Un groupe d'enfants marchant à pieds dans un paysage arride.

À Madagascar, des ponts et des barrages pour permettre aux petits paysans de vivre

Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde. Plus de 90% des Malgaches survivent avec moins de deux dollars par jour. Plus d’un Malgache sur trois souffre de la faim. Entraide et Fraternité y soutient la construction d'infrastructures permettant à la petite agriculture familiale de subvenir à ses besoins.

Entraide et Fraternité a lancé en 2022 un nouveau programme de cinq ans qui a pour objectif de réduire la pauvreté de 3480 familles paysannes malgaches.

Les paysan·nes sont accompagnés à renforcer la commercialisation de leurs produits, à faire face aux effets du changement climatique ou encore à lutter contre les accaparements de terres affectant la souveraineté alimentaire de la région. Le programme est mis en œuvre par trois partenaires locaux d’Entraide et Fraternité : la Caritas d’Antsirabe, le Centre Saint-Benoît et la Coalition Paysanne Malgache.

La pauvreté des paysan·nes malgaches est causée en grande partie par le changement climatique qui frappe de plus en plus durement Madagascar alors que le pays figure parmi les pays les plus vulnérables aux phénomènes climatiques extrêmes. Les cyclones, les sécheresses, les inondations ou encore les invasions de criquets se multiplient. Ces phénomènes détruisent les champs et empêchent de cultiver quoi que ce soit. La situation est telle que, selon les Nations unies, Madagascar est le premier pays de l’histoire à avoir été confronté à une crise de la faim causée directement par le changement climatique.

La Caritas d’Antsirabe accompagne la construction de barrages hydro-agricoles afin de permettre aux paysan·nes de mieux faire face aux effets du changement climatique.

« Les barrages permettent d’augmenter la capacité d’irrigation et de mieux maîtriser l’utilisation de l’eau lors des fortes sécheresses. Ils permettent également de retenir les eaux lors des fortes crues, protégeant ainsi les habitations et les champs. Lors des dernières inondations, grâce aux barrages, les paysan·nes ont pu sauver une plus grande partie de leurs récoltes », résume le père Justin Ranaivomanana, responsable de la Caritas diocésaine d’Antsirabe.

Ce manque d’accès à l’eau potable entraîne de nombreux problèmes : développement de maladies liées à la consommation d’eau impropre (diarrhée, hépatite E, etc.), déscolarisation des enfants, violences envers les femmes sur le long chemin qu’elles doivent parcourir pour aller chercher de l’eau, etc. Un puits a été construit dans la commune d’Antsirabe I. D’une profondeur de 15 mètres, il permet à plus de 30 familles paysannes d’accéder à l’eau potable. La Caritas d’Antsirabe a mis en place un comité de gestion du puits qui a pour mission d’assurer son entretien. Celui-ci est financé grâce à une cotisation annuelle payée par les familles qui bénéficient de l’infrastructure.

La région de Vakinankaratra, très montagneuse, est fortement enclavée. Plus de 20% des communes de la région ne sont pas, ou difficilement, accessibles en période de pluie. De nombreuses communautés doivent en outre réaliser des détours sur de nombreux kilomètres, faute d’infrastructures reliant deux rives.

La Caritas d’Antsirabe accompagne la construction de ponts et passerelles afin de désenclaver les communautés paysannes.

Une passerelle et un pont en béton armé ont été respectivement construits dans les communes d’Andranomafana et d’Ambatomikolahy. Comme pour les autres infrastructures soutenues par la Caritas d’Antsirabe, un comité de gestion a été mis en place pour assurer leur pérennité.

« Avant, nous devions faire des détours de plusieurs heures. Grâce à la passerelle, tout est plus proche. Elle nous a sorti de l’isolement. Il y a plus d’enfants qui vont à l’école car il faut moins d’une heure pour y accéder. Les personnes du village n’hésitent plus non plus maintenant à aller au centre de santé, qui était trop difficile d’accès sans la passerelle » raconte Marie-Juliette Raheriniaina, paysanne.

Les revenus des 600 familles malgaches ont en outre augmenté : « Nous pouvons maintenant vendre nos produits dans des villages où il était impossible d’aller avant avec notre charrette. Nos ventes augmentent, ce qui améliore notre vie. »