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	<title>Église  &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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	<description>Pour que la Terre tourne plus JUSTE !</description>
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	<title>Église  &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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		<title>Jubilé solidaire : une année de libération pour tout le peuple</title>
		<link>https://entraide.be/events/event/jubile-solidaire-une-annee-de-liberation-pour-tout-le-peuple/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ag]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jul 2025 17:09:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
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					<description><![CDATA[Après-midi de rencontres et d'échanges autour de l'année jubilaire]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div>
<div><strong>L&rsquo;équipe d&rsquo;Entraide et Fraternité, de Caritas et du DHI du Hainaut vous invite pour une après-midi de rencontres et d&rsquo;échanges théologique autour de l&rsquo;année jubilaire.</strong></div>
<div></div>
<div>Lors de cette journée, nous aborderons la question de la thématique du jubilé sous l&rsquo;angle théologique. Lors de cette après-midi, nous accueillerons Ignace Berten.</div>
<div></div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dix ans de l’encyclique Laudato si’ : les évêques de Belgique appellent à transformer la dette en espoir</title>
		<link>https://entraide.be/publication/les-eveques-de-belgique-appellent-a-transformer-la-dette-en-espoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 10:06:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Ce weekend des 24 et 25 mai, cela fera 10 ans juste que le pape François a publié sa fameuse encyclique Laudato Si]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%">
<p>Ce weekend des 24 et 25 mai, cela fera 10 ans juste que le pape François a publié sa fameuse encyclique <em>Laudato Si</em>, un texte fondamental pour la justice sociale et climatique. Le Pape François n’aura pu assister au Jubilé 2025 qu’il avait planifié et dont un des axes centraux était la demande de <em>« transformer la dette en espoir »</em>. Son message est désormais repris par son successeur, Léon XIV : <em>« Il faut réconcilier dette publique et dette écologique. » </em>À leur tour, les évêques de Belgique appellent chacune et chacun à se joindre à ce mouvement en faveur de la fin des crises de la dette en signant la pétition internationale lancée par Caritas Internationalis et relayée en Belgique par Entraide et Fraternité</p>


<div class="gb-container gb-container-715eb65d">

<a class="gb-button gb-button-7ee009ae gb-button-text" href="https://annulerladette.be/#petition" rel="nofollow noopener" target="_blank">Signer la pétition</a>

</div></div>
</div>



<p><strong>Le 24 mai 2025, nous fêterons les dix ans de l’encyclique&nbsp;</strong><em><strong>Laudato si’</strong></em><strong>&nbsp;du pape François sur l’écologie. Il y parle de la dette écologique et de la dette extérieure des pays pauvres (</strong><em><strong>LS 52</strong></em><strong>). Il écrit : « Il faut que les pays développés contribuent à solder cette dette ».</strong></p>



<p></p>



<p>Une occasion nous est donnée par le Jubilé de l’espérance de 2025, proclamé par le pape François et déployé par notre nouveau pape Léon XIV. Tout jubilé est lié à la remise des dettes. Le pape Léon l’a rappelé ce mardi 20 mai dans un message adressé à des recteurs d’université réunis au Brésil en vue de l’engagement écologique : « Vous réfléchirez ensemble à une possible réconciliation entre dette publique et dette écologique ». Comme l’écrivait le pape François dans la bulle d’indiction du jubilé, Spes non confundit : « Si nous voulons vraiment préparer la voie à la paix dans le monde, engageons-nous à remédier aux causes profondes des injustices, apurons les dettes injustes et insolvables et rassasions les affamés » (<em>SPNC 16</em>). Ceci est dit dans la droite ligne du Jubilé 2000, proclamé par le pape Saint Jean-Paul II, où celui-ci parle de l’annulation de la dette des pays du Sud (<em>SPNC 16</em>) : « Je voudrais adresser une invitation pressante, destinée aux nations les plus riches pour qu’elles reconnaissent la gravité de nombreuses décisions prises et qu’elles se décident à remettre les dettes des pays qui ne pourront jamais les rembourser. C’est plus une question de justice que de magnanimité, aggravée aujourd’hui par une nouvelle forme d’iniquité dont nous avons pris conscience. Il y a, en effet, une vraie dette écologique, particulièrement entre le Nord et le Sud, liée à des déséquilibres commerciaux, avec des conséquences dans le domaine écologique, et liée aussi à l’utilisation disproportionnée des ressources naturelles, historiquement pratiquée par certains pays. »</p>



<p>C’est pourquoi, dans le message de paix du 1er janvier 2025, le pape François écrivait : « Profitant de cette année jubilaire, j’invite la Communauté internationale à agir pour remettre la dette extérieure, en reconnaissant l’existence d’une dette écologique entre le Nord et le Sud ». Ainsi le pape nous rappelle que l’espérance doit être accordée aux milliards de personnes appauvries qui manquent souvent du nécessaire pour vivre et que les biens de la Terre, notre Maison commune, ne sont pas destinés à quelques privilégiés, mais à toutes et à tous. »</p>



<p>Inspirés par cet appel à la justice, nous, évêques de Belgique, nous joignons à la campagne ‘Transformer la dette en espoir’ menée par&nbsp;<a href="https://www.caritas.org/turn-debt-into-hope/" data-type="link" data-id="https://www.caritas.org/turn-debt-into-hope/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Caritas Internationalis</a>&nbsp;et relayée en Belgique francophone par&nbsp;<a href="https://www.annulerladette.be/" data-type="link" data-id="https://www.annulerladette.be/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Entraide et Fraternité</a>.</p>



<p>Au-delà des mots, nous souhaitons appeler à poser des actes concrets en faveur des pays les plus pauvres, par exemple en se joignant à la pétition mondiale lancée par&nbsp;<a href="https://www.caritas.org/turn-debt-into-hope/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Caritas Internationalis</a>, et en Belgique par&nbsp;<a href="https://www.annulerladette.be/" data-type="link" data-id="https://www.annulerladette.be/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Entraide et Fraternité</a>. Une pétition qui demande aux responsables politiques du monde entier :<br>• de mettre fin à la crise de la dette dès maintenant en annulant les dettes injustes et insoutenables, sans conditions de politique économique.</p>



<p>• d&#8217;empêcher que les crises de la dette ne se reproduisent en s&rsquo;attaquant à leurs causes profondes et en réformant le système financier mondial pour donner la priorité aux personnes et à la planète.<br>• d&rsquo;établir un cadre permanent, transparent, contraignant et global en matière de dette au sein des Nations Unies.<br>Cette pétition peut être signée sur&nbsp;<a href="https://www.annulerladette.be/" rel="nofollow noopener" target="_blank">le site dédié d&rsquo;Entraide et Fraternité</a>&nbsp;ainsi que sur&nbsp;<a href="https://www.caritas.org/what-we-do/we-advocate-for-change-and-peacebuilding/caritas-global-campaign/" rel="nofollow noopener" target="_blank">le site de Caritas Internationalis</a>.</p>



<p>Dès lors, le weekend des 24 et 25 mai, nous invitons chacun à se joindre à cette initiative dans toutes les églises, ainsi que sur les plateformes numériques des différents diocèses, et à signer la pétition rédigée par Caritas Internationalis.</p>



<p>Merci à chacun de s’unir à cette initiative de solidarité internationale, au nom du Christ et de l’Évangile !</p>



<p>Les évêques de Belgique</p>



<p></p>



<p>Texte publié le 21/05/2025 sur <a href="https://www.cathobel.be/2025/05/dix-ans-de-lencyclique-laudato-si-les-eveques-de-belgique-appellent-a-transformer-la-dette-en-espoir/" rel="nofollow noopener" target="_blank">cathobel.be</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>François, pape de gauche : contresens ou évidence ?</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2025-10/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 10:45:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[écologie intégral]]></category>
		<category><![CDATA[extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[migration]]></category>
		<category><![CDATA[Pape]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
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					<description><![CDATA[Le décès du pape François le lundi de Pâques 2025, après 12 ans de pontificat, a été l’occasion d’une série d’hommages inhabituels]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Résumé</strong></h2>



<div class="wp-block-group fond-bleu"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p>Le décès du pape François le lundi de Pâques 2025, après 12 ans de pontificat, a été l’occasion d’une série d’hommages inhabituels : c’est en effet la gauche qui a salué son œuvre avec le plus de sincérité, gênant aux entournures des dirigeants de droite et d’extrême droite qui, bien que s’affirmant chrétiens, montraient mal leur désapprobation quant à la ligne suivie par Jorge Bergoglio.</p>



<p>Ces dernières décennies, peu de papes auront laissé une telle trace malgré le caractère inachevé de son pontificat. Si l’Église n’a pas évolué dans ses structures internes (et notamment vis-à-vis des femmes), François a remis au goût du jour une approche prophétique de la justice sociale. Avec l’écologie intégrale, il a surtout lié les enjeux sociaux aux défis climatiques et environnementaux.</p>



<p>À cela s’est ajoutée une dimension particulièrement embarrassante pour les leaders populistes du moment : son discours empathique en faveur des migrant.es.</p>



<p>Pour toutes ces raisons, François a pu être présenté comme un « pape de gauche ». Mais ne faudrait-il pas plutôt se demander si c’est lui qui était de gauche ou si c’est le monde – et une partie du catholicisme il est vrai – qui ont basculé à la droite de la droite ? Cette frange ne risque-t-elle pas de vouloir inverser la tendance lors du prochain pontificat ?</p>
</div></div>



<p><em>«&nbsp;L’Église saura-t-elle rester en phase avec son temps&nbsp;?&nbsp;», </em>se demandait le dessinateur humoristique suisse Chapatte au lendemain de la mort du pape François<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Dans son dessin, il croquait trois cardinaux en affaire au moment d’entrer en conclave&nbsp;:&nbsp;</p>



<p><em>«&nbsp;&#8211; À présent, il nous faudrait un pape des riches…</em></p>



<p><em>&#8211; Climatosceptique&nbsp;!</em></p>



<p><em>&nbsp;– Antidémocrate&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<p>Au-delà du trait d’humour, ceci montre deux choses&nbsp;: d’abord que le Pape récemment disparu était bel et bien porteur de l’image inverse de celle décrite ici, celle d’un «&nbsp;pape des pauvres&nbsp;», sensible aux questions d’environnement et à l’écoute des préoccupations&nbsp;des plus défavorisé.es ; ensuite <strong>qu’il existe une volonté des tenants de la pensée réactionnaire et illibérale, si populaire de nos jours, de faire main basse sur un trône de Pierre qui serait devenu le lieu d’une dérive par trop progressiste à leurs yeux</strong>. On a cru rêver mais on a bien entendu Philippe de Villiers, politique français d’extrême droite catholique et royaliste, cataloguer François de <em>«&nbsp;pape woke&nbsp;»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup><br><em>.</em></p>



<p class="fond-bleu"><strong>Léon XIV, pape américain anti-Trump ?</strong> L’avant-veille du décès de François, <em>Le Monde</em> titrait en une à l’occasion de la venue, pour Pâques, du vice-président américain J.D. Vance <em>« Le choc de deux catholicismes ». </em>Dernière personnalité politique à avoir rencontré le pape argentin, Vance, converti au catholicisme en 2019, est<em>« associé à un courant dit post-libéral du catholicisme, qui va plus loin que les courants réactionnaires ou conservateurs traditionnels, puissants au sein de l’Église américaine. Pour les post-libéraux, à défaut de dominer le pouvoir politique, l’Église doit inspirer l’État et lui servir de modèle, justifiant par là un tournant autoritaire et illibéral</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. <em>»</em>  <br><br> Pourquoi s’y attarder ici ? Parce que cette visite déborde le cadre d’une visite d’État. Quelques semaines plus tôt, le vice-président de Trump était venu à la Conférence sur la sécurité de Munich dire tout le mal qu’il pensait des démocraties européennes, de leur respect de l’État de droit et de leur façon de combattre l’extrême droite, les <em>fake news</em> et les complotismes. Ultrareligieux, il rêve d’imposer sa vision réactionnaire à Rome, par exemple à la faveur de l’élection d’un nouveau pape : <em>« Ce courant post-libéral relève encore de la niche au sein d’un catholicisme américain dominé par des tendances conservatrices plus traditionnelles. Certes, les évêques américains, même les plus conservateurs, se sont opposés à l’administration Trump sur le sujet de l’immigration, jusqu’à voir certains de leurs financements coupés. Il n’empêche, tous se retrouvent dans leur contestation des politiques d’ouverture du pape François (bénédiction des couples homosexuels, place plus importante des femmes dans l’Eglise)</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. <em>»</em>  <br>  <br><br>Preuve que cette préoccupation n’était pas anecdotique, le fondateur de la Communauté de Sant’Egidio<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>, Andrea Riccardi, est sorti de sa réserve pour dire son inquiétude face à la succession de François, notamment au vu de la nouvelle donne américaine : <strong><em>« François, du point de vue culturel, moral, religieux, était l’anti-Trump. Son catholicisme était celui des pauvres. La vision du vice-président Vance et des néo-pentecôtistes qui soutiennent le président des États-Unis est celle d’une religion capitaliste, fondée sur l’égocentrisme et le nationalisme.</em></strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup><strong><em>»</em></strong> <em> </em> <br><br>Un récent document montre particulièrement le caractère politique du pontificat de François<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>et la façon dont il provoquait l’ire des réactionnaires de tout poil : sa fameuse lettre aux évêques américains<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>dans laquelle il critiquait vertement la politique migratoire de Washington (alors que 56% des catholiques US ont voté Trump<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>). Ces positions tranchées de François avaient été à l’époque été largement partagées par le préfet du Dicastère pour les évêques, Robert Prevost, entre-temps devenu le pape Léon XIV<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. On connaît l’habileté diplomatique de l’Église. Même si les cardinaux électeurs se défendent de toute manœuvre politique, ils ont réalisé cette prouesse : <strong>le <em>« premier États-Unien à la tête du Vatican &#8211; sans aucunement le revendiquer de manière explicite &#8211; affiche un positionnement social aux antipodes de ce que représente la présidence de Donald Trump… le transforme, qu’il le veuille ou non, en une espèce d’anti-Trump</em></strong><em>.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>»</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Un repère dans le chaos du monde actuel&nbsp;»</h2>



<p>La disparition du Pape a ainsi eu cet effet contre-intuitif de voir les personnalités politiques les plus conservatrices et/ou visées directement par lui pour leur conduite des affaires (Trump, Meloni, Netanyahu…) ne lui rendre hommage que du bout des lèvres<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>quand, à l’inverse, la gauche la plus historiquement anticléricale et athée qui soit saluait son message social et politique. <em>« Il est perçu par ses détracteurs comme de gauche mais veut surtout annoncer un Évangile pacifique, solidaire et bienveillant au monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. En cela, bien que hors de l&rsquo;Église, je considère que <strong>le message du pape François est socialement et politiquement un point de repère dans le chaos du monde actuel</strong> », </em>écrit ainsi Anne Morelli, professeure honoraire au Centre d’études des religions de l’ULB <sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. La gauche française au sens le plus large lui a rendu hommage par les voix très diverses de Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier ou François Hollande. Un constat nettement moins visible en Belgique, sans doute parce que l’image du Pape chez nous a été considérablement ternie par ses propos lors de sa visite de septembre 2024, propos en déphasage complet avec l’avancée de la société belge, sur la place des femmes dans la société et dans l’Église (à l’UCLouvain) et sur l’avortement (dans l’avion du retour : les médecins pratiquant l’IVG présentés comme des <em>« tueurs à gages »</em>, après l’annonce de l’ouverture du processus en béatification du roi Baudouin). <em>« Ces propos ne passent plus dans la toute grande majorité de l&rsquo;opinion publique, y compris auprès de très nombreux catholiques »</em>, a ainsi rappelé alors le rédacteur en chef de <em>La Libre Belgique</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>.</p>



<p>On peut évidemment reprocher au pape François d’avoir pris ces positions extrêmement conservatrices alors que, globalement, il est rarement monté en pointe sur ces thématiques dites «&nbsp;morales&nbsp;». Pour poursuivre avec Anne Morelli, on peut considérer qu’il s’agit au fond de positions qui n’engagent que ceux et celles qui souhaitent s’y soumettre et ne peuvent aucunement primer sur les lois «&nbsp;humaines&nbsp;». À cet égard, sans doute peut-on aussi regretter de n’avoir pu voir, malgré la fermeté qu’il a affichée en la matière (notamment quant au primat de la Justice), François clore définitivement le dossier des scandales sexuels dans l’Église par des actions judiciaires, des indemnisations et des réformes. Sur ces sujets, comme sur les questions de genre au sens large mais aussi la gestion financière du Vatican, faire bouger la Curie romaine, souvent prise en ennemie par François, se serait révélé miraculeux. <strong>Il existe au XXI<sup>e</sup> siècle, encore plus qu’au précédent, un gouffre gigantesque entre les attentes des médias et des commentateurs qui attendent d’un nouveau pape qu’il applique un «&nbsp;programme de campagne&nbsp;» dès son entrée en fonction comme dans une démocratie classique</strong> et le temps de l’Église, régie par une horlogerie savante visant à équilibrer en permanence mouvements vers l’avant et vers l’arrière dans un climat d’éternité.</p>



<p>Ces sujets, pour fondamentaux qu’ils soient, ne sont pas ceux qui nous occupent ici lorsque l’on évoque la dimension universelle de son message. En effet, sur la pauvreté, sur la migration, sur l’environnement, le discours de François n’est pas spécifiquement un discours dédié aux seul·es chrétien·nes. Si chacun·e est totalement libre – dans nos pays évidemment – de faire ce qu’il/elle veut en matière de morale personnelle, <strong>notre rapport à la justice sociale et environnementale implique la totalité des êtres humains et des êtres vivants de la planète. C’est en ce sens que le discours de François est très rapidement apparu universel aux yeux de la gauche sociale et écologiste.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’écologie intégrale, la justice sociale et environnementale</strong></h2>



<p>Voici dix ans juste, le 24 mai 2015, <strong>l’encyclique <em>Laudato Si’</em></strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>a posé les jalons de cette nouvelle vision de l’Église : l’écologie intégrale. <strong>Instantanément, ce texte apparaîtra comme le plus important de la part du Saint-Siège depuis <em>Rerum Novarum</em></strong> (1891, Léon XIII ; base de la doctrine sociale de l’Église et référence du nouveau Souverain pontife, Léon XIV<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>) et <em>Pacem in terris</em> (1963, Jean XXIII ; annonçant Vatican II). Par la suite, l’encyclique <em>Fratelli Tutti</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> (2020) et l’exhortation apostolique <em>Laudate Deum</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>(2023) viendront renforcer la puissance de ce discours. <em>« Il est évident que ces textes peuvent être lus par chacun et chacune d’entre nous, croyant, athée ou agnostique, chrétien ou non, comme un appel à prendre soin de la planète, de ses écosystèmes et de tous ses habitants, humains et autres qu’humains</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> <em>», </em>écrivaient les ONG et associations belges d’inspiration chrétienne avant la visite du pape en 2024.</p>



<p>Une règle non écrite veut qu’un pape ne revient pas en arrière par rapport à ce qui a été dit par ses prédécesseurs et qui s’inscrit dès lors dans la doctrine de l’Église. <em>« Dans l&rsquo;Église il y a des manières plus élégantes de bloquer les avancées. On ne dit rien, on ne fait rien si on n&rsquo;est pas d&rsquo;accord avec un projet », </em>dit le vaticaniste Marco Politi <sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p>En espérant que le successeur de Jorge Bergoglio ne fasse pas exception à la règle, revenons en quelques mots sur les acquis paradigmatiques du pontificat du pape François dans les matières «&nbsp;politiques&nbsp;», ces sujets qui font largement écho aux préoccupations de la société civile bien au-delà des cercles catholiques.</p>



<p>De <em>Laudato Si’</em>, on retient quelques formules fortes : <em>« Tout est lié », « Écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres », « Sauvegarde de notre Maison commune ». </em><strong>S’ajoutant au corpus social de l’Église<em>, Laudato Si’</em> introduit et développe le concept d’écologie intégrale, lui donne autorité et en fait une valeur à promouvoir et à mettre en pratique en vue de la <em>« sauvegarde de notre maison commune »</em></strong> <sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup> . L’écologie intégrale est désormais partie de la doctrine catholique et les institutions du monde catholique sont parmi les plus zélées à prendre des mesures en faveur de la décarbonation par exemple <sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>. Dans un deuxième temps, inquiet notamment de la montée des discours climatosceptiques, François publiera un nouveau texte, <em>Laudate Deum</em>, sur l’urgence climatique <em>(« Je me rends compte au fil du temps que nos réactions sont insuffisantes alors que le monde qui nous accueille s’effrite et s’approche peut-être d’un point de rupture »), </em>rappelant notamment que les plus pauvres sont les premières victimes des dérèglements climatiques<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup><br>.</p>



<p>Si l’écologie vue par François est <em>« intégrale »</em>, c’est parce qu’elle <em>« intègre la vie spirituelle, les enjeux de respect de la dignité de toute vie et de toute personne et l’exigence de fraternité et de justice sociale </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup><em>.</em>»  <strong>Le grand message de François est clair : la justice sociale et la justice climatique sont une seule et même exigence.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La critique du capitalisme</strong></h2>



<p>Pour cette raison, et parce qu’il s’est d’emblée placé sous les auspices de François d’Assise, l’ami des pauvres et de la Création<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup>, <strong>Bergoglio s’est forgé une image de « pape anticapitaliste ».</strong> Prophétique au sens littéral du terme, il a dénoncé « <em>la nouvelle idolâtrie de l&rsquo;argent »,</em> un <em>« marché divinisé »</em>, une <em>« économie de l&rsquo;exclusion »</em> et <em>« qui tue »</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup> . Il pense même, à la grande fureur des tenants de l’ultralibéralisme <sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup> , le capitalisme responsable de la faim dans le monde. Riccardi confie avoir entendu le Pape lui dire en tête-à-tête que <em>« le capitalisme devait s’effondrer comme le Mur de Berlin avant lui. »</em>Il s’en prend également au technicisme : <em>« Supposer que tout problème futur pourra être résolu par de nouvelles interventions techniques est un pragmatisme homicide, comme un effet boule de neige ».</em></p>



<p>Enfin, à l’occasion du Jubilé 2025, qu’il n’aura pu mener à son terme, François, invoquant la <em>« dette écologique »</em> des pays riches par rapport aux pays pauvres, avait mis un point d’honneur à mettre l’annulation de la dette des pays du Sud au centre de ses préoccupations<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup>. Autant de sujets qui faisaient de lui un porte-parole pour de nombreux pans d’une gauche traditionnellement peu sensible aux discours religieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La défense des populations indigènes</h2>



<p>Premier pape issu de l’Amérique du sud, François a organisé en octobre 2021 un synode sur l’Amazonie. Publiée à cette occasion, <span><b>l’exhortation apostolique </b><em><b>Querida Amazonia</b></em></span><strong>  </strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup><strong> </strong><span><b>est porteuse de messages très forts. Sur le plan écologique</b></span>, on s’en doute vu l’importance de l’écosystème amazonien pour la planète, <strong>mais également sur le plan social puisqu’il défend le droit des populations autochtones</strong> à cultiver leur mode de vie sans être forcées au déracinement. Soit exactement l’inverse de la vision de populistes comme le Brésilien Bolsonaro ou l’Argentin Milei.</p>



<p>Au-delà de cette évidence, le texte a provoqué l’ire des cardinaux les plus conservateurs parce qu’en se faisant fort de tracer une « voie amazonienne » pour l’Église <sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>, <strong>François a reconnu à demi-mots que l’Église locale fonctionnait grâce aux femmes </strong>(y compris, peut-on comprendre en filigrane, dans des rôles « cléricaux »), mais sans oser aller jusqu’au bout de la logique qui aurait consisté à reconnaître un rôle officiel (diacres….) pour les femmes et encore moins, alors que le demandaient les évêques des pays de l’Amazonie, qui ouvrirait la prêtrise aux hommes mariés <sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les migrants</h2>



<p><em>« Dans ce monde de la mondialisation, <strong>nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence.</strong> » </em>Cette fameuse formule de François n’est pas uniquement une critique du capitalisme. Elle s’adresse là à la façon dont les autorités (européennes et américaines au premier chef) réagissent aux mouvements migratoires de plus en plus importants vu les nombreuses crises – politiques comme climatiques. On sait que son premier voyage aura été pour les migrants de Lampedusa (2013) &#8211; <strong><em>« Ne permettons pas que la “mare nostrum” ne se transforme en une désolante “mare mortum” »</em></strong><em> &#8211; avant de « récidiver » à Lesbos (2016 et 2021) et Ciudad Juarez (2016)</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">32</sup><em>, comme il a demandé que des sans-abri assistent à sa mise en terre à la Basilique Santa Maria Maggiore, comme il a accueilli des migrants sous les ors du Vatican et travaillé à des couloirs humanitaires avec la Communauté de Sant’Egidio, <strong>François a fait œuvre de boussole morale pour ceux et celles qui refusent le repli sur soi et prônent l’accueil inconditionnel</strong>. </em></p>



<h2 class="wp-block-heading">La reconnaissance de la Palestine</h2>



<p><em>« Nous avons perdu un ami fidèle du peuple palestinien et de ses droits légitimes</em>.<sup class="modern-footnotes-footnote ">33</sup><em> » </em>Ces mots sont ceux de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne. Alors que de nombreux dirigeants populistes brandissent un catholicisme identitaire (Vance, Orban, Le Pen/Bardella, le Vlaams Belang) pour justifier la politique israélienne au nom de leur islamophobie, alors que d’autres (Trump) flattent l’État hébreu au nom des délires évangéliques <sup class="modern-footnotes-footnote ">34</sup>, <strong>le pape François, lui, ne s’est jamais fourvoyé une seule seconde dans ce dossier. Dans son dernier livre</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">35</sup><strong>, il n’a pas hésité à reprendre l’idée que <em>« d’après certains experts, ce qui se passe à Gaza a les caractéristiques d’un génocide</em></strong> <sup class="modern-footnotes-footnote ">36</sup>. »</p>



<p>Dès 2014, il s’est rendu dans le Territoire palestinien occupé (à Jérusalem-Est et en Cisjordanie). Et, en 2015, avec dix ans d’avance sur l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie, et alors que la France et la Belgique s’interrogent encore sur cette démarche, le Vatican reconnaissait officiellement l’État palestinien<sup class="modern-footnotes-footnote ">37</sup>. Le jour de Pâques encore, la veille de sa mort, François, dans sa bénédiction <em>urbi et orbi</em>, dénonçait la <em>« situation humanitaire dramatique et ignoble » </em>à Gaza.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion&nbsp;: le dernier rempart face au fascisme&nbsp;?</h2>



<p>Du jour de son élection en 2013<sup class="modern-footnotes-footnote ">38</sup> à celui de sa mort<sup class="modern-footnotes-footnote ">39</sup>, le lundi de Pâques 2025, la question n’a cessé d’être posée par la presse : le pape était-il de gauche ?  Cela n’a évidemment pas de sens intrinsèque à partir du moment où la papauté existait 2000 ans avant le clivage gauche-droite.</p>



<p>Plus sérieusement, on dira que François/Bergoglio n’a rien fait qui le place à gauche d’un supposé échiquier politique. Ou plutôt <strong>qu’il n’a rien fait d’autre que donner une lecture de l’Évangile renouant avec ses origines plutôt que rongée par le repli sur soi</strong>. C’est pourquoi, oui, il a considéré que justice sociale et justice climatique et environnementale étaient intimement liées&nbsp;; c’est pourquoi, oui, il a défendu les pauvres, les vulnérables de tous horizons, les migrants, les indigènes et autres peuples victimes des prédateurs&nbsp;; c’est pourquoi, oui, il a vu que l’ultralibéralisme détruisant les hommes comme la nature. Pour toutes ces raisons, il est salué, un peu tard certes, par la frange progressiste de la société.</p>



<p>Toutefois, pour Andrea Riccardi<em>, «&nbsp;il ne faudrait pas se méprendre sur un souverain pontife qui fut loin d’être&nbsp;un progressiste&nbsp;au sens où on l’entend dans le monde séculier, rappelant une sortie homophobe récente malgré d’autres ouvertures aux personnes LGBT+ ainsi que ses propos sur l’avortement</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">40</sup><em>. » </em><strong>Il existe au sein de l’Église une gamme subtile de nuances «&nbsp;progressistes&nbsp;».</strong></p>



<p>Lors de la visite du pape en Belgique en 2024, les associations précitées<sup class="modern-footnotes-footnote ">41</sup> avaient rappelé combien l’engagement social et environnemental portait leurs thématiques. Cela n’a évidemment pas toujours loin, s’en faut, été le cas de la part du Saint-Siège. Elles ont plutôt eu le sentiment d’évoluer aux marges de l’Église. Certaines, comme Entraide et Fraternité, ont été inspirées par la théologie de libération née en Amérique latine et des personnalités comme Gustavo Gutierrez, décédé en 2024<sup class="modern-footnotes-footnote ">42</sup>, ou Dom Helder Camara. Le premier disait : <em>« On ne peut pas être chrétien aujourd’hui sans un engagement de libération. » </em>Le second a prononcé cette fameuse phrase : <em>« Quand je donne à manger aux pauvres, on dit que je suis un saint. Quand je demande pourquoi ils sont pauvres, on me traite de communiste. »</em></p>



<p>François étant sud-américain, il était facile d’y voir une explication de son engagement. Encore une fois, rien n’étant simple, <strong>Bergoglio n’a jamais été un tenant de la théologie de la libération</strong>, bien au contraire même. Sans être considéré comme un soutien à la dictature durant ses années argentines, il n’a pas brillé par une critique du régime. <em>« Bergoglio est jésuite, mais d’une école conservatrice et traditionnelle dont la vision sociale est très assistantialiste »</em>, résumait le théologien argentin Panetto lors de son élection<sup class="modern-footnotes-footnote ">43</sup>.</p>



<p>Bergoglio a-t-il changé en devenant François&nbsp;? Rien n’est moins sûr au regard de tout ceci. Certes, François a choisi son nom et ses thèmes de prédilection en fonction de son parcours. Il s’est différencié de ses prédécesseurs, peu intéressé qu’il était par la théologie en chambre de l’Allemand Benoît XVI ou le conservatisme moral (contraception, avortement…) du Polonais Jean Paul II.</p>



<p>Mais peut-on oser une autre analyse&nbsp;? <strong>Si le Pape a semblé marqué à gauche alors que rien ne l’y prédisposait, c’est aussi parce que… le monde a fortement glissé vers la droite durant son pontificat.</strong> Le monde de François n’a plus rien à voir avec celui dans lequel vivait Jean Paul II, considéré comme un des principaux responsables de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la Guerre froide. Un monde polarisé certes, mais autrement qu’aujourd’hui. L’Église a-t-elle changé en accordant la priorité aux pauvres et aux vulnérables, en proclamant que la terre souffrait autant que ceux et celles qui y vivent&nbsp;? Ou n’est-ce pas plutôt le monde dans lequel nous vivons qui assiste à la victoire des rhétoriques et des idées réactionnaires, conservatrices et ultralibérales, lesquelles misent sur l’exclusion, la stigmatisation et ne voient la planète que comme une manne infinie de ressources, sourds aux mises en demeure climatiques&nbsp;?</p>



<p>On pourrait alors se demander, comme le philosophe athée espagnol Santiago Alba Rico, si le pape François n’était pas le dernier dirigeant antifasciste avant la catastrophe <sup class="modern-footnotes-footnote ">44</sup>: <em>« La vérité est que l&rsquo;opinion publique a accordé très peu d&rsquo;attention aux douze années de pontificat de François par rapport à celles accordées à Benoît XVI et, surtout, à Jean Paul II. La droite parce qu&rsquo;elle l&rsquo;a considéré comme un pape hérétique et ennemi, l&rsquo;Antéchrist qu&rsquo;il fallait combattre et renverser, et contre lequel elle a conspiré dans le secret des catacombes réactionnaires ; une partie de la gauche parce que, aveuglée par son anticléricalisme infantile, elle refusait même d&rsquo;envisager une alliance tactique avec le Vatican, cette caverne de violeurs d&rsquo;enfants. À droite, renforcée et en pleine croissance, le pape semble trop féministe, trop écologiste, trop anticapitaliste, trop </em>woke<em> ; la gauche, au contraire, le considère comme le prolongement strict d&rsquo;une très longue tradition de conservatisme, d&rsquo;hétéro-patriarcat et de fanatisme anti-avortement. (…) <strong>Au cours de ces douze dernières années, alors que le fascisme se répandait comme une traînée de poudre, le pape François a pourtant été presque le seul </strong></em><strong>katechon</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">45</sup><em style="font-weight: bold"> à le freiner. »</em></p>



<p>L’exercice visant à analyser par avance les tendances d’un pontificat est, l’Histoire ne cesse de nous l’enseigner, un exercice extrêmement périlleux. Toutefois, on peut penser que si le profil de Léon XIV est celui de la synthèse, sa façon de se placer dans les pas de François et de <em>Laudato Si’</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">46</sup> autant que dans ceux de Léon XIII et de <em>Rerum Novarum</em> en fait bien l’apôtre de la justice sociale et climatique, comme son prédécesseur. C’est à cette aune que certains ont voulu entendre son premier discours<sup class="modern-footnotes-footnote ">47</sup>: <em>« Le Mal ne triomphera pas. »</em></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/23/vu-par-chappatte_6599304_3232.html. Lien raccourci&nbsp;: <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/23/vu-par-chappatte_6599304_3232.html">lemonde.fr</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Jean de Saint-Cheron, «&nbsp;Le pape François était-il woke&nbsp;?&nbsp;», La Croix, 25 avril 2025&nbsp;: <a href="https://www.la-croix.com/a-vif/le-pape-francois-etait-il-woke-20250425">la-croix.com</a> </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sarah Belouezzane et Benoît Vitkine, « J.D. Vance, le converti devenu idéologue du catholicisme postlibéral », Le Monde, 19 avril 2025 : <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/19/j-d-vance-le-converti-devenu-ideologue-du-catholicisme-postliberal_6597589_3210.html">lemonde.fr</a> </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sarah Belouezzane et Benoît Vitkine, « J.D. Vance au Vatican : le choc de deux catholicismes sur fond de succession du pape Frabçois », Le Monde, 19 avril 2025 : <a href="https://tinyurl.com/3hz2ca8xhttps://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/19/j-d-vance-catholique-postliberal-en-delicatesse-avec-le-pape-francois-en-visite-au-vatican_6597606_3210.html">lemonde.fr</a> </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Communauté de Sant’Egidio », Wikipédia : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_de_Sant%27Egidio">wikipedia.org</a> </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sarah Belouezzane et Allan Kaval, « Succession du Pape : le mouvement Sant’Egidio, proche de François, craint un retour en arrière », Le Monde, 3 mai 2025 :   <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/05/03/le-pape-francois-etait-l-anti-trump_6602469_3210.html">lemonde.fr</a> </div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Isabelle Franck, « Laudato Si et Fratelli Tutti : François, un pape politique ? », analyse Entraide et Fraternité, septembre 2021 : <a href="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2023/01/analyse-francois_pape_politique-2021-08.pdf">analyse Francois pape politique</a> </div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Olivier Bonnnel, « Migrations : la lettre du pape François aux évêques américains », Vatican News, 11 février 2025 :   <a href="https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-02/etats-unis-migrations-lettre-pape-eveques-dignite.html">vaticannews.va</a> </div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Jérôme Cordelier, « Léon XIV, pape anti-Trump ? Pas si vite », Le Point, 9 mai 2025 : <a href="https://www.lepoint.fr/monde/leon-xiv-pape-anti-trump-pas-si-vite-09-05-2025-2589159_24.php#11">lepoint.fr</a> </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Quand Léon XIV partageait des articles critiquant Vance et Trump », AFP, 8 mai 2025 : <a href="https://www.lalibre.be/international/europe/2025/05/08/quand-leon-xiv-partageait-des-articles-critiquant-vance-et-trump-4CFIBVD3ZRGJNP4FX4H56QZQHY/">lalibre.be</a> </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;François Brousseau, « Anti-Trump et anti-Poutine ? », Le Devoir, 12 mai 2025 : <a href="https://tinyurl.com/ms9yuurf">ledevoir.com</a> </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lina Sankari, « Mort du pape François : les condoléances hypocrites de l’internationale réactionnaire qui le traitait de ‘gauchiste’ et d’’imbécile’ », L’Humanité, 21 avril 2025 : <a href="https://www.humanite.fr/monde/pape-francois/mort-du-pape-francois-les-condoleances-hypocrites-de-linternationale-reactionnaire-qui-le-traitait-de-gauchiste-et-d-imbecile">humanite.fr</a> </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Anne Morelli, « Incroyante, je considère le pape François comme un repère social et politique », La Libre, 23 avril 2025 : <a href="https://tinyurl.com/muhtaakm">lalibre.be</a> </div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dorian de Meeûs, « Des mots forts et des mots qui choquent », La Libre, 29 septembre 2024 : <a href="https://tinyurl.com/yc53c7m5">lalibre.be</a> </div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lettre encyclique Laudato Si’ du Saint-Père François sur la sauvegarde de la maison commune, 24 mai 2015 : <a href="https://tinyurl.com/3rssh9ku">vatican.va</a> </div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Myriam Sandouno, « Pape Léon XIV :  l’Église offre à tous l’héritage de la doctrine sociale », Vatican News, 10 mai 2025 :  <a href="https://tinyurl.com/ysmfsh7j">vaticannews.va</a> </div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lettre encyclique Fratelli Tutti du Saint-Père François sur la fraternité et l’amitié sociale, 3 octobre 2020 : <a href="https://tinyurl.com/mr3a6jez">vatican.va</a> </div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Exhortation apostolique Laudate Deum du Saint-Père François à toutes les personnes de bonne volonté sur la crise climatique, 4 octobre 2023 : <a href="https://tinyurl.com/nhfa43fw">vatican.va</a> </div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« L’urgence climatique doit rester à l’agenda », carte blanche de Action Vivre Ensemble, Alliance européenne Laudato Si’, Bâtir le Bien commun, BePax, Broederlijk Delen, Caritas Belgique, Cefoc, Centre Avec, Commission Justice et Paix, Conseil de la Jeunesse catholique, Entraide et Fraternité, Jesuit Refugee Service Belgium, Magma, Mouvement Laudato Si’, Welzijnszorg, 26 septembre 2024 : <a href="https://entraide.be/publication/lurgence-ecologique-et-sociale-doit-rester-a-lagenda/">entraide.be</a> </div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Valérie Dupont, « Ce sera sans doute le conclave le plus dramatique des cinquante dernières années », La Libre, 3 mai 2025 : <a href="https://tinyurl.com/pcz2mm">lalibre.be</a> </div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Claire Brandeleer : « Laudato Si’ : quand l’Église catholique invite à l’écologie intégrale », Centre Avec, septembre 2015 : <a href="https://tinyurl.com/47erk65r">centreavec.be</a> </div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Fabienne Loiseau, « Le pape François était un allié de taille dans la défense de l’environnement », Reporterre, 22 avril 2025 : https://tinyurl.com/mr2d4xtm </div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Claire Brandeleer et Christophe Renders, « Laudate Deum : un appel du pape François à la mobilisation face à la crise climatique », Centre Avec, 5 décembre 2023 : <a href="https://tinyurl.com/2uw87xy2">centreavec.be</a> </div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Écologie intégrale », Église catholique de France : <a href="https://tinyurl.com/bdhwv6tn">eglise.catholique.fr</a> </div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Gaële de la Brosse, « Qui est François d’Assise, le ‘patron des écologistes’ ? », Le Pèlerin, 2 avril 2019 : <a href="https://tinyurl.com/3bk4jm3w">lepelerin.com</a> </div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cécile Bidault, « Le pape François, pourfendeur des outrances du capitalisme », France Inter, 21 avril 2025 : <a href="https://tinyurl.com/5n6b3esx">radiofrance.fr</a> </div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;James Garagnon, « Le pape accuse le capitalisme d’être à l’origine de la faim dans le monde », Contrepoints, 13 novembre 2021 : <a href="https://tinyurl.com/3ypfdjtf">contrepoints.org</a> </div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Jean-François Lauwens, « La dette écologique, l’autre dette qui lie Nord et Sud »,  analyse Entraide et Fraternité, Avril 2025 : <a href="https://tinyurl.com/2zdtv3cf">entraide.be</a> </div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Querida Amazonia », Wikipédia : <a href="https://tinyurl.com/uf7ax9dc">wikipedia.org</a> </div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Alessandro Gisotti, « Querida Amazonia : l’exhortation du Pape pour une Église au visage amazonien », Vatican News, 12 février 2020 : <a href="https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2020-02/querida-amazonia-exhortation-du-pape.html#:~:text=Le%20Pape%20a%20consacr%C3%A9%20un,%C3%89glise%20%C3%A0%20des%20structures%20fonctionnelles%C2%BB.">vaticannews.be</a> </div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Le pape ne retient pas l’idée d’ordonner prêtres des hommes maries en Amazonie », AFP, Le Monde, 12 février 2020 : <a href="https://tinyurl.com/4t4wrt3c">lemonde.fr</a> </div><div>32&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Julia Pascual, « Le long combat du pape François pour défendre les migrants », Le Monde, 22 avril 2025 : <a href="https://tinyurl.com/yc6s9fh2">lemonde.fr</a> [/note<em>]. Comme il célébrait des messes dans des prisons et y procédait, christique, au lavement des pieds des prisonniers et des prisonnières </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">32</sup>Jean-Benoît Harel, « Devant des détenues, le pape invite à ne pas se fatiguer de demander pardon », Vatican News, 28 mars 2024 : <a href="https://tinyurl.com/2ymr6swd">vaticannews.be</a> </div><div>33&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Luc Bronner, « Gaza était un des symboles de son pontificat : à Jérusalem, le souvenir d’un pape engagé pour les Palestiniens », Le Monde, 21 avril 2025 : <a href="https://tinyurl.com/3nfrtzuj">lemonde.fr</a> </div><div>34&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Gaétan Supertino, « Aux sources de la ferveur des chrétiens évangéliques envers Israël », Le Monde, 17 mars 2024 : <a href="https://tinyurl.com/2s38xjtk">lemonde.fr</a> </div><div>35&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pape François, L’espoir ne vous déçoit jamais, Michel Lafon, 2025. </div><div>36&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Gaza : pourquoi parle-t-on de génocide ? », CNCD-11.11.11, 29 janvier 2025 : <a href="https://tinyurl.com/3tz4k4eb">cncd.be</a> </div><div>37&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Alix Champlon, « Il y a 10 ans, le Vatican reconnaissait l’État de Palestine », La Croix, 23 mai 2024 : <a href="https://tinyurl.com/4j7mu5sz">la-croix.com</a> </div><div>38&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lucie Geffroy, « Le pape François est-il de droite ou de gauche ? », Courrier international, 14 mars 2013 : https://tinyurl.com/3ufu8mmp </div><div>39&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Santiago Alba Rico, « Merci François, pape le plus à gauche de l’histoire », Publico – Courrier international, 21 avril 2025 : <a href="https://tinyurl.com/ye24xc4m">courrierinternational.com</a> </div><div>40&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Note 6. </div><div>41&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Note 15. </div><div>42&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Gustavo Gutiérrez, père de la théologie de la libération, est mort à 96 ans », AFP, Libération, 23 octobre 2024 : <a href="https://tinyurl.com/2du3r858">liberation.fr</a> </div><div>43&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Henrik Lidell, « Le pape François est-il un théologien de la libération ? », La Vie, 26 mars 2013 : <a href="https://tinyurl.com/3xu8sthr">lavie.fr</a> </div><div>44&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Santiago Alba Rico, « Nuestro papa Francisco », Publico, 2 mars 2025 :  https://tinyurl.com/aduma82t </div><div>45&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le retour du Christ sur Terre, la parousie, ne surviendra pas tant que le katechon​, cette figure « ​qui retient » le déchaînement du mal, agira efficacement. C’est ce qu’affirme l’apôtre Paul dans sa seconde épître aux Thessaloniciens : <a href="https://philitt.fr/2017/10/23/le-katechon-selon-carl-schmitt-de-rome-a-la-fin-du-monde/">phillit.fr</a> </div><div>46&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dominique Lang, « Léon XIV : avec le nouveau pape, l’écologie est toujours à l’ordre du jour », Le Pèlerin, 9 mai 2025 : <a href="https://tinyurl.com/5cskt73k">lepelerin.com</a> </div><div>47&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://tinyurl.com/445knjy2">international.la-croix.com</a> </div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>François, un pape politique ?</title>
		<link>https://entraide.be/publication/francois-un-pape-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[ag]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Sep 2021 09:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Laudato si']]></category>
		<category><![CDATA[Pape]]></category>
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					<description><![CDATA[Le pape François dénonce sans langue de bois les dérives du modèle capitaliste actuel.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Laudato si’ ! et Fratelli tutti</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Le pape François dénonce sans langue de bois les dérives du modèle capitaliste actuel.</h3>



<p><br>Depuis 1891 et ‘Rerum novarum’, les papes s’expriment sur les enjeux sociaux de leur époque dans des encycliques (lettres aux fidèles) qui nourrissent l’enseignement social de l’Église. La prise de parole d’un pape sur les enjeux de son époque n’est donc en rien une nouveauté. «&nbsp;Laudato si’&nbsp;!&nbsp;», publiée en mai 2015, sort cependant du lot, par l’enthousiasme qu’elle a suscité hors du monde catholique et par son contenu&nbsp;: le pape François y dénonce sans langue de bois les dérives du modèle capitaliste actuel. Cinq ans plus tard, «&nbsp;Fratelli tutti&nbsp;» retient également l’attention par son ton et son propos. Si ces deux textes invitent à une conversion personnelle, ils ont surtout une portée politique inédite.</p>



<p></p>
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