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	<title>Pérou &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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	<description>Pour que la Terre tourne plus JUSTE !</description>
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	<title>Pérou &#8211; Entraide et Fraternité</title>
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		<title>Un an après : des partenaires marqués par leur venue en Belgique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 16:29:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne de Carême 2025]]></category>
		<category><![CDATA[Chibolito]]></category>
		<category><![CDATA[IBC]]></category>
		<category><![CDATA[jt228]]></category>
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					<description><![CDATA[Marcia, Juan Carlos, Josué, Steve et Lidia sont venus du Pérou l'an dernier pour témoigner de leurs réalités lors de la campagne de Carême 2025.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Ce voyage nous a inspiré&nbsp;de nouvelles pratiques</h2>



<p><strong>Marcia</strong> : <em>Mon expérience en Belgique a profondément renforcé mon travail au Pérou. Elle m’a aidée à voir l’agroécologie comme bien plus que de la production alimentaire</em></p>



<p><strong>Lidia</strong> : <em>J’ai été marqué par la vision globale de l’alimentation des camarades belges et par le réseau de petits marchés locaux qu’ils ont su construire de manière solidaire et durable. C’est une véritable inspiration.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Nous partageons les mêmes luttes</h2>



<p><em>«&nbsp;La Campagne de Carême 2025 a été une expérience profondément transformatrice. J’ai compris que, même si les contextes sont différents, nous habitons une même maison commune et que la protéger est une responsabilité partagée.</em>&nbsp;» <strong>Josué</strong></p>



<p><em>«&nbsp;Même si le séjour a été court, il a été très important pour comprendre que, malgré les problèmes dans des pays différents, de nombreuses personnes luttent au quotidien vers la même direction&nbsp;: construire un monde plus juste pour tous.&nbsp;» <strong>Juan Carlos</strong></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">La force de ne pas être seuls</h2>



<p><strong>Steve</strong> : <em>Grâce au soutien reçu en Belgique, les communautés avec lesquelles nous travaillons sentent qu’elles ne sont pas seules, que leur voix compte et que leurs luttes ne sont plus invisibles. Dans des contextes souvent difficiles, savoir qu’il y a, de l’autre côté du monde, des personnes qui croient en elles et marchent à leurs côtés est une immense source d’espoir et de force.</em></p>



<p><strong>Juan Carlos</strong> : <em>Après mon retour, j’ai partagé avec les enfants de Cajamarca les lettres et encouragements des enfants rencontrés en Belgique. Cela les a beaucoup touchés. Sarahí, par exemple, a retrouvé la force de ne pas abandonner et a terminé son année scolaire avec succès. Cette solidarité permet à de nombreux enfants de nourrir l&rsquo;espoir d&rsquo;atteindre leurs objectifs.</em></p>



<p><strong>Marcia</strong> : <em>Depuis le Pérou, et en particulier depuis des zones délaissées par les autorités comme San Juan de Lurigancho, votre solidarité nous rappelle que nous ne sommes pas seuls et que la justice climatique et sociale se construit aussi à travers les liens entre les peuples. Votre engagement renforce l’espoir que d’autres manières de produire, de nous organiser et de vivre ensemble sont possibles.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">En un mot&nbsp;: Merci&nbsp;!</h2>



<p><strong>Steve</strong> : <em>Je souhaite exprimer un remerciement profond et sincère à toutes les personnes de Belgique qui ont soutenu la campagne de Carême. Dans un monde traversé par de multiples crises, la tentation de se replier sur ses propres réalités est très grande. Cependant, c’est précisément dans ces moments que la solidarité internationale devient plus nécessaire que jamais.</em></p>



<p><strong>Juan Carlos, Marcia, Steve, Lidia et Josué</strong> : <em>Merci de nous avoir reçus, accueillis et de croire au travail que nous réalisons.</em></p>



<p><strong>Marcia</strong> : <em>Merci de croire, d’accompagner et de marcher aux côtés de celles et ceux qui au Pérou essaient de de semer la dignité et l’avenir.</em></p>



<p><strong>Josué</strong> : <em>Aux personnes en Belgique qui ont soutenu la Campagne de Carême, je ne peux que dire merci. Merci de nous avoir reçus, d’avoir ouvert les portes de vos organisations, collectifs et communautés ; et de croire dans le travail que nous réalisons dans les communautés de San Juan de Lurigancho.</em></p>



<p><strong>Juan Carlos</strong> : <em>Chibolito ne bénéficie pas d’un soutien local suffisant. L’appui international est donc fondamental. Grâce à ce soutien, de nombreux enfants et adolescents ont pu atteindre leurs objectifs et contribuent aujourd’hui au développement de notre société. Cela ne serait pas possible sans cette belle solidarité. Merci.</em></p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Un retour au pays difficile</h2>



<p>Le retour des partenaires au Pérou s&rsquo;est fait dans un climat de crise persistante. En moins de dix ans, le pays a vu défiler huit présidents, transformant la chute d&rsquo;un gouvernement en une banalité inquiétante. La corruption, l&rsquo;absence de vision nationale et la hausse du coût de la vie ont profondément érodé la confiance des citoyens.</p>



<p>Au point que la jeunesse péruvienne est descendue massivement en septembre 2025 dans les rues de Lima pour exiger la démission d&rsquo;une classe politique corrompue et une meilleure sécurité, dans un contexte où les assassinats liés au crime organisé se multiplient.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="840" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Manifestation-Perou-octobre-2025.jpeg" alt="Manifestation Perou octobre 2025" class="wp-image-26551" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Manifestation-Perou-octobre-2025.jpeg 840w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Manifestation-Perou-octobre-2025-300x200.jpeg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/Manifestation-Perou-octobre-2025-768x512.jpeg 768w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo : Steve Privat Pérez</div></figure>
</div>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Revenir et retrouver le pays a aussi signifié ressentir à nouveau l’insécurité avec laquelle de nombreuses personnes vivent chaque jour : sortir de chez soi avec prudence, regarder autour de soi et vivre avec cette peur constante que quelque chose puisse arriver dans la rue.</p>
<cite><strong>Josué</strong></cite></blockquote>



<p>Malgré la valse des présidents (José Jerí puis José Balcázar Zelada) suite à ces manifestations, les problèmes structurels demeurent entiers.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Changer de président sans changer les règles ne fera que prolonger l’agonie institutionnelle. La démocratie est épuisée.</p>
<cite><strong>Steve</strong></cite></blockquote>
</div>
</div>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Des avancées concrètes</h2>



<p><strong>À San Juan de Lurigancho (Lima) –</strong> Avec l’appui du MOCICC, un potager communautaire, le Huerto Comunitario Antonio Raimondi, a été mis en place sur un terrain qui servait auparavant de décharge. Cet espace bénéficie directement à 20 familles, principalement des femmes et des jeunes, qui accèdent désormais à des aliments sains et sans pesticides. Au total, trois potagers actifs soutiennent environ 100 familles dans le district. Un réseau de gardiennes de semences a également été constitué pour la conservation, la production, la sauvegarde et l&rsquo;échange de semences agroécologiques.</p>



<p>Ces avancées vont bien au-delà de la production alimentaire : elles ont renforcé l’organisation communautaire, le leadership des femmes et la capacité des communautés à revendiquer l’usage du territoire et le droit à une alimentation digne.</p>



<div class="wp-block-columns are-vertically-aligned-center is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="560" height="560" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/PEROU2024_CAJAMARCA_CHIBOLITO_37.jpg" alt="Deux enfants souriants, un lève le pouce" class="wp-image-26557" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/PEROU2024_CAJAMARCA_CHIBOLITO_37.jpg 560w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/PEROU2024_CAJAMARCA_CHIBOLITO_37-300x300.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/PEROU2024_CAJAMARCA_CHIBOLITO_37-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo : Mathieu Huvelle Photography</div></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p></p>



<p><strong>À Ayacucho – </strong>Le travail d’IBC avec les écoles a permis d’amener les élèves et leurs familles à reproduire les potagers dans leurs propres foyers et communautés, élargissant ainsi la portée du projet. De nombreux jeunes se sont également engagés à accompagner les communautés dans l’adoption de l’agroécologie, prouvant que les jeunes sont de véritables agents de transformation.</p>



<p><strong>À Cajamarca – </strong>Grâce au plaidoyer de Chibolito, la municipalité provinciale a renforcé son soutien pour le développement de l&rsquo;atelier de couture à destination des enfants des rues, ainsi que sa contribution en nourriture pour les collations lors des ateliers.</p>



<p></p>
</div>
</div>
</div>
</div>
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			</item>
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		<title>Une jeunesse en quête de justice</title>
		<link>https://entraide.be/une-jeunesse-en-quete-de-justice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Nov 2025 14:40:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[BIMTT]]></category>
		<category><![CDATA[IBC]]></category>
		<category><![CDATA[jt225]]></category>
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					<description><![CDATA[Pérou, Philippines, Madagascar… partout, un même drapeau flotte dans les rues : celui de One Piece. Inspiré d’un manga où [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Pérou, Philippines, Madagascar… partout, un même drapeau flotte dans les rues : celui de One Piece. Inspiré d’un manga où des pirates défient des gouvernements corrompus, il est devenu l’emblème d’une jeunesse &#8211; la « génération Z » &#8211; décidée à ne plus se taire face aux inégalités et à l’injustice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Madagascar : les jeunes renversent le pouvoir </h2>



<p>Fin septembre 2025, la jeunesse malgache s’est mobilisée massivement. Ce mouvement de la « génération Z », né d’un ras-le-bol face aux coupures d’eau et d’électricité, s’est rapidement transformé en une contestation politique, dénonçant la corruption et exigeant la démission du président Andry Rajoelina ainsi qu’une refonte du système. Malgré la répression violente, qui a fait des dizaines de morts, les jeunes ont continué à se rassembler dans tout le pays.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Les manifestants ne réclament pas seulement de meilleures conditions matérielles, mais aspirent à la justice sociale, à la responsabilité de l’État, à la transparence et au respect de la dignité humaine. »</p>
<cite>Collectif TANY, partenaire d’Entraide et Fraternité</cite></blockquote>



<p>Face à cette pression populaire, le président a finalement fui le pays le 11 octobre, marquant une véritable victoire pour la jeunesse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le nouveau régime va-t-il répondre aux attentes?</h2>



<p>Le colonel Michael Randrianirina est devenu le nouveau président le 17 octobre, formant un nouveau gouvernement de 29 ministres chargé de lutter contre la corruption et de sortir le pays de la crise. Mais la prudence est de mise, comme le met en avant le BIMTT, partenaire d’Entraide et Fraternité :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La révolution malgache de 2025, portée par l’aspiration de la jeunesse à un changement radical, est à la croisée des chemins. Elle risque d’être confisquée par les mêmes élites prédatrices et les mêmes intérêts étrangers (notamment la France) qui ont maintenu le pays dans la pauvreté. L’organisation d’une assise nationale véritablement souveraine et inclusive est la seule chance d’une véritable refondation. Sans cela, le sacrifice de la Gen Z n’aura servi qu’à un changement de façade. »</p>
<cite>BIMTT</cite></blockquote>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pérou : la jeunesse unie ne sera jamais vaincue</h2>



<p>Depuis le mois de septembre, la jeunesse péruvienne descend massivement dans les rues de Lima pour exiger la démission d’une classe politique corrompue ainsi qu’une meilleure sécurité, alors que les assassinats liés au crime organisé se multiplient.</p>



<p>L’arrivée au pouvoir de José Jeri, ancien président du Congrès, suite à la destitution de Dina Boluarte, n’a en rien apaisé la contestation. La répression violente d’une marche pacifique le 15 octobre, qui a fait un mort et plus de cent blessés, n’a fait qu’attiser la colère et raviver le traumatisme des mobilisations de 2022 et 2023 (50 morts).</p>



<p>Steve, jeune leader de l’IBC, partenaire d’Entraide et Fraternité, était dans la foule ce jour-là. Profondément bouleversé par la mort du jeune Eduardo Ruiz Sanz, il en a tiré un témoignage poignant d’une jeunesse déterminée à ne plus se taire.</p>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">J’étais un manifestant</h2>



<p>Un parmi tant d’autres corps anonymes qui sont sortis dans la rue pour réclamer quelque chose d’aussi simple que le droit d’exister sans peur.</p>



<p>J’étais l’un de ceux que l’histoire appellera « morts lors des manifestations », comme si c’était la manifestation qui avait tué, et non l’arme.</p>



<p>J’étais un manifestant. Et depuis cette condition &#8211; si humaine et si redoutée -, j’ai appris que l’État a une bonne visée.</p>



<p>Il ne tire pas en l’air, il ne tire pas au hasard : il tire sur les corps bruns, sur ceux qui viennent des hauteurs, sur ceux qui parlent quechua, sur ceux qui ne votent pas comme Lima.</p>



<p>On nous a traités de terroristes, de délinquants, d’infiltrés. Mais nous n’étions que des citoyens qui réclamaient justice. Et dans ce pays, la justice est souvent la première morte de chaque répression.</p>



<p>J’étais un manifestant. On nous a dit que les morts, c’était de notre faute, que nous n’aurions pas dû sortir, que l’ordre devait être maintenu.</p>



<p>Mais quel ordre peut se maintenir sur des cadavres ? Quelle paix peut se construire sur le sang du peuple?</p>



<p>J’étais un manifestant. Et bien qu’aujourd’hui je me parle au passé, je n’ai pas disparu.</p>



<p>Je suis dans chaque jeune qui sort avec sa pancarte et crie « Pas un de plus ! ».</p>



<p>Nous n’avons pas été des héros, ni des martyrs, ni des saints. Nous avons été des citoyens fatigués des abus, du mensonge, du mépris.</p>



<p>Nous avons été ceux qui ont dit « assez » quand personne ne voulait l’entendre. Et c’est pour cela qu’on nous a tués.</p>



<p>J’étais un manifestant. Et si un jour le pays se réveille libre, ce sera parce que ceux qui sont restés en vie ont appris à ne pas oublier. Parce que ceux qui sont tombés nous ont appris à ne pas nous agenouiller.</p>



<p>Parce que leurs ombres continuent de saigner, nous rappelant que la justice n’est pas un discours : c’est un acte en suspens.</p>



<p>J’étais un manifestant.</p>



<p>Et bien qu’ils m’aient tué, je continue de marcher dans la mémoire de tous ceux qui croient encore que la justice arrivera un jour.</p>



<p class="has-text-align-right">Texte de Steve Privat, IBC, partenaire d’Entraide et Fraternité</p>
</div>
</div>
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		<title>Juste Terre ! n°225</title>
		<link>https://entraide.be/publication/juste-terre-n225/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 13:41:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="titre-remplacement contenu150">
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    <h2 class=" p-0 m-0 text-center h1 pt-5 mb-2"></h2>


  </div>
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						<div class="image-productionsseize w-100 mb-3" title="Une jeunesse en quête de justice" style="background-image:url('https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/Madagascar-Careme-affiche.jpg')">
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			<span class="tags pays border-raduis-20 color-vert bordergreenlight pl-2 pr-2 mr-1 mb-2 d-inline-block">Madagascar</span><span class="tags pays border-raduis-20 color-vert bordergreenlight pl-2 pr-2 mr-1 mb-2 d-inline-block">Pérou</span>			
				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">Une jeunesse en quête de justice</h2>
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															<div class="mt-2 text-uppercase background-vertfonce color-white datealaunehome">
									<span class="posted-on"><time class="entry-date published" datetime="25 Nov. 2025">25 Nov. 2025</time></span>								</div>

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		Pérou, Philippines, Madagascar… partout, un même drapeau flotte dans les rues : celui de One Piece. Inspiré d’un manga où [&hellip;]		

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		<a href="https://entraide.be/de-leau-potable-et-des-toilettespour-vivre-dignement/" class="linkresume lienblock backgroundwhite pb-3 h-100">
						<div class="image-productionsseize w-100 mb-3" title="De l’eau potable et des toilettes pour vivre dignement" style="background-image:url('https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/burundi_oap_construction-toilettes.jpg')">
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				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">De l’eau potable et des toilettes pour vivre dignement</h2>
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		Dans le monde, plus de deux milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable saine, et plus [&hellip;]		

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		<title>L’Amazonie pour témoigner des défis de la COP30</title>
		<link>https://entraide.be/lamazonie-pour-temoigner-des-defis-de-la-cop30/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 10:36:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[COP]]></category>
		<category><![CDATA[jt222]]></category>
		<category><![CDATA[Justice écologique]]></category>
		<category><![CDATA[MOCICC]]></category>
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					<description><![CDATA[La COP30 se tiendra en Amazonie en novembre : l’occasion pour nos partenaires du Brésil et du Pérou de dénoncer l’exploitation des ressources naturelles]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">La COP30 se tiendra en Amazonie en novembre : l’occasion pour nos partenaires du Brésil et du Pérou de dénoncer l’exploitation des ressources naturelles qui, parfois même au nom de la transition, continue de saccager la vie et la biodiversité des pays du Sud. Et d’augmenter notre dette écologique à leur égard.</p>



<p>Si l’histoire des COP a été marquée par le Protocole de Kyoto (1997) ou les Accords de Paris (2015), les dernières années n’ont pas donné lieu à des développements enthousiasmants. C’est même plutôt le contraire : publié en juin, un rapport d’un groupe d’experts du climat estime que la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C (l’objectif de Paris) n’est tout simplement plus atteignable ! Malgré les COP, les émissions de CO2 continuent de grimper alors qu’elles devraient depuis longtemps avoir commencé à suivre le chemin inverse. Bref, nous sommes passés d’un objectif à atteindre à la recherche de solutions pour atténuer l’inéluctable…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dette écologique et extractivisme</h2>



<p>Alors, dans ces conditions, il est difficile d’imaginer que, subitement, serait possible ce qui ne l’a pas été depuis des décennies. Tout récemment, la conférence de Séville sur le financement du développement et la réunion de Bonn préparatoire à la COP ont mis en évidence l’incapacité des pays riches à prendre des mesures fortes tant en termes de lutte contre le dérèglement climatique que sur la dette des pays du Sud.</p>



<p>Deux sujets qui sont liés au travers de la notion de « dette écologique » réactualisée par le pape Léon XIV, qui a explicitement demandé aux participants de la COP30 « de réfléchir ensemble à une possible remise de la dette publique et de la dette écologique ». De quoi s’agit-il ? Du fait qu’à côté de la dette financière contractée par les pays du Sud à l’égard de ceux du Nord, il existe celle, écologique, que les pays riches « doivent » aux pays appauvris. Ces pays qui, non seulement, ne participent que marginalement aux émissions de CO2, mais aussi qui voient leurs ressources naturelles (sur) exploitées par le Nord (Chine et Inde comprises) à des fins consuméristes.</p>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Les États pollueurs sont responsables</h3>



<p>Le 23 juillet, la Cour internationale de justice (CIJ), à La Haye, a pris une décision historique. Sur plainte du Vanuatu (une île du Pacifique menacée de disparition par la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique), la CIJ a considéré que les États qui ne respectent pas leurs obligations climatiques sont responsables de leurs actes et sont dans l’illégalité. Ce qui entraîne une obligation de réparation de leur part ! Même si cet avis n’est pas contraignant, il menace désormais les pays riches de procédures en réparation. Et place pour la première fois la justice climatique sur le même plan que le respect des droits humains.</p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Un lieu symbolique</h2>



<p>La tenue de cette COP30 à Belém, ville pauvre aux portes de l’Amazonie, poumon de la planète, est un puissant symbole après celles tenues dans des pays riches vivant des énergies fossiles (Émirats arabes, Azerbaïdjan…). L’Amazonie fait partie de ces endroits particulièrement exposés à la dette écologique : non seulement, sa biodiversité souffre terriblement des dérèglements climatiques, mais la déforestation fait rage et ses terres sont détruites et exploitées par les multinationales. Cette question des ressources naturelles et de l’accès à la terre est en passe de devenir centrale : à Belém, il sera fortement question de l’extractivisme. L’extractivisme qui consiste à exploiter les ressources naturelles à des fins consuméristes, y compris ce que l’on appelle l’extractivisme vert, à savoir les dégâts causés au nom de la décarbonation et de la transition… juste (par exemple, la production de panneaux photovoltaïques ou de batteries pour voitures électriques sollicite les mêmes terres rares que la production de smartphones ou d’ordinateurs). C’est à coup sûr l’enjeu majeur des années à venir et c’est celui qui, partout sur la planète, met nos partenaires, aussi divers soient-ils, devant les mêmes défis.</p>



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<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Nos partenaires à la COP30</h3>



<p>Même si l’on a tendance à la réduire au Brésil, la forêt amazonienne recouvre le territoire de neuf pays. Lors de la COP30 et du Sommet des peuples, organisé en parallèle afin de promouvoir des modèles de développement plus justes, les partenaires d’Entraide et Fraternité dans la région seront présents pour faire entendre leur voix : Agro é Fogo (Brésil), la CPT Goiás (Brésil) et le MOCCIC (Mouvement citoyen face au changement climatique, Pérou).</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quand un éducateur péruvien rencontre ses pairs bruxellois</title>
		<link>https://entraide.be/quand-un-educateur-peruvien-rencontre-ses-pairs-bruxellois-un-dialogue-inedit-entre-professionnels-de-la-jeunesse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 May 2025 13:10:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Journal de campagne 2025]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne de Carême 2025]]></category>
		<category><![CDATA[jt221]]></category>
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					<description><![CDATA[Et si les réalités sociales de Cajamarca et de Bruxelles n’étaient pas si éloignées ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Et si les réalités sociales de Cajamarca et de Bruxelles n’étaient pas si éloignées ? Le 27 mars, au cœur des locaux de Pianofabriek, une quinzaine d’animateurs belges ont échangé avec notre partenaire péruvien Juan Carlos Llanos Ramírez, professeur de mathématiques et coordinateur de l’association Chibolito au Pérou, engagé depuis plus de vingt ans pour les droits des enfants défavorisés.&nbsp;</p>



<p>Présent en Belgique à l’occasion de la campagne de Carême qu’Entraide et Fraternité consacre cette année au Pérou, Juan Carlos a suivi pendant plusieurs jours les équipes d’animation de notre département éducation pour aller à la rencontre de jeunes.&nbsp;</p>



<p>Mais cette journée est un peu spéciale : c’est la première fois qu’Entraide et Fraternité facilite un échange direct entre un acteur de terrain venu du Sud, engagé dans le secteur jeunesse, et des professionnels belges du même domaine. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique de diversification des publics et de croisement des pratiques. Organisée en collaboration avec le réseau Atout Projet, qui fédère des jeunes bruxellois autour d’initiatives citoyennes locales, cette rencontre ouvre la voie à de nouvelles formes de solidarité et de dialogue entre professionnels engagés.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Matinée d’immersion dans les réalités de Chibolito&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>La journée a débuté par un atelier dessin. Chaque animateur s’est présenté (prénom, lieu de travail et tranche d’âge de son public) en l’illustrant. Première différence culturelle qui a fait rire l’assemblée : expliquer à Juan Carlos la distinction entre maisons de quartier et maisons de jeunes.&nbsp;</p>



<p>Vincent de Vrij, responsable de la coordination du pôle régional d’Entraide et Fraternité, a ensuite posé le cadre socio‑économique péruvien, avant de lancer la projection d’une vidéo des activités de Chibolito.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Juan Carlos a alors décrit la situation de Cajamarca : une métropole de 1,5 million d’habitants et habitantes confrontée à la surpopulation, à la crise économique et à l’exode rural provoqué par l’essor des mines. Privées d’emploi qualifié, de nombreuses familles se tournent vers le secteur informel en périphérie, exposant les enfants au travail de rue et aux risques d’exploitation.&nbsp;</p>



<p>Au cœur de cet environnement, Chibolito propose un accompagnement par tranche d’âge : accès à l’éducation (matériel scolaire, ordinateurs, espaces sécurisés), renforcement de l’estime de soi et de la confiance, sensibilisation aux droits et obligations, et soutien aux familles pour réduire la violence domestique et l’autonomisation des mères.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Juan Carlos a rappelé que l’école n’est pas vraiment gratuite au Pérou : les parents doivent souvent financer des professeurs particuliers de langues, de sport ou d’informatique, limitant l’accès des plus démunis à une éducation de qualité. L’accès à l’enseignement supérieur reste quant à lui extrêmement difficile, avec une seule université publique pour des milliers de candidats et candidates, tandis que les établissements privés deviennent toujours plus onéreux.&nbsp;</p>



<p>Enfin, Juan Carlos a souligné la mobilisation de Chibolito pour faire des soulèvements populaires un levier de changement politique, la place centrale des enjeux climatiques pour les populations précaires, et le travail mené auprès des femmes victimes de violences familiales. En favorisant leur autonomie économique, l’association contribue à sécuriser le cadre familial et à offrir aux enfants de meilleures chances de suivre une scolarité sereine.&nbsp;</p>



<p>«<em> Vous prenez en charge des enfants déscolarisés ?</em> » demande un animateur. Juan Carlos précise que Chibolito suit aussi bien des jeunes scolarisés que non : «<em> Nous ajustons nos actions aux emplois du temps de chacun ; interdire le travail n’est pas une option quand la réalité économique les y oblige.</em> »&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"> Après-midi ludique et réflexif&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Les animateurs se sont lancés avec entrain dans le jeu ÉPI, développé par Entraide et Fraternité et revisité pour l’occasion sur la thématique péruvienne : un moment ludique, marqué par des mimes, des charades, des dessins, et une bonne ambiance au sein du groupe.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Nous sommes ensuite passé au « jeu des 5 défis » : chacun a exposé cinq défis rencontrés dans son métier au service de la jeunesse, faisant émerger des enjeux communs.&nbsp;</p>



<p>Juan Carlos a évoqué ses priorités : assurer la sécurité alimentaire des enfants, installer une boulangerie mobile à Cajamarca, créer des échanges internationaux, déconstruire le patriarcat au sein des familles et acquérir un local pérenne. Les animateurs bruxellois ont quant à eux cité, entre autres, les contraintes budgétaires et administratives, les voyages interculturels, la lutte contre les idéologies radicales, la couverture des besoins essentiels, la mobilisation des parents, la sensibilisation écologique, la valorisation des talents, et la nécessité de transformations systémiques.&nbsp;</p>



<p>Malgré la diversité des défis, Dolores Fourneau, responsable du Pôle Jeunes à Entraide et Fraternité, a salué l’expertise de chacun et chacune : « <em>Vous êtes engagés, impliqués, et vous connaissez le terrain. Vous êtes des professionnels capables d’élaborer une vision à long terme. </em>»&nbsp;</p>



<p>Juan Carlos a conclu en soulignant l’enjeu majeur du financement. Il a rappelé aussi que tout progrès social passe avant tout par l’éducation : <em>« Les enfants ont cette envie d’apprendre. On peut cultiver cette envie d’apprendre pour les pousser à avoir une vision. »</em>&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="668" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Atout2-1024x668.jpg" alt="Atout2" class="wp-image-24950" style="width:1130px;height:auto" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Atout2-1024x668.jpg 1024w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Atout2-300x196.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Atout2-768x501.jpg 768w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Atout2-1536x1001.jpg 1536w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Atout2-600x391.jpg 600w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Atout2.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">« Vous êtes en avance sur nous »&nbsp;</h2>



<p>Cette session ludique a abouti à un échange de réflexions particulièrement fort.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Raphaël, animateur, a pris la parole : <em>« Je veux saluer le travail que vous faites. Vous arrivez à prendre en compte une vision familiale, scolaire, amicale, des droits des enfants, des enjeux sanitaires. Vous prenez en compte tout le système autour de l’enfant, c’est très cohérent. Ici, à Bruxelles, on a les mêmes enjeux, mais pas aussi marqués. Ce sont les mêmes sphères autour de l’enfance : manque d’argent, problèmes de violence, mais la différence entre nos conditions de travail, c’est la temporalité. Vous êtes en avance sur nous. On va arriver dans une situation avec un contexte politique qui devient de plus en plus fasciste. On va arriver vers une situation qui ressemble à la vôtre, vous êtes un exemple de résilience communautaire. Je voudrais vous remercier pour cela.</em>&nbsp;</p>



<p><em>Il ne faudrait pas que vous vous présentiez comme des gens du tiers-monde qui viennent demander de l’aide en Europe. Je ne dis pas que c’est ce que vous faites, mais vous pouvez renverser la balance. L’européen qui se pense pays des droits de l’homme devrait pour une fois écouter de vos expériences communautaires. Il faut vous placer comme professeur auprès de certains européens. Et dites cela aux enfants ! »</em>&nbsp;</p>



<p>Juan Carlos, touché par cette intervention, a répondu<strong> </strong>: « <em>Merci. Construire cette résilience, ce n’est qu’en travaillant comme ça avec des récits et retours d’expérience que l’on avance. Ce sont des échanges réciproques.</em> <em>Je serai un messager autant dans un sens que dans l’autre. Je pourrai ramener ça au Pérou avec les enfants de Chibolito. C’est un apprentissage réciproque, merci pour tout, ça m’ouvre des portes. »</em>&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="titre-remplacement contenu150">
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<article id="post-24956" class="col-12 col-sm-6 col-md-4 color-black p-3 mb-0  post-24956 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-non-classe">
		<a href="https://entraide.be/interview-danissa-mestoui-chargee-de-projets-chez-atout-projet/" class="linkresume lienblock backgroundwhite pb-3 h-100">
						<div class="image-productionsseize w-100 mb-3" title="Interview d’Anissa Mestoui, chargée de projets chez Atout Projet " style="background-image:url('https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/atout4.jpg')">
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				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">Interview d’Anissa Mestoui, chargée de projets chez Atout Projet </h2>
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															<div class="mt-2 text-uppercase background-vertfonce color-white datealaunehome">
									<span class="posted-on"><time class="entry-date published" datetime="27 Mai. 2025">27 Mai. 2025</time></span>								</div>

										<!-- Is event recurring or a single event -->

					






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	<div class="entry-summary pl-2 pr-2">
		Atout Projet est une asbl gérée par les 19 échevins de la jeunesse de Bruxelles.		

<!--
		
	-->
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		</a>
</article>
            
<article id="post-24953" class="col-12 col-sm-6 col-md-4 color-black p-3 mb-0  post-24953 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-rencontre category-formation">
		<a href="https://entraide.be/interview-de-dolores-responsable-du-pole-jeunes-dentraide-et-fraternite/" class="linkresume lienblock backgroundwhite pb-3 h-100">
						<div class="image-productionsseize w-100 mb-3" title="Interview de Dolores, responsable du Pôle Jeunes d’Entraide et Fraternité " style="background-image:url('https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/dolores.jpg')">
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				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">Interview de Dolores, responsable du Pôle Jeunes d’Entraide et Fraternité </h2>
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	<div class="entry-summary pl-2 pr-2">
		Interview de Dolores, responsable du Pôle Jeunes d’Entraide et Fraternité 		

<!--
		
	-->
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		</a>
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        </div>


</div>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Pérou: quand la terre nourrit l’espoir</title>
		<link>https://entraide.be/perou-quand-la-terre-nourrit-lespoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Apr 2025 09:36:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Radio]]></category>
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					<description><![CDATA[Axelle Fischer, secrétaire générale d’Entraide et Fraternité était l'invitée de l'émission "Il était une foi" de Cathobel du 6 avril 2025.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Axelle Fischer, secrétaire générale d’Entraide et Fraternité était l&rsquo;invitée de l&rsquo;émission « Il était une foi » du 6 avril 2025.</p>



<p>Face à l&rsquo;insécurité alimentaire et la précarité, comment les Péruviens assurent-ils leur survie? CathoBel s&rsquo;est rendu au Pérou pour visiter les projets d&rsquo;agroécologie urbaine soutenus par l&rsquo;ONG belge Entraide et Fraternité. <br><br><a href="https://podcast.ausha.co/cathobel-podcasts/perou-quand-la-terre-nourrit-l-espoir" data-type="link" data-id="https://www.cathobel.be/2025/04/reportage-au-perou-quand-lagroecologie-devient-un-rempart-a-la-crise/" rel="nofollow noopener" target="_blank">Nous vous invitons à découvrir le reportage</a> réalisé par Cathobel.</p>



<p><strong>Présentation</strong>: Angélique Tasiaux et Manu Van Lier &#8211;&nbsp;<strong>Production</strong>: CathoBel &#8211;&nbsp;<strong>Diffusion</strong>: La Première (RTBF)</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Kallpa : la force de la communauté</title>
		<link>https://entraide.be/kallpa-la-force-de-la-communaute/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 16:42:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos partenaires]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne de Carême 2025]]></category>
		<category><![CDATA[jt218]]></category>
		<category><![CDATA[KALLPA]]></category>
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					<description><![CDATA[Á Lima les enfants sont particulièrement exposés à tous les dangers de la vie dans ces bidonvilles surpeuplés.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois"><a href="https://entraide.be/partenaire/kallpa/">L’association Kallpa</a>, partenaire d’Entraide et Fraternité, a fait de l’amélioration du bien-être des enfants sa priorité. En Quechua, la principale langue indienne du Pérou, Kallpa signifie la force. Et de la force pour affronter la vie, les enfants de la banlieue pauvre et violente de Lima en ont bien besoin. Ils sont particulièrement exposés à tous les dangers de la vie dans ces bidonvilles surpeuplés : exploitation, violences, accidents, malnutrition, maladies…</p>



<p>Les éducateurs de Kallpa ont décidé de leur donner la parole. Plutôt que de venir plaquer des « programmes de développement préfabriqués », ils veulent tout d’abord écouter ce que les enfants ont à leur dire. « Et toi quelle est ta maison idéale, que rêves-tu pour ton quartier ? » Tous les dessins des enfants représentaient des arbres, de la verdure, des fleurs, de la pelouse et de grands espaces. Kallpa a alors mis l’environnement au coeur de son action. Concrètement, elle effectue un travail de sensibilisation et de conscientisation des communautés dans deux quartiers de San Juan de Lurigancho sur des sujets comme les eaux usées, le ramassage et le recyclage des déchets, les petits potagers urbains. La « recette magique » de l’association péruvienne, c’est de mettre toute la communauté dans le coup. En effet, dans une société où les familles sont soumises à la dure loi de la survie, c’est au niveau collectif que se trouve le potentiel pour défier le sort réservé aux enfants pauvres, pour améliorer leur résilience et favoriser leur développement. 60 familles sont mobilisées à travers ce programme et 24 enfants sont devenus des leaders environnementaux.</p>



<p>Arrivés au sommet de la colline où se situe « la communauté du 25 décembre », les enfants ramassent des déchets et chantent « Nous sommes les ambassadeurs de la planète » devant un bâtiment communautaire financé par Entraide et Fraternité. Avec Kallpa, les enfants contribuent donc aussi à améliorer les conditions de vie de leur communauté.</p>



<p>Faire pousser des plantes dans un milieu si hostile, cela relève du miracle ! Ici, le moindre espace est récupéré, les enfants et leurs familles plantent des arbres fruitiers dans des tambours de machine à laver, des betteraves et du persil dans des seaux, des pneus, devant les petites baraques, sur les toits de leurs maisons, dans les escaliers des collines asséchées et pentues. Ils sont allés en formation à La Lombriz Felz pour apprendre les techniques de compostage.</p>



<p>Ce que crée ce projet pour les enfants et les familles, au-delà de la petite production alimentaire de fruits, légumes et condiments, c’est de la fierté. Il a permis de stimuler les capacités des enfants, d’améliorer leur santé, leur nutrition, leur santé mentale. Il a également mis en place les conditions nécessaires pour une meilleure qualité de vie et des opportunités nouvelles pour les enfants des bidonvilles de Lima et leurs familles.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Goûter aux couleurs du Pérou</title>
		<link>https://entraide.be/events/event/gouter-aux-couleurs-du-perou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 10:50:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne de Carême]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Repas]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
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					<description><![CDATA[Entraide et Fraternité &#038; les équipes sociales du Hainaut Occidental vous invitent à la soirée aux couleurs du Pérou.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div>
<div>Dans le cadre du Carême de partage les Equipes populaires de Comines et Entraide et Fraternité vous invitent <span lang="FR" data-olk-copy-source="MessageBody">à un goûter aux couleurs du Pérou.</span></div>
</div>
<div></div>
<div>
<div>
<ul>
<li>Repas convivial : soupe &#8211; tartine</li>
<li>Bar solidaire</li>
</ul>
</div>
</div>
<p class="x_xxmsonormal" style="text-align: left;" align="center"><span lang="FR">En présence de <a href="https://entraide.be/careme-de-partage/les-temoins-invites/#js">Josué Suarez</a>, partenaire péruvien de Kallpa, association soutenue par Entraide et Fraternité.</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Redonner aux enfants des rues de Cajamarca le droit de rêver leur avenir</title>
		<link>https://entraide.be/redonner-aux-enfants-des-rues-de-cajamarca-le-droit-de-rever-leur-avenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Mar 2025 16:27:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos partenaires]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne de Carême 2025]]></category>
		<category><![CDATA[jt218]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?p=24037</guid>

					<description><![CDATA[À Cajamarca, l’association Chibolito participe au développement éducatif et social d’enfants et d’adolescents, adolescentes dans des situations de grande précarité.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">À Cajamarca (dans le nord du Pérou), l’association <a href="https://entraide.be/partenaire/chibolito/">Chibolito </a>participe au développement éducatif et social d’enfants et d’adolescents, adolescentes dans des situations de grande précarité (violence, rupture familiale, délinquance, exploitation, malnutrition&#8230;). Chibolito construit pour et avec les enfants des programmes éducatifs qui valorisent leurs compétences. Objectif ? Leur redonner confiance et leur permettre de construire leur propre avenir.</p>



<p>La mission de Chibolito &#8211; qui est soutenue depuis plus de 20 ans par Entraide et Fraternité &#8211; est de taille&nbsp;: intégrer ces enfants et adolescents, adolescentes de 6 à 18 ans dans des programmes de formations théoriques ou professionnelles, des programmes de prévention, de sécurité et de bien-être, afin d’améliorer leurs connaissances, leurs capacités, leurs compétences tout en mettant en exergue leurs potentiels et leurs talents. En 2023, Chibolito a accompagné 32 filles et 33 garçons issus de 43 familles.</p>



<p>L’association redonne ainsi confiance à des enfants ayant vécu dans des situations d’extrême vulnérabilité et leur offre une éducation gratuite et une formation adaptée à chacun et chacune. Ateliers de menuiserie, cours de cuisine ou encore école inclusive pour les plus petits&nbsp;: Chibolito offre aux enfants et aux jeunes les outils nécessaires pour se former et construire leur avenir. Un avenir loin de la violence de leur foyer ou loin des violences de la rue. Car le plus souvent, les enfants et adolescents, adolescentes accompagnés par Chibolito sont soit en rupture familiale soit orphelins.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un impact incroyable&nbsp;: 350 enfants et jeunes des rues accompagnés</h2>



<p>En analysant les besoins et les carences des enfants, Chibolito peut développer des activités qui permettent d’établir une relation de confiance et travailler en amont d’une formation scolaire ou professionnelle. Face à des enfants qui sont en situation de rupture familiale et de décrochage, qui doivent travailler dans la rue pour subsister aux besoins de leur famille, Chibolito programme des activités ludiques et sportives, des espaces de jeux qui cherchent de prime abord à redessiner le quotidien que chaque enfant mérite de vivre. Chibolito propose aux enfants un mode de vie équilibré qui renforce tant leur éducation que leur développement personnel. « Le jeu est le mécanisme naturel d’apprentissage des humains, avant l’école. À Chibolito, le jeu est un espace où l’enfant exerce sa capacité de décider et où il développe son autonomie », raconte Juan-Carlos, directeur de l’association.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« J’ai connu Chibolito parce que la juge a décidé d’envoyer Karen ici. Avec son petit ami de 17 ans, elle a volé des choses. Il a frappé ma fille. Il est en prison pour un an. Ici, on la traite avec beaucoup d’attention. Aujourd’hui, elle me dit qu’étudier est important et qu’elle veut aller jouer avec les enfants de Chibolito. Mon mari buvait et la frappait aussi. Moi je ne sais ni écrire ni lire. Je suis femme de ménage. Je supplie Chibolito d’aller parler avec mon mari pour lui apprendre comment traiter ses enfants. Il la frappait sur la tête, j’ai peur de mon mari, de son comportement avec mes enfants. Je demande à Chibolito de bien prendre soin de ma fille. »</p>
<cite>Adelina Sanchez, 50 ans, maman de Karen, adolescente</cite></blockquote>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">« Sans cris ni coups »</h2>



<p>Tel est le nom d’un atelier centré sur la parentalité positive proposé aux mamans, papas et accompagnants des enfants. Les parents y apprennent à dialoguer avec leurs enfants sans user de coups, de cris et autres traitements humiliants, lors de groupes de paroles ainsi que d’ateliers artistiques. Les parents sont stressés et les mamans comme les papas admettent que les coups « partent un peu vite » sous l’effet de l’anxiété et du manque de tout. Ils échangent sur leurs difficultés et sur les moyens de les combattre. Ces ateliers connaissent un beau succès auprès des mamans.</p>



<p>Des médiations sont organisées entre les enfants et leurs parents, sans jugement sur les pratiques violentes des familles. Car la pauvreté des enfants est avant tout celle imposée à leurs familles par un système socioéconomique néolibéral.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Quand j’avais huit ans, un ami plus vieux m’a amené au Chibolito. Je chantais dans un restaurant pour de l’argent. Je n’allais pas à l’école. Je volais beaucoup. Un jour, un ami à moi s’est fait égorger dans la rue. Juan-Carlos, le directeur, m’a convaincu de l’importance des études. À 13 ans, j’ai décidé de reprendre des études. Cela fait deux ans que je suis à l’école inclusive. J’ai adoré les activités du Chibolito&nbsp;: les ateliers de menuiserie, de cuisine, de danse. »</p>


<div class="wp-block-image is-style-rounded">
<figure class="aligncenter size-thumbnail"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/Perou_Chibolito_Cajamarca-150x150.jpg" alt="Deux jeunes en tenu de football" class="wp-image-24045" srcset="https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/Perou_Chibolito_Cajamarca-150x150.jpg 150w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/Perou_Chibolito_Cajamarca-300x300.jpg 300w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/Perou_Chibolito_Cajamarca-100x100.jpg 100w, https://entraide.be/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/Perou_Chibolito_Cajamarca.jpg 560w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo : C. Smets/La Boîte à Images</div></figure>
</div><cite>Orlando, 16 ans</cite></blockquote>



<p>Entraide et Fraternité soutient Chibolito depuis sa création en 1999. Entre 2017 et 2024, c’est près de 350 enfants et jeunes qui ont été sortis de la spirale néfaste de la violence, du décrochage scolaire et parfois de la rue et qui ont été accompagnés par Chibolito pour prendre en main leur destin et s’offrir un meilleur avenir. Un avenir tout court.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
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<h2 class="wp-block-heading">Quelle est l’approche de Chibolito ?</h2>



<p>Ce projet vise à créer des liens forts avec les enfants de la rue parmi les plus marginalisés. C’est pourquoi le travail des volontaires de l’association commence par des rondes de nuit dans les rues de la ville pour aller à la rencontre de ces enfants. Au détour d’une conversation, d’un lien qui se crée, celles et ceux qui le désirent peuvent passer quelque temps dans le centre d’hébergement. On leur y propose des activités ludiques, culturelles, éducatives… Certaines de ces activités (notamment artisanales) leur permettent de gagner un peu d’argent. Cet aspect est important car ces enfants désirent le plus souvent continuer à travailler car ils n’ont pas d’autres sources de revenus. Ils souhaitent malgré tout continuer à aider leur famille. Chibolito, c’est une structure d’accueil moins formelle que certaines institutions&nbsp;: l’enfant, sa reconstruction et son épanouissement y sont vraiment mis au centre des préoccupations.</p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Violence politique et sociale au Pérou</title>
		<link>https://entraide.be/publication/analyse2025-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 16:35:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Violences / Guerre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?post_type=publication&#038;p=24173</guid>

					<description><![CDATA[Le 26 juillet 1533, les conquistadors espagnols dirigés par Francisco Pizarro assassinent l’empereur Inca Atahualpa. Le Pérou moderne naît à la suite de ce crime crapuleux.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="chapo">Le 26 juillet 1533, les conquistadors espagnols dirigés par Francisco Pizarro assassinent l’empereur Inca Atahualpa. Le Pérou moderne naît à la suite de ce crime crapuleux<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.  La suite de l’histoire du pays andin contient une liste horrifiante de crimes, massacres et véritables guerres civiles. Par exemple, jusqu’en 1572, les conquistadors mènent, dans la région de Vilcabamba<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>, une violente répression contre la résistance Inca. Entre 1780 et 1782, la rébellion de Tupac Amaru II<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> est écrasée dans le sang par les troupes coloniales. Entre 1820 et 1824, la guerre d’Indépendance met fin à la domination espagnole mais pas à l’accaparement des richesses par une petite élite d’origine européenne. Cette inégalité sociale structurelle se maintient jusqu’à aujourd’hui<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>, causant un climat de tension sociale et politique permanent.   </p>



<p>Le Pérou indépendant voit en effet alterner périodes de calme relatif et succession de dictatures ou de conflits sociaux violents. <strong>La guérilla du Sentier lumineux</strong> constitue certainement le point culminant de ces périodes troublées. <strong>Fondé en 1980</strong> à Ayacucho<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>, ce groupe maoïste entame, la même année, une lutte armée contre l’État péruvien. Cette véritable guerre civile martyrise les régions andines du Pérou jusqu’au début des années 2000. Le bilan est lourd : environ 70 000 morts, en majorité des paysan·nes pauvres et de langue quechua, assassiné·es autant par l’armée régulière que par le Sentier lumineux<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. </p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Violences sexuelles </h2>



<p>Comme trop souvent dans les conflits armés, la violence sexuelle accompagne la violence des balles. Durant toute la guerre civile, les paysannes des zones de conflit furent prises pour cible par les deux camps. Longtemps taboue à cause du machisme structurel de la société péruvienne, la quête de justice des victimes commence à aboutir. Ainsi, le 22 juin 2024, dix militaires ont été condamnés pour une série de viols commis entre 1984 et 1994 dans le sud du pays<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<p></p>
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</div>



<p>Si les années 2010 et 2020 se révèlent moins sanglantes, elles ne sont pas pour autant pacifiques. Un nouveau grand pic de violence se déroule ainsi en 2022 et 2023. <strong>En décembre 2022</strong>, <strong>le président de gauche Pedro Castillo est destitué</strong> par un Congrès dominé par la droite radicale. En réaction, de nombreuses manifestations éclatent dans le pays, en particulier dans les régions andines pauvres où le président élu est très populaire. Les forces de l’ordre répondent en tirant “dans le tas”. Onze personnes sont abattues à Ayacucho le 15 décembre 2022, 18 autres le 9 janvier 2023 à Juliaca<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>, etc.</p>



<p>Raconter la violence politique au Pérou, c’est donc raconter une histoire pluri-centenaire, presque sans fin. Heureusement, une autre histoire se déroule en parallèle. Il s’agit cette fois d’<strong>une histoire de résistance, de reconstruction individuelle mais surtout collective. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Résistance et résilience de la population</h2>



<p>Malgré les violences politiques et sociales constamment présentes au Pérou, la société civile s’organise et lutte afin de rendre justice aux victimes, de revendiquer ses droits, de se protéger et de (sur)vivre. <strong>Les violences politiques induisent des traumas profonds</strong> au sein des populations et laissent des traces dans les familles, de génération en génération. Nous évoquons ci-dessous quelques actions et mouvements collectifs mis en œuvre par la population péruvienne avec pour objectif de se défendre, de faire mémoire et de répondre aux différentes crises face à l’absence de l’État.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les Rondas campesinas</h3>



<p>Tout d’abord, <strong>au cours des années 1960</strong>, on voit naître <strong>le mouvement des <em>Rondas Campesinas</em></strong> (Rondes paysannes) dans le nord des Andes. Les <em>Rondas</em> sont l’exemple phare de l’organisation de la population péruvienne en dehors de l’État<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. <strong>Le rôle principal des <em>ronderos<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup></em> est la vigilance et la surveillance des communautés paysannes andines</strong>. Ainsi, chaque nuit, des <em>ronderos</em> veillent. Les <em>Rondas Campesinas</em> ont initialement vu le jour dans le but de protéger le bétail contre les vols à la suite de la disparition des haciendas<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> lors de la réforme agraire. Dans les années 70, les premières <em>Rondas</em> visant à protéger les terres voient le jour dans une communauté paysanne de la province Cajamarca. Les hommes de la communauté, armés d’outils agricoles et parfois d’un fusil, se relayent de nuit en nuit et rondent à travers la communauté afin de protéger les terres. <strong>Les <em>Rondas Campesinas</em> deviennent également des lieux de justice </strong>où l’on juge les voleurs pris sur le fait, <strong>pour pallier l’inefficacité des services de police locaux.</strong> Très rapidement, les <em>Rondas</em> se multiplient de communauté en communauté et, en quelques années seulement, on retrouve des Rondes paysannes partout dans les Andes.</p>



<p>Tel que mentionné plus haut, l’État étant absent dans les communautés andines, les <em>Rondas</em> et les assemblées communautaires deviennent des lieux de justice et de vivre ensemble permettant de gérer et de régler les conflits. L&rsquo;objectif est alors de maintenir l’équilibre au sein de la communauté. Dès lors, <strong>les Rondes</strong>, particulières au Pérou, <strong>montrent la capacité d’adaptation et d’organisation de la population péruvienne andine face aux violences multiples ainsi que face à l’abandon de l’État.</strong></p>



<p>De plus, entre 1980 et 2000, lors des conflits armés opposant le gouvernement péruvien au groupe Sentier lumineux, les <em>Rondas Campesinas</em> ont joué un rôle crucial. La présence des Rondes a permis de maintenir la paix au sein d’une série de communautés. Dans la région de Cajamarca, là où les Rondes sont les plus fortes, le Sentier lumineux n’est pas parvenu à pénétrer dans les communautés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Commission de la Vérité et de la Réconciliation</h3>



<p>C’est d’ailleurs à la suite des conflits armés internes que va naître la Commission de la Vérité et de la Réconciliation (CVR) au Pérou. Contrairement aux Rondes paysannes, les Commissions de la Vérité et de la Réconciliation sont multiples à travers le monde : Colombie, Afrique du sud, Canada, Tunisie, Maroc&#8230; Les CVR voient généralement le jour après des violences de grande ampleur telles que des conflits armés, des génocides, des dictatures&#8230; <strong>Les CVR ont pour principale mission de rendre compte de l’Histoire et de rétablir la justice envers les victimes des violences perpétrées</strong>. Les CVR mènent en général un travail d’enquête de longue haleine sur les violations des droits humains et proposent des espaces permettant aux victimes de s’exprimer<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>.</p>



<p>La création de la Commission de la Vérité et de la Réconciliation au Pérou date de 2001. Elle visait à mener une enquête sur les violences et les violations des droits humains qui ont eu lieu lors de la guerre civile entre 1980 et 2000. <strong>La CVR péruvienne est née de la mise en action des populations locales et de divers membres de la société civile (professeurs d’universités&#8230;).</strong> Une nouvelle fois, c’est la population péruvienne qui a pris les devants face à l’absence de l’État. D’ailleurs, encore aujourd’hui, certaines personnalités politiques ne reconnaissent pas les violences perpétrées durant le conflit. <strong>Le travail de la CVR au Pérou a permis de rétablir la vérité sur ce qu’il s’est passé, d’identifier les corps, de retrouver des disparus&#8230;</strong> La Commission a recueilli près de 17 000 témoignages et a organisé 21 audiences publiques. À la suite de cela, un rapport est publié en août 2023. Il permet de détailler les faits des 20 années de conflit mais également de comprendre les racines de ce conflit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Seul·es face au Covid-19</h3>



<p>Plus récemment, lors de la pandémie du COVID-19, le caractère unique de la situation et le manque de perspectives a créé un réel un climat de peur et d’angoisse au sein de la population péruvienne<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Cependant, les populations des quartiers périphériques des grandes villes, dans les Andes et en Amazonie ont alors développé de nombreuses stratégies pour se nourrir, se soigner&#8230;<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>.</p>



<p>Dans les quartiers dits populaires<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> de Lima, le manque de nourriture se fait rapidement sentir. On y voit apparaitre des drapeaux blancs sur les toits, signe que la famille n’a plus de quoi se nourrir. Pour combler ce manque, <strong>des groupes de femmes s’organisent et créent les <em>ollas comunes<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup></em>, des cantines populaires</strong>. Le principe est simple : ces groupes de femmes se débrouillent pour trouver de la nourriture au sein des familles du district ou de la communauté. L&rsquo;ensemble est cuisiné dans une casserole commune et est ensuite redistribué aux membres de la communauté. Petit à petit, les cantines populaires se multiplient. <strong>Rapidement, près d’un millier de cantines populaires voient le jour, permettant de nourrir plus de 70 000 personnes</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. Ces <em>ollas comunes</em> sont nées en réponse à l’inaction de l’État et évoluent donc, dans la plupart des cas, sans son aide (du moins, au début de la pandémie).</p>



<p><strong>Dans les Andes, les organisations politiques locales des communautés paysannes ainsi que les <em>rondas campesinas</em> développent de nouvelles fonctions</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Ces instances et ces lieux d’organisation politique locale (à l’échelle des communautés) doivent <strong>gérer l’afflux de <em>retornantes</em></strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> qui rejoignent la campagne ainsi que les entrées/sorties des communautés et donc, <strong>gérer les règles sanitaires et de confinement</strong>. Des comités de surveillance se mettent en place afin de faire respecter les règles sanitaires (port du masque, distanciation, maisons de quarantaine&#8230;). Le manque d’approvisionnement en nourriture se fait également ressentir dans les Andes. Ainsi, <strong>on y voit également naître des <em>ollas comunes</em></strong>. Ces initiatives et ces méthodes d’organisation relèvent des principes andins et d’une réappropriation des solidarités traditionnelles : ”L’ayni, qui est un mécanisme de solidarité et de réciprocité, et la minga/mink’a, qui est une pratique communautaire de coopération solidaire entre les membres de la communauté, reprennent force (Alberti, Mayer, 1974 ; Walsh‐ Dilley, 2017 ; Robledo, 2020). [&#8230;] Dans ces moments difficiles, des différences interpersonnelles passent au second plan, la situation de crise force les populations à faire front pour répondre collectivement aux problèmes les plus immédiats<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.”</p>



<p><strong>En Amazonie</strong>, région plus touchée par le COVID que les Andes, des réseaux de solidarité se sont constitués entre les communautés indigènes péruviennes mais également avec les communautés indigènes amazoniennes des pays voisins. Ces réseaux ont permis d’échanger des pratiques et des plantes médicinales afin de se soigner face au virus. Comme dans les Andes, <strong>la pandémie a permis aux populations indigènes de se réapproprier certains savoirs et certaines pratiques traditionnelles, notamment au niveau médicinal.</strong> Afin de répondre à l’inefficacité du système de santé, des organisations en auto-gestion ont également vu le jour pour apporter les premiers secours par exemple. Ainsi, des commandos indigènes sont créés avec une double casquette : l’autoprotection et l’entretien des relations avec le ministère de la santé pour recevoir le matériel nécessaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>.</p>



<p>Certes, la pandémie au Pérou n’a pas uniquement donné naissance à ces belles dynamiques. Elle a également, comme partout, favorisé les violences intrafamiliales, affecté profondément l’enseignement&#8230; mais elle a pu démontrer, une nouvelle fois, la capacité de résilience des communautés andines face à un État défaillant<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>.</p>



<p>Ces quelques exemples, non exhaustifs, permettent de se rendre compte de <strong>la capacité d’action de la population péruvienne face aux nombreuses violences politiques et sociales</strong>.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
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<h2 class="wp-block-heading">Un gouvernement aux abonnés absents ? </h2>



<p>L’inaction du gouvernement péruvien avant, pendant et – par bien des aspects &#8211; après la pandémie peut sembler surprenant. Il s’explique cependant par <strong>le racisme structurel du monde politique péruvien</strong>. Pour ce dernier, les populations indigènes ou d’origine indigène, majoritaires dans les Andes, en Amazonie et dans les quartiers populaires des grandes villes, sont des citoyen·nes de seconde zone.  De plus, <strong>l’État péruvien est dominé par des politiques néolibérales hostiles aux interventions publiques</strong> dans les domaines économique, social, environnemental, etc.  </p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;art est politique !</h2>



<p>Il existe une tout autre forme de résistance au Pérou : l’art. Tel que mentionné ci-dessus, la contestation du pouvoir politique via des manifestations est souvent réprimée violemment par la police ou l’armée. Toutefois, la population péruvienne trouve des moyens de contestations parfois plus discrets ou plus indirects. <strong>L’art, sous toutes ses formes </strong>(chants, danses, retables, fresques, poésie, peintures&#8230;) <strong>permet, d’une part, de raconter de l’histoire et, d’autre part, d’émettre des critiques politiques et sociales.</strong></p>



<p>Dès la colonisation, <strong>les chroniques de Guamán Poma de Ayala</strong> retracent l’histoire et la conquête du Pérou par les Espagnols à partir de ce qu’il observe directement lui-même. <strong>Sur l’image ci-contre, il a représenté la capture de l’empereur Inca Atahualpa.</strong></p>



<p>La “rencontre des deux mondes” a été d’une violence telle que ce moment inspire encore des caricatures plus récentes. <strong>Carlín</strong> est un artiste qui réalise de nombreuses caricatures sur l’actualité péruvienne. La caricature ci-dessous s’inspire de la rencontre entre le Général Pizzaro (ici Ministre des mines accompagné du prêtre en guise de légitimité) et Atahualpa (représentant de la population locale) à Cajamarca mais actualisé, dans le contexte de l’extractivisme minier et de la mine de Yanacocha.</p>



<p>Dans un tout autre registre, <strong>La Danza de las Tijeras (la danse des ciseaux),</strong> originaire des régions Quechua des Andes péruviennes, devient une forme de résistance culturelle<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>. Autrefois rituel pour les divinités andines, elle devient un <strong>symbole de résistance avant de se transformer en réel syncrétisme</strong>. Lors de la Danza de las Tijeras, le danseur se positionne toujours dos à l’église afin de symboliser la résistance à la domination coloniale. Aujourd’hui, la danse des ciseaux est inscrite au patrimoine mondial de L’UNESCO<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>.</p>



<p><strong>Les fresques murales sont quant à elles omniprésentes.</strong> Bien que nombre d’entre elles relatent des évènements de violence, elles apportent couleurs et gaieté au sein des villes et villages. En effet, ces dernières sont souvent de couleurs vives, ce qui permet de ne pas les manquer. <strong>Alors que certaines fresques sont plutôt décoratives, d’autres dénoncent, racontent et parfois soignent</strong>. Le collectif Yuyananchis<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup> à Cuzco est un groupe de travail et de réflexion de jeunes autour de la mémoire collective des violences du Sentier lumineux. Il y a près de 10 ans maintenant, le collectif a inauguré une fresque pour ne pas oublier et pour faire en sorte que l’Histoire ne se répète pas<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>.</p>



<p>Il existe des centaines de fresques, partout au Pérou. Celle de Yuyananchis n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. <strong>Beaucoup d’entre elles dénoncent d’ailleurs les violences perpétrées par le Sentier Lumineux</strong>, notamment aux Musées de la Mémoire à Ayacucho et à Lima. Au-delà de la dénonciation, la peinture et l’art constituent un réel moyen d’expression qui contribue également à guérir les traumatismes induits par les violences.</p>



<p><strong>La musique est également un instrument de positionnement politique.</strong> Une nouvelle fois, les exemples sont nombreux et il n’est pas possible d’être exhaustif. La jeune chanteuse Renata Flores, parmi tant d’autres, en mélangeant les styles (rap, instruments andins&#8230;) et les langues (espagnol et quechua), dénonce les violences sexistes, les disparités de genres ainsi que les discriminations envers les populations andines et les femmes au Pérou. Avec sa chanson Qam Hina, entièrement écrite en quechua, elle dénonce la difficulté d’accès à l’éducation dans les zones rurales et les discriminations persistantes envers les populations autochtones.</p>



<p>Ce sont toutes ces formes d’art que le collectif des artistes du MOCCIC<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup> mobilisent au quotidien. <strong>Chanteuses de TRAP</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup><strong>, graphistes, écrivain·es, dessinateurs et dessinatrices, etc. s’organisent pour faire passer des messages politiques et sociaux</strong>. Le secteur artistique est relativement épargné par la censure, notamment dans le hip-hop<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup> Il constitue donc <strong>un vecteur d‘expression privilégié pour dénoncer les drames sociaux et environnementaux</strong> qui frappent le Pérou. Ce recours à l’art est indispensable pour résister au contexte de violence socio-politique endémique du pays. Le tableau n’est toutefois pas tout rose. La liberté d’expression dont les artistes bénéficient est ainsi menacée par l’absence de moyens, financiers principalement, à leur disposition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles leçons pour la Belgique ?</h2>



<p>La Belgique n’a évidemment et heureusement pas connu de conflits internes aussi violents que le Pérou. Toutefois, l’expérience péruvienne constitue une source d’enseignement précieuse pour la société belge.</p>



<p>En effet, la Belgique a aussi connu des heures sombres dans son histoire : l’occupation allemande durant les deux guerres mondiales, l’exploitation à la limite de l’esclavage de la classe ouvrière au dix-neuvième siècle, la colonisation du Congo et du Rwanda/Burundi, etc. Ces évènements paraissent certes lointains mais ils affectent toujours notre actualité. Combien de fois associations afrodescendantes et État belge ne se sont-ils pas opposés à propos de l’héritage colonial ? Combien de fois les droits sociaux ne sont-ils pas présentés comme des privilèges injustes ou des charges nuisibles à l’économie nationale ?&nbsp; Combien de fois l’extrême droite ne tente-t-elle pas de réécrire l’histoire des années 1939-1945 ?</p>



<p>Face à cela, s’inspirer des Commissions de vérité et de réconciliation n’est pas une mauvaise idée. <strong>Dresser le bilan honnête et transparent des drames du passé, de leurs causes et de leurs conséquences, demeure le meilleur prérequis de la justice sociale</strong>. La Belgique a déjà entamé ce chemin avec la commission parlementaire et le groupe de travail interuniversitaire “passé colonial de la Belgique”. À certains égards, le Bois du Cazier<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>, à Marcinelle, et la Kazerne Dossin<sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup> à Malines, effectuent un travail proche de celui des CVR. <strong>Cependant, face à l’extrême-droitisation de nos sociétés, il convient de poursuivre et accentuer ce devoir de mémoire</strong>. C‘est à ce titre que le travail de la Commission de vérité et de réconciliation péruvienne, et notamment son appropriation par la société civile locale, peut (doit ?) inspirer la société civile belge.</p>



<p>De façon peut-être moins évidente, les <em>rondas campesinas</em> peuvent aussi inspirer la société civile belge. Certes, il faut espérer que cette dernière ne soit jamais confrontée à une violence aussi forte que celle du Sentier lumineux et de l’État péruvien. Malgré tout, il faut être honnête : la violence politique et sociale se répand en Europe aussi<sup class="modern-footnotes-footnote ">32</sup>. S&rsquo;il est évidemment hors de question de prendre les armes, <strong>s’inspirer des <em>rondas campesinas</em> pour assurer la protection de manifestant·es, grévistes et/ou zadistes pourraient s&rsquo;avérer utile</strong>. </p>



<p><strong>Le recours systématique à l’art pourrait également inspirer le monde militant et associatif belge</strong>. Face à la faible visibilité de ce secteur dans les grands médias ou sur les réseaux sociaux, accentuer l’usage du <em>street art</em>, de la chanson militante ou autre est une technique incontournable de fédération du grand public. Il s’agit également d’une des stratégies les plus efficaces pour contrer la saturation publicitaire de l’espace public et médiatique. En Belgique, il existe au moins deux chorales militantes : celle du CNCD<sup class="modern-footnotes-footnote ">33</sup>, qui anime diverses manifestations de la société civile, et Les Motivés, à Charleroi<sup class="modern-footnotes-footnote ">34</sup>. Bien sûr, copier-coller une situation péruvienne à la réalité belge serait absurde. Cependant, à l’heure où l’avenir s’obscurcit pour celles et ceux qui croient en la justice sociale, il serait dommage d’ignorer le vécu de résistance des populations andines.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Capturé en novembre 1532, Atahualpa devait verser une rançon pour obtenir sa libération. Une fois la rançon versée, les conquistadors, redoutant son prestige et son influence au sein de la population, exécutent tout de même l’empereur. L’empire Inca, déjà fort affaibli, n’y survivra pas.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Région andine du sud du Pérou.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nommée de la sorte car son principal leader disait descendre de Tupac Amaru, le dernier chef de la résistance inca de Vilcabamba.  </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pasquier-Doumer, L., Au Pérou, pauvreté et exclusion interdisent aux populations indigènes d’aspirer à mieux dans <a href="https://theconversation.com/au-perou-pauvrete-et-exclusion-interdisent-aux-populations-indigenes-daspirer-a-mieux-68520">THE CONVERSATION</a>.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Grande ville de la cordillère des Andes située au sud-est de Lima.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir le rapport finale de la « Commission de la vérité et de la réconciliation » : <a href="https://cverdad.org.pe/ifinal/index.php">cverdad.org.pe/ifinal</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Thibodeau, M., Des militaires condamnés après pour viols 40 ans après les faits, dans LA PRESSE, <a href="https://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/2024-06-22/perou/des-militaires-condamnes-pour-viols-40-ans-apres-les-faits.php">lapresse.ca</a> .</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Grande ville du sud du pays située sur la rive du lac Titicaca.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;PiccoLi, E. (2009). Les rondes paysannes au Pérou. La Revue Nouvelle, (7), 98.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les Rondes sont essentiellement composées d’hommes majeurs, du moins au début de l’histoire des Rondes.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Grande propriété agricole, souvent d’origine coloniale.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Haut-commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. (2006). Les instruments de l’État de droit dans les sociétés sortant d’un conflit. Les commissions de vérité. New-York et Genève.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MUJICA BERMUDEZ L., 2020, « Coronavirus » como manchachi. Notas acerca de las concepciones y conductas ante el miedo. Revista Kawsaypacha : Sociedad Y Medio Ambiente, (5), 65-106. <a href="https://revistas.pucp.edu.pe/index.php/Kawsaypacha/article/view/22658">revistas.pucp.edu.pe</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Piccoli, E., Sotelo, E., Delgado Pugley, D., Grard, C., Romio, S., &amp; Rivera Holguin, M. (2021). Résilience communautaire face à la crise sanitaire au Pérou (No. UCL-Université catholique de Louvain). CETRI, coll. Regards du Cetri, Louvain-la-Neuve. <a href="https://www.cetri.be/Resilience-communautaire-face-a-la">cetri. be</a>.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les quartiers dits populaires sont situés en marges et en périphérie des villes. Ce sont ces quartiers qui reçoivent les flux de personnes migrant vers les villes. À Lima, ce sont dans ces quartiers que travaillent les partenaires d’Entraide et Fraternité.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Littéralement des ”casseroles communes”</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Piccoli, E., Sotelo, E., Delgado Pugley, D., Grard, C., Romio, S., &amp; Rivera Holguin, M. (2021). Résilience communautaire face à la crise sanitaire au Pérou (No. UCL-Université Catholique de Louvain). CETRI, coll. Regards du Cetri, Louvain-la-Neuve. <a href="https://www.cetri.be/Resilience-communautaire-face-a-la">cetri. be</a></div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibid.</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les retornantes sont les personnes qui ont fait le choix de retourner vers leurs campagnes au début de la pandémie malgré l’interdiction de se déplacer dans le pays.</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibid.</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibid.</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibid.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Danza de las tijeras »: l&rsquo;impressionnante danse des Andes</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La danse des ciseaux &#8211; patrimoine immatériel &#8211; Secteur de la culture &#8211; UNESCO</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Yuyananchis signifie ”souvenons-nous” en quechua</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Source : Arenas Sotelo, E. (2019) Yuyananchis : una experiencia de memoria y Derechos Humanos. Apuntes y reflexiones desde la psicologia comunitaria. Universidad Andina Del Cusco.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Coalition d’ONG écologistes péruviennes, partenaire d’Entraide et Fraternité depuis 2021.</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Style musical apparenté au hip-hop, apparu dans les années 1980.</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage issu d’une rencontre entre Entraide et Fraternité et les artistes du MOCCIC ayant eu lieu le 24 juin 2024 à Lima.</div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ancien charbonnage de la région de Charleroi. Le 08 aout 1956, le pire catastrophe industrielle de l’histoire belge y couta la vie à 262 mineurs, en majorité des immigrés italiens. Le site est maintenant un musée et lieu de mémoire inscrit au patrimoine mondiale de l’Unesco.</div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La caserne Dossin fut utilisée, entre 1942 et 1944, comme camp de transit par les nazis. La majorité des Juifs et Tziganes belges déportés puis assassinés à Auschwitz-Birkenau y furent détenus. Le site est un musée et mémorial dédié à la Shoah et aux droits humains depuis 1995.</div><div>32&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir les analyses suivantes pour approfondir le sujet : <a href="https://entraide.be/publication/analyse2023-09/">entraide.be/publication/analyse2023-09</a> et <a href="https://entraide.be/publication/analyse2024-02/">entraide.be/publication/analyse2024-02</a>.</div><div>33&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir « Chorales militantes : les luttes chantées », par Soraya Soussi, analyse, CNCD, 2023. <a href="https://www.cncd.be/Chorales-militantes-les-luttes">cncd.be/Chorales-militantes-les-luttes</a></div><div>34&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir « La chorale des motivés », par Marie-Christine Lothier, analyse, Action Vivre Ensemble, 2024. <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-06/">vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-06</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>J’ai vu la misère, mais pas dans leurs yeux</title>
		<link>https://entraide.be/jai-vu-la-misere-mais-pas-dans-leurs-yeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 13:05:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne de Carême 2025]]></category>
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					<description><![CDATA[Olga Stenina, assistante paroissiale à Arlon. Elle a accompagné un voyage d’immersion au Pérou, en juin 2024, ensemble avec l’abbé Xavier Nys et le photographe Mathieu Huvelle.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Olga Stenina, assistante paroissiale à Arlon. Elle a accompagné un voyage d’immersion au Pérou, en juin 2024, ensemble avec l’abbé Xavier Nys et le photographe Mathieu Huvelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tu peux te présenter ?&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Je m’appelle Olga, j’ai 37 ans et je suis maman de 3 garçons. Je suis russe d’origine et je suis mariée avec un Belge.&nbsp;Je suis actuellement en formation pour être assistante du doyenné d’Arlon. J’accompagne le doyen dans sa mission, je l’aide dans l’administratif. Mes tâches sont très diverses. Je travaille avec les asbl, j’organise les funérailles, des expos à l’église. Je suis aussi céramiste, j’adore la vie culturelle.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment tu as entendu parler d’Entraide et Fraternité et du voyage au Pérou ?&nbsp;&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Dans notre doyenné, nous avons 14 églises. Nous organisons les campagnes de Carême et d’Avent. A travers les campagnes, on a déjà accueilli les événements et partenaires d’Entraide et Fraternité du monde entier.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’étais touchée par les thématiques qui lient la pauvreté et l’écologie. Pour moi, il y a des liens évidents. J’ai aimé que dans les campagnes d’Avent et de Carême, ces 2 thématiques soient traitées. J’anime aussi un groupe <em>Laudato Si</em> à Arlon. On organise des Noëls solidaires en Belgique. Mais je n’avais jamais mis les pieds hors d’Europe. Ça ne m’intéressait pas d’y aller en tant que touriste, avec une vision distante de la précarité. Je voulais faire une mission avec une association.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>C’était une chance unique qu’Entraide et Fraternité lance un appel aux volontaires autour de l’agriculture urbaine. A Arlon, je m’investis activement dans un jardin partagé. Nous avons lancé une initiative pédagogique où nous invitons les écoles.&nbsp; Je suis également impliquée dans la mobilisation des jeunes pour la citoyenneté, notamment à travers les cantines durables.&nbsp;</p>



<p>Céline Laffineur, l’animatrice d’Entraide et Fraternité de la province du Luxembourg a lancé un appel à bénévoles. Il fallait être libre quelques jours. Mon mari pouvait s’occuper des enfants, j’en ai profité !&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment as-tu préparé le voyage ? Comment tu appréhendais le voyage ?&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Ouf… J’avais vraiment peur, je n’aime pas les voyages en avion ! 11h de trajet en avion, c’était inimaginable dans mon esprit.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Nous avons eu plusieurs réunions préparatoires avec Orane et Benoît, tous deux animateurs d’Entraide et Fraternité. À chaque rencontre, nous discutions ensemble du programme. J’ai choisi de ne pas trop me renseigner à l’avance, pour éviter tout préjugé. Je voulais arriver sur place et ressentir par moi-même ce qui se dégageait.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment s’est passé le voyage sur place ?&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Quand nous sommes arrivés, j’ai ressenti un choc culturel. Nous avons embarqué dans un minibus et traversé Lima. Nous observions la ville autour de nous : des rues très animées, des bruits constants, des klaxons. Les habitations étaient parfois abimées.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Passée cette première impression, ce qui m’a frappé, c’était l’accueil chaleureux des gens. Dans les bidonvilles où nous sommes allés, les habitants semblaient joyeux. Accueillir des personnes extérieures à leur quartier devait être un événement marquant, car ce n’était pas un site touristique. Ils avaient envie de partager et de montrer comment ils avaient développé leur potager sur leur terrasse, comment leurs légumes avaient poussé. Ils venaient vers nous, nous invitaient chez eux. Nous, Européens, n’invitons pas facilement les gens chez nous ! À chaque fois, il y avait de la danse, des plats faits maison, et nous avons mangé sans compter (rires).&nbsp;</p>



<p>Ce qui m’a également marquée, ce sont les enfants qui s’amusaient dans la rue. En Europe, on ne voit plus ce genre de scènes. Personnellement, je ne laisse pas mes enfants jouer dans les rues.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>&nbsp;<br>Je repense aussi à la dignité dans les regards. Dans les situations précaires ils ont pu développer des potagers et des cantines durables, s’entraider. Ils s’entraident entre voisins, entre personnes qui partagent les mêmes vécus. C’est ce qui les a sauvés pendant le Covid notamment. Cette communauté, c’est presque un point de survie. Moi, je ne vais pas facilement demander à mon voisin, je vais le chercher moi-même.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>C’est très sportif ces collines ! Monter et descendre tous ces escaliers, c’était cardio !&nbsp;&nbsp;</p>



<p>La différence entre quartiers riches et quartiers pauvres était marquante. Le terrain de golf au centre de Lima par exemple, il est entouré de grilles, arrosé 24heures sur 24, alors que les bidonvilles autour n’ont pas l’eau courante. Il y avait beaucoup d’embouteillages.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Dans ces collines, la première génération s’est installée en bas de la colline. Puis les générations suivantes s’installaient plus haut. C’est donc un cercle vicieux, c’est difficile de sortir de ces quartiers. Ils n’ont pas de sous pour aller ailleurs, et leurs proches sont là.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>On a visité aussi l’association la Lombriz Feliz. Des gens venaient chaque semaine, de tous les âges, parfois très âgés, très jeunes, des mamans avec leurs enfants, pour se former au traitement naturel des plantes. L’idée est d’éviter les nuisibles sans avoir recours aux produits chimiques. Il y avait une belle participation. Ils avaient une formation théorique mais aussi pratique grâce au potager sur place. Je salue l’engagement des jeunes qui donnent ces formations, ce sont des jeunes agronomes qui viennent de terminer leurs études. Ils ne vivent pas dans les bidonvilles mais viennent donner les formations. Ils avaient une vingtaine d’années, j’étais admirative.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>On a aussi rencontré à Ayacucho des jeunes qui se déplacent dans des cantines populaires une fois par mois, pour animer des formations sur les violences contre les femmes faites aux femmes. Ces sessions permettent aux participantes de comprendre que ces violences ne sont pas normales.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Mais leur engagement ne s’arrête pas là. Avec les habitants et les jeunes du quartier, ils récupéraient des pneus et des objets recyclés et ont commencé à les peindre pour apporter de la couleur, de la beauté. Cet aspect artistique est important. Puis, à l’intérieur de ces objets, ils ont aménagé des potagers, des plantes médicinales.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ces jeunes activistes de 18 à 30 ans prennent le temps de sensibiliser des citoyen·nes, de transmettre leurs connaissances en agroécologie. &nbsp;<br>Leur approche de l’écologie est différente de celle que l’on connaît en Europe, où le sujet est plus présent. Là-bas, cette prise de conscience n’est pas automatique, mais elle se construit à travers ces initiatives locales et solidaires.&nbsp;</p>



<p>A Ayacucho, nous avons aussi visité une école qui a développé un jardin de plantes médicinales. Quand un élève a mal quelque part, un adulte le dirige vers une plante spécifique à cueillir au sein-même de l’école ! Ils invitent aussi les parents à participer et développer ces jardins. Cela permet de créer un autre lien entre parents et enfants. C’est une belle manière de repenser l’espace scolaire et d’en faire un lieu de transmission et de soin.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel sentiment tu retiens ?&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>L’espoir pour ces gens-là.&nbsp; J’ai vu la misère, mais pas dans leurs yeux. J’y ai vu de la dignité. L’espoir que grâce à ces jeunes, à ces gens qui se forment par eux-mêmes, l’avenir sera meilleur. Ils ont l’espoir de s’en sortir, grâce à ces associations. Je suis contente de voir que ça change aussi de ce côté de l’écologie.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’étais contente de rencontrer les gens sur place et voir le pays avec leurs yeux, de parler avec eux. Les partenaires nous ont accompagnés.&nbsp; Je suis très reconnaissante envers Steve, Marcia et les autres. Leur ressenti par rapport à la situation politique par exemple. Ça enrichit énormément mon voyage. Je suis reconnaissante envers Entraide et Fraternité de nous offrir cette opportunité.&nbsp; Je suis contente d’en témoigner après aussi. On sait tous que les gens souffrent, mais partager ces expériences nous permet de mieux comprendre et d’être plus vrai et de témoigner de leur résistance.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le travail avec les jeunes t’a impressionné aussi ?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>On a vécu une messe ensemble avec les jeunes. Du point de vue de l’église, ils ont un syncrétisme avec leurs propres croyances ancestrales et la religion catholique.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Encore une fois, j’étais étonnée par les jeunes. Ils ont vécu le terrorisme de 1980 à 2000. La nouvelle génération a connu un soulèvement du peuple récemment en décembre 2022 .&nbsp; Ils ont préparé un diaporama pour nous expliquer la situation politique. Les jeunes essaient de restituer les événements, de récolter les témoignages pour demander justice. Ils font le travail que l’Etat ne veut pas faire. Ils avaient les larmes aux yeux, on voit que ça les touche énormément.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Leurs voix ne comptent pas mais ils continuent quand même.&nbsp; L’art permet de dire des choses qu’on ne peut pas dire dans un autre contexte. Les artistes peintres aussi s’expriment contre le terrorisme. L’art permet de s’exprimer, de dire leurs douleurs et leurs joies face à un gouvernement qui ne les écoute pas.&nbsp;&nbsp;</p>



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<div class="wp-block-column red-message is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Lisez également les entretiens avec <a href="https://entraide.be/lesperance-ouvre-une-porte-meme-dans-les-impasses-les-plus-sombres/">l’abbé Xavier Nys</a> et <a href="https://entraide.be/jai-eu-le-sentiment-de-toucher-a-une-des-sources-de-lhumanite-la-solidarite/">Mathieu Huvelle</a>.</p>
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		<title>J’ai eu le sentiment de toucher à une des sources de l’humanité : la solidarité</title>
		<link>https://entraide.be/jai-eu-le-sentiment-de-toucher-a-une-des-sources-de-lhumanite-la-solidarite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 12:26:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Témoignage]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne de Carême 2025]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://entraide.be/?p=24134</guid>

					<description><![CDATA[Mathieu Huvelle a accompagné un voyage d’immersion au Pérou, en juin 2024. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Mathieu Huvelle est photographe. Il a accompagné un voyage d’immersion au Pérou, en juin 2024. Avec Olga Stenina, assistante paroissiale à Arlon, et l’abbé Xavier Nys, il est parti à la rencontre des associations partenaires d’Entraide et Fraternité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment es-tu devenu bénévole lors du voyage au Pérou ?&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Je suis Photographe professionnel depuis 2018. J’ai de l’expérience en évènementiel. J&rsquo;ai aussi réalisé quelques reportages. Je connais Benoît (chargé de la campagne de Carême chez Entraide et Fraternité) depuis 20 ans, c’est un vieil ami.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Benoît a pensé à moi pour réaliser les photographies lors du voyage au Pérou. Il m’a expliqué la thématique du Carême 2025. J’ai donc envoyé mon Portfolio et ma Lettre de motivation.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’ai toujours voulu partir en Amérique du Sud, et en particulier au Pérou. J’adore rencontrer des gens, c’est l’aspect social et solidaire de ce voyage qui m’a tout de suite intéressé.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment avez-vous préparé le voyage avec Entraide et Fraternité ?&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Avant le voyage, nous avons été préparés par l’équipe d’Entraide et Fraternité. On a eu quelques échanges avec les autres bénévoles. On s’est rencontré en amont pour savoir comment on allait vivre le terrain, quelles seraient les étapes du voyage.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Rencontrer une partie de l’équipe en amont m’a permis d’apprendre à les connaître, on savait que ça allait bien se passer. Concernant ma partie, la photographie, on a parlé de la manière d’illustrer les propos.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>J’avais tout de même une petite appréhension avant de partir : être face à une certaine pauvreté. Je ne savais pas comment je réagirais, je me préparais à toute éventualité.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Finalement, je n’avais aucune raison de m’inquiéter. J’ai fait des rencontres marquantes et enrichissantes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment tu résumerais le voyage ?&nbsp;<strong>&nbsp;</strong></h2>



<p>Le voyage a duré du 14 au 30 juin 2024. Toute la préparation du voyage allait enfin se concrétiser, c’est un sentiment très chouette ! &nbsp;<br>On a beau lire des témoignages de bénévoles partis en voyage, ça n’est jamais fidèle à ce qu’on vit réellement. &nbsp;<br>&nbsp;<br>Ce que je retiens surtout, c’est que malgré les situations inacceptables, et extrêmes dans lesquelles vivent ces personnes, il est possible de vivre des moments incroyables. J’ai eu le sentiment de toucher à une des sources de l’humanité : la solidarité. C’est très riche de pouvoir être témoin de ça.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce qui t’a marqué pendant ce voyage ?&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Ce qui m’a le plus marqué pendant ce voyage, c’est l’implication des enfants et des mamans. Les enfants sont très impliqués. Ils ont cette conscience de ce qui se joue dans le fait de s’impliquer dans ce genre de projet.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>On entend tellement de fois cette phrase, mais ce qui m’a marqué aussi c’est la générosité de ces personnes. Pour moi, c’est la générosité dans le partage de leurs expériences, de leurs savoirs, de leurs quotidiens.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>On prend aussi conscience de notre posture d’Européen, parfois de manière inattendue. À Cajamarca, par exemple, un homme de la municipalité m’a surnommé « le Viking » ! Ce genre de moments prêtait à sourire, mais il y avait aussi des prises de conscience plus profondes.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>À Lima, j’ai réalisé que nous (les bénévoles) étions perçus comme des donateurs. Ils avaient peint une fresque au nom d’Entraide et Fraternité, et portaient des t-shirts avec notre logo. Il y avait beaucoup de reconnaissance de leur part. De mon côté, je représentais peut-être l’organisation, sauf que personnellement, je n’avais rien donné à ces associations ! J’ai ressenti un sentiment d’imposture. J’étais là pour prendre des photos, mais j’avais l’impression d’être un touriste.&nbsp;</p>



<p>Il est essentiel de garder ce recul et cette conscience. Pour contrer ce sentiment, je me suis fixé comme mission de photographier les événements tels que je les voyais, sans chercher systématiquement l’esthétique.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Mon objectif était de témoigner de notre expérience, même si elle était limitée dans le temps ; Et ce que j’ai vu, c’est énormément d’humanité et de positivisme dans ces projets et ces initiatives. C’était très touchant.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle est ta photo préférée ?&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>J’ai pris 4000 photos pendant le voyage. Ça peut paraître énorme, mais en 15 jours ce n’est pas beaucoup. J’ai pris des photos surtout pendant les missions, je prenais le temps de rencontrer les personnes. &nbsp;<br>&nbsp;<br>Ma photo préférée est la photo de la mère et sa fille dans l’encadrement d’une porte. Au départ, la petite fille admirait la vue par la porte, j’ai voulu prendre la photo à ce moment-là, mais j’ai loupé la première photo. J’ai amélioré les réglages de mon appareil photo, puis j’ai attendu que la petite fille revienne. Sa mère est arrivée avec elle. La photo est finalement encore plus belle !&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">On te revoit pendant la Campagne de Carême ?<strong>&nbsp;</strong>&nbsp;</h2>



<p>Bien sûr, vous pourrez me voir lors de mon exposition photo le 22 mars. Mais je serai également présent à d’autres évènements organisés par Entraide et Fraternité.&nbsp;</p>



<p>&nbsp;</p>



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<p>Lisez également les entretiens avec <a href="https://entraide.be/lesperance-ouvre-une-porte-meme-dans-les-impasses-les-plus-sombres/">l’abbé Xavier Nys</a> et <a href="https://entraide.be/jai-vu-la-misere-mais-pas-dans-leurs-yeux/">Olga Stenina</a>.</p>
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