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	<title>Droits de la femme &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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	<description>Pour que la Terre tourne plus JUSTE !</description>
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	<title>Droits de la femme &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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		<title>Un 8 mars avec Haïti</title>
		<link>https://entraide.be/un-8-mars-avec-haiti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Mar 2026 11:02:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne de Carême]]></category>
		<category><![CDATA[Echo des activités]]></category>
		<category><![CDATA[SOFA]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis des décennies, la SOFA est l'une des voix féministes les plus puissantes d'Haïti. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Depuis des décennies, la SOFA est l&rsquo;une des voix féministes les plus puissantes d&rsquo;Haïti. Solidarite Fanm Ayisyèn, c&rsquo;est un mouvement qui lutte sur tous les fronts&nbsp;: contre la féminisation de la pauvreté, contre les violences faites aux femmes, et pour que les femmes prennent toute leur place dans les lieux de décision.</p>



<p>Mais la SOFA ne se contente pas de revendiquer.</p>



<p>Leur ferme-école est devenue un véritable modèle agroécologique : compost, semences biologiques, plantules&#8230; Un espace où des femmes apprennent, produisent et transforment non seulement la terre, mais aussi les mentalités, au sein des foyers et de la société haïtienne tout entière.</p>



<p>Ces femmes se définissent elles-mêmes comme des symboles d&rsquo;espoir en lutte.</p>



<p>En ce 8 mars, nous les célébrons. Nous les soutenons. Nous marchons ensemble.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>8 mars : Bloc Paysannes et Allié∙es &#8211; atelier pancarte &#038; cortège</title>
		<link>https://entraide.be/events/event/8-mars-bloc-paysannes-et-allie%e2%88%99es-i-atelier-pancarte-cortege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 17:10:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture paysanne et familiale]]></category>
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					<description><![CDATA[À l’occasion de la Journée Mondiale des Droits des Femmes, rejoignez-nous pour mettre en lumière le rôle indispensable des agricultrices !]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>2026 a été proclamée <strong>année internationale des agricultrices</strong> par les Nations-Unies. Nous appelons à les mettre en lumière ! Le 8 mars, rejoignez Entraide &amp; Fraternité et Agroecology in Action pour préparer une pancarte, marcher, crier, chanter, et amplifier les voix et revendications des agricultrices dans le cortège pour les droits des Femmes.</p>
<p>Avant la marche, nous nous retrouvons chez Entraide et Fraternité pour un atelier pancarte</p>
<h2>Pourquoi se mobiliser ?</h2>
<p>Les agricultrices représentent près d’un tiers de la main-d’œuvre agricole. Pourtant, elles restent largement <strong>invisibilisées et précarisées.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li>Accès limité à la terre.</li>
<li>Statuts juridiques fragiles.</li>
<li>Revenus insuffisants.</li>
<li>Sous-représentation dans les instances agricoles.</li>
<li>Stéréotypes persistants.</li>
<li>Manque de reconnaissance.</li>
</ul>
<p>Dans un contexte où le renouvellement des générations agricoles est un défi majeur, laisser de côté la moitié de la population n’est plus une option.</p>
<p>La transition agroécologique ne peut pas se construire sur des inégalités structurelles. <strong>Les luttes des agricultrices rejoignent celles de toutes les femmes et personnes minorisées.</strong> Dans les fermes, les usines, les services, les foyers, ici et ailleurs, les mêmes mécanismes sont à l’œuvre : précarisation du travail, invisibilisation des tâches essentielles, violences systémiques, et choix politiques qui sacrifient le social, le soin et l’alimentation.</p>
<p><strong>Face au recul des politiques et à la montée des inégalités, du sexisme et du racisme, nous répondons par une mobilisation féministe et solidaire.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’agriculture : de la subsistance à la résistance</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2026-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 12:10:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?post_type=publication&#038;p=26571</guid>

					<description><![CDATA[« Nous resterons ici tant qu’il y aura du thym et des olives. » Cette strophe fameuse du grand poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) fait écho depuis des décennies à la lutte et à la résilience du peuple palestinien.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%">
<ul class="wp-block-list">
<li><strong>En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, les Palestinien·nes subissent de la part d’Israël un accaparement de terres à grande échelle. Le caractère illégal de l’occupation israélienne au regard du droit international n’empêche pas Israël d’accélérer la colonisation dans ces zones afin d’empêcher la création d’un État palestinien.</strong></li>



<li><strong>Ce laxisme s’accompagne d’une violence grandissante des extrémistes juifs qui ont installé des colonies sauvages et agressent voire tuent régulièrement les Palestiniens et les Palestiniennes qui vivent sur place et travaillent la terre, au nom d’un suprémacisme juif qui vise à annexer la Cisjordanie.</strong></li>



<li><strong>Chaque année, la saison de la récolte des olives, aliment de base pour la population locale et emblème de la culture palestinienne, est l’occasion d’un déchaînement de violence de la part de ces colons. En 2025, les exactions sont tellement graves que les Nations unies et l’Union européenne les ont dénoncées.</strong></li>



<li><strong>Dans ce contexte, l’agriculture n’est pas uniquement un moyen de subsistance&nbsp;: elle est une forme de résistance pacifique qui consiste à montrer l’attachement des Palestinien·nes à leur terre séculaire et à empêcher autant que possible les Israéliens de se l’accaparer.</strong></li>



<li><strong>Dans tout le territoire occupé, Entraide et Fraternité soutient RWDS, une association de femmes rurales qui contribue largement à la résilience et à l’autonomisation des populations locales.</strong></li>



<li><strong>L’interdiction de commercialisation des produits des colonies est promise par le gouvernement belge mais sa mise en pratique se fait attendre&nbsp;: elle est indispensable pour que la Belgique respecte, comme elle le dit, le droit international.</strong></li>
</ul>
</div>
</div>



<p><em>«&nbsp;Nous resterons ici tant qu’il y aura du thym et des olives.&nbsp;»</em> Cette strophe fameuse du grand poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) fait écho depuis des décennies à la lutte et à la résilience du peuple palestinien. Chassée de la plupart de ses terres par les Israéliens lors de la Nakba («&nbsp;catastrophe&nbsp;») en 1948, occupée de plus en plus violemment par Israël depuis 1967, victime depuis 1948 d’un nettoyage ethnique et de 2022 à 2025 d’un génocide reconnu par une enquête indépendante des Nations unies, <strong>la population palestinienne est rivée à cette terre, sa terre ancestrale.</strong> Il y a longtemps que l’occupation née de la guerre des Six-Jours n’est plus vue par Israël comme une situation limitée dans le temps mais est envisagée comme l’imposition à la communauté internationale d’un fait accompli et irréversible.</p>



<p>Sous l’effet de la pression démographique (née notamment de l’accueil des Juifs de l’ex-Union soviétique) et sous celle, plus puissante encore, d’un extrémisme juif religieux d’extrême droite allié à celui, chrétien, des évangélistes américains, l’extension des colonies israéliennes dans la partie est de Jérusalem (dont la vieille ville) et dans toute la Cisjordanie (il n’y en a plus dans la bande de Gaza) vise à imposer une réalité irréversible aboutissant à rendre inopérante la création d’un État de Palestine. Dans ce contexte, les colons constituent un élément central de la problématique&nbsp;: jadis, leur installation sauvage (hors des colonies construites par Israël) en territoire palestinien était considérée comme illégale par le pouvoir israélien. <strong>Désormais, l’armée et le renseignement laissent ces colons libres d’agresser les Palestinien·nes, sans la moindre retombée</strong>. C’est particulièrement vrai au cours de la période de la cueillette des olives&nbsp;: jamais la violence des colons israéliens n’a été aussi grave qu’en cet automne 2025<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Devant les condamnations internationales, même le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a fait mine d’annoncer une réponse ferme à une <em>«&nbsp;poignée d’extrémistes.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup><em>&nbsp;» </em>De quoi calmer un peu la communauté internationale, alors que le leader israélien n’a jamais rien fait face à ces colons et a, au contraire, fait preuve à leur égard d’une mansuétude sans égale dans l’histoire du pays.</p>



<p>Déjà, l’année précédente, la situation était gravissime. Sa description reste valable en 2025&nbsp;: <em>«&nbsp;Agressions physiques, vols des récoltes et de matériel, arbres coupés ou brûlés&nbsp;: les assauts sont multiples. Dans une large majorité des cas, l’armée, la police ou les agents de sécurité israéliens étaient présents, affirme Yesh Din, et ils ne sont pas intervenus. Or, les agriculteurs palestiniens dont les terres sont situées à proximité d’implantations illégales sont censés coordonner leurs déplacements avec l’armée pour se protéger des extrémistes juifs, et obtenir des permis. Cette année, rien de tel. À Burqa, aucun permis n’a été délivré. Accablés, les Palestiniensne semblent eux-mêmes pas les avoir sollicités. Beaucoup renoncent aussi à porter plainte contre les spoliations ou les violences dont ils sont l’objet. Les poursuites sont inexistantes.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Récolte des olives&nbsp;: le cri d’alarme des Nations unies</h2>



<p>L’agression menée par les colons israéliens envers des Palestinien·nes sans défense est tellement préoccupante en cette période des olives qu’elle a forcé les Nations unies à tirer la sonnette d’alarme par la voix d’Ajith Sunghay, son directeur des droits humains pour la Palestine&nbsp;:</p>



<p><em>«</em><em>&nbsp;<strong>Ici, l&rsquo;olivier n&rsquo;est jamais seulement un arbre. Il représente un moyen de subsistance et une lignée, la résilience et l&rsquo;économie, ainsi qu&rsquo;un lien historique qui relie les Palestiniens à leur terre</strong>. Et tout comme les olives symbolisent le lien des Palestiniens à leur terre, les attaques de plus en plus fréquentes pendant la saison de la récolte des olives font partie des nombreuses agressions israéliennes visant à rompre ce lien, à annexer la terre, à déposséder les Palestiniens et à faciliter l&rsquo;expansion des colonies israéliennes illégales.</em></p>



<p><em>Les trois dernières années ont été incroyablement difficiles. La violence des colons israéliens et les restrictions d&rsquo;accès ont empêché de nombreux agriculteurs de récolter sur leurs terres. La violence des colons a explosé en ampleur et en fréquence, avec l&rsquo;acquiescement, le soutien et, dans de nombreux cas, la participation des forces de sécurité israéliennes – et toujours en toute impunité.</em></p>



<p><em>Deux semaines après le début de la récolte 2025, nous avons déjà assisté à de graves attaques menées par des colons armés contre des hommes, des femmes, des enfants palestiniens et des militants étrangers solidaires. Au cours du premier semestre 2025, 757 attaques de colons ont fait des victimes ou causé des dommages matériels. Ce chiffre est supérieur de 13 % au nombre d&rsquo;attaques recensées au cours de la même période en 2024.</em></p>



<p><em>La destruction directe des terres s&rsquo;intensifie également. Les colons ont brûlé des bosquets, scié des oliviers à la tronçonneuse et détruit des maisons et des infrastructures agricoles. De nouveaux checkpoints israéliens et des barrières en fer ont séparé les agriculteurs de leurs fermes, les empêchant parfois d&rsquo;y accéder jusqu&rsquo;à ce que leurs récoltes soient perdues. Les conséquences ont été dévastatrices. <strong>En 2023, 96 000 dunums</strong></em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> <strong><em>de terres oléicoles n&rsquo;ont pas été récoltés, ce qui a entraîné plus de 10 millions de dollars de pertes pour les agriculteurs palestiniens</em></strong><em>. Cette tendance s&rsquo;est poursuivie pendant la saison 2024. En l&rsquo;absence de protection et de responsabilité, les risques se multiplient.</em></p>



<p><em>Au total, plus de 1000 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes ou les colons depuis le 7 octobre 2023 en Cisjordanie. Des milliers de Palestiniens ont été déplacés de force en raison des attaques des colons israéliens, des restrictions de mouvement et des démolitions de maisons.</em></p>



<p><strong><em>Entre 80 000 et 100 000 familles palestiniennes dépendent de la récolte des olives pour leur subsistance</em></strong><em>. Il n&rsquo;est pas exagéré de dire que la saison des récoltes est le pilier économique des communautés rurales palestiniennes.</em></p>



<p><em>Si la saison des olives a toujours été marquée par des tensions, des violences et des restrictions, l&rsquo;escalade actuelle est vraiment alarmante. Elle s&rsquo;inscrit dans un contexte d&rsquo;accélération de l&rsquo;accaparement des terres par Israël. <strong>Les responsables du gouvernement israélien déclarent ouvertement l&rsquo;intention de l&rsquo;État d&rsquo;annexer l&rsquo;ensemble de la Cisjordanie et de transférer de force les Palestiniens.</strong></em></p>



<p><em>Nous devons nous rappeler, quelle que soit la durée de l&rsquo;occupation, que celle-ci ne doit pas être normalisée. Israël a l&rsquo;obligation légale de mettre fin à l&rsquo;occupation et d&rsquo;annuler l&rsquo;annexion de la Cisjordanie. <strong>Le déni par Israël du droit des Palestiniens à la vie, à des moyens de subsistance, à la sécurité, à la dignité et à l&rsquo;autodétermination est illégal et inacceptable</strong>. (…)</em></p>



<p><em>La voie juridique à suivre est sans ambiguïté. La Cour internationale de justice a conclu que l&rsquo;occupation doit prendre fin et qu&rsquo;Israël doit se retirer de tous les territoires palestiniens occupés, tant en Cisjordanie qu&rsquo;à Gaza. Cela implique le démantèlement immédiat de toutes les colonies et l&rsquo;évacuation de tous les colons.</em></p>



<p><em>En attendant, Israël est une puissance occupante qui a de nombreuses obligations en vertu du droit international : l&rsquo;obligation de protéger les Palestiniens et de veiller à ce qu&rsquo;ils puissent exercer pleinement leurs droits politiques, économiques et civils.</em></p>



<p><strong><em>Et la communauté internationale, en particulier les États qui ont du pouvoir et de l&rsquo;influence, doit exercer une pression maximale pour protéger les civils, mettre fin et inverser les politiques d&rsquo;annexion</em></strong><em> qui se développent rapidement, et garantir la responsabilité pour des décennies de violations des droits des Palestiniens en vertu du droit international.</em></p>



<p><strong><em>Et oui, cela commence par les olives</em></strong><em>. Nous appelons les États à mener des actions de plaidoyer auprès des autorités israéliennes afin de garantir un accès total et des garanties de sécurité. Ils doivent également insister sur la responsabilité des violations commises au cours des saisons précédentes et de toute nouvelle violation au cours de la saison à venir. Il est temps d&rsquo;agir et de mener une action internationale concertée pour préserver la saison et garantir la sécurité des agriculteurs et des travailleurs de la protection.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup><em>»</em> Raisons pour lesquelles, sans doute, les Israéliens voient en lui un symbole à abattre pour décourager et chasser les Palestiniens. Et pour lesquelles <strong>les Palestiniens voient en lui un symbole de résistance silencieuse.</strong></p>



<p>Dans ce contexte, et <em>a fortiori</em> lorsque l’occupant utilise la faim comme arme de guerre, ce sont, de manière générale, la souveraineté alimentaire, l’agriculture familiale et éventuellement écologique qui sonnent comme autant de moyens de résistance. <em>« En Palestine, l’agroécologie — comme toute pratique agricole — est profondément marquée par l’occupation, l’expropriation et la violence militaire. <strong>L’occupation illégale empêche l’accès à la terre, à l’eau, aux semences, aux marchés, et même le simple fait de se rendre sur son champ</strong>. Une agroécologie authentique ne peut exister sans un droit à l’autodétermination, sans justice, sans la liberté de cultiver à l’abri de la destruction. Si on ignore ces dimensions politiques, on réduit l’agroécologie à un ensemble de techniques vidées de leur sens — et on la rend incomplète, voire complice »</em>, résume Oxfam<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<p>Et la Via Campesina de détailler : <em>« En Cisjordanie, Israël exerce un contrôle étroit sur l’agriculture, l’accès à la terre, les modes de production, les cultures et le commerce. Près de 65 % du territoire est placé sous contrôle israélien. Ainsi, au-delà de la domination militaire, les communautés palestiniennes doivent faire face à des restrictions sévères concernant les limites foncières, la liberté de circulation et, bien souvent, à un manque de ressources pour investir dans la production agricole. Ce contexte se reflète dans les chiffres : actuellement, seules 26 % des personnes palestiniennes ont l’agriculture comme principale source de revenus, et 22 % de la population vit encore dans des zones rurales.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup><em> »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Non au terrorisme juif et à son impunité&nbsp;», scandent des Juifs</h2>



<p>Le moment est important : les exactions des colons israéliens sont devenues tellement graves que <strong>des personnalités israéliennes n’hésitent plus à parler de <em>« terrorisme juif et de son impunité</em></strong><em> »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup><em>. </em>Elles pointent également le laxisme dont font preuve l’armée et le renseignement israéliens face à la pression de l’extrême droite ultra religieuse sur un gouvernement qui lui a fait passer la couleuvre de la fin de la guerre à Gaza, forcée par le président Trump. Beaucoup s’inquiètent de l’image du pays à l’extérieur en raison de cette impunité. Traditionnellement, les Israéliens recourent en permanence aux vocables « terrorisme » et « terroristes » pour parler de l’opposition palestinienne à leur occupation, même quand il s’agit de mouvements pacifiques et citoyens, de manifestations de jeunes gens ou d’activités d’ONG humanitaires. Il est toutefois piquant de constater qu’avant l’indépendance de 1948, ce sont bien des mouvements terroristes juifs qui ont attaqué régulièrement les forces mandataires britanniques ; ce sont encore des terroristes juifs qui ont massacré de nombreux Palestiniens comme en 1994 au Tombeau des Patriarches à Hébron et qui ont fait échouer le processus de paix d’Oslo en assassinant Yitzhak Rabin il y a 30 ans (4 novembre 1995).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les femmes en première ligne</h2>



<p>Tout cela figurait déjà dans le film <em>No other land</em>, de Basel Adra, Yuval Abraham et Rachel Szor. Cofinancé par Entraide et Fraternité, ce film bouleversant a été consacré par l’Oscar du meilleur documentaire et a fait l’objet de nombreuses projections dans toute la Wallonie et à Bruxelles. Tourné avant le 7 octobre 2023, il&nbsp;montrait bien ce que les habitant·es de la Cisjordanie vivaient depuis longtemps au quotidien : violence aveugle des colons équipés d’armes de guerre, destruction des plantations, des systèmes d’irrigation et des générateurs électriques, comblement des puits, chasse aux populations locales, avis d’expulsion arbitraires exécutés par l’armée … En voyant ces scènes, on comprend mieux pourquoi jamais le simple fait de planter un arbre n’a à ce point représenté un acte politique.<br><br></p>



<p>L&rsquo;agriculture comme forme de résistance : c&rsquo;est ainsi que la décrit Rulla Sarras, directrice du financement et du développement chez RWDS (Rural Women Development Society)<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>, une association soutenue par Entraide et Fraternité.</p>



<p>RWDS, l&rsquo;une des plus grandes organisations de femmes en Palestine, a été créée en 1987 pendant la première Intifada. Elle opère à travers 58 clubs de femmes répartis en Cisjordanie et à Gaza et compte environ 3000 membres issues du milieu rural. Ces femmes sont parmi les plus touchées par l&rsquo;insécurité agricole, et pas seulement pendant la saison de la récolte des olives. <strong>Bien que les femmes rurales représentent environ 60% de la main-d&rsquo;œuvre agricole en Palestine, leur travail est en grande partie informel et elles contrôlent moins de 8% des terres agricoles</strong>. Lorsque les terres sont confisquées par les autorités israéliennes, que ce soit par des actions militaires ou l&rsquo;expansion des colonies, les femmes et leurs familles se retrouvent souvent privées de l&rsquo;accès aux ressources dont elles dépendent. Il en va de même lorsque les membres masculins de la famille, maris, fils ou pères, sont emprisonnés ou tués, laissant les femmes à la tête du foyer. RWDS soutient ces femmes en leur apportant un soutien psychosocial et mental, en mettant en place des initiatives de protection communautaire et en les aidant à commercialiser leurs produits afin de générer des revenus durables pour surmonter ces pertes.</p>



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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="560" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Rulla-Sarras.jpg" alt="Portrait d'une femme" class="wp-image-26581" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Rulla-Sarras.jpg 560w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Rulla-Sarras-300x300.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Rulla-Sarras-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /><figcaption class="wp-element-caption">Rulla Sarras, Rural Women Development Society.</figcaption></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><em>« L&rsquo;une des réalités les plus préoccupantes »</em>, explique Rulla Sarras, « <em>est que les produits agricoles provenant des colonies israéliennes, produits illégalement sur des terres palestiniennes et fortement subventionnés, entrent sur les marchés palestiniens à des prix inférieurs. Cela crée une concurrence déloyale pour les agriculteurs et les agricultrices  palestinien·nes, qui sont déjà confronté·es à des difficultés économiques. De nombreuses familles locales n&rsquo;ont d&rsquo;autre choix que d&rsquo;acheter ces produits, car ils sont plus abordables. Dans certains cas, il a même été signalé que des colons utilisaient des eaux usées non traitées pour irriguer des cultures destinées à être vendues dans les zones palestiniennes.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup><em>»</em></p>
</div>
</div>



<p>Elle souligne le rôle central que joue la terre dans la lutte palestinienne : <em>« Pourquoi l&rsquo;agriculture est-elle une forme de résistance ? Parce que la terre est au cœur du conflit et qu&rsquo;il est essentiel de maintenir une présence forte et visible sur le terrain pour la protéger. En vertu des politiques israéliennes, si des terres agricoles sont laissées en jachère, elles peuvent être reclassées et déclarées ‘terres d&rsquo;État’, ce qui les rend vulnérables à la confiscation. C’est particulièrement vrai dans la zone C</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup><em>, où Israël conserve le contrôle total de l&rsquo;aménagement et de l&rsquo;utilisation des terres. En maintenant la terre cultivée et productive, les agriculteurs et agricultrices palestinien·nes affirment leur présence et leur lien avec celle-ci, et réduisent le risque de la perdre. De nombreuses familles continuent à cultiver non seulement pour subvenir à leurs besoins, mais aussi pour faire valoir leur droit légitime à la terre. Par exemple, mon père se rend chaque jour sur ses terres pour en prendre soin et maintenir notre existence. <strong>La présence continue sur les terres agricoles est une façon d&rsquo;affirmer : nous sommes ici et cette terre est la nôtre. Si la terre est laissée à l&rsquo;abandon, elle devient plus vulnérable à la confiscation</strong>. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;agriculture est bien plus qu&rsquo;un moyen de subsistance : c&rsquo;est une forme essentielle de résilience et de résistance. Et <strong>pour de nombreuses femmes rurales, qui dirigent désormais leur foyer en raison de l&#8217;emprisonnement ou de la perte de parents masculins, la terre reste leur plus grande source de dignité, de stabilité et de revenus.</strong> »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le gouvernement belge traîne des pieds pour appliquer son accord</h2>



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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Le 2 septembre 2025, en raison de la pression exercée par la société civile belge, notamment au moyen de deux manifestations réunissant à chaque fois 140 000 personnes dans les rues de Bruxelles, le gouvernement belge aboutissait à un accord <em>a minima</em> pour sanctionner le gouvernement israélien<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. <em>A minima</em> certes, mais le chemin à parcourir a été tellement long vu l’obstruction systématique du MR et de la N-VA qu’il vaut mieux voir le verre à moitié plein. Si le président du MR s’est focalisé sur les aspects les plus médiatiques des discussions (comme la reconnaissance de l’État palestinien), cela a permis d’avancer sur des demandes nettement moins symboliques de la société civile belge et de ses partenaires palestiniens.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="840" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/mobilisation-citoyenne.jpg" alt="Une grande foule remplit une large avenue urbaine lors d’une manifestation. De nombreuses personnes brandissent des pancartes et des drapeaux, dont plusieurs drapeaux aux couleurs noire, blanche, verte et rouge." class="wp-image-26584" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/mobilisation-citoyenne.jpg 840w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/mobilisation-citoyenne-300x200.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/mobilisation-citoyenne-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption class="wp-element-caption">La mobilisation citoyenne a forcé le gouvernement belge à prendre des mesures contre le gouvernement israélien.</figcaption></figure>
</div>
</div>



<p></p>



<p>Pour eux, <strong>la priorité était d’arrêter le génocide à Gaza</strong> (70 000 Palestiniens tués par Israël) et de montrer par des sanctions économiques à son encontre que l’État juif ne peut impunément contrevenir au droit international. <strong>Cela passe par la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël&nbsp;: la Belgique soutient l’idée au niveau européen mais ne fait rien au niveau national.</strong></p>



<p>En revanche, le gouvernement a bel et bien décidé d’interdire l’importation de produits (notamment en vente chez Carrefour) issus des colonies israéliennes<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup> et l’interdiction d’exportation et de transit d’armes destinées à Israël. Elle a également décidé de sanctionner encore plus les colons violents (interdiction de séjour en Belgique) et, mesure réellement exceptionnelle, de priver de toute aide consulaire les citoyens belges qui, au mépris du droit international, vivent dans les colonies.</p>



<p>À l’heure d’écrire ces lignes (février 2026), , il apparaît clairement que <strong>les ministres MR et N-VA qui détiennent les portefeuilles liés à certaines de ces matières traînent des pieds pour transformer ces intentions en réalités</strong>. Pour eux, l’accord de gouvernement n’est clairement qu’un leurre destiné à calmer l’opinion.</p>



<p>À l’occasion des 5 mois de cet accord, les coupoles d’ONG belges dont Entraide et Fraternité est membre, le CNCD-11.11.11 et 11.11.11 côté flamand, ont interrogé les différents ministres sur l’avancée réelle de ces mesures<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>. Clairement, celles qui dépendent du ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés) ou des autres membres de son parti ainsi que du CD&amp;V, ont progressé, à l’exception de la reconnaissance de la Palestine. C’est le cas notamment du retrait des services consulaires aux Belges installés en territoire occupé ou de l’interdiction du transit d’armes vers Israël.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="717" height="464" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/capture-site-Ministere-espagnol-de-la-consommation.jpg" alt="Capture d’écran du site web du Ministerio de Derechos Sociales, Consumo y Agenda 2030 d’Espagne. La page affiche un article de la section “Comunicación / Notas de prensa”, titré : “Consumo exige a siete multinacionales que retiren su oferta de alojamiento vacacional en territorios ocupados por Israel”. La date indiquée est le 30 de diciembre de 2025. Sous le titre, un encadré présente un texte expliquant que le ministère a détecté des annonces de logements touristiques situés dans des implantations en territoire palestinien occupé. Une photographie insérée dans l’article montre un bâtiment en briques rouges entouré d’arbres. La mise en page utilise un en‑tête jaune, un menu horizontal et le logo officiel du ministère dans le coin supérieur gauche. " class="wp-image-26586" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/capture-site-Ministere-espagnol-de-la-consommation.jpg 717w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/capture-site-Ministere-espagnol-de-la-consommation-300x194.jpg 300w" sizes="(max-width: 717px) 100vw, 717px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le Ministère espagnol de la consommation oblige sept multinationales à retirer leur offre de logement de vacances dans les territoires occupés par Israël. https://www.dsca.gob.es/es/comunicacion/notas-prensa/consumo-exige-siete-multinacionales-retiren-su-oferta-alojamiento</figcaption></figure>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Pour le sujet le plus sensible – aux yeux des sociétés civiles belge et palestinienne – et qui concerne le plus directement le cœur de cette analyse, <strong>les ministres Clarinval (MR, Économie) et Jambon (N-VA, Finances) font de l’obstruction,invoquant la complexité technique</strong> d&rsquo; <em>« élaborer un arrêté royal prévoyant une interdiction nationale d&rsquo;importation des biens produits, exploités ou transformés dans les territoires occupés par Israël par la puissance occupante ; et de prévoir les contrôles nécessaires pour garantir le respect de l&rsquo;interdiction d&rsquo;importation » </em>tel que décrit par l’accord de septembre. Pourtant, comme le rappellent les ONG belges, <em>« Il est frappant de constater que <strong>l&rsquo;Espagne a adopté l&rsquo;interdiction seulement 15 jours après l&rsquo;avoir annoncée et qu&rsquo;elle est entrée en vigueur dès le lendemain.</strong> Afin de garantir la mise en œuvre effective de cette interdiction nationale, le gouvernement espagnol a également publié, le 23 décembre 2025, une liste des lieux et codes postaux des colonies israéliennes auxquels s&rsquo;applique l&rsquo;interdiction. Le 29 décembre 2025, le gouvernement espagnol a également annoncé qu&rsquo;il avait ordonné à sept plateformes touristiques de supprimer les 138 annonces proposant des hébergements dans les territoires palestiniens occupés par Israël. »</em></p>
</div>
</div>



<p>Sur la question de la reconnaissance de la Palestine, la partie du gouvernement qui y est favorable fait mine de penser que celle-ci est effective à quelques détails près, tandis que la droite fait comme si elle n’était même pas à l’ordre du jour. Si, désormais, la condition de la restitution par le Hamas de tous les otages israéliens est remplie, l’Arizona s’emberlificote sur la question de la mise à l’écart du Hamas en liant cette question à ce que donnera la création de l’absurde «&nbsp;Board of Peace&nbsp;» de Donald Trump, à laquelle s’oppose pourtant notre pays puisqu’il s’agit d’une façon à peine voilée de vouloir remplacer le multilatéralisme incarné par les Nations unies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>Le maintien de l’activité agricole est un enjeu majeur dans le monde entier, en premier lieu à des fins de souveraineté alimentaire. La Palestine ne fait pas exception mais ce combat pour la terre prend un tour autre du fait qu’une puissance occupante tente de chasser les Palestinien·nes de leur terre.</p>



<p><strong>La responsabilité morale que portent les pays occidentaux comme le nôtre est écrasante&nbsp;dans la réalisation du projet colonial israélien</strong> : même si elle affirme se réfugier derrière le droit international comme boussole, <strong>la Belgique</strong>, si elle n’adopte par les comportements pro-israéliens des États-Unis ou de l’Allemagne, <strong>manque de courage en la matière</strong>. Durant deux ans, on a beaucoup entendu qu’il fallait agir pour la protection de Gaza afin qu’il n’y reste pas qu’un cimetière&nbsp;; <strong>il y a plus que jamais urgence à agir aussi pour protéger le territoire palestinien de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est</strong> afin qu’il n’en reste pas définitivement que des poches ressemblant à des ghettos d’un autre âge ou à des réserves nord-américaines.</p>



<p>En effet, dans un climat mondial subitement revenu à l’état de désintérêt total pour la question, sans doute à cause des sidérations successives provoquées par l’administration Trump (Venezuela, Iran, Groenland) comme de l’imposition du narratif pro-israélien, <strong>la situation à Gaza, à Jérusalem-Est et en Cisjordanie a atteint un point de non-retour sans l’indifférence générale</strong>.</p>



<p>Le gouvernement israélien a pris tout récemment des mesures qui équivalent à une annexion de la bande occidentale du Jourdain. De Standaard résumait récemment la situation&nbsp;: &nbsp;<em>«&nbsp;’Nous enterrons l’idée d’un État palestinien.’ S’il fallait reconnaître une qualité au ministre israélien des Finances, Bezalel&nbsp;Smotrich, ce serait celle de formuler la finalité de la politique israélienne avec une grande précision. Cela ressort également des mesures qu’il a annoncées cette semaine et qui bénéficient du soutien du cabinet de sécurité du Premier&nbsp;ministre Benjamin&nbsp;Netanyahu.</em></p>



<p><strong><em>Les colons illégaux peuvent désormais acheter plus facilement des terres en Cisjordanie</em></strong><em>. L’État&nbsp;israélien se voit accorder davantage de compétences pour démolir des bâtiments dans des zones placées sous administration palestinienne. Le journal&nbsp;</em>Haaretz<em>&nbsp;révèle par ailleurs que l’armée israélienne est impliquée dans le vol systématique de terres agricoles palestiniennes. <strong>Des militaires israéliens empêchent ainsi des agriculteurs palestiniens d’accéder à leurs parcelles, les privant de la possibilité de les labourer</strong>. Non seulement ces exploitants n’auront pas de récolte dans quelques mois, mais ces terres seront en outre considérées par Israël comme’ abandonnées’, ce qui entraîne la perte du droit de propriété pour l’agriculteur.</em></p>



<p><em>Cette logique d’accaparement militarisé conduit de plus en plus à une réalité dans laquelle la Cisjordanie devient un lieu où il est impossible pour les Palestiniens de survivre. <strong>Les terres agricoles sont confisquées, les sources d’eau ne sont plus accessibles et les colons illégaux acquièrent toujours plus de terrains</strong>. Ces derniers s’organisent en milices armées qui de surcroît bénéficient du soutien de militaires israéliens. La terreur qui en résulte anéantit toute perspective de développement pour les citoyens palestiniens et, par conséquent, les chances de viabilité d’un État palestinien. La dure réalité en Cisjordanie contraste fortement avec l’indignation pour le moins minimaliste des pays européens »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</p>



<p>Comme l’a souligné Amnesty International<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>, <strong>le « cessez-le-feu » obtenu par Trump est un écran de fumée qui cache la poursuite du génocide à Gaza</strong> ; et il faudra finir par se poser la question de savoir à quel moment on devra parler de la même façon du nettoyage ethnique entrepris par Israël en Cisjordanie. Chaque mesure prise par nos pays est cruciale pour faire vivre ce peuple qui restera sur sa terre <em>« tant qu’il y aura du thym et des olives ».</em></p>



<p>Mais il est plus que temps : comme l’a récemment rappelé la rapporteuse spéciale des Nations unies pour la Palestine, Francesca Albanese, « <em>le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l’ont armé, lui fournissant des excuses politiques, un appui politique, un soutien financier et économique, c’est un défi. Le fait que la plupart des médias dans le monde occidental amplifient le discours pro-apartheid, le narratif génocidaire, c’est un défi. Et en même temps c’est aussi une opportunité. Car si le droit international a été poignardé en plein cœur, il est également vrai que jamais auparavant la communauté internationale n’a connu les défis auxquels nous sommes tous confrontés, nous qui ne contrôlons pas d’importants capitaux financiers, ni d’algorithme, ni d’armes. Nous voyons maintenant que l’humanité a un ennemi commun, et que le respect des libertés fondamentales est la dernière voie pacifique, le dernier outil pacifique dont nous disposons pour recouvrer notre liberté. »<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup></em></p>



<p><a href="#_ednref1" id="_edn1"></a>&nbsp;</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Cisjordanie&nbsp;: la violence des colons israéliens a atteint un niveau record&nbsp;», Le Monde, 18 novembre 2025&nbsp;:&nbsp; https://www.lemonde.fr/international/video/2025/11/18/cisjordanie-la-violence-des-colons-israeliens-a-atteint-un-niveau-record_6653904_3210.html</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Agences de presse&nbsp;: https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/netanyahu-promet-d-agir-contre-les-colons-violents-en-cisjordanie-occupee-29062295.html</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Isabelle Mandraud, «&nbsp;En Cisjordanie, l’amère cueillette des olives sous la menace des colons&nbsp;», Le Monde, 29 octobre 2024&nbsp;: &nbsp;https://www.lemonde.fr/international/article/2024/10/29/en-cisjordanie-l-amere-cueillette-des-olives-sous-la-menace-des-colons_6364311_3210.html?search-type=classic&amp;ise_click_rank=3</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;1 dunum = 1000 m2, soit 1 are.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; »<br /><br />



<h2 class="wp-block-heading">Un symbole fort de l’identité palestinienne</h2>



On l’a compris, <em>« l&rsquo;olivier est profondément enraciné dans le paysage palestinien : symbole de l&rsquo;identité, de la culture et de la tradition palestiniennes. <strong>L&rsquo;olivier peut vivre jusqu&rsquo;à mille ans et symbolise ainsi le long lien entre le peuple palestinien et sa terre</strong>. L&rsquo;or vert a également une valeur économique inestimable : la majorité des Palestiniens sont des agriculteurs en fonction de la production d&rsquo;olives.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>« L’olivier palestinien comme résistance silencieuse », Broederlijk Delen, 18 mai 2018 :  https://broederlijkdelen.be/fr/nieuws/de-palestijnse-olijfboom-als-stil-verzet</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Palestine : la souveraineté alimentaire comme résistance sous occupation », Oxfam Belgique, 17 avril 2025 : https://oxfambelgique.be/palestine-la-souverainete-alimentaire-comme-resistance-sous-occupation</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« La souveraineté alimentaire comme résistance en Palestine », Via Campesina, 10 juillet 2025 : https://viacampesina.org/fr/la-souverainete-alimentaire-comme-resistance-en-palestine/</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Fanny Léonord Crouzet, « Israël face à l’essor d’un terrorisme juif très médiatisé », La Libre, 16 novembre 2025 : https://www.lalibre.be/international/moyen-orient/2025/11/16/israel-face-a-lessor-dun-terrorisme-juif-tres-mediatise-MQHSJFUFBVFDJEZHGI2YVB4WWE/</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Site du RWDS : <a href="http://rwds.ps/index.cfm?setLang=1">rwds.ps</a></div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 22 septembre 2025.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les accords d’Oslo (1993) prévoyaient une subdivision transitoire de la Cisjordanie en trois zones : la Zone A (18% du territoire), sous contrôle exclusif de l’Autorité palestinienne ; la Zone B (22%) avec un contrôle conjoint (civil palestinien ; sécuritaire israélien) ; et la Zone C (60%), sous contrôle total israélien. Le processus n’est jamais entré en vigueur mais Israël a bel et bien instauré les 3 zones et a même étendu progressivement la Zone C à plus de 70% du territoire en construisant massivement dans les colonies. Sont sous son contrôle : toute la zone frontalière et une immense bande de terre le long du Jourdain, permettant notamment d’en dévier les eaux vers Israël. Entre les villages ou villes palestiniens sont en général construites des colonies et des routes israéliennes que ne peuvent emprunter les Palestiniens : pour aller d’un village à un autre, ils peuvent devoir faire un détour de plusieurs heures. En réalité, l’objectif est de circonscrire la population palestinienne dans les zones urbaines, comme autant de ghettos plus aisés à contrôler. Parmi ses violations les plus récentes du droit international, Israël a commencé à entreprendre des déplacements forcés des populations abritées dans des camps de réfugiés en Palestine (il y en a évidemment aussi au Liban et en Jordanie) : l’objectif à peine voilé – une nouvelle fois la politique du « fait accompli » &#8211; est de « rayer de la carte » le concept même de réfugiés. En effet, au regard du droit international, les réfugiés, chassés lors de la Nakba en 1948, conservent leur droit inaliénable au retour.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Moyen-Orient la souveraineté palestinienne – accord au sein du conseil ministériel restreint », site du ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, 2 septembre 2025 :  https://prevot.belgium.be/fr/actualites/moyen-orient-la-souverainete-palestinienne-accord-au-sein-du-conseil-ministeriel</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur ce sujet du commerce avec les colonies illégales, lire le rapport 2025 cosigné par 85 ONG dont Entraide et Fraternité : « Commerce avec les colonies illégales. Comment les États et entreprises étrangères permettent à Israël de mettre en œuvre sa politique de colonisation illégale », Stop Trade With Settlements, septembre 2025. Lien raccourci : https://miniurl.be/r-6o8j</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Scorecard Palestine : « Mise en œuvre des engagements du gouvernement fédéral en faveur de la Palestine », CNCD-11.11.11, 2 février 2026 :   https://www.cncd.be/IMG/pdf/scorecard_palestine_fr_.pdf</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.standaard.be/bundle/ds/en-francais/5422?item=2&amp;platform=web#no_universal_links">standaard.be</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/le-genocide-gaza-se-poursuit">amnesty.be</a></div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</em><a href="https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/passe-d-armes-entre-francesca-albanese-porte-voix-des-palestiniens-a-l-onu-et-des-elus-francais-on-vous-raconte_260279.html">huffingtonpost.fr</a><em></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Année internationale des agricultrices &#8211; Quand les femmes nourrissent le monde</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2026-01/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 16:22:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[2026 a été déclarée par l’Organisation des Nations Unies « Année internationale des agricultrices ». L’objectif est de visibiliser le rôle essentiel des femmes dans les systèmes alimentaires.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">2026 a été déclarée par l’Organisation des Nations Unies « Année internationale des agricultrices ». L’objectif est de visibiliser le rôle essentiel des femmes dans les systèmes alimentaires.</p>



<p class="titre-trois">Entraide &amp; Fraternité a décidé de profiter de cette occasion pour mettre en lumière le travail essentiel de ses partenaires et leur réalité en tant que femmes actives dans le monde agricole. Cette première analyse ouvre une série textes consacrés aux agricultrices. Elle propose un regard large sur les liens entre femmes et alimentation, en soulignant à la fois leur rôle indispensable et les inégalités structurelles auxquelles elles font face.</p>



<p>Depuis toujours et partout sur la planète, au Nord comme au Sud, les femmes nourrissent le monde. Elles sont les principales actrices de l’alimentation, de la production agricole à la préparation des repas, en passant par la transformation des aliments, la transmission des savoirs, la préservation des semences… Pourtant, à chacune de ces étapes, les femmes sont confrontées à des discriminations liées à leur genre.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><strong>Le genre est une construction sociale</strong>, contrairement au sexe qui est une catégorie biologique. Il désigne l’ensemble des rôles, des normes, des attentes et des valeurs que les sociétés attribuent aux individus en fonction de leur sexe biologique. Certaines de ces catégories sont socialement plus valorisées que d’autres dans la société : les hommes sont la catégorie socialement la plus avantagée. Cette hiérarchie se reflète fortement dans les systèmes alimentaires.</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Elles cultivent, qui récolte ?</h2>



<p>À travers le monde, plus d’un tiers des femmes « actives » travaillent dans les systèmes agroalimentaires<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Dans certaines régions du monde, ce pourcentage peut monter jusqu’à 70%, comme en Asie du Sud-Est. Les femmes représentent 43% de la main-d’œuvre agricole mondiale<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. <strong>Dans de nombreux pays, elles sont plus nombreuses que les hommes à dépendre de l’agriculture comme moyen de subsistance</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>



<p>Et pourtant, malgré ce rôle central, les inégalités de genre sont criantes. Si elles le sont dans tous les pans de la société, un rapport d’Oxfam révèle qu’elles sont exacerbées dans le domaine de l’agriculture, comparé à d’autres secteurs professionnels<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>La place des femmes dans ces systèmes agricoles est souvent marginale. <strong>Elles sont surreprésentées dans les emplois informels, saisonniers, faiblement rémunérés et donc très précaires</strong>. Le travail agricole reste extrêmement genré&nbsp;: dans les exploitations, les femmes sont davantage en charge des petites cultures, du soin aux animaux, de l’administratif ou de la transformation des produits, tandis que les hommes sont responsables des grandes cultures, des travaux mécanisés, des réparations sur l’exploitation et des décisions stratégiques.</p>



<p>s<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> inégalités se traduisent également dans les statuts juridiques. En Belgique, <strong>le statut de « conjointe aidante »</strong>, en place depuis 2003, qui a évolué depuis lors, permet aux femmes<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup> qui travaillent dans une exploitation qui appartient légalement à leur conjoint d’accéder à certains droits. Si <strong>ce statut </strong>est considéré comme une avancée, il reste largement insuffisant car il <strong>continue à les invisibiliser et à maintenir les femmes dans une dépendance économique</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<p><strong>L’accès à la terre demeure l’un des principaux obstacles à l’autonomisation des agricultrices</strong>. Dans de nombreux contextes, <strong>les règles d’héritage</strong> &#8211; ou la manière dont elles sont appliquées &#8211; favorisent les hommes<a id="_ftnref7" href="#_ftn7"><sup>[7]</sup></a>. Les femmes rencontrent davantage d’obstacles pour obtenir des <strong>crédits agricoles</strong>. À l’échelle mondiale, seulement 15% des propriétaires terriens sont des femmes, ce qui correspond à la situation en Belgique<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>.</p>



<p><strong>De manière générale, les agricultrices disposent de moins de ressources</strong> : moins de capitaux, moins d’équipements, un accès limité à la formation, aux réseaux professionnels et aux instances de décision.</p>



<p>À leurs incalculables heures de travail agricole, les femmes doivent bien souvent ajouter une charge domestique qui repose encore en grande partie sur leurs épaules. Dans de nombreuses exploitations familiales, <strong>la frontière entre le travail agricole et le travail domestique est très floue</strong>, ce qui augmente l’invisibilisation de leur travail et de leur contribution réelle.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
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<h2 class="wp-block-heading">Travail productif et reproductif </h2>



<p>La distinction entre ces deux types de tâches est utilisée par certains courants féministes afin de mettre en lumière le travail comme facteur de création d’inégalités, mais aussi comme solution pour lutter contre celles-ci<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. Le travail productif est celui qui est valorisé économiquement, c’est-à-dire rémunéré. Le travail reproductif, lui, est souvent considéré comme « naturel »  : cuisiner, soigner, éduquer, nettoyer… <strong>Ce travail reproductif est majoritairement assuré par les femmes, et ceci sans rétribution</strong>. Trop souvent d’ailleurs, seul le premier est considéré dans notre vocabulaire comme du « travail ». Pourtant, le premier ne peut pas exister sans le second<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</p>
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</div>



<p><strong>Les agricultrices font face à de nombreux stéréotypes</strong> : les femmes seraient moins compétentes techniquement, moins aptes à diriger une exploitation ou à utiliser des machines. Ces préjugés influencent les pratiques, les politiques agricoles et l’accès aux ressources<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>.</p>



<p><strong>Enfin, le matériel agricole est pensé pour une morphologie masculine</strong>. Les adaptations nécessaires pour rendre ceux-ci accessibles et plus facilement maniables par les femmes sont souvent simples à réaliser, mais restent très peu mises en œuvre par les firmes, révélant une absence de prise en compte des agricultrices dans la conception même des outils.</p>



<p><strong>Nourriture&nbsp;: les autres d’abord</strong></p>



<p>En parallèle de leur responsabilité importante dans l’agriculture vivrière, les femmes jouent un rôle central dans l’alimentation des ménages. Plus que la simple préparation d’un repas, cette tâche demande de se procurer les aliments, de connaître les goûts et régimes des membres du foyer, de veiller à leur santé en leur proposant une alimentation équilibrée<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>.</p>



<p>Paradoxalement, alors qu’elles sont les plus actives dans la production et la préparation des repas, <strong>les femmes sont souvent les moins bien nourries, au Nord comme au Sud</strong>. Lors des chocs affectant la sécurité alimentaire &#8211; évènements climatiques, conflits armés, crises économiques, etc. &#8211; les femmes sont disproportionnément touchées.</p>



<p><strong>Dans de nombreux contextes, les femmes et les filles mangent moins de repas que les hommes, et leurs repas sont moins variés et moins protéinés.</strong> Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’une part, certaines normes culturelles donnent la priorité aux hommes quand la nourriture est limitée. Certaines viandes peuvent également être interdites aux femmes. D’autre part, les femmes ont un accès plus réduit au travail rémunéré, renforçant leur précarité et leur dépendance économique. Enfin, du fait de leur position sociale, les femmes sont plus exposées et plus affectées lors des crises et en subissent donc davantage les conséquences.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’assiette des femmes sous pression</h2>



<p>Deux chercheuses américaines soulignent également d’autres phénomènes : d’abord, les femmes ont tendance à faire passer les besoins des autres avant les leurs. Ensuite, en particulier dans les pays industrialisés, de nombreuses femmes souffrent de relations compliquées avec la nourriture et sont en constant contrôle de leur poids, de leur alimentation et de leur apparence. <strong>Les injonctions à une vie « saine », à un corps idéal, se trouvent partout autour de nous</strong> et ciblent principalement les femmes. Elles sont véhiculées par les médias, mais aussi renforcées par l’entourage. Ces injonctions permanentes mènent régulièrement à des troubles alimentaires plus ou moins importants<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>.</p>



<p><strong>L’alimentation est aussi un marqueur d’identité sociale, de culture et d’identité de genre</strong>. Ainsi, la consommation de viande rouge sera considérée plus masculine, tandis que les plats légers comme les salades seront considérés plus féminins. Il en va de même pour les boissons alcoolisées&nbsp;: là où une bière ou un whisky sera perçu comme plus masculin, un vin blanc ou un cocktail sera attribué aux femmes. Ces normes influencent les pratiques alimentaires et, dans certains cas, participent à la construction et au maintien d’inégalités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’agroécologie, une voie vers plus d’égalité ? </h2>



<p>Plus qu’un ensemble de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, <strong>l’agroécologie propose une transformation globale des systèmes alimentaires, intégrant des dimensions sociales, économiques et politiques</strong>. L’agroécologie pourrait corriger les logiques patriarcales et proposer des rôles plus égalitaires pour les hommes et les femmes dans les systèmes alimentaires. En effet, la particularité de l’agroécologie est d’être une manière de pratiquer une agriculture durable tout en ayant une attention à proposer un modèle économique et social différent. <strong>La question du genre fait donc partie intégrante de l’agriculture.</strong></p>



<p>En valorisant les savoirs locaux, la coopération, l’autonomie et la diversité, l’agroécologie remet en question les logiques productivistes et patriarcales dominantes. <strong>Elle ouvre des espaces pour repenser les rôles des femmes et des hommes dans l’agriculture</strong>, renforcer l’autonomie des agricultrices et promouvoir des relations plus égalitaires.</p>



<p>La question du genre n’est donc pas périphérique, mais bien centrale dans la transition vers des systèmes alimentaires durables et justes. <strong>Les femmes sont d’ailleurs davantage présentes dans les projets agricoles durables</strong> : en Wallonie, les femmes gèrent 12% de la surface dédiée à l’agriculture. Si on ne prend en compte que la surface agricole biologique, ce pourcentage monte à 22%<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>.</p>



<p>Mettre en lumière les agricultrices, c’est reconnaître que <strong>l’égalité de genre est une condition indispensable pour assurer le droit à l’alimentation pour toutes et tous</strong>. En Belgique comme ailleurs, il est indispensable de mettre en place des politiques agricoles explicitement genrées, capables de corriger les inégalités existantes : accès à la terre, reconnaissance du travail des agricultrices, protection sociale, participation aux instances de décision.</p>



<p>Agroecology in Action – un mouvement qui rassemble plus de 40 associations actives dans la transition agroécologique et dont Entraide &amp; Fraternité est membre – formule à ce sujet 5 propositions concrètes pour le Plan genre wallon 2025-2029<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>produire des données sur le genre en agriculture,</li>



<li>mettre en réseau les agricultrices,</li>



<li>lutter contre les stéréotypes,</li>



<li>informer les agricultrices sur les différents statuts, et </li>



<li>faciliter l’accès aux formations techniques.</li>
</ol>



<p>Les systèmes alimentaires font face à de nombreux défis structurels qui ne feront que s’intensifier dans les années à venir. Pour être en mesure de les relever collectivement, il est indispensable, dès aujourd’hui, de reconnaître pleinement le rôle des agricultrices et de leur garantir les moyens &#8211; économiques, sociaux et politiques &#8211; d’agir.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La situation de femmes dans les systèmes agroalimentaires, chap. 2 : Genre et travail dans les systèmes agroalimentaires, FAO, Rome, 2023. Lien raccourci : <a href="https://openknowledge.fao.org/server/api/core/bitstreams/f665a808-47b6-47e6-a59e-fc2d9750c947/content/status-women-agrifood-systems-2023/gender-work-agrifood-systems.html#:~:text=les%20syst%C3%A8mes%20agroalimentaires-,PRINCIPALES%20CONSTATATIONS,pour%20cent%20chez%20les%20hommes.">openknowledge.fao.org</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Genre et agriculture | Oxfam Belgique. Lien raccourci :<a href="https://oxfambelgique.be/genre-et-agriculture"> oxfambelgique.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La situation de femmes dans les systèmes agroalimentaires, Ib.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Agriculture : les inégalités de genre criantes, qui freinent l’adaptation au changement climatique &#8211; Oxfam France, communiqué de presse, 1er mars 2023. Lien raccourci : <a href="https://www.oxfamfrance.org/communiques-de-presse/agriculture-les-inegalites-de-genre-criantes-qui-freinent-ladaptation-au-changement-climatique/">oxfamfrance.org</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lire à ce sujet « Le genre du capital » &#8211; Enquêter sur les inégalités dans la famille. Céline Bessière, Sibylle Golliac, Jeanne Puchol.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le statut de conjoint·e aidant·e n’est pas réservée aux femmes, mais dans les faits, elles représentent quasiment 80% des bénéficiaires de ce statut.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-09/">Conjointes-aidantes en agriculture… Le statut de la Liberté ?</a> Analyse &#8211; Action Vivre Ensemble</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Agriculture : les inégalités de genre criantes, qui freinent l’adaptation au changement climatique &#8211; Oxfam France, communiqué de presse, 1er mars 2023. Lien raccourci : <a href="https://www.oxfamfrance.org/communiques-de-presse/agriculture-les-inegalites-de-genre-criantes-qui-freinent-ladaptation-au-changement-climatique/">oxfamfrance.org</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cukier, A. (2016). De la centralité politique du travail : les apports du féminisme matérialiste. Cahiers du Genre, S4, 151-173</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Gandon, A.-L. (2009). L’écoféminisme : une pensée féministe de la nature et de la société. Recherches féministes, 22(1), 5–25</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ces stéréotypes sont illustrés dans la BD « Il est où le patron ? », de Maud Bénézit &amp; les Paysannes en polaire.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Allen, P. &amp; Sachs, C. (2007). Women and Food Chains: The Gendered Politics of Food. International Journal of Sociology of Agriculture &amp; Food, 15(1), 1-23.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Genre et agriculture | Oxfam Belgique. Lien raccourci : <a href="https://oxfambelgique.be/genre-et-agriculture">oxfambelgique.be</a></div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Comment améliorer les conditions des agricultrices, Nos recommandations pour la stratégie Genre et droits des femmes 2025-2029, Position paper, Agroecology in Action, septembre 2025. <a href="https://www.agroecologyinaction.be/wp-content/uploads/2025/09/Position-paper-AiA-Plan-Genre-2025.pdf">agroecologyinaction.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Quand les femmes surmontent les inégalités : l’histoire de la coopérative COOPIRANCHO</title>
		<link>https://entraide.be/quand-les-femmes-surmontent-les-inegalites-lhistoire-de-la-cooperative-coopirancho/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Aug 2025 14:48:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[À Aguacatán, dans le département de Huehuetenango (Guatemala), un groupe de 22 femmes a relevé un défi audacieux : fonder [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="chapo">À Aguacatán, dans le département de Huehuetenango (Guatemala), un groupe de 22 femmes a relevé un défi audacieux : fonder la première organisation légalement constituée par des femmes dans leur communauté. Avec détermination, elles ont créé la coopérative «&nbsp;COOPIRANCHO&nbsp;», marquant une avancée historique dans un territoire où seules les organisations dirigées par des hommes existaient jusque-là.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une coopérative qui change des vies</h2>



<p>Tout a commencé par une idée simple : s’unir pour vendre des œufs et des poulets. Un pari difficile dans une région où les femmes restent largement reléguées à la sphère domestique.</p>



<p>Avec l’appui d’<a href="https://entraide.be/partenaire/asocuh/">ASOCUCH</a>, partenaire local d’Entraide et Fraternité, elles ont non seulement lancé leur coopérative, mais l’ont aussi structurée de manière professionnelle : système de microcrédit, outils de gestion, suivi de la qualité, etc.</p>



<p>Aujourd’hui, COOPIRANCHO est devenue le principal fournisseur d’œufs et de poulets de la région, tout en obtenant une reconnaissance officielle des autorités locales. Une avancée historique qui redéfinit la place des femmes dans leur communauté, et au-delà.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le numérique comme levier d’expansion</h2>



<p>L’innovation ne s’arrête pas là : la coopérative a aussi investi l’espace digital. Grâce à une page Facebook dynamique, elles ont déjà touché 189 000 personnes en quelques mois. Leur présence en ligne est devenue un levier essentiel pour promouvoir leurs produits et renforcer leurs ventes.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="379" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/08/cooperative_Guatemala-1024x379.jpg" alt="cooperative Guatemala" class="wp-image-25272" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/08/cooperative_Guatemala-1024x379.jpg 1024w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/08/cooperative_Guatemala-300x111.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/08/cooperative_Guatemala-768x284.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/08/cooperative_Guatemala-600x222.jpg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/08/cooperative_Guatemala.jpg 1482w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Un moteur pour l’économie locale</h2>



<p>Au-delà de leurs propres revenus, les femmes de COOPIRANCHO contribuent désormais au développement de leur région. Leur activité crée des emplois et inspire d’autres femmes à entreprendre. Elles ont également réussi à s’intégrer au Conseil de Développement Départemental, affirmant ainsi leur rôle d’actrices économiques et sociales à part entière.</p>



<p>Leur impact est aussi social&nbsp;: en fournissant des œufs biologiques aux écoles locales, elles contribuent directement à améliorer l’alimentation des enfants, dans un pays où le taux de malnutrition est parmi les plus élevés de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un modèle inspirant d’autonomisation</h2>



<p>L’expérience des femmes de COOPIRANCHO est une source de fierté et d’inspiration. Elles démontrent qu’en s’organisant et en valorisant leur savoir-faire, les femmes peuvent transformer leurs conditions de vie tout en entraînant leur communauté vers plus d’égalité et de prospérité.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Soutenir les communautés indigènes traditionnellement marginalisées</h2>



<p>Ce succès s’inscrit dans le cadre du programme quinquennal (2022-2026) <em>« Agroécologie : pilier d&rsquo;une transition écologique et sociale au Guatemala »</em>, mené par Entraide et Fraternité avec quatre organisations locales issues des communautés indigènes : COINDI, CEIBA, ASERJUS et ASOCUCH.</p>



<p>Ce programme a pour objectif de permettre à plus de 1000 paysans et paysannes guatémaltèques d’assurer leur sécurité et souveraineté alimentaire grâce au développement d’une agriculture familiale rentable et durable. Ces paysans et paysannes vivent dans 14 municipalités des départements de Sololá, Quetzaltenango, Retalhuleu et Huehuetenango, situées dans le sud et le nord-ouest du Guatemala.</p>



<p>Une attention particulière est portée à l’égalité des genres, à travers la promotion de l’entrepreneuriat féminin et le renforcement du plaidoyer politique.<strong><u></u></strong></p>
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		<title>RD Congo : les déchets agricoles, le nouvel or vert</title>
		<link>https://entraide.be/rd-congo-les-dechets-agricoles-le-nouvel-or-vert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jan 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[APEF]]></category>
		<category><![CDATA[jt216]]></category>
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					<description><![CDATA[Transformer les déchets issus de l’activité agricole en aliments  pour nourrir les animaux d’élevage (bétail, volailles, etc.), c’est  le nouveau [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Transformer les déchets issus de l’activité agricole en aliments  pour nourrir les animaux d’élevage (bétail, volailles, etc.), c’est  le nouveau projet pilote lancé par l’APEF (Association pour la  promotion de l’entreprenariat féminin), partenaire d’Entraide  et Fraternité au Sud-Kivu. Un projet qui a pour objectif de  développer de nouvelles opportunités économiques dans la  région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une véritable économie circulaire</h2>



<p>Entraide et Fraternité a fourni ces dernières années aux paysannes accompagnées par l’APEF des machines (décortiqueuse, presse à huile, moulin, etc.) qui leur ont permis de transformer les produits agricoles bruts (maïs, arachide, riz, soja, etc.) en produits finis (huile, pâte d’arachide, lait de soja, etc.). Ce soutien a permis aux communautés paysannes d’augmenter leurs revenus grâce à la vente de produits qui se vendent plus facilement et à un meilleur prix.</p>



<p>Cependant, les activités de transformation des produits agricoles effectuées sur ces machines produisent des quantités importantes de déchets et de résidus (son de riz, son de maïs, tourteaux de noix palmiste, etc.). La coopérative Tuungane qui cultive le riz peut, par exemple, produire jusqu’à 60 tonnes de déchets. L’APEF a dès lors décidé, en se basant sur d’autres expériences lancées en Afrique, d’accompagner les paysannes à réutiliser ces déchets agricoles comme engrais organiques mais aussi comme aliments du bétail et des volailles.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Une dépendance qui appauvrit</h2>



<p>La République démocratique du Congo dépense environ 2 milliards de dollars par an pour importer de la nourriture. Une portion importante de celle-ci n’est, en réalité, pas destinée à la consommation des Congolais et Congolaises mais sert à nourrir les animaux d’élevage (bétail, volailles, etc.). Le prix de la nourriture des animaux est très élevé sur les marchés congolais, ce qui appauvrit les communautés paysannes. Alors que 84,7% de la population du Sud-Kivu vit sous le seuil de pauvreté (la moyenne nationale étant de 71,3%), le développement d’une filière locale de production de nourriture pour les animaux pourrait réduire considérablement le taux de pauvreté dans la région.</p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Les déchets agricoles, une opportunité en or</h2>



<p>105 paysannes sont actuellement formées par l’APEF sur les techniques de transformation des déchets agricoles (issus des machines de transformation) en aliments pour le bétail et les volailles. Elles font partie de coopératives et organisations paysannes situées au sein des territoires de Kabare, Walungu, Uvira et Fizi, tous situés au sein de la province du Sud-Kivu.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Rien ne se perd, tout se transforme. C’est vraiment le coeur de notre action. »</p>
<cite>Nunu Salufa, secrétaire générale de l’APEF</cite></blockquote>



<p>L’APEF leur fournira ensuite le matériel nécessaire pour mettre en pratique les techniques apprises durant la formation ainsi que pour assurer la conservation de la nourriture à destination des animaux d’élevage. Celle-ci est essentielle afin de faciliter les ventes. Un projet pilote qui permet aux communautés paysannes de rêver à de nouvelles opportunités économiques et à la réduction de la pauvreté dans la région.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Un double enjeu environnemental</h2>



<p>Les déchets agricoles produits par les machines de transformation sont actuellement abandonnés dans la nature et même dans certains cours d’eau. La réutilisation des déchets agricoles aura, par conséquent, un impact direct et positif sur l’environnement. Mais elle aura aussi un impact indirect grâce à la réduction des importations, la nourriture pour les animaux d’élevage importée actuellement provenant de l’exploitation intensive et chimique de grandes étendues de terre.</p>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Ces formations constituent une ressource pour la vie. » </p>
<cite>Jeanne Sikisa, vice-présidente de la coopérative Chegera</cite></blockquote>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="840" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/RDC-APEF-femme-et-moulin.jpg" alt="RDC APEF femme et moulin" class="wp-image-23492" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/RDC-APEF-femme-et-moulin.jpg 840w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/RDC-APEF-femme-et-moulin-300x200.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/RDC-APEF-femme-et-moulin-768x512.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/RDC-APEF-femme-et-moulin-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Ces formations créent un moyen d’accéder de manière durable aux ressources productives et financières. » </p>
<cite>Gisel Kongolo, présidente de la coopérative Mapendo de Kamanyola</cite></blockquote>



<p></p>
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		<title>Cultiver la terre, pas le sexisme : le potentiel de l’agroécologie</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2024-08/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Nov 2024 12:17:39 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?post_type=publication&#038;p=23318</guid>

					<description><![CDATA[Les pratiques agroécologiques peuvent-elles représenter un levier de lutte contre le sexisme ? Réponse et analyse avec des maraichères en Région bruxelloise]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Pour la sociologue Constance Rimlinger, « faire le choix d’un retour à la terre est déjà en soi un acte politique » qui mêle contestation du modèle agricole dominant et opportunité de modifier les rapports de genre<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Pour autant, les projets d’agroécologie sont-ils exempts de comportements sexistes ? Pas si simple. Réponse avec quelques actrices de terrain en Région bruxelloise.   </p>



<p>Ce n’est pas un scoop, nos sociétés sont sexistes. <strong>Le sexisme, c’est le système qui institue une hiérarchie entre les genres, avec pour résultat &#8211; entre autres &#8211; des effets discriminants envers les femmes.</strong> Cela se traduit par exemple par les écarts salariaux, les violences de genre, la sous-représentation des femmes à des postes à hautes responsabilités, etc. Notre société est pensée pour les hommes, par les hommes, et cela se reflète dans tous les domaines. L’agriculture n’y fait donc pas exception.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading"><p class="MsoNormal">Sexe et genre, quelle différence ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup><span style="mso-fareast-language:
FR-BE"></span></p></h2>



<p>Si les deux termes sont parfois utilisés de manière interchangeable, ils désignent en réalité des concepts bien distincts. Pour faire simple, on résume souvent les choses de cette manière : <strong>alors que le « sexe » désigne des caractéristiques biologiques, le genre renvoie à une catégorie sociale</strong>, aux normes et attentes de la société liées à un sexe.</p>
</div>
</div>



<p><strong>Les inégalités de genre sont bien présentes dans le monde agricole</strong>, que l’on parle de la division des tâches à la ferme, de l’invisibilisation du travail des femmes, de l’héritage des exploitations agricoles qui se fait le plus souvent de père en fils&#8230; Et si la solution résidait, là aussi, dans un autre modèle agricole ?&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sans féminisme, pas d’agroécologie</h2>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><a>L’agroécologie est un terme issu de la contraction des mots «</a> agriculture » et « écologie ». Il est souvent présenté comme un ensemble de pratiques agricoles durables qui doivent permettre de nourrir une population en constante augmentation. <strong>Plus que des pratiques agricoles écologiques, l’agroécologie se caractérise aussi par l’importance qu’elle accorde aux dimensions sociale, économique et politique de l’agriculture</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup><strong>.</strong> Atteindre l’égalité des genres fait partie intégrante du projet agroécologique<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. </p>
</div>
</div>



<p>Certain·es auteurs et autrices affirment que <strong>l’égalité des genres et l’agroécologie composent ensemble un cercle vertueux, où l’agroécologie permet l’amélioration des relations, qui, à son tour, permet plus de pratiques agroécologiques</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup><strong>.</strong> La pratique de l’agroécologie &#8211; qui promeut une agriculture durable et sociale, basée sur la diversité des savoirs, la cocréation, la résilience, la synergie&#8230; &#8211; représenterait donc une occasion de modifier les rapports de genre<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. C’est ainsi que, dans de nombreuses manifestations à travers le monde, on a pu entendre scander le slogan <strong>«<em> Without feminism there is no agroecology</em></strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup><strong><em>.</em>»</strong> </p>



<p>Qu’en est-il sur le terrain ? Pour répondre à cette question, nous sommes allés à la rencontre de six maraîchères de la Région bruxelloise travaillant dans des projets agroécologiques.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un sexisme toujours présent ?&nbsp;</h2>



<p>Du fait d’être ancrées dans la capitale, dans des projets adeptes de l’agroécologie, on a affaire à des dynamiques différentes d’une ferme rurale et familiale par exemple, c’est certain. Mais le sexisme n’en est pour autant pas absent. Passons ici en revue quelques-unes des manières dont il se manifeste.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Tâches genrées ? </h3>



<p>Dans notre société, le travail est divisé en tâches, que ce soit dans la sphère privée – à la maison &#8211; ou dans la sphère publique &#8211; au travail. Cette division se fait notamment selon le genre, en créant des « tâches d’hommes » et des « tâches de femmes », qui seront ensuite hiérarchisées – plus ou moins valorisées par notre société – à l’avantage des « tâches d’hommes ».&nbsp;</p>



<p>Contrairement à ce qui est souvent observé, les maraîchères jugent ici que les tâches ne sont pas divisées différemment pour les hommes et les femmes. <strong>Le principal du travail a lieu directement sur le champ et est effectué autant par les hommes que par les femmes</strong>, bénéficiant aussi de la même visibilité. Le travail de vente par exemple se fait souvent directement sur le champ, permettant ainsi de visibiliser les maraîchères à l’œuvre. &nbsp;</p>



<p>Si, sur le champ donc, les femmes peuvent effectuer les mêmes tâches que les hommes, soulignons tout de même que les outils ne sont pas toujours adaptés à elles, à leur morphologie. Certaines maraîchères dénoncent le fait <strong>que les outils sont conçus pour des usages par des hommes et pas toujours maniables par elles</strong>, que les vêtements de travail agricole sont eux aussi régulièrement pensés pour des corps d’hommes<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>.  </p>



<h3 class="wp-block-heading">Le patron est une patronne </h3>



<p>Bien souvent, sur les champs bruxellois, les maraîchères accueillent des bénévoles qui veulent passer quelques heures par semaine au contact de la terre. Les maraîchères rencontrées expliquent que la gestion de cette main-d’œuvre peut s’avérer compliquée, du fait que certains hommes ont du mal à recevoir des instructions venant d’une femme. Elles expliquent qu’il est fréquent aussi, lors de visites du champ, pour des <em>team-buildings</em> par exemple, que des hommes commentent le travail des maraîchères et leur expliquent comment elles devraient plutôt faire. C’est ce qu’on appelle <strong>le «</strong><strong> </strong><strong><em>mansplaining</em></strong><strong> </strong><strong>»</strong><strong> </strong><strong>: un homme qui explique de mani</strong><strong>è</strong><strong>re condescendante </strong><strong>à</strong><strong> une femme des choses qu</strong><strong>’</strong><strong>elle connaît déjà, ou sur lesquelles elle a une certaine expertise.</strong>&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Pour le moment, quand on choisit les stagiaires, on dit toujours qu’ils doivent se rendre compte que c’est très féminin [comme milieu]. On les prévient parce que, parfois, il y a des hommes qui ont un problème quand ce sont des femmes qui donnent des ordres. » </p>
</blockquote>



<p>Les maraîchères rencontrées expliquent aussi qu’il arrive régulièrement que lorsqu’un bénévole ou un stagiaire est sur le champ, il sera facilement pris pour le dirigeant du projet, que ce soit par d’autres bénévoles qui iront naturellement lui poser une question ou par des visiteurs, visiteuses ou client·es. Ce phénomène est très bien mis en avant dans la bande dessinée, co-écrite par cinq agricultrices françaises, intitulée <em>Il est où le patron ?</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>, en référence à cette question qu’elles entendent si souvent. </p>



<p><em>« Il y avait un bénévole qui était un mec […] comme il était plus vieux, souvent les nouveaux qui débarquaient allaient lui poser des questions à lui comme si c’était lui le boss, et il avait tendance à prendre cette place-là. Ou quand on me posait une question à moi en tant que maraîchère, il répondait à ma place par exemple. »</em>&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Qui décide ? Entre la théorie et la pratique…<em> </em></h3>



<p>Les femmes ont-elles leur mot à dire sur les décisions à prendre ? Si, dans les différents projets visités, les mécanismes de décisions sont pensés pour être collectifs <strong>et que<u>,</u> théoriquement<u>,</u> chacun·e a les mêmes droits de s’exprimer, la socialisation différenciée des hommes et des femmes fait que ces premiers auront beaucoup plus tendance à prendre la parole.</strong> &nbsp;</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><strong>La socialisation</strong>, c’est le processus d’apprentissage des normes sociales, des valeurs, des attendus, qui permettent à un individu de s’intégrer à son environnement, à la société.  </p>
</div>
</div>



<p>Dès lors, si aucun mécanisme n’est mis en place pour s’assurer que les femmes soient à l’aise de prendre autant la parole que les hommes, le risque est grand que dans les faits, les interactions soient déséquilibrées. C’est ce que constatent effectivement les maraîchères rencontrées<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Même en réunion tu vois, en tant qu’homme t’es plus sûr de toi quand tu présentes tes trucs, t’es plus suivi, et je trouve ça dommage qu’en tant que femme on doive se ‘masculiniser’ pour prendre plus de place, mais je crois que c’est nécessaire aussi. C’est pas que les hommes qui prennent trop de place, c’est aussi nous qui avons appris à ne pas en prendre, à s’écraser<strong>.</strong> Nous on doit aussi déconstruire le fait que peut-être on va dire une connerie, qu’on va trop parler, que peut-être on prend trop de place, que peut-être on n’est pas assez expérimentée, c’est mille questions qu’eux ne se posent pas en fait. » </p>
</blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">Vie professionnelle, vie privée : choisir c’est renoncer </h3>



<p>Le travail agricole est très demandant en termes de temps et les maraîchères ne comptent pas les heures qu’elles passent sur le champ, week-ends et étés compris.&nbsp;</p>



<p><strong>Parmi les maraîchères interrogées, plusieurs jugent que leur travail tel qu’il est actuellement n’est pas compatible avec une vie de couple, et encore moins avec une vie de famille.&nbsp;</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em> </em>« Oui oui [j’arrive à combiner travail et vie privée]. Après, je suis célibataire, donc c’est sûr que si j’avais un copain en plus ça ferait beaucoup. »  </p>
</blockquote>



<p>Seule une des six maraîchères rencontrées est maman, situation qui selon ses mots n’est <em>« pas facile, mais possible »</em>. Comme la majorité des femmes, quel que soit le métier exercé, elle effectue donc une double journée : une première au champ et une seconde à la maison. Le travail domestique est très inégalement partagé et reste en majorité à charge des femmes, même lorsque celles-ci travaillent à temps plein<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter contre le sexisme</h2>



<p>Le sexisme est donc bel et bien présent dans les projets agroécologiques bruxellois. Certains des projets visités tentent de mettre des choses en place pour lutter contre celui-ci. Cela peut aller de l’organisation d’ateliers ponctuels visant à discuter du sexisme et des mécanismes qui y sont liés à la mise en place d’une brochure d’accueil à destination des bénévoles, pour les sensibiliser à la thématique et insister sur la tolérance zéro liée aux comportements discriminants, qu’ils soient sexistes, racistes, homophobes, etc.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Se réunir, se mobiliser </h3>



<p>Il n’existe pas à proprement parler, à Bruxelles, de lieux ou d’associations dédiés pour que les femmes agricultrices se retrouvent en non-mixité.&nbsp;</p>



<p>Un moment, en revanche, qui a pour but de réunir les femmes et auquel quasiment toutes les maraîchères interrogées ont déjà participé est le rassemblement du 8 mars, Journée internationale des Droits des Femmes. Un bloc représentant les intérêts des femmes dans le milieu agricole est organisé pour l’occasion par le réseau Brigades d&rsquo;actions paysannes. Ce jour-là, les femmes, même celles qui se disent non féministes et/ou non militantes, se retrouvent pour marcher ensemble. La revendication principale concerne le manque de reconnaissance des femmes dans le monde agricole, alors que celles-ci jouent un rôle indispensable dans tout le système alimentaire. Si ces moments représentent de bons souvenirs pour les maraîchères, y participer chaque année peut être compliqué à cause de leur charge de travail très importante. Deux d’entre elles pensent d’ailleurs qu’avec plus de temps et d’énergie, elles y participeraient davantage et se renseigneraient plus sur ces sujets.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un combat de tous les jours </h3>



<p>Mais le militantisme féministe, s’il est particulièrement bien illustré une fois par an lors de cette démonstration, est surtout une lutte quotidienne.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>D’une part, l’activisme a lieu avec les autres membres du champ :&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Dans la pratique du maraîchage, le féminisme il vient surtout dans les interactions, dans les rapports humains au sein du groupe, comment on fait en sorte de ne pas se faire écraser, d’arriver à se faire entendre dans ce qu’on sait et ce qu’on connaît, de sortir des schémas qu’on a nous-mêmes intégrés et de faire attention. »  </p>
</blockquote>



<p>D’autre part, le simple fait d’exercer le métier peut déjà être considéré comme militant : <em>« Juste le fait d’exister là-dedans et de dire que tu existes c’est déjà un parti pris, déjà quelque chose quoi. »</em>&nbsp;</p>



<p>Pour Constance Rimlinger<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup> qui étudie les « terres de femmes »<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup> en France, faire le choix d’un retour à la terre est en effet déjà en soi un acte politique. Les femmes qui choisissent ce mode de vie proposent, en créant ou en rejoignant un projet agricole, une alternative à un système qui ne leur convient pas. Cela s’illustre bien dans nos rencontres : plusieurs maraîchères soulignent les aberrations de l’agriculture intensive, notre déconnexion à la nature et à notre nourriture, et se donnent pour objectif de proposer des changements<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le choix de l’agroécologie, vecteur de changement&nbsp;</h2>



<p>L’agroécologie semble particulièrement attirer les femmes. C’est du moins ce que pensent les maraîchères rencontrées qui ont toutes le sentiment qu’un nombre important de femmes sont actives dans les projets agroécologiques, davantage selon elles que dans d’autres modes d’agriculture plus conventionnels. Plusieurs d’entre elles expliquent cela par l’importance accordée à la durabilité et au respect de l’environnement dans l’agroécologie. En effet, pour ces maraîchères, travailler avec des pratiques respectueuses de la terre était devenu indispensable et représente une part importante de leur motivation et de la valorisation qu’elles tirent de leur métier.&nbsp;</p>



<p>L’agroécologie représente pour elles un mode de culture qui est à la fois beaucoup plus dur pour le corps, mais aussi plus respectueux de celui-ci et de leur santé mentale. C’est une réponse à «&nbsp;l’aberration du système conventionnel», une utilisation réfléchie et minime des ressources, une reconnexion au vivant, le respect de la biodiversité et la production d’aliments sains et savoureux. L’agroécologie permet donc de repenser notre relation à la terre et à l’alimentation, mais pas uniquement. Pour une des maraîchères, c’est également un moyen de questionner les normes sociétales, en proposant une pratique « marginale et novatrice », qui permet dans la lancée de questionner et repenser les normes patriarcales.&nbsp;</p>



<p>C’est aussi un nouveau mode d’organisation du travail que ces maraîchères proposent. Et cela se ressent selon elles par l’attrait d’un grand nombre de bénévoles sur le champ : pour une majorité d’entre eux et elles, l’important, ce ne sont pas les légumes, mais bien de venir effectuer un travail qui n’est pas aliénant, qui est utile, et qui fait du bien au moral. Et pour cela, ils et elles sont prêt·es à venir travailler plusieurs heures par semaine, gratuitement.&nbsp;</p>



<p>Selon certains courants théoriques, dont celui appelé « féminisme matérialiste », le travail est un vecteur de changement, et doit permettre de se libérer de l’oppression des rapports de genre. C’est également ce que plusieurs des maraîchères rencontrées pensent : en proposant des projets qui ne répondent pas aux logiques du travail comme nous les connaissons, nous pouvons changer nos relations, notre rapport au monde<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. </p>



<p>Les maraîchères rencontrées sont des femmes émancipées, indépendantes qui, pour certaines, ont lancé leurs propres projets et, pour d’autres, sont en train d’y penser, qui poursuivent leurs idéaux… Mais cela ne fait pas nécessairement de leurs lieux de travail des lieux non sexistes. Les femmes prennent naturellement moins la parole lors de réunions, sont exposées à des situations discriminantes par leurs collègues ou bénévoles, ressentent davantage le besoin de faire leurs preuves, etc. Tout cela doit être pris en compte dans l’organisation du travail, dans les outils mis en place, pour créer des lieux inclusifs pour les individus, quel que soit leur genre.&nbsp;</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rimlinger, C. (2019). Travailler la terre et déconstruire l’hétérosexisme : expérimentations écoféministes. Travail, genre et sociétés, 42(2), 89-107.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans cette analyse,<br>nous abordons la question du genre de manière binaire, en ne discutant que des<br>hommes et des femmes. Le genre est un spectre, qui se décline en de<br>multiples identités sociales.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CIDSE. (2018). Les principes de l’agroécologie, 12p.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Prévost et al., (2014). Il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;agroécologie sans féminisme : l&rsquo;expérience brésilienne, p.280</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Anderson et al. (2019) From Transition to Domains of Transformation: Getting to Sustainable and Just Food Systems through Agroecology. Sustainability, 11(19), p.13</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tuerlinckx, E. (2022) Cultiver la terre et les discriminations genrées. La place du sexisme et de la lutte contre celui-ci dans les projets agroécologiques en Région de Bruxelles-Capitale. Faculté des Sciences, ULB, 60p.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En français : « Sans le féminisme, il n’y a pas d’agroécologie »</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tuerlinckx, E., op. cit.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bénézit &amp; Les paysannes en polaire, (2021). Il est où le patron ? Chroniques de paysannes, Marabulles, 176p.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tuerlinckx, E., op. cit.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tuerlinckx, E., op. cit.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rimlinger, C. (2019). Travailler la terre et déconstruire l’hétérosexisme : expérimentations écoféministes. Travail, genre et sociétés, 42(2), 89-107.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Aussi appelées « terres lesbiennes », ou « Women’s Land » en anglais, ces termes désignent des espaces agricoles non-mixtes</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tuerlinckx, E., op. cit.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tuerlinckx, E., op. cit.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les violences contre les femmes les privent de leur mobilité</title>
		<link>https://entraide.be/les-violences-contre-les-femmes-les-privent-de-leur-mobilite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Aug 2024 12:05:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[jt212]]></category>
		<category><![CDATA[SOFA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?p=22794</guid>

					<description><![CDATA[Entretien avec Marie Eveline Larrieux. Propos recueillis par Jean-François Lauwens]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="chapo">Marie Eveline Larrieux est une des fondatrices de SOFA (Solidarite Fanm Ayisyèn &#8211; Solidarité Femmes haïtiennes) à la fin de l’ère Duvalier (1986), association partenaire d’Entraide et Fraternité dont elle est membre de la direction nationale. Elle explique pourquoi le travail auprès des femmes est fondamental en cette période si difficile.</p>



<p><strong>Comment est née votre association féminine et féministe, SOFA ?</strong></p>



<p>En 1985, je travaillais pour la mission d’alphabétisation de l’Église catholique en Haïti. Nous étions une bande de jeunes filles sorties des études et nous étions interloquées par le fait que, lors des formations, nous ne voyions que des hommes alors qu’il y avait beaucoup plus de femmes à l’église ! C’était la fin de la dictature Duvalier, c’était très difficile. Il nous semblait que l’Église était le meilleur moyen d’intégrer les gens. On a fait une enquête auprès des communautés et les femmes nous répondaient qu’elles ne pouvaient pas venir aux formations parce qu’elles devaient s’occuper des enfants ou des grands- parents à la maison. Mais ce que l’on comprenait entre les lignes, c’est que les hommes les empêchaient de quitter la maison mais qu’elles n’osaient pas le dire. Le dimanche, les prêtres ont commencé à encourager les femmes à venir à nos formations, tant comme formatrices que comme élèves. Pour nous, il était question là d’engagement des femmes au sein de la paroisse mais aussi d’engagement social. Et quelques jours après la chute du régime, nous avons créé une organisation qui, pour nous, semblait le lieu idéal pour renforcer la réflexion et cette volonté d’affranchissement des femmes.</p>



<p><strong>La question des violences sexuelles a-t-elle toujours été présente ?</strong></p>



<p>Dès les années 30, il y a eu un mouvement de scolarisation des femmes, de droit de vote aux femmes mais tout cela a été stoppé par la dictature des Duvalier, qui en plus avait chassé l’Église. Il a fallu attendre sa chute en 1986 pour que nous puissions reprendre la lutte pour l’émancipation des femmes. La violence faite aux femmes était considérée comme normale car relevant de la sphère familiale et privée. On a lancé une campagne sur le sujet en 1987 et elle a donné beaucoup de fruits au niveau législatif, sur les violences conjugales, sur le statut des enfants, sur la maternité. Depuis quelques années, on a une explosion des fillesmères, notamment du fait qu’à cause des catastrophes naturelles, une partie de la population vit sous des tentes où les jeunes peuvent flirter plus facilement. Ces dizaines de jeunes filles mineures ne vont évidemment plus à l’école. Nous avons commencé à travailler avec elles pour les aider à dépasser la situation socio-économique dans laquelle elles se sont retrouvées, et évidemment mener un travail de prévention. Nous accompagnons ces jeunes filles et plusieurs sont retournées à l’école ou parties dans des écoles professionnelles pour apprendre un métier. Nous les accompagnons également sur le plan psychologique et médical, gynécologique.</p>



<p><strong>Il se dit que, tant dans les régions contrôlées par les gangs qu’ailleurs, les filles, les femmes n’osent même plus aller chercher de l’eau au village d’à côté, parce qu’elles vont se faire violer sur le chemin.</strong></p>



<p>Le système judicaire est à genoux, c’est pourquoi les hommes pensent avoir tous les droits. Oui, ce risque existe. Le premier résultat aujourd’hui, c’est la diminution de la mobilité des femmes. Ce sont les femmes qui vont au marché, qui transportent les produits du jardin, etc. Mais pour l’instant, les femmes haïtiennes ont une mobilité très réduite, ce sont souvent des femmes seules avec des enfants qu’elles ont très jeunes. Parce que, sur le chemin, il y a les gangs, qui utilisent les violences sexuelles comme arme de guerre contre les femmes de leur quartier, et il y a des malfrats partout. Ils sont très violents. Sans oublier les femmes qui sont victimes de violences chez elles. Les gangs qui chassent les gens, volent, pillent, brûlent les maisons, au niveau psychologique, c’est une situation épouvantable.</p>



<p><strong>Comment est née votre ferme- école (lire pages 2 et 3), que vous décrivez comme une ferme féministe et écologique ?</strong></p>



<p>En fait, on travaille sous plusieurs angles, ce sont nos actes d’intervention : la lutte contre les violences faites aux femmes, la santé des femmes, la participation des femmes aux instances décisionnelles, l’autonomisation des femmes. La ferme est spécifiquement réservée à l’autonomisation des femmes. Nous avons évidemment fait ces deux choix : celui de l’agroécologie et celui d’une ferme qui participe à l’émancipation des femmes. Cette ferme porte le nom de Délicia Jean qui était membre de notre organisation. Sa détermination est une inspiration : elle était analphabète, ne parlait pas espagnol et est pourtant allée à Cuba participer à une formation pour les femmes paysannes. Après avoir obtenu son diplôme là-bas, elle a dit : « Nous devons créer une ferme-école pour former les femmes. » Elle est décédée en 2006 et nous avons lancé la ferme en 2013. Nous avons lancé notre programme de formation avec l’État.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Un jeune guatémaltèque qui sort de la rue, c’est déjà une énorme victoire</title>
		<link>https://entraide.be/un-jeune-guatemalteque-qui-sort-de-la-rue-cest-deja-une-enorme-victoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 May 2024 10:54:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[JT211]]></category>
		<category><![CDATA[MOJOCA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?p=22254</guid>

					<description><![CDATA[Entretien Julie Sancho]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="chapo">Julie Sancho, chargée des partenariats d’Entraide et Fraternité avec l’Amérique latine, s’est rendue au Guatemala en mars dernier à la rencontre des différents partenaires locaux de l’association. Une mission qui a pu être menée à son terme, au contraire de la précédente en octobre de l’année passée, écourtée à cause des fortes mobilisations démocratiques ayant paralysé le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel est le sentiment des communautés indigènes qui se sont mobilisées pour le respect de la démocratie ?</h2>



<p>Les communautés indigènes sont très fières de l’ampleur du mouvement. Le mouvement lancé par les autorités indigènes a, en effet, réuni tout le peuple guatémaltèque. La grande participation des femmes et des jeunes, traditionnellement moins impliqués dans les revendications publiques, constitue également une forte satisfaction. Cependant, les communautés restent vigilantes car le nouveau président a une marge de manœuvre réduite. Son parti est minoritaire dans les différentes instances comme le Congrès. Le président avait, par exemple, promis une meilleure représentation des indigènes dans le gouvernement. Or, seule une femme a été nommée… Le chemin est encore long même si cela constitue une première avancée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment avance le programme quinquennal d’Entraide et Fraternité lancé en 2022 ?</h2>



<p>Très bien ! J’ai participé à un séminaire qui a rassemblé les partenaires d’Entraide et Fraternité au Guatemala mais également ceux du Nicaragua ainsi que la coordinatrice péruvienne du programme au Pérou, Lidia Rojas Matos. Ce fut un moment très riche. Nous avons abordé trois axes essentiels : l’égalité de genre, le plaidoyer auprès des autorités pour un changement des politiques publiques et la transition vers l’agroécologie. Nous avons beaucoup débattu d’un outil qui permet de mieux visualiser les avancées vers l’adoption de l’agroécologie et, donc, de construire des projets encore plus efficaces. Tous les partenaires sont très intéressés et comptent l’adapter aux réalités de leur pays. Ce serait une belle avancée pour atteindre les objectifs du programme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce que vous retenez de ces rencontres avec les communautés paysannes ?</h2>



<p>La force des différents groupes de femmes qui vivent dans des régions isolées au climat extrêmement difficile. Outre le groupe de femmes soutenues par Ceiba, la vingtaine de femmes vivant à San Juan Oxtuncalco et soutenues par notre autre partenaire local Serjus m’a beaucoup inspirée. Elles ont mis en place des groupes d’épargne solidaire. C’est vraiment sur le terrain que j’ai compris leur importance. Ces groupes leur permettent de gérer leur propre argent, de ne plus dépendre de leur mari pour la gestion des revenus et de visibiliser la richesse qu’elles produisent. C’est un véritable outil d’émancipation. Elles développent ainsi de nouvelles activités génératrices de revenus (production d’engrais biologique, de maïs transformé, etc.) qui améliorent les conditions de vie de toute la communauté. J’ai également été marquée par la prégnance de la culture maya. Chaque journée a, par exemple, débuté par une cérémonie sur l’énergie du jour selon le calendrier maya. Un moment vraiment fort.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel impact a eu la pandémie sur les jeunes vivant dans la rue ?</h2>



<p>La drogue et la violence qu’elle génère toujours s’est fortement répandue dans les rues. Les organisations criminelles ont profité de la pandémie pour s’implanter davantage dans le centre de la capitale. Les jeunes de la rue sont une cible de choix. Elles poussent les jeunes à consommer de la drogue afin d’oublier leurs conditions de vie difficiles ou bien les engagent en tant que dealer et les menacent physiquement s’ils refusent. Il est plus difficile dans ce contexte pour le Mojoca de nouer un contact en toute sécurité avec les jeunes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant ce temps passé chez Mojoca ?</h2>



<p>La volonté énorme des jeunes d’une vie meilleure. De sortir du cycle de la violence, de faire des études, de trouver un travail et un logement. L’entraide entre les jeunes est également remarquable. Mais le chemin est parsemé d’obstacles. Il faut fournir beaucoup d’efforts pour établir un contact avec un ou une jeune vivant dans la rue et, ensuite, pour l’accompagner à se réinsérer. La clé du Mojoca réside justement dans le fait que l’organisation leur permet de se projeter sur le long terme, sans juger les jeunes.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Notre action envers les jeunes</h2>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:33.33%"><div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="840" height="1120" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Guatemala_Mojoca-1.jpg" alt="Guatemala Mojoca 1" class="wp-image-22269" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Guatemala_Mojoca-1.jpg 840w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Guatemala_Mojoca-1-225x300.jpg 225w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Guatemala_Mojoca-1-768x1024.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Guatemala_Mojoca-1-600x800.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure>
</div></div>



<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-top is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:66.66%">
<p>Entraide et Fraternité soutient depuis plusieurs années le précieux travail du Mojoca (Mouvement des jeunes de la rue), qui est notamment actif dans le domaine du droit à l’alimentation.</p>



<p>Environ 5000 enfants et jeunes vivent dans la rue au sein de la capitale. Plus de 1500 ont plus de 18 ans. Leurs conditions sont très difficiles : violence, faim, maladies, drogue, etc. Le gouvernement national et les autorités locales n’interviennent pas et laissent les jeunes à leur triste sort.</p>



<p>Le Mojoca se mobilise pour faire respecter les droits les plus fondamentaux des enfants et des jeunes de la rue : santé, alimentation, éducation et préparation à la recherche d’un emploi décent permettant de vivre une vie digne. Les jeunes sont justement au cœur du fonctionnement du Mojoca : ils participent à son fonctionnement et à la prise des différentes décisions.</p>



<p>En 2024, Entraide et Fraternité soutient l’action globale du Mojoca afin de faire sortir 80 jeunes de la rue ayant entre 18 et 26 ans. Un public qui ne cesse de s’accroître. Au programme : visites de rue, aide alimentaire, assistance médicale et psychologique, formation à la santé, activités récréatives, formation au lancement de sa micro-entreprise, etc. Chaque jeune sera suivi individuellement. Un accent sera également porté sur le renforcement de leur estime de soi et sur la promotion de leurs droits.</p>
</div>
</div>



<p></p>
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</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ASOCUCH</title>
		<link>https://entraide.be/partenaire/asocuch/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Apr 2024 15:12:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos partenaires]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture paysanne et familiale]]></category>
		<category><![CDATA[Développement rural]]></category>
		<category><![CDATA[Droit à l’alimentation]]></category>
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					<description><![CDATA[Valoriser les savoirs ancestraux, c’est prôner un futur durable]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>ASOCUCH est un réseau d’organisations locales. Il promeut l’entreprenariat rural et l’adoption d’un mode de vie durable par les communautés paysannes. ASOCUCH mène un travail de plaidoyer intense auprès des autorités guatémaltèques pour la souveraineté alimentaire des paysans.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Combats en cours</strong></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Reconnaissance des systèmes de semences locaux</li>



<li>Valorisation des pratiques ancestrales et de l’agroécologie</li>



<li>Renforcer l’entreprenariat des femmes paysannes</li>
</ul>
</div>
</div>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column red-message is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Victoires à célébrer</strong></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Approbation de la loi 02-2015 visant à promouvoir la création, la récupération, la restauration, la gestion, la production et la protection des forêts au Guatemala (PROBOSQUE)</li>
</ul>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Commerce international et genre </title>
		<link>https://entraide.be/outil/commerce-international-et-genre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Feb 2024 12:55:43 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?post_type=outil&#038;p=21414</guid>

					<description><![CDATA[Un lien entre les traités de commerce international et les questions de genre ? Une telle affirmation semble tirée par les cheveux tant les deux sujets semblent éloignés.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Un lien entre les traités de commerce international et les questions de genre ? Une telle affirmation semble tirée par les cheveux tant les deux sujets semblent éloignés. Et pourtant…Un constat identique revient d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine. L’organisation actuelle du commerce international aggrave considérablement les conditions de vie des paysannes du Sud global. En cette Journée internationale du droit des femmes, il nous semble primordial de mettre en lumière cet aspect méconnu des luttes féministes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Commerce international et genre" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/37ijVU_cwFc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>
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			<media:title type="plain">Commerce international et genre</media:title>
			<media:description type="html"><![CDATA[Un lien entre les traités de commerce international et les questions de genre ? Une telle affirmation semble tirée par les cheveux tant les deux sujets sembl...]]></media:description>
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		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>ACORD Burundi</title>
		<link>https://entraide.be/partenaire/acord-burundi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jan 2024 14:26:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Agriculture paysanne et familiale]]></category>
		<category><![CDATA[Développement rural]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité homme-femme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?post_type=partenaire&#038;p=20921</guid>

					<description><![CDATA[L’égalité de genre pour sortir de la pauvreté]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">L’égalité de genre pour sortir de la pauvreté</p>



<p>ACORD est présente au Burundi depuis 1994. Son action porte essentiellement sur l&rsquo;amélioration des moyens d&rsquo;existence des personnes vulnérables et la lutte contre leur marginalisation et leur exclusion.</p>



<p>Dans le cadre du partenariat avec Entraide et Fraternité, ACORD Burundi est responsable de promouvoir l’égalité de genre au sein des familles paysannes. Un combat essentiel dans le pays le plus pauvre du monde où les inégalités entre les femmes et les hommes renforcent la pauvreté.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Apprenons et avancons" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/KUKxF6dqDK4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Combats en cours</strong></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Promouvoir la gestion équitable des revenus au sein des ménages</li>



<li>Promouvoir la participation des femmes au sein des ménages et de la communauté</li>
</ul>
</div>
</div>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong>Victoires à célébrer</strong></strong></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Plus de 100 femmes ont accès à une gestion équitable des biens des ménages et des tâches dans la production et la commercialisation agricole</li>



<li>Accroissement de l’autonomisation financière des femmes grâce au développement des groupes de solidarité, d’épargne et de crédit</li>
</ul>
</div>
</div>


<div class="titre-remplacement contenu150">
  <div class="m-0 ">
    <h2 class=" p-0 m-0 text-center h1 pt-5 mb-2"></h2>


  </div>
  <div class="row">

    
    
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			<span class="tags pays border-raduis-20 color-vert bordergreenlight pl-2 pr-2 mr-1 mb-2 d-inline-block">Burundi</span>			
				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">Burundi : une approche égalitaire pour sortir de la pauvreté</h2>
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									<span class="posted-on"><time class="entry-date published" datetime="04 Jan. 2024">04 Jan. 2024</time></span>								</div>

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	<div class="entry-summary pl-2 pr-2">
		Selon la Banque mondiale et le FMI, le Burundi est considéré comme le pays le plus pauvre du monde. Qu’est-ce qui explique cette situation dans un pays où l’agriculture emploie plus de 90% de la population active ?		

<!--
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				 #ACORD Burundi			 </span> <span class="tags categories color-vert pl-0 pr-0 mr-1 mb-0 d-inline-block">
				 #Egalité homme-femme			 </span> <span class="tags categories color-vert pl-0 pr-0 mr-1 mb-0 d-inline-block">
				 #jt206			 </span> <span class="tags categories color-vert pl-0 pr-0 mr-1 mb-0 d-inline-block">
				 #pauvreté			 </span></div>
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