Un an après : des partenaires marqués par leur venue en Belgique
Marcia (MOCICC), Juan Carlos (Chibolito), Josué (Kallpa), Steve et Lidia (IBC) sont venus du Pérou l’an dernier pour témoigner de leurs réalités lors de la campagne de Carême « Semons la solidarité, cultivons l’espérance ». Un an après, nous avons recueilli leurs impressions.
Ce voyage nous a inspiré de nouvelles pratiques
Marcia : Mon expérience en Belgique a profondément renforcé mon travail au Pérou. Elle m’a aidée à voir l’agroécologie comme bien plus que de la production alimentaire
Lidia : J’ai été marqué par la vision globale de l’alimentation des camarades belges et par le réseau de petits marchés locaux qu’ils ont su construire de manière solidaire et durable. C’est une véritable inspiration.
Nous partageons les mêmes luttes
« La Campagne de Carême 2025 a été une expérience profondément transformatrice. J’ai compris que, même si les contextes sont différents, nous habitons une même maison commune et que la protéger est une responsabilité partagée. » Josué
« Même si le séjour a été court, il a été très important pour comprendre que, malgré les problèmes dans des pays différents, de nombreuses personnes luttent au quotidien vers la même direction : construire un monde plus juste pour tous. » Juan Carlos
La force de ne pas être seuls
Steve : Grâce au soutien reçu en Belgique, les communautés avec lesquelles nous travaillons sentent qu’elles ne sont pas seules, que leur voix compte et que leurs luttes ne sont plus invisibles. Dans des contextes souvent difficiles, savoir qu’il y a, de l’autre côté du monde, des personnes qui croient en elles et marchent à leurs côtés est une immense source d’espoir et de force.
Juan Carlos : Après mon retour, j’ai partagé avec les enfants de Cajamarca les lettres et encouragements des enfants rencontrés en Belgique. Cela les a beaucoup touchés. Sarahí, par exemple, a retrouvé la force de ne pas abandonner et a terminé son année scolaire avec succès. Cette solidarité permet à de nombreux enfants de nourrir l’espoir d’atteindre leurs objectifs.
Marcia : Depuis le Pérou, et en particulier depuis des zones délaissées par les autorités comme San Juan de Lurigancho, votre solidarité nous rappelle que nous ne sommes pas seuls et que la justice climatique et sociale se construit aussi à travers les liens entre les peuples. Votre engagement renforce l’espoir que d’autres manières de produire, de nous organiser et de vivre ensemble sont possibles.
En un mot : Merci !
Steve : Je souhaite exprimer un remerciement profond et sincère à toutes les personnes de Belgique qui ont soutenu la campagne de Carême. Dans un monde traversé par de multiples crises, la tentation de se replier sur ses propres réalités est très grande. Cependant, c’est précisément dans ces moments que la solidarité internationale devient plus nécessaire que jamais.
Juan Carlos, Marcia, Steve, Lidia et Josué : Merci de nous avoir reçus, accueillis et de croire au travail que nous réalisons.
Marcia : Merci de croire, d’accompagner et de marcher aux côtés de celles et ceux qui au Pérou essaient de de semer la dignité et l’avenir.
Josué : Aux personnes en Belgique qui ont soutenu la Campagne de Carême, je ne peux que dire merci. Merci de nous avoir reçus, d’avoir ouvert les portes de vos organisations, collectifs et communautés ; et de croire dans le travail que nous réalisons dans les communautés de San Juan de Lurigancho.
Juan Carlos : Chibolito ne bénéficie pas d’un soutien local suffisant. L’appui international est donc fondamental. Grâce à ce soutien, de nombreux enfants et adolescents ont pu atteindre leurs objectifs et contribuent aujourd’hui au développement de notre société. Cela ne serait pas possible sans cette belle solidarité. Merci.
Un retour au pays difficile
Le retour des partenaires au Pérou s’est fait dans un climat de crise persistante. En moins de dix ans, le pays a vu défiler huit présidents, transformant la chute d’un gouvernement en une banalité inquiétante. La corruption, l’absence de vision nationale et la hausse du coût de la vie ont profondément érodé la confiance des citoyens.
Au point que la jeunesse péruvienne est descendue massivement en septembre 2025 dans les rues de Lima pour exiger la démission d’une classe politique corrompue et une meilleure sécurité, dans un contexte où les assassinats liés au crime organisé se multiplient.

Revenir et retrouver le pays a aussi signifié ressentir à nouveau l’insécurité avec laquelle de nombreuses personnes vivent chaque jour : sortir de chez soi avec prudence, regarder autour de soi et vivre avec cette peur constante que quelque chose puisse arriver dans la rue.
Josué
Malgré la valse des présidents (José Jerí puis José Balcázar Zelada) suite à ces manifestations, les problèmes structurels demeurent entiers.
Changer de président sans changer les règles ne fera que prolonger l’agonie institutionnelle. La démocratie est épuisée.
Steve






