les créent préfèrent leur donner un nouveau nom, les NTG, tant l’appellation «&nbsp;OGM&nbsp;» a mauvaise presse. Les intérêts de ces NTG sont semblables à ceux listés pour les OGM, avec des possibilités encore plus variées grâce aux performances et à la précision de ces nouvelles techniques.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><strong>La différence entre OGM et NTG</strong> se situe dans la technique utilisée pour transformer les gènes.</p>



<p><br>Les OGM qu’on pourrait appeler «&nbsp;de première génération&nbsp;» sont obtenus le plus souvent par transgenèse &#8211; introduction dans le génome d’un gène issu d’une autre espèce</p>



<p>Les NTG sont modifiés par mutagénèse ciblée – transformation du gène en créant une mutation à un endroit précis – ou par cisgenèse – introduction d’un gène issu d’une même espèce ou d’une espèce proche. <strong>Les techniques de modification des NTG sont bien plus précises que celles des OGM</strong> <sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> Pour autant, des effets hors-cible, c’est-à-dire non-intentionnels, ne sont pas à exclure.</p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Comment sont régulés les OGM&nbsp;en Europe ?</h2>



<p>Jusqu’à présent, ces OGM de deuxième génération tombaient sous le coup de la législation sur les OGM de 2001 <sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Sous cette directive européenne, les OGM doivent nécessairement subir une batterie de tests. Avant de pouvoir être commercialisés et utilisés, ils sous soumis à une évaluation des risques, doivent être traçables et, lorsqu’ils sont autorisés à entrer sur le marché, ils sont obligatoirement étiquetés comme tels sur leur emballage. Aujourd’hui dans l’Union européenne, seules quelques variétés d’OGM destinées à l’alimentation sont cultivées, en Espagne et au Portugal. Nous importons en Europe également des produits OGM, comme du soja qui sert à nourrir les animaux d’élevage <sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>En juillet 2023, la Commission (poussée dans le dos par les lobbys de l’agrochimie) a déposé un nouveau texte sur la régulation des NTG. L’objectif est de faciliter leur accès au marché, en supprimant une série de contraintes en vigueur. <strong>L’évaluation des risques, l’étiquetage, l’obligation de traçabilité ne seraient dorénavant plus exigés.</strong> Les OGM de première génération restent quant à eux soumis à la directive de 2001.</p>



<p>L’argument principal avancé par la Commission pour une telle dérégulation est que les NTG représentent un pas en avant vers une transition pour un système agricole plus durable et peuvent contribuer à la souveraineté alimentaire de l’Union européenne. Cependant, ces arguments étaient déjà ceux en faveur des OGM de première génération, qui n’ont pourtant jamais tenu leurs promesses.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">La nouvelle législation </h3>



<p>Dans le texte proposé par la Commission, les NTG sont divisés en deux catégories. Les NTG1 sont ceux qui auraient pu théoriquement être obtenus par sélection conventionnelle, qui ont subi moins de 20 modifications, et qui seraient alors exemptés de toute évaluation des risques, de traçabilité et d’étiquetage.&nbsp; Les NGT2 regroupent les NGT restants et seraient, eux, traités comme des OGM, soumis à la législation de 2001.</p>
</div>
</div>



<p>Proposé il y a plus d’un an, <strong>le texte a fait l’objet de très nombreuses discussions entre les 27 États membres</strong> au Conseil. Tandis que certains pays étaient en faveur d’une libéralisation totale des NTG, d’autres souhaitaient que le texte contienne des précautions en termes d’étiquetage, de traçabilité… Plus que tout le reste, <strong>c’est la question de la propriété intellectuelle de ces OGM qui a été longtemps débattue <sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</strong></p>



<p>Le texte a également été voté au Parlement, avec quelques protections supplémentaires. Des réunions entre le Conseil, le Parlement et la Commission, vont maintenant avoir lieu, afin de mettre tout le monde d’accord sur un même texte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une technique risquée</h2>



<p>Si ces nouvelles techniques génomiques sont l’objet de tant de débats politiques et de réticences du côté de la société civile, c’est qu’elles comportent des risques qu’il serait dangereux de négliger. On peut notamment souligner</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des risques pour l’environnement et la biodiversité</h3>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="427" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/pesticides.jpg" alt="pesticides" class="wp-image-24745" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/pesticides.jpg 640w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/pesticides-300x200.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/pesticides-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption class="wp-element-caption">Image par&nbsp;<a href="https://pixabay.com/fr/users/schauhi-2509795/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=4761647" rel="nofollow noopener" target="_blank">Kurt Bouda</a>&nbsp;de&nbsp;<a href="https://pixabay.com/fr/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=4761647" rel="nofollow noopener" target="_blank">Pixabay</a></figcaption><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : Image par Kurt Bouda de Pixabay</div></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Si les utilisations vantées par les développeurs de semences OGM peuvent sembler intéressantes, il reste qu’à ce jour, 88% des OGM dans le monde ont pour but de créer des variétés tolérantes aux pesticides comme le glyphosate <sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. <strong>Avec l’usage des OGM, c’est donc aussi l’usage des pesticides qui monte en flèche.</strong> Cette utilisation massive de pesticides a un impact sérieux sur la santé et sur l’environnement (dégradation des sols, pollution de l’air, pollution de l’eau, etc.).</p>



<p></p>
</div>
</div>



<p>Un autre danger se situe dans <strong>la rencontre entre les plantes OGM et les variétés «&nbsp;sauvages&nbsp;».</strong> Les plantes OGM, une fois sorties du laboratoire, peuvent se croiser avec d’autres variétés naturelles et leur transmettre à leur tour ces caractéristiques modifiées, représentant alors un risque pour la survie de la variété indigène, et plus généralement, pour l’équilibre de l’écosystème <sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>.</p>



<p>Les plantes qui ont été modifiées pour produire des insecticides tuent les insectes visés mais pas uniquement&nbsp;: <strong>d’autres insectes polinisateurs, non-nuisibles pour la plante, peuvent également y être sensibles et en pâtir.</strong> Et si certains insectes y répondent en développant une résistance à l’insecticide en question, d’autres disparaissent, laissant un vide dans l’équilibre de l’écosystème.</p>



<p>Enfin, les semences NTG, produites par les firmes agro-industrielles, favorisent <strong>un modèle agricole basé sur les grandes surfaces de monocultures,</strong> représentant également un risque pour la biodiversité et l’érosion des sols.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’accès aux semences</h3>



<p>Les plantes obtenues grâce aux nouvelles techniques génomiques pourraient faire l’objet de brevet. Cela signifie alors qu’il est interdit de conserver une partie de la récolte pour la semer l’année d’après et interdit également d’en échanger des semences entre agriculteurs/agricultrices.</p>



<p>Aujourd’hui, quatre firmes (Bayer-Monsanto, Corteva, Syngenta et BASF), regroupées sous le nom des «&nbsp;<em>big four</em>&nbsp;», («&nbsp;les quatre grands&nbsp;») concentrent la grande majorité des brevets sur les semences, représentant un oligopole dangereux pour l’accès à celles-ci pour les agriculteurs et agricultrices. <strong>En instaurant des brevets sur le vivant, ces entreprises privatisent l’usage des semences et décident de leur prix</strong>. Contrairement aux semences paysannes, ces firmes encouragent la standardisation et la monoculture, contre la diversité génétique, ce qui représente un danger pour notre sécurité alimentaire. Un bien commun mondial devient alors la propriété exclusive de quelques grandes agro-industries. Rappelons encore que ces mêmes firmes sont également les plus grandes productrices de pesticides <sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<p><strong>Aux États-Unis, les dérives liées aux brevets sur les semences sont déjà observables</strong>&nbsp;: Monsanto procède à des inspections sur les champs pour vérifier quelles semences ont été utilisées. Si des traces de semences Monsanto y sont retrouvées et que l’agriculteur ou l’agricultrice ne peut pas prouver l’achat de ces semences cette année-là, il ou elle se voit alors infliger une “amende”. Et ce même si la semence s’est retrouvée là par l’action du vent ou d’un animal, qui contribuent pourtant naturellement à la dissémination des graines. Les agriculteurs et agricultrices n’ayant pas les moyens de risquer une amende, ils et elles se tournent souvent vers les semences Monsanto, afin d’éviter de potentiels problèmes.</p>



<p>Certains cas sont ainsi bien connus&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En 2004, un agriculteur canadien est condamné à payer plusieurs milliers d’euros à Monsanto pour avoir récupéré des semences de plantes Monsanto arrivées sur son champ. L’agriculteur maintient pourtant ne jamais les avoir plantées <sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</li>



<li>En 2013, un agriculteur est condamné à payer 85 000 dollars à Monsanto pour avoir récupéré des graines de sa récolte pour les ressemer l’année suivante, sans en avoir acheté des nouvelles. <sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></li>
</ul>



<p>Dans certaines semences nouvellement développées, un gène a directement été ajouté afin de s’assurer que la plante ne produise pas de graines qui pourraient être ressemées l’année d’après, obligeant ainsi automatiquement les agriculteurs et agricultrices à en racheter chaque année <sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup></p>



<p><strong>La question des brevets est le principal point qui a bloqué pendant des mois le nouveau texte de loi au Conseil de l’UE</strong>. Les décideurs et décideuses européen·nes sont bien conscient·es du risque d’accaparement des semences qui existe en déréglementant les OGM, mais ils et elles souhaitent tout de même avancer avec ces nouvelles technologies.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des risques sur la santé&nbsp;?</h3>



<p>Il n’a à ce jour pas été prouvé que les OGM représentent un danger pour la santé humaine. Si certains y voient la preuve de la non-nocivité des OGM, d’autres mettent plutôt en avant le fait que très peu d’études indépendantes ont été réalisées sur le sujet, ne permettant ni de prouver leur nocivité, ni l’absence de dangers.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Liberté des consommateurs et consommatrices</h3>



<p>Si les risques sur la santé ne sont pas prouvés, on pourrait se dire que revient à chacun·e la décision d’en consommer ou non. Cela ne sera pourtant pas possible avec le texte tel qu’il a été voté au Conseil. En effet, les nouveaux OGM ne seraient pas soumis à un étiquetage obligatoire. Impossible donc pour les citoyen·nes de savoir s’ils et elles en consomment ou non.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Feu vert de la Belgique</h2>



<p>La Belgique est une habituée de l’abstention sur les matières agricoles au Conseil <sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup> .Ici le dossier est d’autant plus complexe qu’il concerne à la fois l’environnement, l’agriculture, la santé, l’économie… Si la Belgique n’a effectivement pas eu de position pendant plusieurs mois, le gouvernement Arizona s’est clairement prononcé en faveur d’une réglementation plus favorable aux OGM. Le point était même inscrit dans l’accord de gouvernement.</p>



<p>Le vote favorable de la Belgique au Conseil a permis d’obtenir une majorité et de faire valider le texte de loi, qui peut alors passer à l’étape suivante, le dialogue entre les différentes institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En guise de conclusion…</h2>



<p>Les nouvelles techniques génomiques sont accompagnées de leur lot de promesses, mais l’expérience laisse présager que c’est surtout l’usage des pesticides et le profit des entreprises qui les produisent qui augmenteront si la nouvelle réglementation vient à passer. De plus, des semences créées dans un laboratoire d’un côté de la planète ne représentent pas une solution durable pour des contextes locaux. <strong>L’agroécologie, qui met en avant les savoirs paysans et l’utilisation de semences locales, reste un outil beaucoup plus puissant face aux dérèglements climatiques.</strong></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/agriculture-decouvrez-8-avantages-ogm-14616/">Découvrez les 8 avantages des OGM, Futura-Sciences</a>. </div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Faut-il craindre les nouveaux OGM? &#8211; L &lsquo;épicerie </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nouvelles techniques génomiques dans le domaine de la sélection végétale &#8211; Consilium </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Directive 2001/18/CE </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; OGM et législation &#8211; Généralités | SPF Santé publique </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir ci-dessous, l’accès aux semences </div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Impact Santé | Vigilance OGM </div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les organismes génétiquement modifiés (OGM) | Ministères Aménagement du territoire Transition écologique </div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La dangereuse concentration du marché | Public Eye </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Percy Schmeiser vs Monsanto | Vigilance OGM </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Brevets : Monsanto gagne son procès contre un fermier </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La petite histoire des OGM | ECHOSCIENCES &#8211; Occitanie </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La Belgique dispose d une seule voix au Conseil. Sur les matières régionalisées, le vote doit faire l objet d un consensus entre les différentes régions. Or, il arrive régulièrement que la Flandre et la Wallonie présentent des positions opposées, notamment en raison de la différence de composition des gouvernements et de la structure différente de leur agriculture : plus industrielle et intensive au Nord, plus diversifiée et plus écologique au Sud. </div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Propriété privée : La fin d’un droit absolu ?</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2024-07/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2024 14:43:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[communs]]></category>
		<category><![CDATA[Engie]]></category>
		<category><![CDATA[propriété privée]]></category>
		<category><![CDATA[SIAT]]></category>
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					<description><![CDATA[« La propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-columns blockquote is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><em>« La propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois et les règlements.</em></p>



<p><em>Ce droit confère de la sorte au propriétaire un droit total sur la chose possédée. Non seulement le droit d’usage (usus), mais le droit sur les fruits (fructus), c’est-à-dire la jouissance des récoltes ou des revenus tirés du bien possédé, et surtout le droit de disposer de la chose (abusus), en altérant sa substance, en la vendant… ou même en la détruisant. »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup></p>
</div>
</div>



<p class="chapo">La propriété privée est l’un des piliers du capitalisme. C’est ainsi que, dès le XIX<sup>e</sup> siècle, le droit de propriété a été coulé dans le Code civil de 1804 en France (la Belgique n’existant pas encore à l’époque). Au XIX<sup>e</sup> siècle, le socialisme a lutté contre l’accaparement des bénéfices de la sueur des travailleurs qu’implique ce droit de propriété. Au XXI<sup>e</sup> siècle, c’est le mouvement écologiste qui met en lumière les dégâts, sur notre écosystème, de la propriété privée quasi sacralisée. Des dégâts qui vont jusqu’à hypothéquer l’habitabilité de la terre pour des millions, voire des milliards de personnes, sans compter les vivants autres qu’humains. N’est-il pas temps de mettre fin à l’intouchabilité de ce droit ?</p>



<p>Accaparements de terres ou de forêts pour de l’élevage ou de la culture industrielle – ou de la compensation carbone -, expropriations de populations pour creuser une mine à ciel ouvert ou un barrage, épuisement de nappes phréatiques par des producteurs d’eau en bouteille&#8230; <strong>le capitalisme a exacerbé une relation prédatrice de l’humain envers la nature et envers ses semblables</strong>&nbsp;: s’approprier l’espace, extraire de la matière, exproprier ou exploiter d’autres humains. On pense notamment aux populations autochtones, aux paysans en Afrique ou en Amérique latine qui occupent la terre, y vivent, la travaillent et en vivent depuis des générations, sans pour autant disposer toujours d’un titre de propriété en bonne et due forme.</p>



<p>À Madagascar, par exemple, le gouvernement encourage les entreprises étrangères à investir dans les terres de la Grande île, que ce soit pour de l’agriculture industrielle ou pour planter des arbres et compenser ainsi leurs émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, les communautés paysannes ont bien du mal à faire valoir leurs droits face aux géants de l’agro-industrie et à un État complaisant envers ces derniers<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. <strong>Propriété privée et extractivisme sont donc aujourd’hui indissociables de la catastrophe écologique et humaine en cours</strong>.</p>



<p>La propriété privée ne concerne pas seulement les ressources matérielles. Elle s’étend à tous les aspects de la vie en société et notamment aux <strong>services publics</strong>. En 1995 est entré en vigueur l’AGCS ou Accord général sur le commerce des services, négocié et signé dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce. Cet accord visait à faciliter la libéralisation progressive des services publics. Ainsi, année après année, les télécommunications, l’énergie, le transport ferroviaire &#8211; des marchandises d’abord, des personnes ensuite -, le secteur bancaire sont passés, en tout ou en partie, dans les mains du secteur privé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fin du tout-privé ?</h2>



<p>Les entreprises privées de services à la collectivité, comme les banques, ne manquent pourtant pas de se tourner vers l’État quand elles sont en difficulté. La crise financière qui a débuté en 2007 et a depuis lors connu de nombreux épisodes a donné lieu au sauvetage de banques par les pouvoirs publics et même à la renationalisation de Belfius, rachetée par l’État belge pour 4 milliards d’euros. <strong>Le principe de «&nbsp;privatiser les bénéfices, socialiser les pertes&nbsp;» prévaut généralement</strong>. Des entreprises, et en particulier des banques, sont trop grandes pour faire faillite sans provoquer un effondrement de toute l’économie. L’État, pour protéger l’épargne des citoyen·nes (c’est en tout cas la raison officielle), allonge alors des millions d’euros pour permettre aux banques de se refaire une santé. S’ensuit un gonflement de la dette et celle-ci justifie des mesures d’austérité qui touchent ce qu’il reste des services publics&nbsp;et de la sécurité sociale : les soins de santé, les allocations et aides sociales, les pensions, les transports, etc.</p>



<p>La crise récente qui a touché le secteur de l’énergie à la suite de la guerre en Ukraine a fait remonter à la surface une idée qui semblait profondément enfouie&nbsp;: outre l’intérêt d’une banque publique, <strong>des secteurs stratégiques comme l’énergie gagneraient à revenir dans les mains de l’État</strong>. Cela aurait probablement évité l’explosion des prix qui a mis tant de ménages dans des situations impossibles.</p>



<p><strong>L’omniprésence et l’omnipotence de la propriété privée n’est pas universelle</strong>. D’autres modèles ont existé et existent toujours. De nouvelles initiatives voient le jour. L’urgence écologique appelle à les (re)découvrir, à en réinventer, à sortir de cette évidence admise que le droit de propriété privée est individuel et inviolable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’autres propriétés sont possibles</h2>



<p><strong><em>« </em></strong><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/19/baptiste-morizot-si-la-propriete-privee-permet-d-exploiter-pourquoi-ne-permettrait-elle-pas-de-proteger_5491224_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener nofollow"><strong><em>Si la propriété privée permet d’exploiter, pourquoi ne permettrait-elle pas de protéger ?</em></strong></a><em> </em><strong><em>»</em></strong>, interroge Baptiste Morizot, philosophe du vivant, dans une tribune du journal Le Monde<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Pour le Liégeois Bouli Lanners, comédien belge, c’est devenu une réalité : <em>« Après la maison, j’ai acheté le bois puis les terrains autour pour pouvoir préserver un maximum de surface. Et mon voisin, sur la colline en face, a fait la même chose. Donc, on a 10 000 m² de terrain en ville qui ne seront jamais construits, j’ai mis tout mon argent dedans ! »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Dans la même logique, l’association ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) achète des terres pour les rendre à la vie sauvage. <em>« Les terrains acquis sont laissés en libre évolution, pour cela les activités humaines y trouvent une place à leur mesure, sans démesure</em> », explique l’association sur son site internet<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Dans un autre contexte, <strong>la propriété collective</strong> est apparue comme une possibilité de conserver un espace naturel qu’une lutte citoyenne avait sauvé de la destruction. À Notre-Dame-des-Landes, après l’abandon du projet d’aéroport en 2018, le Gouvernement français a refusé de signer un bail emphytéotique pour l’occupation du terrain. Les occupants ont dû signer des contrats ruraux individuels. Ils ont alors décidé de racheter la terre collectivement (grâce à une récolte de fonds et à du mécénat). Une propriété collective, donc, « <em>sans parts ni actions,</em> <em>incompatible avec toute forme de plus-value, spéculation et recherche d’enrichissement personnel »</em> dans le but <em>« d’assurer sur le très long terme que ces terres sortent définitivement de régimes de propriété privée et de possibles spéculations »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<p>Ni propriété privée, ni biens publics, <strong>les communs</strong> sont désormais bien connus, grâce notamment aux travaux d’Elinor Ostrom : des biens matériels ou immatériels sont gérés et protégés par une collectivité locale. <em>« Les instances participatives sont chargées, dans chaque cas, de définir les bénéficiaires et les conditions d’utilisation de la ressource commune »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. Elinor Ostrom a mené des études en différents lieux du globe et sur diverses ressources, comme des pêcheries, des systèmes d’irrigation, des forêts, etc. Et ses études ont montré que cela fonctionne : la gestion collective de ressources peut être équitable et durable, contrairement à ce qu’affirme la théorie de la « tragédie des communs ».<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup></p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><strong>La (fausse) tragédie des communs</strong>   En 1968, le biologiste Garret Hardin publie dans la revue <em>Science</em> un article intitulé « La tragédie des Communs ». Il y prend l’exemple d’une pâture que doivent se partager plusieurs éleveurs. Il suppose que chacun aura tendance à ajouter des bêtes à son troupeau pour en tirer plus de valeur. Le bénéfice d’ajouter une bête sur la pâture lui revient à lui tout seul. Tandis que le coût (la diminution de fourrage disponible par bête) est partagé entre tous les éleveurs. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à brouter sur le champ et que tous les éleveurs se retrouvent <em>sur la paille</em>.</p>
</div>
</div>



<p>Autre modèle : <strong>le Community Land Trust</strong> (CLT), dans le secteur du logement. La propriété peut être un gage de stabilité, de sécurité d’existence, une forme d’épargne, en particulier quand il s’agit de posséder un bien immobilier. Mais elle est loin d’être accessible à tout le monde : sans revenus stables et suffisants, sans une importante mise de départ, impossible de convaincre votre banquier de vous accorder un prêt. Et les prix des maisons et appartements atteignent des sommets inaccessibles pour de plus en plus de ménages. C’est là que l’idée du CLT fait mouche : dissocier la propriété du terrain de celle du bâtiment : il fallait y penser ! Le terrain ? Il appartient à une commune, une association, une fondation d’utilité publique. Et le bâtiment est vendu à prix réduit (puisqu’il ne faut payer que « les briques »), en fonction des capacités de chaque propriétaire. Les logements pourront être revendus, mais avec une plus-value limitée, ce qui empêche la spéculation et garantit l’accessibilité du bien à long terme.<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></p>



<p>Une autre piste encore&nbsp;est <strong>l’économie collaborative</strong>, où l’usage l’emporte sur la propriété&nbsp;: voitures partagées, covoiturage, échange et prêt d’outils et d’objets, échange de logements… Organisée par des citoyens (dans un quartier par exemple), par des associations ou des entreprises, elle permet de réduire la production d’objets, donc le gaspillage de ressources et la pollution. Cette économie nécessite cependant des balises, pour le pas basculer dans le giron de l’hyper-capitalisme dérégulé, comme c’est le cas d’Airbnb, Uber, etc. Ces balises sont&nbsp;: la solidarité et le lien social&nbsp;; l’écologie via l’économie de ressources&nbsp;; et la démocratie&nbsp;&#8211; les participant·es doivent avoir prise sur la démarche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Poser des limites au droit de propriété</h2>



<p>À côté de ces initiatives prises par des collectifs citoyens, <strong>l’État a un rôle à jouer dans la limitation du droit de propriété</strong>. Le Brésil l’a fait, même si la mise en application n’est pas facile : « la Constitution précise que les terres agricoles doivent avoir une fonction sociale, c’est-à-dire qu’elles doivent répondre aux besoins de leur propriétaire, mais aussi de la population locale. Dans le cas où cette fonction n’est pas remplie, les terres concernées peuvent être utilisées pour la réforme agraire. Concrètement, des familles de paysans sans terre viennent s’installer sur des parcelles inutilisées. Ces campements provisoires s’appellent <em>acampamentos.</em> Le MST<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> ou toute autre association militant en faveur de la réforme agraire engage ensuite une procédure auprès de l’INCRA, l’organisme public fédéral chargé de la répartition des terres. Le but de cette procédure est d’obtenir un transfert du titre de propriété. Si la procédure aboutit, les <em>acampamentos </em>deviennent des <em>assentamentos</em>. Il faut toutefois attendre plusieurs années avant que l’INCRA rende son verdict. Ce laps de temps est malheureusement propice aux violences en tout genre. Beaucoup de grands propriétaires terriens ne reculent en effet devant aucun moyen pour s’opposer au juste partage des terres. »<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></p>



<p><strong>La propriété privée</strong> n’est donc pas un droit naturel et intouchable. <strong>C’est le bouclier de ceux qui en bénéficient pour imposer le <em>statu quo</em>. </strong>Il convient de la remettre à sa juste place, de lui poser des limites qui sont celles de la justice sociale et du partage équitable des ressources, en y incluant les générations futures, donc avec la sobriété pour colonne vertébrale. Ces limites doivent venir du politique&nbsp;: taxer les surprofits des multinationales (de l’énergie, par exemple), extraire du marché les biens et services essentiels à la dignité humaine, sanctionner la spéculation foncière et immobilière, lutter contre l’accaparement des terres… Ce sont autant de pistes à mettre en œuvre, contre les vents de la pensée unique et les marées de lobbyistes.</p>



<p>Parallèlement, <strong>il est indispensable d’inventer et de mettre en œuvre d’autres modes de jouissance des biens et services.</strong> Les quelques exemples cités ici montrent que c’est possible&nbsp;; que cela demande de la créativité et des collaborations entre acteurs publics, associatifs et privés. Et que ces nouveaux modèles sont à même de rencontrer les objectifs de durabilité et de justice sociale qui devraient être ceux de toute société démocratique. Comme on l’a vu, les citoyen·nes et les associations sont souvent à l’origine de projets innovants, jouant les poissons-pilotes, dans l’attente d’un soutien politique qui permettra à ces changements de s’étendre et de bénéficier à l’ensemble de la société – et d’échapper à la voracité de l’ultralibéralisme.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.socialter.fr/article/propriete-privee-pollution-planete-droit">https://www.socialter.fr/article/propriete-privee-pollution-planete-droit</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir notamment Laurent Delcourt, « L’agrobusiness contre l’agriculture paysanne », étude, Entraide et Fraternité, 2022. <a href="https://entraide.be/publication/etude2022_madagascar/">https://entraide.be/publication/etude2022_madagascar/</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/19/baptiste-morizot-si-la-propriete-privee-permet-d-exploiter-pourquoi-ne-permettrait-elle-pas-de-proteger_5491224_3232.html">https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/19/baptiste-morizot-si-la-propriete-privee-permet-d-exploiter-pourquoi-ne-permettrait-elle-pas-de-proteger_5491224_3232.html</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://reporterre.net/Bouli-Lanners-l-acteur-ecolo-sort-du-bois">https://reporterre.net/Bouli-Lanners-l-acteur-ecolo-sort-du-bois</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://aspas-reserves-vie-sauvage.org/">https://aspas-reserves-vie-sauvage.org/</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://reporterre.net/Notre-Dame-des-Landes-La-Zad-est-bien-vivante-et-fait-vivre-l-alternative">https://reporterre.net/Notre-Dame-des-Landes-La-Zad-est-bien-vivante-et-fait-vivre-l-alternative</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.socialter.fr/article/propriete-privee-pollution-planete-droit">https://www.socialter.fr/article/propriete-privee-pollution-planete-droit</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir aussi « Notre avenir en commun », Action Vivre Ensemble, 2016 <a href="https://archives.vivre-ensemble.be/notre-avenir-en-commun-demain-entre-nos-mains">https://archives.vivre-ensemble.be/notre-avenir-en-commun-demain-entre-nos-mains</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour plus de détails, voir « Notre avenir en commun », étude, Action Vivre Ensemble, 2016, p. 32-33 <a href="https://archives.vivre-ensemble.be/notre-avenir-en-commun-demain-entre-nos-mains">https://archives.vivre-ensemble.be/notre-avenir-en-commun-demain-entre-nos-mains</a></div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mouvement des paysans sans terre.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Extrait de Alexandre Blanchart, « Criminalisation des mouvements sociaux : suite et (pas) fin ? analyse, Entraide et Fraternité, 2024. <a href="https://entraide.be/publication/analyse2024-02/">https://entraide.be/publication/analyse2024-02/</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Des communautés ivoiriennes engagent des avocats belges pour faire valoir leurs droits face à SIAT</title>
		<link>https://entraide.be/publication/communique-de-presse_siat-toujours-dans-lillegalite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Sep 2024 05:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[SIAT]]></category>
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					<description><![CDATA[« Nous continuerons à réclamer nos terres et nos droits », affirment les communautés.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;Nous continuerons à réclamer nos terres et nos droits&nbsp;»</em>, affirment les communautés.</p>



<p class="chapo">Des communautés ivoiriennes exigent d’être indemnisées pour les préjudices causés par les activités de la société belge SIAT, spécialisée dans la production de caoutchouc et d’huile de palme. Soutenues par des organisations européennes de défense des droits humains, elles ont mandaté des avocates belges pour déposer leurs exigences ce lundi 9 septembre au siège de l’entreprise à Zaventem. </p>



<p>Les conflits fonciers et sociaux dans les plantations de palmiers à huile et d’hévéas de SIAT perdurent depuis trop longtemps et doivent être résolus. Depuis plus d’une décennie, des communautés au Ghana, au Nigeria et en Côte d’Ivoire se lèvent pour dénoncer les <a href="https://www.fian.be/Le-cas-de-la-filiale-de-SIAT-en-Cote-d-Ivoire?lang=fr" rel="nofollow noopener" target="_blank">multiples atteintes à leurs droits</a> suite aux activités du groupe SIAT. Elles accusent l’entreprise d’accaparement de terres, de déforestation, d’atteinte à leur sécurité alimentaire, et d’autres violations de droits humains. Selon ces dernières, l’entreprise est aussi complice d’une <a href="https://cloud.fian.be/s/k5nqt5ETkLtHaKq?utm_source=link&amp;utm_medium=siteweb&amp;utm_campaign=BTS2023&amp;utm_content=fr" rel="nofollow noopener" target="_blank">répression</a> qui a causé l’arrestation et la détention arbitraire de plus de 70 personnes, mené à la mort de deux personnes et laissé des dizaines de blessés.</p>



<p>Ce lundi 9 septembre, une dizaine de représentants des communautés de Prikro en Côte d’Ivoire ont remis au Groupe SIAT une demande d’indemnisation [<a href="https://www.fian.be/IMG/pdf/ll_0003673_final_16_aout_2024_anonymise.pdf" rel="nofollow noopener" target="_blank">accessible ici</a>] via l’intermédiaire de FIAN et Entraide et Fraternité. Ils réclament un dédommagement à hauteur de plus d’un milliard de Francs CFA (soit plus de 1,6 million d’euros) pour l’ensemble des préjudices subis et se positionnent comme premiers créanciers de la multinationale.</p>



<p>«&nbsp;<em>Le montant peut paraître élevé et pourtant il ne nous permettra jamais de compenser la détresse et l’enfer que nous avons vécus. Comment évaluer monétairement les tortures subies en prison ? Comment évaluer l’impact des mois et des mois de détention arbitraire? Combien pour ne pas avoir pu nourrir nos enfants, faute de terres à cultiver, pendant des années&nbsp;?</em>&nbsp;», témoigne un porte-parole des communautés, lui-même <a href="https://www.youtube.com/watch?v=OHLB2lprnCw" rel="nofollow noopener" target="_blank">LANDGRABBED (trailer)</a> arbitrairement détenu en prison pour plus de six mois.</p>



<p>L’avocate Pauline Delgrange confirme «&nbsp;<em>Nos clients ont subi des pertes et préjudices considérables en raison des activités fautives de SIAT SA pendant plusieurs années. SIAT SA a l’obligation de réparer les dommages qu’elle a causés. La démarche est peu courante mais tout à fait fondée</em>&nbsp;».</p>



<p><a href="https://entraide.be/events/event/landgrabbed-terres-accaparees/">Ce mercredi 11 septembre, une projection du nouveau documentaire « Landgrabbed »</a>, réalisé par Magdalena Krukowska, se tiendra à 17h à la Maison Européenne des Auteurs et des Autrices à Bruxelles. Le film revient sur la lutte de ces communautés d’Afrique de l’Ouest face à SIAT. La projection sera suivie à 18h30 d’un débat sur “<em>Le rôle de l’Union européenne dans les négociations à Genève d’un Traité contraignant des Nations unies contre l’impunité des entreprises, en matière de droits humains”, </em>en présence de représentant-es de la Commission européenne, du gouvernement belge et de la société civile.</p>



<p>La presse est bienvenue et peut demander un lien de visionnage du film en avant-première.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Éléments de contexte</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>SIAT est spécialisée dans la production de caoutchouc et d’huile de palme. Elle fait partie des cinq grandes entreprises qui contrôlent à elles seules 75 % des plantations de palmiers à huile en Afrique. Elle vend ses produits à base d’huile de palme à de grandes multinationales telles que Unilever (Royaume-Uni) et Nestlé (Suisse), et ses produits en caoutchouc alimentent les chaînes d’approvisionnement de géants internationaux du pneumatique tels que Michelin (France) et Goodyear (Etats-Unis).</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>En juin 2022, des représentant-es des communautés et des ONG africaines qui les soutiennent (JVE Côte d’Ivoire, JVE Ghana et FoE Nigeria) se rendent à Bruxelles pour faire pression sur la multinationale. Des rencontres avec des responsables politiques sont organisées et une action est organisée devant les bureaux de SIAT. <a href="https://www.cncd.be/Une-delegation-africaine-devant-le" rel="nofollow noopener" target="_blank">Une lettre est remise au CEO</a><a href="https://www.cncd.be/Une-delegation-africaine-devant-le" rel="nofollow noopener" target="_blank"> </a>pour demander une rencontre sur place avec les communautés affectées. Malgré ses engagements, <a href="https://www.cidse.org/fr/2023/06/26/siats-silence-in-the-face-of-demands-from-affected-communities/" rel="nofollow noopener" target="_blank">SIAT n’a pas donné de réelle suite à ces rencontres</a>.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Toujours en 2022, et suite &nbsp;à d’importants problèmes financiers, SIAT décide de fermer sa filiale ivoirienne à Prikro, pour céder son bail emphytéotique sur 5.000 ha à la Banque NSIA et ainsi éteindre sa dette. À la même période, l’entreprise vend également ses filiales au Gabon et au Cambodge.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>En 2023, la famille belge Vandebeeck, actionnaire majoritaire via son holding Fimave, <a href="https://www.tijd.be/ondernemen/grondstoffen/belgische-plantagegroep-siat-komt-in-nigeriaanse-handen/10489127.html" rel="nofollow noopener" target="_blank">revend</a> le groupe qu’elle a créé en 1980 au conglomérat nigérian Saroafrica. La transaction est définitivement conclue en mars 2024, et la société Oak &amp; Saffron Limited, filiale du groupe nigérian Saroafrica, acquiert 86&nbsp;% du groupe SIAT, pour un montant estimé à plus de 200 millions d&rsquo;euros.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Aujourd’hui sous contrôle nigérian, la société a encore des liens importants avec la Belgique&nbsp;: son siège se trouve toujours à Zaventem ; sa filiale gantoise <a href="https://www.derooseplants.com/en/home/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Deroose Plants</a> (spécialisée dans les cultures ornementales et tropicales) fait encore partie du groupe,&nbsp; <a href="https://www.lecho.be/entreprises/industries-de-base/la-societe-belge-de-plantations-siat-sous-pavillon-nigerian/10538810.html" rel="nofollow noopener" target="_blank">deux investisseurs publiques belges</a> (Société Fédérale de Participations et d&rsquo;Investissement (SFPIM) et la société d&rsquo;investissement publique flamande (PMV)) sont toujours liés à SIAT ; les banques Belfius, KBC et la PMV ont dû renoncer à (une partie) de leurs créances dans le cadre de la <a href="https://www.lecho.be/entreprises/industries-de-base/la-societe-belge-de-plantations-siat-sous-pavillon-nigerian/10538810.html" rel="nofollow noopener" target="_blank">réorganisation judiciaire</a> en 2023.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le groupe de travail belge « Corporate Accountability » est une coalition composée d’une vingtaine d’organisations de la société civile belge, dont les deux coupoles d’ONG 11.11.11 et CNCD-11.11.11, les trois syndicats belges (ACLVB-CGSLB, ACV-CSC, ABVV-FGTB) et diverses ONG (dont FIAN et Entraide et Fraternité). Ensemble,<a href="https://www.cncd.be/Les-Etats-membres-donnent-leur-feu" rel="nofollow noopener" target="_blank"> ils plaident en faveur d’une législation efficace</a> sur le devoir de vigilance aux niveaux international, européen et belge. CIDSE collabore à ce <a href="https://www.cidse.org/fr/2023/10/20/cidses-participation-in-the-9th-session-of-the-un-binding-treaty/" rel="nofollow noopener" target="_blank">plaidoyer au niveau onusien</a> et européen.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Vidéos</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=OHLB2lprnCw" rel="nofollow noopener" target="_blank">Bande-annonce</a> du documentaire « Landgrabbed », réalisé par Magdalena Krukowska qui sera projeté le 11 septembre à Bruxelles.</li>



<li><a href="https://www.youtube.com/watch?v=_ckuyRagrCo&amp;t=190s" rel="nofollow noopener" target="_blank">Vidéo</a> «&nbsp;MADE IN IMPUNITY (1/3) Caoutchouc belge de Côte d’Ivoire&nbsp;» qui résume le cas (4:33’)</li>



<li>Interview des représentant-es des communautés affectées :<ul><li>Côte d’Ivoire : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=yZQeqMqILn8" rel="nofollow noopener" target="_blank">SIAT Lobby Tour 2022 : interview des représentant.e.s &#8211; YouTube</a></li></ul>
<ul class="wp-block-list">
<li>Ghana: <a href="https://www.youtube.com/watch?v=WfqlZj2fAEU" rel="nofollow noopener" target="_blank">Short version: Land Sovereignty in Okumaning, Africa (Testimonies)</a></li>
</ul>
</li>



<li>Vidéo de l’Action devant les bureaux de SIAT : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=BuZYw3Ff-YU" rel="nofollow noopener" target="_blank">SIAT Lobby Tour 2022 : Public Action in front of SIAT Office #brussels (youtube.com)</a></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<h2 class="wp-block-heading">Contacts</h2>



<p>Florence Kroff, FIAN Belgium, +32 475845624 – <a href="mailto:florence@fian.be">florence@fian.be</a></p>



<p>Francesca Monteverdi, Entraide et Fraternité, +32 456152125 <a href="about:blank">–</a> <a href="mailto:francesca.monteverdi@entraide.be">francesca.monteverdi@entraide.be</a></p>



<p>Elise Kervyn, CNCD-11.11.11, + 32 488703208 &#8211; <a href="mailto:elise.kervyn@cncd.be">elise.kervyn@cncd.be</a></p>



<p>Susana Hernández, CIDSE, +32 456204075, <a href="mailto:hernandez@cidse.org">hernandez@cidse.org</a></p>



<p><em>Possibilité d’interview avec des représentant·es des communautés affectées et des organisations en Côte d’Ivoire et au Ghana.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Signataires</h2>



<p><strong>ADDE</strong> &#8211; Côte d’Ivoire ;&nbsp; </p>



<p><strong>CIDSE</strong> &#8211; Europe ; </p>



<p><strong>CNCD-11.11.11</strong> &#8211; Belgique ; </p>



<p><strong>Entraide et Fraternité</strong> &#8211; Belgique ; </p>



<p><strong>FIAN Belgium</strong> &#8211; Belgique ; </p>



<p><strong>JVE Côte d’Ivoire</strong> (Jeunes Volontaires pour l’Environnement) &#8211; Côte d’Ivoire ; </p>



<p><strong>JVE Ghana</strong> (Jeunes Volontaires pour l’Environnement) &#8211; Ghana.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
		<media:content url="https://www.youtube.com/embed/_ckuyRagrCo" medium="video">
			<media:player url="https://www.youtube.com/embed/_ckuyRagrCo" />
			<media:title type="plain">Le droit d’accès aux ressources Archives - Entraide et Fraternité</media:title>
			<media:description type="html"><![CDATA[Profitez des vidéos et de la musique que vous aimez, mettez en ligne des contenus originaux, et partagez-les avec vos amis, vos proches et le monde entier.]]></media:description>
			<media:thumbnail url="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Action-SIAT-contre-laccaparement-des-terres-2022.jpg" />
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		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Landgrabbed &#8211; terres accaparées</title>
		<link>https://entraide.be/events/event/landgrabbed-terres-accaparees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jul 2024 08:30:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?post_type=event&#038;p=22662</guid>

					<description><![CDATA[Le documentaire "Landgrabbed" arrive à Bruxelles]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="crayon evenement-descriptif-2949 chapo py-3">La société belge SIAT, l&rsquo;un des plus grands fournisseurs d&rsquo;huile de palme et de caoutchouc d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest vers l&rsquo;Europe, est accusée d&rsquo;accaparement de terres. Nous vous invitons à la première diffusion à Bruxelles de « Terres accaparées » qui expose les abus en Afrique de l&rsquo;Ouest de cette société. Un débat sur le film et le devoir de vigilance des entreprises suivra la projection, en présence de la réalisatrice Magdalena Krukowska.</p>
<div class="texte crayon evenement-evenement_presentation-2949 pb-3">
<p>En juin 2022, une délégation de communautés de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigéria est venue à Bruxelles pour dénoncer la dépossession de leurs terres et la violation de leurs droits par SIAT, une société belge de caoutchouc et d’huile de palme. <a href="https://www.cncd.be/Une-delegation-africaine-devant-le" rel="nofollow noopener" target="_blank">Leur visite s’est conclue par une mobilisation devant le siège de l’entreprise</a>, après des réunions politiques sur la loi européenne sur le devoir de vigilance des entreprises et des rencontres avec la presse.</p>
<p><strong>Magdalena Krukowska</strong>, journaliste polonaise collaborant avec Forbes (Polska) depuis 15 ans, a enquêté sur les abus de SIAT. Elle a interviewé des membres de communautés en Côte d’Ivoire et au Ghana qui affirment que leurs terres, traditionnellement détenues et cultivées par des agriculteurs/rices locaux, ont été accaparées par SIAT. elle sera présente à la projection.</p>
</div>
<div>
<h3>Programme</h3>
<div></div>
<div>17h00 &#8211; Accueil</div>
<div>17h15 &#8211; Introduction par Magdalena Krukowska, réalisatrice du documentaire.</div>
<div>Projection (52 min, sous-titres EN)</div>
<div>18h30 &#8211; Débat principalement en anglais, avec Florence Kroff (FIAN) ; Ben Vanpeperstaete (ECCHR) ; et d’autres invité·es à confirmer.</div>
<div>19h15 &#8211; Ouverture du bar</div>
</div>
<div></div>
<div></div>
<div class="texte crayon evenement-evenement_presentation-2949 pb-3">
<div class="portfolio-item my-4">
<figure class="portfolio-image entry-image spip_documents spip_documents_center ressource oembed oembed_video oembed_video">
<div class="oembed oe-video async clearfix center">
<h3 class="rwd-video-container oe-play-button">Inscription</h3>
<div><a href="https://forms.office.com/e/7Rdce8Q089" rel="nofollow noopener" target="_blank">Je m&rsquo;inscris</a></div>
<div></div>
<div><iframe loading="lazy" title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/OHLB2lprnCw?si=A5xEahqKJY67VNx6" width="996" height="560" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"><span style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" data-mce-type="bookmark" class="mce_SELRES_start">﻿</span><span style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" data-mce-type="bookmark" class="mce_SELRES_start">﻿</span></iframe></div>
<div><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-22778 size-large" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/08/affiche_copie_pour_11-09_twitter_post_-_1-1024x576.jpg" alt="Affiche : Landgrabbed, un film de Magdalena Krukowska, 69 min, Fr/En" width="1024" height="576" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/08/affiche_copie_pour_11-09_twitter_post_-_1-1024x576.jpg 1024w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/08/affiche_copie_pour_11-09_twitter_post_-_1-300x169.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/08/affiche_copie_pour_11-09_twitter_post_-_1-768x432.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/08/affiche_copie_pour_11-09_twitter_post_-_1-600x338.jpg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/08/affiche_copie_pour_11-09_twitter_post_-_1.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></div>
</div>
</figure>
</div>
</div>
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			<media:title type="plain">Le droit d’accès aux ressources Archives - Entraide et Fraternité</media:title>
			<media:description type="html"><![CDATA[Profitez des vidéos et de la musique que vous aimez, mettez en ligne des contenus originaux, et partagez-les avec vos amis, vos proches et le monde entier.]]></media:description>
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		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Nos victoires contre l’injustice en 2023</title>
		<link>https://entraide.be/nos-victoires-contre-linjustice-en-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 May 2024 10:21:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Coalition Pesticides]]></category>
		<category><![CDATA[jt209]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?p=22156</guid>

					<description><![CDATA[Le plaidoyer, une arme de plus en plus efficace et porteuse ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:auto 30%"><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading">Pas d’accord belge au Traité entre l’UE et le Mercosur</h2>



<p>L’annonce de l’accord politique entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) sur le traité commercial était attendue en décembre lors d’un sommet des dirigeants du Mercosur. Mais, grâce à une large mobilisation de la société civile européenne (au sein de laquelle Entraide et Fraternité joue un rôle moteur avec le CNCD-11.11.11) et latino- américaine (incluant notamment les partenaires d’Entraide et Fraternité au Brésil), la signature de cet accord anachronique est encore une fois reportée à une date inconnue. Cette victoire provisoire est incontestablement liée en partie à notre travail de plaidoyer (mené toute l’année et de manière intensive pendant notre campagne de Carême 2023), d’analyses, de cartes blanches, d’affichage dans plusieurs stations de métro bruxellois mais aussi de mobilisation en rue. De nombreuses activités contre l’accord UE-Mercosur ont été menées en étroite collaboration avec nos partenaires brésiliens. Résultat : la Belgique refuse de valider cet accord ! En 2024, nous resterons vigilants, en particulier pendant la présidence belge de l’UE jusqu’au 1er juillet, pour que cet accord ne soit pas validé.</p>
</div><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="706" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-1-Mercosur-1024x706.jpg" alt="victoires 1 Mercosur" class="wp-image-22170 size-full" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-1-Mercosur-1024x706.jpg 1024w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-1-Mercosur-300x207.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-1-Mercosur-768x529.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-1-Mercosur-600x413.jpg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-1-Mercosur.jpg 1335w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:30% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-2-Ambassade-Bresil-1024x576.jpg" alt="victoires 2 Ambassade Bresil" class="wp-image-22171 size-full" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-2-Ambassade-Bresil-1024x576.jpg 1024w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-2-Ambassade-Bresil-300x169.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-2-Ambassade-Bresil-768x432.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-2-Ambassade-Bresil-600x338.jpg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-2-Ambassade-Bresil.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading">La Belgique suit le cas du barrage construit par Engie/Tractebel</h2>



<p>Environ 1000 lettres de soutien ont été signées par des citoyens et citoyennes résidant en Belgique convaincus par le plaidoyer d’Entraide et Fraternité, en soutien aux communautés affectées par le barrage de Cana Brava construit par Tractebel/Engie au Brésil au début des années 2000. Ces lettres ont été remises le 9 octobre 2023 par nos partenaires brésiliens à l’occasion d’une visite de l’ambassade de Belgique au Brésil au siège de la Commission pastorale de la terre de l’État de Goiás. Cette rencontre, initiée par Entraide et Fraternité, a réuni l’ambassadeur, un de ses conseillers, les coordinateurs de la CPT-Goiás, le Mouvement des paysans sans terre (MST), le Mouvement des personnes affectées par les barrages (MAB), l’évêque émérite (belge) de Goiás, Dom Eugênio Rixen, le procureur général Wilson Rocha et Entraide et Fraternité. La situation des familles affectées par le barrage de Cana Brava, construit par la société belge Tractebel (aujourd’hui Engie), a suscité un vif intérêt de la part de l’ambassadeur de Belgique.</p>



<p>Le 25 mars 2024, l’ambassadeur de Belgique, une nouvelle fois à la demande d’Entraide et Fraternité, visitera le camp Tomas Balduino, soutenu par nos partenaires mais menacé par les volontés de criminaliser les mouvements sociaux.</p>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<div class="wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:auto 30%"><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading">L’exportation des pesticides non autorisés dans l’UE interdite</h2>



<p>Le 23 juin 2023, le gouvernement a approuvé l’arrêté royal interdisant l’exportation hors UE de pesticides non autorisés dans l’UE à cause de leur dangerosité pour la santé et la nature. C’est le résultat de la mobilisation de la société civile belge à laquelle a participé Entraide et Fraternité. Depuis de nombreux mois, en effet, Entraide et Fraternité est une cheville ouvrière de la coalition menée par Humundi. Une étude scientifique, des contacts avec des alliés et alliées politiques, une campagne de communication et de pétition… : les efforts ont porté leurs fruits. Entraide et Fraternité s’est intégrée facilement dans cette campagne dans le cadre de son travail sur le commerce international – et en particulier l’accord UE-Mercosur – et de sa campagne 2023 sur le Brésil, vers qui la Belgique exporte des pesticides.</p>
</div><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="677" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/05-Campagne-pesticides-CopyrightSOSFaim-1024x677.jpg" alt="05 Campagne pesticides CopyrightSOSFaim" class="wp-image-22181 size-full" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/05-Campagne-pesticides-CopyrightSOSFaim-1024x677.jpg 1024w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/05-Campagne-pesticides-CopyrightSOSFaim-300x198.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/05-Campagne-pesticides-CopyrightSOSFaim-768x508.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/05-Campagne-pesticides-CopyrightSOSFaim-600x397.jpg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/05-Campagne-pesticides-CopyrightSOSFaim.jpg 1210w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:30% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-4-Madagascar-1024x768.jpeg" alt="victoires 4 Madagascar" class="wp-image-22183 size-full" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-4-Madagascar-1024x768.jpeg 1024w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-4-Madagascar-300x225.jpeg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-4-Madagascar-768x576.jpeg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-4-Madagascar-600x450.jpeg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-4-Madagascar.jpeg 1066w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading">Accaparement des terres à Madagascar : plainte déposée</h2>



<p>En ce début d’année, la Ministre de la Coopération, Caroline Gennez, a été interrogée au Parlement suite à la publication de l’analyse d’Entraide et Fraternité et du CETRI intitulée Madagascar : l’agrobusiness contre l’agriculture paysanne. Cette étude dénonce notamment le soutien de la banque belge de développement (BIO) à l’entreprise Tozzi Green accusée par plusieurs communautés malgaches d’accaparements de terres et dresse plusieurs recommandations à destination du gouvernement fédéral et de BIO. En commission, la Ministre a déclaré : « Entraide et Fraternité a publié un rapport critiquant cet investissement de BIO. Sur cette base, à notre demande, l’administration de la Coopération a organisé une concertation avec BIO, Renaud Vivien et Philippine Cartier de l’ONG, et Mamy Rakotondrainibe du collectif Tany, représentante des communautés locales. (…) Par l’intermédiaire de mon commissaire du gouvernement, j’ai demandé à BIO de suivre ce dossier très attentivement et de veiller à ce que ce projet d’investissements respecte toutes les conditions. » Quelques mois après, Entraide et Fraternité a organisé, le 13 octobre 2023, une conférence de presse internationale pour expliquer la plainte déposée par trois ONG et collectifs &#8211; dont le BIMTT (notre partenaire malgache) &#8211; contre la multinationale Tozzi Green, devant le Point de contact italien de l’OCDE, pays où se trouve le siège de la multinationale.</p>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<div class="wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:auto 30%"><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading">Le Traité sur la Charte de l’énergie bientôt aux oubliettes ?</h2>



<p>Conclu dans les années 90, ce traité est devenu complètement obsolète et injuste. D’abord parce qu’il défend un monde basé sur les énergies fossiles ; ensuite parce qu’il favorise les multinationales au travers de son mécanisme d’arbitrage des conflits. Le GIEC lui-même considère que c’est un obstacle à la mise en place par les États de mesures en faveur du climat (des compensations gigantesques sont obtenues par les entreprises qui font condamner les États annulant des contrats à des fins de protection de l’environnement). Après un plaidoyer intensif de la société civile, plusieurs pays européens ont annoncé leur sortie du traité, suivi par des prises de position du Parlement européen, puis de la Commission européenne, en faveur d’une sortie pure et simple de la Charte sur l’énergie (TCE). Après la Wallonie, Bruxelles s’est prononcée pour une sortie coordonnée du TCE. C’était la demande répétée d’Entraide et Fraternité, notamment dans de nombreuses cartes blanches dans la presse. Mais la Flandre et le MR empêchent encore la Belgique de dire définitivement stop.</p>
</div><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="840" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/03/manifestation-TCE-dinosaures.jpg" alt="Trois personnes en constume de dinosaures, deux avec des pancartes : &quot;TCE au musée&quot; et &quot;Fin du monde / Fin du monde / même combat&quot;" class="wp-image-21609 size-full" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/03/manifestation-TCE-dinosaures.jpg 840w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/03/manifestation-TCE-dinosaures-300x200.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/03/manifestation-TCE-dinosaures-768x512.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/03/manifestation-TCE-dinosaures-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure></div>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:30% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><a href="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-6-Paysans.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-6-Paysans-1024x768.jpg" alt="victoires 6 Paysans" class="wp-image-22188 size-full" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-6-Paysans-1024x768.jpg 1024w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-6-Paysans-300x225.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-6-Paysans-768x576.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-6-Paysans-600x450.jpg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/victoires-6-Paysans.jpg 1067w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading">Une résolution de l’ONU sur les droits des paysans et paysannes</h2>



<p>Le 11 octobre 2023, une large majorité d’États membres du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, dont la Belgique, a franchi une étape historique en votant en faveur d’une résolution visant à poursuivre la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et paysannes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. Par son vote, la Belgique s’engage ainsi résolument dans la mise en œuvre de la Déclaration. Ce vote est le résultat du plaidoyer coordonné par FIAN et dont Entraide et Fraternité a été un maillon central. Ce texte est un instrument clé pour protéger l’ensemble des droits humains des paysans et paysannes, qui font face à des discriminations spécifiques dans le cadre des crises multiples que nous traversons, et pour faire avancer certains droits spécifiques à la condition paysanne, tels que le droit à la terre, le droit aux semences ou le droit à un niveau de vie digne.</p>
</div></div>



<div class="wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:auto 30%"><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading">Feu vert européen au devoir de vigilance des entreprises</h2>



<p>C’était sans doute la plus importante des avancées obtenues ces derniers mois en termes de justice sociale et environnementale grâce, notamment, au travail du service politique d’Entraide et Fraternité : le 1er juin 2023, les parlementaires européens ont voté en faveur d’une nouvelle législation exigeant des entreprises de l’UE qu’elles identifient, évaluent, préviennent et fassent cesser les potentiels impacts négatifs de leurs activités sur les droits humains, le climat et l’environnement. Elles devront également contrôler et évaluer l’impact de leurs partenaires commerciaux non seulement de leurs fournisseurs mais également des ventes, de la distribution, des transports, du stockage, de la gestion des déchets, notamment. Toutefois, coup de théâtre, fin février 2024 : le Conseil de l’UE a bloqué le texte, réduisant son champ d’application aux entreprises de plus de 5000 personnes ! Inacceptable pour nous.</p>
</div><figure class="wp-block-media-text__media"><a href="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/victimes_barrage.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/victimes_barrage.jpg" alt="deux hommes de dos devant un barrage" class="wp-image-18036 size-full" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/victimes_barrage.jpg 1000w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/victimes_barrage-300x225.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/victimes_barrage-768x576.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/victimes_barrage-600x450.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></figure></div>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:30% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><a href="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2015/05/Perou_Kalppa_Lima_2109-En-Keepeek-Irys-13-ans.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="840" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2015/05/Perou_Kalppa_Lima_2109-En-Keepeek-Irys-13-ans.jpg" alt="Une jeune fille devant un bidonville." class="wp-image-22139 size-full" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2015/05/Perou_Kalppa_Lima_2109-En-Keepeek-Irys-13-ans.jpg 840w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2015/05/Perou_Kalppa_Lima_2109-En-Keepeek-Irys-13-ans-300x200.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2015/05/Perou_Kalppa_Lima_2109-En-Keepeek-Irys-13-ans-768x512.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2015/05/Perou_Kalppa_Lima_2109-En-Keepeek-Irys-13-ans-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px" /></a></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading">Dette du Sud</h2>



<p>La dette des pays appauvris n’est pas une préoccupation nouvelle mais la part de la dette détenue par des pays créditeurs comme la Belgique baisse par rapport à celle détenue par les établissements privés comme les banques et les fonds d’investissement. Or, à la différence des États, ces derniers refusent de participer au moindre effort d’allègement (de suspension, en fait) de la dette. Ce qui a pour effet que les pays pauvres utilisent l’argent prêté par les pays plus riches pour rembourser les banques et les fonds plutôt que pour mener des politiques en faveur de leurs populations !</p>



<p>Entraide et Fraternité a corédigé une proposition de loi dont la Chambre a commencé l’examen l’été dernier et vient d’être auditionné à la Chambre sur le sujet : ce texte vise à obliger les créanciers privés à participer à cet effort et à les décourager à aller en justice.</p>



<p class="ligne-gauche-normal">Le texte pourrait être adopté avant les élections. Pour cela, vous pouvez, vous aussi, interpeller les parlementaires membres de la commission via notre site <a href="https://www.annulerladette.be/#agir" rel="nofollow noopener" target="_blank">annulerladette.be/#agir</a> .</p>
</div></div>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Quand les femmes s’émancipent, toute la société avance !</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2023-08/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Jul 2023 14:06:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Genre]]></category>
		<category><![CDATA[MST - Mouvement des paysans sans-terre]]></category>
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					<description><![CDATA[Au Brésil, les injustices ne manquent pas. Les forces pour lutter contre elles non plus. Accéder à une terre, y [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="chapo">Au Brésil, les injustices ne manquent pas. Les forces pour lutter contre elles non plus. Accéder à une terre, y faire valoir ses droits, la cultiver dans le respect de la nature est un vrai défi face à l’agro-industrie et à ses alliés (souvent armés) avides de terres à exploiter. Faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes dans un pays où machisme et analphabétisme s’allient pour garder les femmes dans une situation subalterne est une lutte pas encore gagnée. Affirmer que toutes les couleurs de peau se valent, quand les noirs sont victimes du racisme de certains blancs et métis&#8230; n’est pas encore une évidence tant les mentalités sont imprégnées de racisme. De l’alphabétisation à la lutte pour la terre ou contre le racisme en passant par la politisation des traditions et la créativité&nbsp;: au Brésil comme en Belgique, les femmes se lèvent et utilisent leur «&nbsp;pouvoir d’agir&nbsp;» pour plus de justice et d’égalité.</p>



<p>Le Brésil, géant exportateur de matières premières qui compte sur la scène économique mondiale, est aussi un pays où une grande partie de la population, rurale notamment, vit dans des conditions indignes et doit lutter pour la simple survie. Et dans cette lutte, les femmes n’hésitent pas à s’engager, parfois au péril de leur vie. Dans la tradition des quilombolas (voir encadré), <em>«&nbsp;les femmes avaient un rôle de ‘sages’, soignant les membres de la communauté de manière naturelle, s’occupant des fêtes, de la nourriture, de la transmission des traditions, des chants, des danses&nbsp;»,</em> explique Madalena Sacramento Rocha, présidente et fondatrice de l’association des quilombolas d’Extrema<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Bref, un rôle reproductif. Mais ça, c’était <em>«&nbsp;jadis&nbsp;».</em><strong>Aujourd’hui, les communautés rurales, quilombolas ou traditionnelles, sont entrées en résistance contre le rouleau compresseur de l’agro-industrie.</strong></p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><strong>Quilombolas&nbsp;: descendants d’esclaves fugitifs</strong></p>



<p>Le 13 mai 1888, le Brésil abolit formellement l’esclavage. Dans les années 1880, alors que les châtiments corporels sont supprimés pour les esclaves qui seraient repris, les victimes de la traite sont de plus en plus nombreuses à s’échapper des plantations de canne à sucre et de café, des exploitations forestières et des mines d’or. Ces évasions massives vont donner lieu à la création des «&nbsp;quilombos&nbsp;», qui signifient simplement «&nbsp;refuge&nbsp;», «&nbsp;endroit caché&nbsp;» dans une langue bantoue d’Angola. Les quilombolas sont donc ces descendants, métis ou noirs, d’esclaves qui ont trouvé refuge dans des zones reculées du pays, dans des conditions de misère extrême. On estime à 3500 le nombre de communautés quilombolas dans tout le pays.</p>
</div>
</div>



<p>Aujourd’hui, ce rôle culturel des femmes qui dansaient toute la nuit lors des fêtes religieuses prend une autre dimension. On ne perpétue plus la tradition seulement pour elle-même&nbsp;: <strong>«&nbsp;<em>Aujourd’hui, </em>continue Madalena, arrière-petite fille du fondateur de sa communauté d’Extrema<em>, on danse pour faire de la résistance</em></strong><em>,&nbsp;pour montrer que nous avons une place à part entière sur ce territoire et que les traditions doivent continuer. On avance, on</em> <em>sort de ce contexte religieux qui, pendant longtemps, a empêché les femmes d’être prises en</em> <em>considération. Avant, quand une femme noire dansait, il y avait des propos déplaisants, on la traitait de sorcière. Aujourd’hui, on voit cela comme de la culture&nbsp;: <strong>la façon de regarder les femmes a changé.</strong>&nbsp; On a lutté pour faire changer ce regard&nbsp;qui disait que la femme devait s’occuper de la maison, servir les hommes, soigner la famille.&nbsp;» </em>Madalena est un bel exemple de ce changement&nbsp;: contraire-ment à ses 9 frères, qui n’ont aucun diplôme, elle prépare un doctorat universitaire et elle préside l’association des quilombolas d’Extrema.&nbsp;</p>


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<figure class="alignright size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/bresil-regions.jpg" alt="Carte des régions du Brésil" class="wp-image-19862" height="400" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/bresil-regions.jpg 700w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/bresil-regions-298x300.jpg 298w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/bresil-regions-150x150.jpg 150w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/bresil-regions-600x604.jpg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/bresil-regions-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>
</div>


<p>Maria Moreira, responsable du secteur ‘production’ du MST (Mouvement des travailleurs ruraux sans terre) pour l’État de Goiás, souligne quant à elle les changements intervenus dans le mouvement suite à ce travail d’émancipation des femmes&nbsp;: <em>« La majorité de la direction chez nous est composée de femmes. Nous les encourageons à prendre la tête des structures. Mettre les femmes en avant et montrer leur importance, c’est une forme de résistance. En 7 ans, je peux dire que je suis devenue quelqu’un d’autre au MST, je suis devenue une femme respectée, autonome, émancipée.&nbsp;» </em>Une émancipation et un pouvoir d’agir qui ont un prix, dans le contexte brésilien&nbsp;: leader de sa communauté rurale, Maria est menacée de mort et doit se cacher hors de chez elle.</p>



<p>Au-delà de ce rôle de culture résistante, les femmes des communautés paysannes résistent aussi au machisme encore ambiant et aux violences dont elles sont encore trop souvent victimes. Maria Moreira, explique&nbsp;: <em>«&nbsp;On a beaucoup travaillé la question des féminicides, de la violence conjugale, le fait que parfois les hommes quittent les femmes en les laissant avec les enfants.&nbsp;» </em>Et si, dans ces situations-là, les femmes sont dépendantes des hommes, si elles ne sont pas autonomes, <em>«&nbsp;elles se retrouvent démunies&nbsp;»</em>. <em>«&nbsp;Avant,</em> continue Maria, <em>les femmes produisaient peu, les hommes allaient travailler la terre, les femmes restaient à la maison. Nous avons changé cela.&nbsp;Les femmes sont automatiquement en meilleure position dans la communauté. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le MST&nbsp;: cultiver, c’est résister</h2>



<p>Le Mouvement des paysans sans-terre, né il y a près de 40 ans, rassemble des centaines de milliers de familles et est l’un des plus importants mouvements sociaux en Amérique latine. Ces familles ont occupé et cultivé des terres laissées en friche par leurs propriétaires, s’appuyant sur la Constitution de 1988 qui affirme que l’État peut s’approprier, avec une finalité sociale, des terres qui ne remplissent pas leur «&nbsp;fonction sociale&nbsp;». Le Mouvement lutte pour la reconnaissance légale de ces «&nbsp;acampamentos », ces campements&nbsp;.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="307" height="411" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/maria-moria.jpg" alt="maria moria" class="wp-image-19859" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/maria-moria.jpg 307w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/maria-moria-224x300.jpg 224w" sizes="auto, (max-width: 307px) 100vw, 307px" /><figcaption class="wp-element-caption">Maria Moreira est menacée de mort pour son engagement en faveur du droit à la terre.</figcaption></figure>
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<p>Maria Moreira explique ainsi le travail du MST&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous soutenons les luttes des communautés. Nous voulons conquérir ces terres qui nous ont été attribuées puis reprises par Bolsonaro, pas juste pour les posséder mais pour les cultiver. C’est notre raison d’être. <strong>Produire, c’est résister puisque nous montrons qu’on peut le faire sans passer par l’agrobusiness et en rendant service à la communauté : on vend nos produits au marché ou on les donne dans les quartiers pauvres.</strong> Notre vraie lutte, c’est de parvenir à produire nos moyens de subsistance et d’en générer des revenus. L’égalité des droits est un combat central, au-delà de la lutte pour la terre : la terre est une chose, la cultiver dans le respect, la dignité, en la valorisant, en ayant à manger tous les jours grâce à notre production, c’est cela notre lutte. »</em></p>



<p>Ce travail d’émancipation «&nbsp;<em>passe par des formations&nbsp;:</em>&nbsp;<em>on apprend aux femmes à ne pas accepter les agressions. On leur explique que la violence, conjugale par exemple, cela peut être une violence verbale ou psychologique. La plupart d’entre elles ignorent qu’il s’agit d’agressions. On leur fait aussi comprendre l’importance d’avoir leur propre revenu&nbsp;: si elles gagnent de l’argent, elles peuvent acheter ce qu’elles veulent sans demander au mari, c’est de l’autonomisation. Mais ce n’est pas facile car, malgré tout, nombre de femmes ont les réflexes d’un fonctionnement patriarcal. Ce n’est plus le cas dans nos communautés parce que nous avons fait un boulot énorme avec ces femmes.&nbsp;»</em></p>



<p>Et les résultats de ce travail sont visibles&nbsp;: les femmes occupent les lieux de responsabilités. <em>«&nbsp;Nous travaillons avec plusieurs collectivités où nous avons soutenu les femmes, notamment en les encourageant à prendre la tête des structures. Au MST comme au campement Dom Balduino, les coordinatrices sont très majoritairement des femmes. Mettre les femmes en avant et montrer leur importance, c’est une forme de résistance », </em>affirme encore Maria<em>.&nbsp;&nbsp;</em>Et <strong>une communauté où les femmes ont plus de pouvoir (dans le sens de «&nbsp;puissance d’agir&nbsp;»)et luttent aux côtés des hommes est une communauté plus forte face aux menaces de l’agro-industrie.</strong></p>



<p>Lorsqu’elles ont eu l’occasion de se former, de prendre confiance en elles et de se mettre ensemble, ces femmes brésiliennes s’attachent à lutter contre une autre injustice&nbsp;: le racisme. <strong>Chez les quilombolas d’Extrema, la poupée Catarina est devenue le symbole ces luttes pour l’égalité</strong> : <em>« Nous sommes un groupe de 14 femmes, qui créons nos propres revenus en fabriquant ces poupées noires qui racontent notre histoire en rendant hommage à la matriarche de notre communauté, Catarina,</em> dit Madalena Sacramento. <em>Nous les vendons sur internet mais nous les utilisons aussi à l’école. Les élèves – et les profs ! – noirs sont victimes du racisme des ‘moins noirs’, les métis. Nous présentons aux enfants une poupée blanche et une poupée noire. Quand on leur demande qui est la méchante poupée, la vilaine poupée, les petites filles noires répondent en en montrant paradoxalement… la poupée noire&nbsp;! C’est un objet politique pour, d’une part, déconstruire le machisme et le racisme, et, d’autre part, se construire une identité noire basée sur l’estime de soi.&nbsp;»</em> Belle expérience où l’émancipation sociale et économique des femmes sert la lutte contre le racisme&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et en Belgique&nbsp;?</h2>



<p>Ces expériences brésiliennes peuvent nous inspirer en Belgique&nbsp;: citoyen·nes et politiques, sommes-nous suffisamment conscient∙es que la lutte pour les droits des femmes et leur émancipation n’est pas seulement l’affaire des femmes&nbsp;? Que quand les droits des femmes avancent, c’est toute la société qui progresse&nbsp;? Que cette émancipation peut aussi passer par l’expression symbolique et culturelle et qu’elle gagne à être collective&nbsp;? Qu’elle nécessite des conditions matérielles comme des places en crèche, des lieux de rencontre informelle entre parents, enfants et professionnels (tels que Bébé-papote), des services publics accessibles et efficaces, des associations implantées dans les quartiers qui permettent à des dynamiques collectives de se mettre en place&nbsp;?</p>



<p>Les initiatives associatives sont nombreuses et leur travail est remarquable. On pense notamment à la formation et l’accompagnement des femmes victimes de violences conjugales, en écho aux propos de Marie Moreira. Autonomes financièrement, quitter le mari ou le compagnon violent devient possible.</p>



<p>Ces associations méritent des moyens suffisants et pérennes, ce qui est rarement le cas actuellement. Pour les pouvoirs publics, investir dans ces structures qui ont une grande&nbsp;expertise de terrain et sont proches des femmes et de leur famille, c’est récolter une plus grande égalité sociale, pour peu que des entraves telles que le statut cohabitant ou la faiblesse des revenus de remplacement soit levées.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Extrema se trouve sur le territoire d’Iciara, aux confins de l’État de Goiás.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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