4,9 millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens ont du mal à se nourrir. Huit personnes sur dix réduisent le nombre de leurs repas pour survivre.
Dans cette lutte quotidienne pour la survie et la dignité, les associations partenaires haïtiennes incarnent l’espérance du Carême. Elles accompagnent au sein du programme APTES d’Entraide et Fraternité quelque 2.950 familles paysannes regroupées en 341 organisations locales dans « le pays en dehors », ces zones reculées où l’État ne vient jamais, mais où la vie s’accroche avec une force inouïe.
Pourtant, dans les replis oubliés d’Haïti, là où les chemins de terre se perdent entre les montagnes et où le regard ne croise que le ciel, la résistance prend racine. À la ferme-école de la SOFA, Roselande Louis témoigne : « Aujourd’hui, je sais que je peux nourrir mes enfants par moi-même. Je ne baisse plus la tête quand je parle. Je sais que je suis capable. » Ces paroles résonnent comme un écho de la résurrection : des femmes qui se relèvent, qui reprennent dignité et espoir.
La résistance, en Haïti, n’est pas seulement un acte politique. C’est un acte de foi profonde en la vie, en la dignité humaine que rien ne peut étouffer. Comme le dit si justement Micherline Islanda Aduel, membre de Tèt Kole : « La résistance, ce n’est pas seulement dire non. C’est avant tout continuer à exister dignement quand tout semble fait pour nous décourager, nous invisibiliser et nous réduire à des clichés. »
En ce temps de Carême, marchons ensemble vers Pâques, portés par la foi inébranlable de celles et ceux qui, en Haïti, sèment l’autonomie, récoltent la dignité et font vivre la solidarité.





