
Entraide et Fraternité au fil du temps…
La première campagne du Carême de Partage voit le jour en 1961 sous l’appellation d’Entraide et Fraternité.
- 1961 : La première campagne du Carême de Partage voit le jour sous l’appellation d’Entraide et Fraternité. Organisée par Caritas Catolica pour répondre à une famine dans l’Etat du Kasaï (RDCongo), elle connaît un vif succès et donne son nom à ce service d’Église
- 1963 Entraide et Fraternité devient une ONG (organisation non-gouvernementale) autonome qui s’inscrit dans le renouveau de l’Église lancé par Jean XXIII et Vatican II.
Agir pour plus de justice sociale et pour le développement libérateur en s’inspirant des principes évangéliques telle est encore aujourd’hui la toile de fond des actions d’Entraide et Fraternité.
Bien sûr, sur cette base inébranlable, notre conscience de la coopération s’est modifiée, notre perception des acteurs du développement également. La première décennie pour le développement, lancée à l’appel des Nations unies dans les années 60 correspondait à une phase d’illusion:
- L’ère post-coloniale devait conduire à un développement ou à une modernisation calquée sur l’Occident.
- Elle devait permettre « un rattrapage » grâce aux transferts de capitaux, d’une assistance technique, d’œuvres matérielles qui créeraient une impulsion.
- Les aides d’Entraide et Fraternité entraient dans ce cadre.
- Elles utilisaient les premiers relais, missionnaires et communautés chrétiennes, elles apportaient aussi des contributions financières pour l’envoi de coopérants.
- 1970 durant les années 70, l’optique change considérablement. La lutte contre le sous-développement prend l’accent d’une libération politique, par exemple contre l’apartheid en Afrique du Sud, contre la dépendance internationale et les dictatures au pouvoir, en Amérique latine ou ailleurs.
Une nouvelle conception de l’engagement chrétien en faveur des pauvres émerge lors de la rencontre des Evêques de Medellin (Colombie). La théologie de la libération met en avant les valeurs de l’Evangile pour la libération politique, sociale, économique et culturelle des peuples du tiers monde.
Les projets de développement soutenus par Entraide et Fraternité suivront eux aussi cette évolution. Ce sont moins les réalisations matérielles qui sont appuyées que les efforts de conscientisation, de formation de groupes de base à la solidarité et à la consolidation institutionnelle.
Partenaires à part entière
Les interlocuteurs ne sont plus des assistés mais bien des partenaires en lien avec les organisations populaires locales. Des partenaires qui plaident pour une éducation aux problèmes mondiaux du développement de la population belge et pour l’élimination de la pauvreté et de l’exclusion en Belgique. Sous leur impulsion, une association, Action Vivre Ensemble, sera créée au début des années 70 qui aura pour objectif la lutte contre l’exclusion sociale en Belgique.
Une même logique d’action sera présente au sein des deux associations : éducation au développement et à la solidarité, appui à des projets de promotion sociale et économique au cours de deux temps forts d’animation : les campagnes de Carême et d’Avent. Des temps forts qui deviendront une formation permanente soucieuse de s’orienter dans une voie pluraliste en agissant de concert avec d’autres Ong et groupes de solidarité sur des plates-formes communes pour interpeller les gouvernements. Des actions politiques seront lancées pour dénoncer les mécanismes entraînant les injustices entre les peuples.
- 1977 En novembre 1977, la campagne du Carême de partage fut défédéralisée et deux asbl autonomes furent créées: Broederlijk Delen vzw pour la Flandre et Entraide et Fraternité pour la partie francophone du pays. Aujourd’hui, l’action commune de ses deux associations se situe surtout au niveau de l’action politique.
Vers un développement durable
- 1980. Les années 80 sont celles d’une consolidation des grandes lignes de force d’ Entraide et Fraternité. L’accent est davantage mis sur la reconnaissance des personnes comme actrices du développement (et parmi elles les plus pauvres et les exclus). Les critères de projets distinguent les dynamiques d’organisations et d’actions (pour la survie et un mieux être des collectivités locales), les groupes intermédiaires d’appui pour la démocratie et les droits humains et des réseaux plus larges qui coordonnent les actions : trois niveaux qui se complètent.
Cette vision plus intégrée cherche donc à favoriser des projets qui s’articulent les uns aux autres, à rechercher des groupes qui incarnent des forces de résistance et de changement, à prendre en compte les contextes nationaux et régionaux. De plus en plus, les options seront définies avec les organisations partenaires en fonction des nécessités primordiales pour un développement durable.
Mondialisation de la solidarité
- 1990. Les orientations d’Entraide et Fraternité répondent alors à une conscience de plus en plus profonde de l’existence de liens entre l’ici et le là-bas : organisation de rencontres entre les témoins de terrain du sud et du nord, entre les associations d’économie solidaire du sud et d’économie sociale du nord, soutien au nord comme au sud, d’actions pour que le monde politique réponde aux besoins de reconnaissance et aux droits de ceux qui sont exclus et opprimés (droit au logement, à la terre, droit à l’égalité entre les hommes et les femmes, droit d’asile, droit à l’emploi…).
- 1999-2000. Entraide et Fraternité participe à la grande campagne internationale Jubilé 2000 pour réclamer l’annulation de la dette du tiers monde et remet 50 000 pétitions au Ministre belge des finances.
- 2004-2006. Entraide et Fraternité développe un programme centré sur les droits humains. Après les droits civils et politiques (2004), les droits économiques et sociaux (2005), ce sont les droits culturels (2006) qui ont été mis en lumière lors des différentes campagnes. Entraide et Fraternité revoit également son implantation géographique dans les pays du sud et réaffirme sa volonté de soutenir les initiatives porteuses de changements de la société civile du sud.
La défense de l’agriculture paysanne : enjeu majeur du développement
- 2008-2011 Entraide et Fraternité développe un programme centré sur l’agriculture paysanne et la Souveraineté alimentaire dans 9 pays parmi les plus pauvres de la planète. Son objectif global est de promouvoir et de défendre l’agriculture paysanne durable par des démarches citoyennes. Il se réalise aussi au nord à travers un travail, au niveau national et international, de sensibilisation et de revendications politiques.
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